Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

22 avril 2017

France Culture: Agriculture : la disparition du modèle familial s’accélère

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https://www.franceculture.fr/economie/agriculture-la-disparition-du-modele-familial-saccelere

21.04.2017

La financiarisation de la terre est le nouveau modèle agricole qui prend le dessus, et met en péril l’agriculture familiale. Enquête de Philippe Reltien.

Pieds de vigne à Pommard (Bourgogne)
Pieds de vigne à Pommard (Bourgogne) Crédits : Philippe ReltienRadio France

Aujourd’hui, les fermes sont de plus en plus remplacées par des sociétés rachetées, parfois par des spéculateurs. C’est ce qu’on appelle la « financiarisation de la terre« , un phénomène qui est en train d’éteindre les fermes et de devenir le modèle agricole français.

Une des illustrations spectaculaires de cette financiarisation est la vente du domaine Bonneau du Martray, à Pernand Vergelesse, en Côte-d’Or, qui était depuis 200 ans la propriété de la famille Le Bault de la Morinière. En janvier 2016, l’actuel président du Club de football Arsenal, Stanley Kroenkee, a racheté ce domaine à un prix très élevé, provoquant la stupeur de vignerons voisins, comme Aubert Lefas, vigneron à Pommard au domaine Lejeune et président de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne :

Aubert Lefas, vigneron
Aubert Lefas, vigneron Crédits : Philippe ReltienRadio France

Les chiffres sont énormes, c’est totalement décalé si on valorise ça à 10, 12, 15 millions d’euros l’hectare. Mais c’est impossible, c’est purement spéculatif.

Autre exemple : de riches Chinois ont acheté une ouvrée, c’est-à-dire un 24ème d’hectare, de Chambolle Musigny pour le prix d’un hectare de champagne. Bernard Martenot, qui dirige un Office de défense et de gestion des terres, s’inquiète :

Une ouvrée de vignes a atteint la somme fabuleuse de 1,3 millions d’euros. Il faudrait donc arriver à vendre la bouteille 1 000 euros, pour une rentabilité sur 15 ans. Ce sont des bouteilles que les Français moyens ne verront plus, nous ne pourrons même plus les déguster.

Dans une moindre mesure, ce type de ventes surévaluées existe aussi dans le Calvados. Jean-Claude Feugeres, 70 ans, a vendu ses terres à deux jeunes agriculteurs céréaliers du département de l’Eure, qui lui ont proposé le double de ce qu’elles valaient : 1,2 millions d’euros pour 85 hectares. Jean-Claude Feugeres explique :

Ils sont contents puisque c’est le double d’hectares par rapport à ce qu’ils peuvent trouver ailleurs. Dans les zones céréalières où il y a du haut potentiel, c’est une bataille effrénée : dès lors qu’il y a une parcelle, il y a 30 candidats, des sociétaires ou des grosses structures. C’est un autre modèle d’exploitation, une autre agriculture maintenant.

Jean-Claude Feugeres, agriculteur
Jean-Claude Feugeres, agriculteur Crédits : Philippe ReltienRadio France

Problème : ces prix à la hausse ont des répercussions sur tous les agriculteurs qui se trouvent à proximité. A Bercy, on manie la règle à calcul fiscale sans distinction, comme l’explique François Mauss, expert en viticulture du blog Ma bulle :

Le fisc français va immédiatement considérer que les terres de ce niveau valent cette somme, donc toutes les autres propriétés qui cultivent sur le même terroir vont voir du jour au lendemain la valeur de leur terre exploser. C’est affolant pour les familles où il y a plusieurs enfants, plusieurs héritiers, qu’il va falloir traiter.

François Mauss, expert en viticulture
François Mauss, expert en viticulture Crédits : Philippe ReltienRadio France

En Allemagne, l’héritier est taxé seulement pour 10% de la valeur de l’acquisition, avec un dégrèvement dès qu’il exploite sa terre plus de 5 ans. Mais en France, l’impôt de succession grimpe en fonction des prix de vente les plus hauts. Aubert Lefas fait remarquer que les premières victimes sont donc les héritiers :

Un jeune sur la colline de Corton (Bourgogne) est endetté pour 20 ans pour pouvoir payer les droits de succession d’un oncle dont il a hérité en ligne indirecte. Il fait un très grand vin, mais il faut qu’il soit capable de valoriser sa production pendant 20 ans pour rembourser des droits considérables. S’il fait 3 mauvaises récoltes, il ne sera plus capable de rembourser.

Autre conséquence : les écarts se creusent entre les vins d’une même région. En 4 ans, les grands crus ont pris artificiellement plus de 25%. De 4 millions d’euros l’hectare en 2013, on est passé à 5 millions et demi d’euros en 2016. C’est pour cette raison que des petits vignerons estiment que la hiérarchie des vins de Bourgogne n’a plus aucun sens. Parmi eux, Manuel Olivier, exploitant à Nuits-Saint-Georges, qui se désole de ce nouveau modèle :

Si on veut continuer d’avoir de grands vins en France, il faut absolument revenir à une notion de rentabilité et de transmission, et ne pas partir dans des systèmes de bulles spéculatives ou financières qui nous emmènera hors de nos valeurs paysannes.

Du paysan propriétaire aux salariés de sociétés agricoles

Pour bien comprendre comment la terre est devenue un objet de spéculation, il faut faire un peu d’histoire. Avant, les enfants héritaient de la terre gratuitement et reprenaient l’exploitation des parents. Mais il a fallu trouver des astuces pour qu’aucun d’eux ne soient lésé. C’est ainsi qu’on a mis en place les premières sociétés foncières agricoles, explique Aubert Lefas :

Si vous avez trois enfants, vous mettez tout ça en société, vous avez 1/3 des parts de société pour chacun des enfants. L’un en est le gérant exploitant, et les deux autres vont toucher une part des revenus liée à l’exploitation. Mais quand eux-mêmes feront leur succession, ils vont se sentir loin des réalités de l’exploitation, donc on va progressivement séparer les terres dans une structure dont on dit qu’elle est foncière. L’exploitant se trouve dessaisi de la propriété dans un système de partage pour limiter les risques des autres associés.

Ces sociétés se sont multipliées et elles ont ensuite échappé aux paysans qui ont progressivement été remplacés par des entrepreneurs, des banques ou même des sociétés d’assurances qui ont racheté des parts de ces sociétés. Cette tendance s’amplifie, constate Emmanuel Hyest, le président de la Safer, l’organe de régulation du foncier agricole :

Emmanuel Hyest, président de la Safer
Emmanuel Hyest, président de la Safer Crédits : Philippe ReltienRadio France

En 2015, 13% du marché était détenu par des personnes morales, donc ce n’est plus quelque chose de marginal. 13% en surface, 26% en volume financier. Les gens qui acquièrent sous forme de financiarisation sont prêts à mettre le double de ce que ça vaudrait. Aujourd’hui, les gens qui sont en place depuis des générations se rendent compte que la financiarisation est en train de bouleverser leur métier et qu’ils ne pourront plus l’être demain.

Mais cette mutation est plus globale encore et entraîne la fermeture des fermes. Il faut maintenant des exploitations plus grosses et plus de rentabilité : de 700 000 exploitations, nous sommes passés à seulement 400 000 aujourd’hui. Dans les 5 ans qui viennent, 100 000 fermes pourraient encore disparaître.

La France, grenier de pays étrangers ?

Le rôle de prédateur joué par certains investisseurs étrangers en France est également préoccupant. Ainsi, un milliardaire chinois, monsieur Hu, épaulé par un Français dans l’import-export de vins, Marc Fressange, est entré en catimini dans le grenier à blé de la région du Berry. Il rachète d’abord 1 700 hectares de céréales. Sa holding est désormais présente dans le Gers, en Charente et en Normandie. Un site d’investigateurs du net suit pas à pas sa progression. L’un d’eux, qui se fait appeler « Drapher », explique comment ce système s’est mis en place :

Pour le démarrage, le rachat est à 98 ou 99% des parts sociales d’une société agricole. C’est un petit consortium. Il y a 9 sociétés agricoles, et une holding parisienne dont le directeur général est le PDG Monsieur Hu et le directeur le PDG de Beijing Reward International, Monsieur Fressange. On peut croire qu’ils veulent faire entrer du grain dans des coopératives à des prix très bas, mais on peut aussi penser qu’il y a une filière industrielle reliée à l’agro-industrie implantée en France qui avance beaucoup.

Monsieur Hu est un milliardaire rouge. Un haut gradé devenu entrepreneur qui a fait fortune dans les détergents, et qui s’est vu confier la mission d’élever 400 000 vaches laitières en Chine. Christophe Dequidt, de la Société de conseil agricole Triangle, qui l’a rencontré pour son livre « Le Tour du monde des Moissons » se souvient d’une autre mission qui a été proposée au chef d’entreprise :

En 2008, il y a eu un phénomène grave en Chine : « la crise de la mélamine« . On a retrouvé dans du lait infantile un composant dont la vertu est d’augmenter la protéine du lait mais qui fait des trous dans l’estomac. Et ils ont demandé à des gens comme Hu, s’ils étaient prêts à se lancer dans le défi de créer une filière laitière en Chine. Monsieur Hu a été chargé, comme d’autres chefs d’entreprise, d’aller investir à l’étranger, pour produire à l’extérieur des céréales qu’il ferait éventuellement revenir en Chine.

Faute de terres arables (terres qui peuvent être cultivées), la Chine doit bien trouver à produire ailleurs. C’est pour cela qu’elle vient d’acheter en Australie la plus grande ferme du monde : 11 millions d’hectares, presque la moitié de notre surface agricole.

A ECOUTER Quand la Chine grignote les terres françaises (Magazine de la rédaction de septembre 2016)

Cette possible vampirisation de récoltes françaises ne va peut-être pas s’arrêter là, car selon certains experts, les terres du Charolais pourraient bientôt être, elles-aussi, convoitées. L’embargo sur le bœuf français vient d’être levé en Chine, longtemps après la fin de la crise de la vache folle. Or, il y a là-bas un marché potentiellement gigantesque pour notre bœuf. La question d’un possible accaparement d’une production au détriment de l’intérêt d’un pays se pose donc réellement, ce qui inquiète Emmanuel Hyest, président de la Safer :

Il y a un problème d’autonomie alimentaire. On sait tous que quelqu’un qui investit cherche à tirer un profit, ce n’est pas anormal. Mais son profit peut aussi répondre à sa demande d’autonomie alimentaire propre. Que sur la planète on aille faire son marché de matières premières quand chacun a répondu à ses propres besoins, ce n’est pas un souci, mais quand on va directement à la source, au risque que le pays qui le produit soit lui-même dans une difficulté d’alimentation, on n’est plus dans la même règle du jeu.

L’impuissance de l’Etat

Face à cette situation, l’Etat est impuissant. Ces ventes n’ont rien d’illégales. Dans cette économie mondialisée, les sociétés de Monsieur Hu sont de droit français. Mais quand bien même il voudrait agir, l’Etat est aujourd’hui désarmé, parce qu’il y a des failles dans la réglementation. Le préfet peut refuser de délivrer une autorisation d’exploitation mais uniquement si l’acheteur a un statut d’associé exploitant. Or, il prend ici la qualité d’associé non exploitant.

La Safer est tout aussi démunie. Elle ne peut bloquer une vente que si la totalité des parts d’une société change de main. Or, les acheteurs, généralement très bien informés, se contentent d’une majorité des parts pour contrôler une société.

Le droit de préemption de la Safer, considéré jadis comme l’arme atomique du pauvre paysan, est devenu un pistolet à eau. La préemption ne représente aujourd’hui que 5% de son chiffre d’affaire. A tel point que certains notaires, comme Benjamin Travely, s’interrogent sur les pratiques de la Safer :

Nous avons des retours de confrères et de collaborateurs de notaires, qui nous expliquent des pratiques contestables. Par exemple, le fait que la Safer soit très présente sur le marché des maisons à la campagne, où il n’y a plus d’enjeux de fonciers agricoles. On a l’impression qu’elle intervient pour prendre sa part du marché et se refinancer, au détriment parfois des collectivités publiques. Par le jeu de mécanismes fiscaux particuliers, la Safer exonère l’acheteur de droits d’enregistrement, et il y a une vraie perte fiscale pour le conseil départemental et la commune concernés.

La mondialisation : problème ou solution ?

Autre question : dans une économie mondialisée, de quel droit peut-on bloquer des capitaux étrangers, lorsqu’on investit soi-même à l’étranger ? Par ailleurs, ces filières d’exportation permettent de corriger le déficit de notre commerce extérieur. En 2012, 8 milliards d’euros de vins ont été exportés, soit l’équivalent de 150 rafales.

Selon le juriste Hubert Bosse Platière, il suffirait de créer un permis d’exploiter préalable, qui serait délivré, ou non, selon l’usage que le propriétaire veut faire de sa terre.

De son côté, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) propose d’actionner le levier des subventions européennes. Le syndicat agricole souhaiterait réserver ces subventions aux réels exploitants agricoles, et non plus aux simples exécutants d’une firme. Josiane Béliard, présidente des propriétaires ruraux de la FNSEA, explique sa proposition :

Nous réfléchissons avec les autres pays européens, à un statut d’agriculteurs qui méritent les aides européennes par rapport à des exécutants qui ne méritent pas ces aides. Il faut les réserver à des chefs d’entreprises qui sont de vrais agriculteurs. Par contre, quand on voit que la reine d’Angleterre perçoit des aides européennes, c’est détestable ! On devrait arriver à faire partager cette idée aux autres pays européens.

Josiane Béliard
Josiane Béliard Crédits : Philippe ReltienRadio France

La situation est paradoxale : d’un côté, des agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur production parce que les prix sont trop bas, et de l’autre, des exploitations sont rachetées à prix d’or par des investisseurs. Ces deux facteurs concourent cependant au même résultat : l’agriculture familiale est en voie de disparition.

Enquête Secrets d’Info de Philippe Reltien à lire et écouter ici.

Philippe Reltien

17 avril 2017

France Culture: Le franc CFA freine-t-il le développement économique de l’Afrique?

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https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour/le-franc-cfa-freine-t-il-le-developpement-economique-de-lafrique

La Question du jour par Guillaume Erner                 

14.04.2017

Réécouter https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=e288ab60-0f1c-4cda-bd83-aa0f5dcf6804

Aujourd’hui, le ministre des Finances, Michel Sapin, est attendu à Abidjan pour une réunion des ministres de la Zone Franc – regroupant les pays ayant pour monnaie commune le franc CFA. La plupart de ces pays sont africains et voient émerger des critiques, de plus en plus vives, contre le franc CFA.

Le ministre des Finances français, Michel Sapin, avec le président camerounais Paul Biva, avant une rencontre avec les pays de la « Zone Franc », à Yaoundé au Cameroun, le 9 avril 2016.
Le ministre des Finances français, Michel Sapin, avec le président camerounais Paul Biva, avant une rencontre avec les pays de la « Zone Franc », à Yaoundé au Cameroun, le 9 avril 2016. Crédits :
REINNIER KAZE / AFPAFP

Intervenants

  • Kako Nubukpo : Economiste, président de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF, ancien ministre togolais, co-auteur de « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA ? », ed. La Dispute.

27 août 2016

Bruno Dubuc: Eloge de la suite: Le bon plaisir d’Henri Laborit, une émission de France Culture de 1989 (3 et 4)

Filed under: biologie, France culture, livres, radio — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 3:34

Le bon plaisir d’Henri Laborit, une émission de France Culture de 1989 (3 de 4)

Publié le 5 août 2016

Voici donc la 3e partie (sur 4) de l’émission Le bon plaisir d’Henri Laborit commencée il y a deux semaines, conformément à mon plan de match de l’été. Un autre bon trois quart d’heure, donc, de cette émission de trois heures visant à faire connaître l’œuvre d’un.e auteur.e et qui fut diffusée une première fois le 4 février 1989, et probablement en reprise durant la «nuit du 11 avril 1989» tel qu’indiqué sur la cassette audio de M. Patrice Faubert que j’ai numérisée.

Plusieurs autres personnages font leur apparition durant ce segment comme Pierre Arditi, le comédien qui jouait l’antipathique Zambeaux dans Mon oncle d’Amérique, ainsi que Alain Finkielkraut, intellectuel français habitué aux plateaux médiatiques et aux controverses. À cette époque, il en avait évidemment moins qu’aujourd’hui, mais il avait déjà ce ton emporté (les mauvaises langues diraient ampoulé…) qui contraste avec le calme et la limpidité des propos de Laborit ! http://www.elogedelasuite.net/?p=3175

Le bon plaisir d’Henri Laborit, une émission de France Culture de 1989 (4 de 4)

Publié le 21 août 2016

Voici donc la dernière partie (sur 4) de l’émission Le bon plaisir d’Henri Laborit commencée il y a trois semaines, conformément à mon plan de match de cet été qui s’achève. La dernière demi-heure, donc, de cette émission de trois heures qui fut diffusée une première fois le 4 février 1989, et probablement en reprise durant la « nuit du 11 avril 1989 » tel qu’indiqué sur la cassette audio de M. Patrice Faubert que j’ai numérisée.

Extrait : « Il faut tout foutre par terre pour pouvoir reconstruire quelque chose qui est plus humain. On a un lobe orbito-frontal, figurez-vous, et il est là pour imaginer d’autres rapports sociaux que ceux qui sont là pour la recherche de dominance, en considérant que c’est très bien le leader, le battant, etc. Et alors il faut tout casser pour dire non, c’est pas possible ! » http://www.elogedelasuite.net/?p=3200

30 juillet 2016

Bruno Dubuc: Eloge de la suite: Le bon plaisir d’Henri Laborit, une émission de France Culture de 1989 (2 de 4)

Mon plan de match pour l’été se poursuit aujourd’hui avec la seconde partie (sur 4) de l’émission Le bon plaisir d’Henri Laborit commencée la semaine dernière. Comme je l’écrivais alors, cette émission qui durait trois heures et visait à faire connaître l’œuvre d’un.e auteur.e fut diffusée pour la première fois le 4 février 1989, et probablement en reprise durant la « nuit du 11 avril 1989 » comme l’indique la cassette audio de M. Patrice Faubert que j’ai numérisée.

À suivre, donc … mais dans trois semaines seulement, car comme ce sont les « vacances de la construction » au Québec, et que je suis un honnête constructeur de site web (!), je ferai, comme l’an dernier à pareille date, une fuite estivale dans la nature ! Je vous souhaite la même chose, et on se revoit bientôt pour d’autres surprises dans ce « Bon plaisir d’Henri Laborit » décidément très riche.

Ecouter l’enregistrement à http://www.elogedelasuite.net/?p=3161

Cette deuxième partie de l’enregistrement de l’émission est un peu plus longue que la première et dure un peu plus de trois quart d’heure. Elle débute avec l’extrait de Mon oncle d’Amérique où Laborit expose sommairement quelques fonctions cérébrales à la lumière de ce que l’on sait à l’époque. Il s’inspire donc du modèle du cerveau triunique de MacLean dont on connaît depuis les limites, bien que l’idée générale d’une histoire évolutive plus ou moins ancienne pour différentes régions cérébrales, elle, tient toujours.

On enchaîne avec un extrait de monologue de Guy Bedos sur le stress et l’on apprend tout de suite après qu’il est inspiré des travaux de Laborit que Bedos dit suivre depuis longtemps. S’ensuit un échange chaleureux et fort drôle entre lui et Laborit où l’on apprend, au détour d’une remarque de ce dernier, que c’est Laborit qui avait invité Bedos à venir à l’émission. Cela ne m’étonne guère puisque, au-delà des affinités anarchistes réciproques que les deux se reconnaissent, j’avais trouvé lors de mon passage aux archives Laborit à Créteil en 2009 la lettre de remerciement illustrant cet article que Laborit avait envoyée à Bedos après l’un de ses spectacles ! On y retrouve une allusion à la mère de Bedos (dont il parle dans l’extrait du spectacle présenté ici) et un fin questionnement sur la durée de la part de Laborit… 😉 (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

La discussion amène Laborit à mentionner qu’il a fait partie de tous les groupes écolos quand ils se sont constitués, mais que trop souvent les dirigeants de ces groupes ont mis plus d’énergie pour montrer que leur approche était meilleure que celle du voisin au lieu de travailler concrètement pour l’environnement. Laborit rappelle alors que lorsqu’on ne sait pas qu’on est pris dans une lutte pour la dominance, on ne peut que la couvrir d’un discours logique. Bedos signale qu’il est parfois encore un peu naïf devant ces beaux discours, mais que lorsqu’il comprend qu’on l’a floué, il sort « l’artillerie lourde ». Ce à quoi Laborit s’empresse d’ajouter que ce n’est pas son cas, qu’il n’aime pas la bagarre et préfère fuir, rappelant qu’il a écrit un Éloge de la fuite

Après avoir énuméré quelques fuites possibles, celles dans les toxicomanies qui peuvent nous détruire, ou celle dans la folie qui nous coupe du monde, Laborit rappelle que la meilleure est sans doute celle que l’on peut exercer par l’imagination, si tant est que l’on n’est pas trop automatisé par notre socio-culture pour le faire. Pour sa part, Laborit rappelle que de ne pas avoir suivi les carottes qu’on lui a tendu toute sa vie lui a permis de demeurer dans la marge et de faire ce qu’il voulait. Entre autres, s’occuper de choses qu’il n’était pas supposé s’occuper, n’ayant pas les parchemins officiels pour le faire, ce qui l’a tout de même amené à un cheveux du prix Nobel, ce qui ne lui aurait pas déplu à une certaine époque pour narguer un peu ceux qui lui avait fait la vie dure, mais plus maintenant, ajoute-t-il, étant heureux dans tous les plans de sa vie.

Et Laborit de terminer ce segment en rappelant que le truc c’est, au fond, de se révolter « jusqu’au point où ça va casser ». Puis de faire un pas de côté, et d’aller là où on ne nous attend pas…

Après un autre extrait de Mon oncle d’Amérique, on a droit à un succulent petit reportage avec Claude Grenié, prof d’histoire-géo à La Rochelle et grand ami de Laborit. On entend Grenié expliquer à ses élèves les grands modes de fonctionnement du cerveau humain en s’inspirant des travaux de Laborit. Et puis, ayant rassemblé plusieurs ancien.nes élèves, certain.es s’expriment sur ce qu’ils ont intégré dans leur vie de ces notions. On sent les grandes qualités pédagogiques de Grenié qui y va par exemple d’une métaphore avec l’histoire d’Ulysse qui, pour lui, a utilisé son imagination pour échapper aux chants des sirènes ! Autre analogie originale : celle entre le mécanisme d’automates vus avec ses élèves et les cames d’un moteur à explosion que ces mêmes élèves en profils « appliqués », sont amenés à démonter dans leur cours au garage.

Dans l’avant-dernier segment, l’animatrice Marion Thiba questionne Laborit sur la spécialisation des deux hémisphères cérébraux. Laborit pense que la société occidentale favorise exagérément l’hémisphère gauche, meilleur avec les petits détails, plutôt que le droit, favorisant davantage la synthèse et une appréhension globale des choses. Alors que les deux devraient idéalement se compléter et fonctionner harmonieusement ensemble.

Le dernier segment porte sur l’amitié et nous permet de rencontrer un autre grand ami de Laborit, le physicien Claude Cuvier. Laborit dit qu’il n’y a jamais eu de compétition entre lui et Cuvier, et c’est pour ça qu’ils sont restés amis depuis leur première rencontre. Une rencontre, rappelle Cuvier, qui avait eu cette étincelle magique, celle qui fait pour Laborit qu’un visage peut évoquer instantanément en nous tout ce qu’on a déjà aimé chez d’autres. Il ajoute qu’il y a des gens avec qui l’on peut avoir toujours plaisir à être, même après des coups pendables (et l’on sent que Cuvier et lui pensent à la même personne !). Cuvier conclut ce segment en disant que pour comprendre Henri Laborit, il faut avoir lu l’Éloge de la fuite et l’Inhibition de l’action… dans les deux sens !

À suivre, donc … mais dans trois semaines seulement, car comme ce sont les « vacances de la construction » au Québec, et que je suis un honnête constructeur de site web (!), je ferai, comme l’an dernier à pareille date, une fuite estivale dans la nature ! Je vous souhaite la même chose, et on se revoit bientôt pour d’autres surprises dans ce « Bon plaisir d’Henri Laborit » décidément très riche.

19 avril 2016

Secret des affaires

  • Sur France Culture, 19 avril 2016:

6 h 30: Les Matins: Secret des affaires : l’opacité peut-elle se justifier ? Ecouter

6 h 45: Le Billet économique : Entre business et compliance, les entreprises choisissent…  Ecouter

2 octobre 2015

France Culture: la Grande table (2ième partie) : Comment refaire société?

Filed under: Actualité, France culture — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 12:16

24.09.2015 – 12:55

http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-comment-refaire-societe-2015-09-24

http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5085221

Rééeecouter

On se demande aujourd’hui avec le sociologue Alain Touraine si le combat éthique pour la dignité humaine a remplacé dans nos sociétés le combat social contre les inégalités matérielles. Les droits de l’homme sont-ils le nouvel enjeu des sociétés modernes, avant les droits économiques et sociaux?

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ©

Alain Touraine discute aujourd’hui avec le professeur de sciences politiques Loïc Blondiaux suite à la parution de son essai : Nous, sujets humains. Où sont aujourd’hui les acteurs capables de transformer la société? A quel type de pouvoir et de mouvements se heurtent-ils?

« On parle aujourd’hui des problèmes sociaux en termes non sociaux mais en termes éthiques. »

       Son diffusé, choix de l’invité :

       Joan Baez, We shall overcome

Rendez-vous ici sur le blog d’Alain Touraine.

Invité(s) :
Alain Touraine
Loïc Blondiaux, professeur à l’université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), chercheur au Centre européen d’études sociologiques et de science politique de la Sorbonne (CESSP) et au Centre de recherches politiques de la Sorbonne (CRPS).

Thème(s) : Idées| Société| Sociologie

16 août 2015

France Culture: Ateliers de la création: la dépossession

http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-de-la-creation-14-15-la-depossession-2015-08-16

Enregistrement: http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5061763

    Un effet de la  gestion industrielle du travail

                                                                    Un documentaire de Benoit Bories, Charlotte Rouault et Marie-Laure Ciboulet

Le travail – Management Mirjana Farkas © DR

Selon plusieurs études de terrain en médecine du travail, la souffrance psychologique induite par la perte d’autonomie du salarié dans son travail est une des plus importantes. Cette dépossession peut tout à fait s’apparenter à une déqualification puisque le travailleur se voit déposséder des savoir-faire dont il était le porteur. Quels sont les processus managériaux qui font qu’une personne exerçant une activité « artisanale » ou porteuse de « savoir-faire » se voit peu à peu reléguer à un rôle d’exécutant au sein d’une chaîne dont elle ne maîtrise pas la gestion ? Quels sont les effets sur le travailleur lui-même en terme de perte de sens au travail et de souffrances psychologiques ?

Le documentaire « La dépossession » tentera de donner quelques éléments de réponse en donnant la parole à des salariés de différents corps de métier (la poste, éducation spécialisée, inspection du travail, agriculture et construction automobile) porteurs de mêmes problématiques.

Management © Libre de droit

A la technique : Georges Tho et Emmanuel Armaing

Mixage : Phlippe Bredin

30 juin 2015

France culture: Tout comprendre sur la dette grecque en six étapes (article)

Filed under: Actualité, Economie, France culture — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 6:07

Alors que les négociations ont échoué entre la Grèce et ses créanciers (BCE, pays de la zone euro, FMI), 6 étapes et une série de graphiques pour comprendre pourquoi la dette grecque est devenue l’une des clefs de l’avenir de la zone euro et de l’Union Européenne.

Suite de l’article à http://www.franceculture.fr/2015-06-30-tout-comprendre-sur-la-dette-grecque-en-six-etapes

23 juin 2015

France Culture, La Grande Table (2ième partie): Grèce : laboratoire de la fraternité ?

http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-grece-laboratoire-de-la-fraternite-2015-06-23

23.06.2015 – 12:55

35 minutes

La Grèce est un berceau de la culture européenne : la mettre à l’écart de l’Europe serait une erreur selon Patrick Viveret. Si on voit souvent en elle le symbole d’une crise qui pourrait concerner aussi l’Europe et le monde, le philosophe la considère avant tout comme un laboratoire de la fraternité… un mot que les « têtes à claques » qualifieront de « Bisounours », mais qui pourrait remettre les choses à leur place, à commencer par l’argent.

Enregistrement en ligne:  http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5054797

 

La Grèce et l’Euro © Karl-Ludwig Poggemann/ €YPΩ – ∏OΛI∑ / Flickr / Creative Commons

Avec

Patrick Viveret, philosophe et magistrat honoraire à la Cour des Comptes. Signataire de la tribune « La Grèce est une chance pour l’Europe », il est aussi l’auteur de l’essai Fraternité, j’écris ton nom ! (Les Liens qui Libèrent, mai 2015).

Pour le questionner, Thomais Papaioannou, correspondante de la télévision publique grecque et chypriote en France (ERT / RIK-CyBC).

Invité(s) :
Patrick Viveret, economiste et philosophe

Thème(s) : Idées| Politique| Thomaïs Papaïoannou

14 mai 2015

France Culture: La science économique est-elle plurielle ?

http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-la-science-economique-est-elle-plurielle-2015-05-14

14.05.2015 – 12:55

A quoi servent les économistes s’ils disent tous la même chose ? Cette question – qui est le titre d’un manifeste signé par de grands noms des sciences sociales – est assez peu posée, peut-être parce qu’elle interroge la scientificité de l’économie. Quelles visions du monde et de la discipline s’affrontent dans le débat actuel sur la place des « hétérodoxes » à l’université ?

Avec André Orléan, économiste, directeur d’études à l’EHESS, signataire du manifeste A quoi servent les économistes s’ils disent tous la même chose ? (Les Liens qui Libèrent, mai 2015).

Pour l’interroger, nous avons convié l’économiste Jean-Marc Daniel, professeur associé à l’ESCP Europe et directeur de rédaction de la revue Sociétal.

Ecouter l’enregistrement: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5035423

3 mars 2015

France culture: Le monde des communicants

Filed under: Actualité, France culture, Management, Reportage — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:49

http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-collection-sur-les-lieux-de-le-monde-des-communicants-2015-03-03

03.03.2015 – 17:01 Écouter l'émission

Enregistrement : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5004087

Un documentaire de Kristel Le Pollotec et François Teste

Dans les années 80, quand « la comm » a investi les mondes politiques et économiques, 100.000 personnes travaillaient dans ce domaine ; ce chiffre est depuis  en constante augmentation, tandis que les journalistes sont de moins en moins nombreux.

Moins d’information mais plus de communication : des messages, du réseau, de l’influence, du lobbying, du street-marketing et du coaching.

Quoi de commun entre les conseillers ultra médiatisés des patrons, du CAC 40 ou des prétendants à l’Elysée, et ceux qui rédigent des communiqués de presse ou qui se sont spécialisés dans la communication interne ? Ils font souvent partie de ceux qui nous inondent de messages, de story-telling, d’images, de signes, de publicité, dans nos boites aux lettres, nos mails, à la télévision ou sur internet, dans la rue, dans les supermarchés et même dans les entreprises….

Coach, lobbyiste ou directeur de l’évènementiel parlent de leur métier, de leurs pratiques, de leurs clients, et de… leur communication.

Avec  

Aurore Gorius, journaliste

Philippe Etienne, coach et consultant

Joshua Adel, lobbyiste et consultant politique

Philippe Oriol, co-fondateur de l’institut supérieur de communication, le CESACOM

Béatrice de Cambolas, directrice générale de Denis & co By Australie, et son équipe

 

 

24 juillet 2014

France Culture: Les statistiques font-elles une politique ?

Filed under: Economie, France culture, Management — Étiquettes : — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:58

Du Grain à moudre d’été : 24.07.2014 – 18:15

http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-d-ete-les-statistiques-font-elles-une-politique-2014-07-24

Hier l’institut nationale des statistiques et des études économiques, l’Insee, révélait une nouvelle série d’indicateurs. Moral des chefs d’entreprises, stable, embauches, stables, croissance, stable… les chiffres se succèdent et se ressemblent… la conjoncture est morose. Les statistiques qu’on retrouve régulièrement à la Une de nos journaux dessinent une France qui stagne, immobile, en panne… les synonymes ne manquent pas, on les a tous eu ces trois dernières années.

Le moindre frémissement est commenté, récupéré par des politiques qui ne racontent plus d’autre histoire que celle des chiffres. Pourtant la réalité économique et sociale ne se résume pas à l’arithmétique. C’est là un débat permanent : les statistiques sont-elles des données objectives au service de la décision politique… ou bien des outils qu’on manipule pour servir une idéologie ?

Sans doute un peu des deux… il faut peut être commencer par revenir aux origines mêmes du mot « statistique » forgé au 18e siècle à partir du terme italien statista, l’homme d’Etat. C’est donc bien, dès le départ, un outil au service du gouvernement. Ce qui a évolué, c’est que les statistiques sont devenues une fin autant qu’un moyen. La culture de l’évaluation, appliquée à l’action publique, a fait son chemin.

Alors est-ce que les statistiques font aujourd’hui la politique ? C’est la question ce soir  du Grain à Moudre d’été.

Invité(s) :
Albert Ogien, sociologue, directeur de recherche au CNRS et membre du CEMS
Emmanuel Didier, economiste, Professeur à l’Ecole d’économie de Toulouse
Augustin Landier, economiste Professeur de finance à la Toulouse School of Economics

Ecouter l’émission

Sur le même sujet:

http://www.michalon.fr/Police.html

22 juillet 2014

France Culture: Thomas Piketty à Pétrarque

Filed under: Actualité, Economie, France culture — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:20

« De beaux lendemains, ensemble repensons le progrès » – Leçon inaugurale par Thomas Piketty

« De beaux lendemains ? Ensemble, repensons le progrès », c’est le thème des Rencontres de Pétrarque qui se sont tenues la semaine dernière à Montpellier et que France Culture diffuse avec, en guise de leçon inaugurale, une vision optimiste et raisonnée du progrès par Thomas Piketty.

Thomas Piketty est le lauréat du Prix Pétrarque de l’essai France Culture / Le Monde pour son ouvrage « Le capital au XXIème siècle » (Seuil).

http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-de-beaux-lendemains-ensemble-repensons-le-progres-lecon-inaugur#xtor=EPR-32280591

Ecoutez l’émission

Site de Thomas Piketti: http://piketty.pse.ens.fr/fr/

 Thomas Piketty ou le pari d’un capitalisme à visage humain

21 juillet 2014

Alain Veinstein: Du jour au lendemain: la dernière émission

Filed under: Actualité, France culture, livres, radio — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 4:12

4 juillet 2014 :

 Alain Veinstein à Nancy, le 14 septembre 2013.
Alain Veinstein à Nancy, le 14 septembre 2013. – Alexandre MARCHI / PHOTOPQR / L’EST REPUBLICAIN

Télérama: France Culture : on a écouté la dernière émission (censurée à l’antenne) d’Alain Veinstein

Radio | Olivier Poivre d’Arvor avait préféré censurer la dernière émission d’Alain Veinstein sur France Culture, estimant que ce n’était pas la commande qui lui avait été faite. Mais que racontait donc l’écrivain dans ce monologue de trente-cinq minutes ?

Enregistrements des émissions de  « Du jour au lendemain » sur France Culture depuis le 03.09.2013 : http://www.franceculture.fr/emission-du-jour-au-lendemain-0 :

12 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21  | 22  | 

Alain Veinstein sur Twitter: https://twitter.com/AVeinstein

Pétition des auditeurs de France Culture

16 juillet 2014

Le développement économique de l’Afrique, avec Lionel Zinsou

Filed under: Actualité, Economie, France culture, radio — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:09

L’Esprit Public, France culture, 06.07.2014 – 11:00

http://www.franceculture.fr/emission-l-esprit-public-le-developpement-economique-de-l-afrique-avec-lionel-zinsou-2014-07-06

Enregistrement de l’émission : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4867064

Lionel Zinsou, vous êtes franco-béninois. Vous êtes normalien et agrégé, et vous avez enseigné l’économie à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm. Vous avez été l’un des principaux conseillers de Laurent Fabius à Matignon de 1984 à 1986. Vous avez par la suite rejoint la Banque Rothschild dont vous avez développé les activités financières en Afrique et au Moyen-Orient. Depuis 2008, vous dirigez PAI Partners, l’un des principaux fonds d’investissements européens. Avec vous, nous allons nous intéresser au développement économique de l’Afrique.

En 2014, d’après le FMI, le taux de croissance de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 5,4%. C’est une croissance équivalente à celle de l’Inde et deux fois supérieure à celle des Etats-Unis. Ces bons résultats sont le fruit d’une dynamique engagée au début des années 2000.  Les investissements étrangers en Afrique ont massivement augmenté. Ils devraient atteindre un montant historique de 80 milliards de dollars en 2014. La Chine représente à elle seule la moitié de ces investissements. D’après l’OCDE et la Banque africaine de développement, ces fonds contribuent à diversifier les sources de la croissance africaine. Celle-ci ne repose plus uniquement sur les secteurs pétrolier et minier. Le continent voit se développer une industrie manufacturière et de services, favorable à l’émergence d’une classe moyenne. L’agriculture n’en reste pas moins l’un des piliers de l’économie africaine. Ce secteur représente un quart du PIB africain et 60% de l’emploi.

Ce développement général du continent est tiré par un petit nombre de pays dont les performances sont remarquables. En Ethiopie, où l’Etat finance massivement des grands chantiers d’infrastructure, la croissance a atteint 9.7% en 2013. Le pays est en passe de devenir un champion régional en matière d’électricité, notamment grâce à ses investissements dans les énergies renouvelables. L’industrie manufacturière, qui profite des délocalisations, est florissante. Au Ghana, où le taux de croissance à culminé à 13,4% en 2011, la récente découverte de gisements de pétrole a soutenu le développement du pays. Avec l’or et le cacao, l’or noir fait du Ghana une grande puissance exportatrice. Le Parlement ghanéen a strictement encadré l’exploitation du pétrole afin de prévenir la corruption. Cette mesure fait figure d’exception dans une région où la présence d’hydrocarbures nuit souvent au bien être matériel des populations et à l’état de la démocratie. Au nord du continent, le Maroc ambitionne de devenir une grande puissance régionale et se présente comme un modèle de développement. Cet hiver, le roi Mohammed VI a effectué une longue tournée diplomatique en Afrique subsaharienne. Il a conclu de nombreux partenariats bilatéraux qui renforcent l’influence de son pays. En concurrence avec l’Afrique du Sud et l’Algérie, plus riches, le Maroc offre l’image d’un Etat stable. Le pays se modernise et se démocratise petit à petit. Il est l’un des principaux nœuds commerciaux du continent. Les liens forts que le Maroc entretient avec l’Europe contribuent à le rendre attrayant. Les échanges commerciaux à l’intérieur du continent sont encore faibles et devraient exploser dans les années à venir.

Les bonnes performances économiques de l’Afrique sont cependant relatives. L’indice de développement humain reste très faible dans la plupart des pays africains. La situation politique de la région est un autre sujet d’inquiétude. Les régimes autoritaires sont nombreux. Les guerres civiles se sont multipliées ces dernières années, en République démocratique du Congo, au Sud-Soudan, au Mali, en Centrafrique. La Somalie est partiellement aux mains des pirates ou des milices islamistes. En Côte d’Ivoire, après les troubles qui ont suivi l’élection présidentielle de 2011, on redoute une remontée de la violence pour le prochain scrutin, prévu en 2015.

Lionel Zinsou, d’après vous, quelle est la place que l’Afrique est appelée à jouer dans la mondialisation ? Va-t-elle suivre le modèle de développement asiatique ou bien peut-elle trouver sa propre voie ? La stabilité politique a-t-elle vraiment progressé ?

Invités

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Eric LE BOUCHER, éditorialiste aux Echos et co-fondateur de Slate

Thierry PECH, directeuur général de la fondation Terra Nova

Lionel ZINSOU, banquier d’affaires franco-béninois, normalien et agrégé

 

1 juillet 2014

France culture: BNP Paribas, Barclays, Crédit Suisse… : les banques n’ont-elles que ce qu’elles méritent ?

Filed under: Actualité, Economie, France culture — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:43

Du grain à Moudre, 1 juillet 2014 : http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-bnp-paribas-barclays-credit-suisse-les-banques-n-ont-elles-que-ce-qu-elle

Actionnaires et clients de BNP Paribas, dormez tranquilles : votre banque ne va pas s’effondrer. Contribuables, ne soyez pas inquiets : vous n’aurez rien à payer. Certes, 6 milliards et demi d’euros d’amende, ce n’est pas rien, mais le groupe a les reins solides.

Voilà à peu près le message délivré par la direction du groupe bancaire français, au lendemain de l’accord conclu avec la justice américaine. BNP Paribas a donc fini par plaider coupable, en reconnaissant avoir violé les embargos américains sur le Soudan, l’Iran et Cuba. Outre l’amende record qui lui est infligée (record dans ce genre d’affaires), la banque se voit contrainte de suspendre, pendant toute l’année 2015, une partie de ses opérations en dollars.

Vu d’ici, et au nom du patriotisme économique, on a du mal à percevoir dans cette affaire autre chose qu’un affrontement entre les vilains juges américains et la pauvre petite banque française. Pourtant, le cas BNP Paribas n’est que l’arbre qui cache la forêt. Depuis 2008, plus d’une vingtaine d’établissements bancaires ont été sanctionnés aux Etats-Unis pour avoir contrevenu aux embargos.

Jean-Paul Betbeze et Gaël Giraud JCF © Radio France

Et ce ne sont pas les seuls écarts à faire l’objet de menaces de poursuites. En mai dernier, le Crédit Suisse a accepté de payer une amende de 2 milliards et demi de dollars pour avoir incité certains de ses clients américains à pratiquer l’évasion fiscale. Dans le collimateur désormais, la banque britannique Barclays : le procureur général de New-York vient décider d’ouvrir des poursuites à son encontre, pour avoir trompé les investisseurs sur le fonctionnement d’une de ses branches.

Bref, contrairement aux idées reçues, les banques ne semblent plus jouir d’une totale impunité, en tout cas aux Etats-Unis.

Faut-il y voir comme un excès de zèle ?

Ou bien « les banques n’ont-elles que ce qu’elles méritent ? »

C’est notre sujet du jour.

Invité(s) :
Gaël Giraud, directeur de recherches au CNRS, membre du Centre d’Economie de la Sorbonne, du LabEx RéFi et de l’Ecole d’Economie de Paris, il a été ordonné prêtre jésuite en 2013
Jean-Paul Betbèze, président de Betbèze Conseil SAS, membre du Cercle des économistes

Le focus de Mélanie Chalandon :

La justice américaine est-elle particulièrement sévère avec les banques, quelle que soit leur nationalité ? C’est la question que nous avons posé à Nicolas Véron, chercheur au think tank Bruegel de Bruxelles et au Peterson Institute de Washington.

http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-bnp-paribas-barclays-credit-suisse-les-banques-n-ont-elles-que-ce-qu-elle#

Enregistrement de l’émission: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4875110

 

Michel Foucault

Filed under: Actualité, Enseignement, France culture, Littérature, Philosophie, Université, vidéo — Étiquettes : — Isabelle Aubert-Baudron @ 12:14

30 janvier 2014

Retranscription de l’entretien de Christophe Dejours: « Evaluation individualisée des performances et tournant gestionnaire »

En format pdf à Christophe Dejours – Evaluation individualisée des performances et tournant gestionnaire
Enregistrement à http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4769508

20 janvier 2014

Monnaie : chacun sa pièce, chacun son billet

Filed under: Actualité, Economie, France culture — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 4:37

Sur France culture dans Culturesmonde cette semaine:
“Monnaie : chacun sa pièce, chacun son billet”

(1/4) – Locales ou virtuelles, les monnaies alternatives : 20.01.2014

Ecoutez l’émission http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4779588

(2/4) – De Cuba à la Chine, l’identité nationale en filigrane:  21.01.2014

Ecouter l’émission: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4779606

(3/4) – Les faux-monnayeurs : 22.01.2014

Ecouter l’émission: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4779610

(4/4) – Le troc, l’économie sans monnaie : 23.01.2014

Ecouter l’émission: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4779616

Podcast: http://www.franceculture.fr/podcast/4685036

1 janvier 2014

Christophe Dejours: « Evaluation individualisée des performances » et « tournant gestionnaire »

En illustration de l’article De la manipulation des symboles : «les valeurs», «évaluation» :

Sur France culture dans LA GRANDE TABLE (2ème partie) 1.1.2014

3/5. Comment refaire Histoire? Le collectif à l’épreuve de l’individualisme 

Enregistrement:
http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4769410

Les enregistrements des 5 émissions de Comment refaire Histoire ?

Plus sur Christophe Dejours:

France inter: http://www.franceinter.fr/personne-christophe-dejours
France culture: http://www.franceculture.fr/personne-christophe-dejours.html
Bibliographie: http://www.franceculture.fr/oeuvres/85301

13 décembre 2013

Jean Lassalle, le député Modem marcheur qui vient d’achever son tour de France à pied

Filed under: Actualité, Ethique, France culture — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 5:11

Invité aujourd’hui des « Matins de France Culture »: Première partie  : enregistrement en ligne – Podcast

Deuxième partie : enregistrement en ligne – Podcast

Site de Jean Lassalle

Vidéos sur Dailymotion: 1 et 2

26 décembre 2010

Quelques infos pour mieux comprendre l’économie

Filed under: Actualité, Economie, France culture — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:39
Sur France culture aujourd’hui, Philippe Meyer recevait dans l’Esprit Public Michel AGLIETTA pour parler de la crise financière  : voir l’enregistrement à http://www.franceculture.com/emission-l-esprit-public-l-esprit-public-michel-aglietta-la-crise-financiere-2010-12-26.html
Une émission passionnante dans laquelle Michel Aglietta fait une synthèse lumineuse de la situation économique actuelle à travers une analyse des mécanismes de l’économie financière apparus récemment, des pièges qu’ils recèlent, et apporte des proposition de résolution de ces problèmes à différents niveaux.
 
D’autres émissions de France culture sur l’économie: voir les retranscriptions suivantes:
– « Le Bien Commun » du 4 juin 2005 : Le whistleblowing: prévenir avant de guérir en démocratie
 
Le pouvoir et d’argent dans l’entreprise : Retranscription de l’émission « La Rumeur du Monde » du 24 juin 2006 – France Culture
 
Le monde capitaliste aura-t-il sa glasnost ? Les normes comptables internationales » « Le Bien Commun » 21/10/06, Antoine GARAPON, Nicolas VERON, Bernard COLASSE
 
– « Ce soir ou jamais » :Sombrer en toute indépendance : Avec Michel Aglietta, Daniel Cohen et Georges Soros.

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