Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

22 avril 2018

I. Aubert: Suicides chez les forces de l’ordre : Suicides encore et toujours: une analyse structurelle

Par Isabelle AUBERT,

pour le Mag N° 18 de l’APNM GendXXI.

Sommaire

Suicides chez les forces de l’ordre : Suicides encore et toujours: une analyse structurelle. 1

Les causes ?. 1

Mon expérience et mon analyse. 2

Une similarité de structure entre les gestions des divers services publics. 3

Les réponses proposées. 3

Nécessité de réformes structurelles. 4

Des modèles économiques inconstitutionnels et scientifiquement discutables. 4

Une restructuration nécessaire, sur des bases fiables et crédibles. 5

Notes. 6

De nombreux media traitent cette semaine de la recrudescence des suicides dans la police et la gendarmerie.

Les causes ?

Au fil des gouvernements qui se succèdent, la réponse est la même : « Il est établi que les causes sont majoritairement d’ordre privé » (2013), sous-entendant que ces causes sont imputables aux individus, non à l’institution.

En fait, dans la réalité, vie professionnelle et vie privé ne sont pas des domaines d’activités séparés : ils sont reliés entre eux structurellement et interagissent l’une sur l’autre. Votre vie personnelle est-elle différente selon que vous avez un salaire correct, un emploi sûr, des conditions de travail épanouissantes, des relations de travail chaleureuses, des supérieurs hiérarchiques que vous respectez ou un emploi précaire, des conditions de travail qui font fi des besoins fondamentaux de notre organisme, vous imposent une charge de travail supérieure à vos capacités d’exécution, un temps de travail supérieurs aux capacités de récupération de votre organisme, un climat relationnel conflictuel, etc. ? Ces dernières engendrent une dégradation de l’état de santé psycho-somatique qui se répercutent sur la vie privée, empoisonnent le climat relationnel familial, et engendrent des divorces qui ne seraient jamais arrivés dans des conditions de travail humaines. Incriminer la vie privée pour expliquer les suicides revient à inverser les causes et les effets.

Une autre cause souvent évoquée est la fragilité des individus. Si nous prenons l’exemple des véhicules de service, que l’entretien n’est pas fait, que les conducteurs veulent les conduire en les poussant au-delà les vitesses inscrites au compteur, et qu’ils ne remplissent pas le réservoir d’essence, vous n’allez pas les conduire longtemps. Si vous exigez de l’assurance qu’elle vous rembourse votre véhicule hors d’usage, et que vous retournez contre le constructeur en imputant une fragilité originelle du véhicule, je doute qu’autant l’assurance que le constructeur vous donne raison. Il vous sera répondu que vous étiez responsable de l’entretien du véhicule, et que vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous. Ce raisonnement tombe sous le sens quand il s’agit de véhicules. En revanche, dans la gestion des ressources humaines, c’est apparemment au-delà des capacités d’entendement.

Mon expérience et mon analyse

Pour parler de ce que je connais, ce qui est plus sûr, dans ma sphère professionnelle d’infirmière de secteur psychiatrique, j’ai été diplômée en décembre 1978 après 3 ans d’études théoriques et pratiques (nous travaillions dans les services, en plus des effectifs infirmiers). A partir du début des années 80, le nombre de lits d’hospitalisation a été réduit, ainsi que les effectifs, il fallait « faire des économies », puis les écoles ont été fermées, notre diplôme supprimé, ainsi que les domaines de connaissance enseignés. Les objectifs soignants sont passés à la trappe, et notre fonction, ce pour quoi nous avions été formés et payés très correctement pour l’être avec l’argent public pendant 3 ans, a été remplacé par des objectifs financiers, basés sur des critères sans rapport avec notre fonction. Nous avons alors été privés du temps et des moyens dont nous disposions auparavant pour nous occuper des patients, le harcèlement professionnel est apparu, sans que le terme existe alors et bien avant que le phénomène soit reconnu et décrit à l’échelle du pays. En deux mots, nous avons été déprofessionnalisés[1] , notre diplôme a été dévalué, ceci sur le seul territoire français, notre statut dans le reste de l’Union Européenne demeurant celui d’infirmiers spécialisés correspondant à ce que nous étions réellement. Les professionnels psy, y compris les psychiatres, ont vécu le même phénomène[2].

Bilan humain consécutif à cette « nouvelle gestion publique » entre 1980 et 1991 : 15 morts, dont 7 par suicides, parmi les soignants dans les 2 services de psychiatrie du petit hôpital Nord Deux–Sèvres, sur une centaine d’infirmiers, alors qu’au cours des années précédentes, aucun décès n’avait eu lieu[3]. Parmi les patients, la liste est encore plus longue : la plupart de ceux que j’ai connus alors ont disparu.

Nous n’avions alors pas assez d’éléments de compréhension de ce qui se passait. Je savais seulement que le taux de mortalité et de morbidité excessif provenait de facteurs inconnus, mais réels. Après que nous avons tenté au cours des années 80, mes collègues et moi-même, à la demande de l’administration sous le ministère de Jack Ralite, d’améliorer le sort des patients, et y être parvenus dans une certaine mesure[4], les résultats thérapeutiques obtenus au bout de trois ans ont été considérés, sous le ministère suivant, comme « remettant en question toute l’institution ». Les réalisations ont été arrêtées. Nous avons été soumis à des conditions de travail invivables (2 infirmiers pour 20 lits, plus les patients venant en hôpital de jour). Considérant qu’il était impossible de travailler sérieusement dans de telles conditions, j’ai tiré ma révérence.

Si les effectifs et les moyens des soignants ont fondu, en revanche ceux de l’administration ont explosé, sans pour autant que celle-ci ait apparemment les moyens de faire correctement son travail, puisque les soignants, en plus d’assurer leur fonction, doivent en plus assurer une charge et un temps de travail administratifs !

Depuis les années 2000, les malades mentaux ont été criminalisés, présentés comme des délinquants potentiels, et orientés vers les prisons, dans lesquelles ils moisissent sans soins si ce n’est médicamenteux, et sans condamnation, potentiellement ad vitam aeternam. Effectivement, un prix de journée de 100 € en prison à la place de 800 € en hôpital, ça fait des économies, même si le bilan humain est catastrophique, et si les prisons sont engorgées par des gens qui n’ont rien à y faire, ce qui permet à certains d’en réclamer davantage.

Une similarité de structure entre les gestions des divers services publics

Nous voyons ici que le phénomène des suicides dans la police et la gendarmerie est similaire à celui qui a lieu dans d’autres secteurs comme la santé, qu’il n’est pas nouveau, qu’il est apparu dans le contexte de cette « nouvelle gestion publique ».

La gestion des ressources humaine instituée dans ce cadre est très différente de la gestion publique antérieure aux années 80, qui reposait sur les critères du service public : ces critères disparaissent également, remplacés par des critères financiers, ceux du secteur privé, depuis que le ministère de l’économie a confié depuis 2004 la gestion des services publics à des sociétés de services informatiques[5] privées.

Ainsi, cette gestion des ressources humaines ne dépend pas des ministères successifs, mais des sociétés avec lesquelles l’Etat a conclu des contrats, en fonction desquels elles s’engagent à fournir aux Etats partenaires des services donnés.

Il semble alors que nous nous trompions d’interlocuteurs: dans la mesure où l’argent de l’Etat sort de nos poches, c’est bien nous qui payons pour ces « services ». Etant rétribuées avec l’argent public, ces sociétés ont de ce fait, dans notre pays, que cela leur plaise ou non, des missions de service public, puisqu’étant leurs employeurs réels, nous sommes en droit de leur demander des comptes sur la nature et la qualité des services rendus au regard des sommes investies dans ces contrats, ainsi qu’aux fonctionnaires de l’Etat qui les ont signés, dans la mesure où ils sont non pas propriétaires de cet argent public, mais dépositaires, en tant que nos représentants.

Les réponses proposées

– « une évaluation des mesures mises en œuvre pour prévenir les suicides parmi les forces de l’ordre ».

– réunir « rapidement les représentants des policiers et gendarmes pour évoquer les dispositifs de prévention existants et les moyens d’en renforcer encore l’efficacité ».

Parmi les réponses proposées en haut lieu face à cette augmentation des suicides, il ne semble pas être question de s’attaquer aux causes, ni aux facteurs structurels : Qui va être chargé d’effectuer les audits sur les suicides dans la police et la gendarmerie ? Les mêmes sociétés de services informatiques qui nous infligent les politiques du chiffre. Qui va être chargé de la mise en œuvre des moyens de prévention préconisés ? La même administration qu’à l’heure actuelle, gérée par les mêmes gestionnaires. Qui paiera l’argent investi dans ces audits et ces « moyens de prévention », dans les conférences, les séminaires consacrés au sujet ? L’argent public = nous. Pour quels résultats ? Les mêmes causes engendrant les mêmes effets, des résultats similaires aux résultats actuels, à savoir négatifs pour le pays sur les plans financiers et humains.

Nécessité de réformes structurelles

J’en conclus qu’un changement à ce niveau requiert une prise de conscience des citoyens concernés par ces évolutions des règles du jeu économique: nous sommes dans une position comparable à celle de joueurs qui penseraient jouer à la bataille, avec d’autres joueurs qui joueraient implicitement au poker avec leur argent !

En conséquence, les réponses idéologiques, morales, politiques, etc., qui ont été tentées s’étant révélées jusqu’ici inaptes à influer positivement sur les résultats obtenus effectivement au niveau humain, il me semble que le problème mérite d’être posé par les citoyens eux-mêmes, en utilisant les moyens légaux dont ils disposent, à partir de bases de gestion en réalité très simples. Je ne parle pas ici d’idéologie, ni de morale, ni de politique, c’est une simple conversation d’affaire, le B.A. BA de la gestion d’entreprise: montant de l’argent public, montant des recettes, montant des dépenses, bénéfice ou déficit. Dans les dépenses, qui est payé pour remplir quels services et combien ? Les résultats des services rendus sont-ils conformes aux clauses des contrats signés ? Les jugeons-nous satisfaisants pour le pays et les citoyens ? Convient-il de reconduire ces contrats en l’état, ou de les redéfinir, ou d’y mettre un terme ?

Le postulat du partenariat public-privé qui repose sur la « socialisation des pertes et la privatisation des bénéfices »[6], et qui participe à l’augmentation de la dette publique, est-il compatible avec une gestion républicaine de l’argent public ? Notre pays peut-il s’affranchir de ses engagements envers la communauté européenne en soumettant ses citoyens à des normes et des critères d’évaluation inexistants dans le reste des pays européens, qui lui valent d’être condamné par des institutions européennes ? Peut-il faire payer aux citoyens, autrement dit, aux victimes effectives et potentielles de ses propres manquements, les factures de ses condamnations et en dédouaner financièrement les responsables réels ?

Des modèles économiques inconstitutionnels et scientifiquement discutables

Quand nous nous penchons sur les modèles appliqués dans la gestion des ressources humaines, nous voyons qu’ils sont d’origine américaine[7] issus de la gestion privée. Ces modèles reposent sur une vision de l’économie déconnectée de ses acteurs humains, comme si celle-ci était doté d’une existence propre, et fonctionnant sur des lois physiques aussi immuables que celles de la pesanteur, dans un système de pensée qui traite l’organisme humain dans une complète ignorance de son fonctionnement biologique, de ses besoins, de ses capacités et de ses limites, et les activités humaines, qui sont reliées entre elles structurellement, comme des catégories séparées et parfois opposées. Ces modèles de gestion américaine n’ont strictement rien à voir avec nos constitutions nationales ni européennes, se considérant comme indépendants de celles-ci et au-dessus d’elles[8]. Loin de constituer un « progrès », elles engendrent une structure de rapports économiques et sociaux basés sur la compétition, des relations de type domination-soumission, antérieure à notre modèle constitutionnel, et de ce fait, dépassée, et leur résultats se traduisent par une succession de crises économiques[9]. Structurellement, un modèle de relations basé sur la compétition et les rapports de force n’est pas compatible avec un modèle de relations basé sur les principes de liberté, d’égalité, et de fraternité, tout comme des relations sociales basées sur des rapports de force sont incompatibles avec l’Etat de droit.

Quant aux modélisations importées de même source[10], et qui sont enseignées aux DRH, l’observation de leur contenu laisse parfois pantois : on se retrouve devant un fatras de pseudo-sciences et d’impostures intellectuelles, face à des hordes de pseudo-formateurs, à des centres de formation enseignant diverses « méthodes de développement personnel » basées sur des visions des êtres humains et de la psyché humaine différentes et inconciliables entre elles, certaines bricolées de bric et de broc à partir de copiés collés d’extraits piochés dans des sites internet par des experts en « art de la manipulation », et reprenant parfois des méthodes de lobbying dignes de prédicateurs américains. Navrant ! Affligeant !

Très franchement, pouvons-nous sérieusement continuer à confier la gestion de notre administration à des gens si peu crédibles ?

Une restructuration nécessaire, sur des bases fiables et crédibles

Dans le contexte de la volonté actuelle de l’Union Européenne de se réapproprier le secteur de sa défense, ne serait-il pas judicieux de nous réapproprier également celui de la gestion de nos propres ressources humaines, sur la base de modèles correspondant à notre état d’évolution scientifique actuel, et similaires à la structure de notre constitution nationale, au modèle républicain réel, qui est lui-même similaire dans l’esprit à celui de la Constitution européenne, de l’ONU et de l’UNESCO dont la France vient de prendre la présidence ? Or notre pays dispose, au niveau scientifique, de domaines de connaissances propres inexploités, car jusqu’ici exclus par les économistes autorisés. Ils sont susceptibles d’apporter des solutions permettant de concilier à la fois les missions de services publics et les intérêts publics et privés. Il ne tient qu’aux dirigeants actuels de s’en saisir, de les utiliser et de les enseigner dans un cadre public, structurellement conforme à l’enseignement républicain.

Il n’est pas du tout question ici d’enfreindre des devoirs de réserve spécifiques à tel ou tel ministère, avec lesquels ces questions n’ont rien à voir, ni d’utiliser de moyens de pression de quelque ordre que ce soit (manifestations, grèves, etc.,) ni de prétendre juger ou condamner qui que ce soit à l’avance, ni d’exiger le départ de quiconque, simplement de poser les problèmes correctement, afin d’y voir plus clair, et de pouvoir les résoudre sur la base de l’Etat de droit, non plus dans un contexte conflictuel, mais entre gens sensés et de bonne compagnie.

Je pense que cela nécessite de voir les choses avec du recul, à l’échelle de l’évolution de notre pays. Les impasses auxquelles sont conduites nos sociétés ont une utilité : elles nous permettent d’explorer collectivement des directions, et, une fois que nous sommes confrontés aux impasses, de pouvoir comprendre l’origine des erreurs et d’explorer de nouvelles voies, qui n’étaient pas disponibles auparavant. Mais cela demande du temps, et intégrer, pour les économistes actuels, les bases de notre évolution scientifiques, est comparable à une révolution copernicienne. Nous devons cesser de voir notre monde actuel sous l’angle d’Aristote, la vision antique du monde et les critères d’évaluation de l’Ecole scolastique[11] (XIème siècle) étant inopérants pour appréhender et à résoudre les problèmes du XXIème siècle.

« Ce n’est pas l' »esprit » humain et ses « limites » qui sont à blâmer, mais un langage primitif, et sa structure étrangère à ce monde, qui ont provoqué de tels désordres dans nos doctrines et nos institutions. » Alfred Korzybski, Science and Sanity[12].

[1] Voir Les enjeux de la déprofessionnalisation , Lise Demailly et Patrice de la Broise.

[2] Voir La réforme de l’hôpital public, un management sans ménagement, et Réformer l’hôpital comme une entreprise. Les errements de trente ans de politique hospitalière (1983-2013), de Jean-Paul Domin.

[3] Voir Enquête sur les facteurs de mortalité et de morbidité en milieu hospitalier (1) et Enquête sur les facteurs de mortalité et de morbidité.. comment en sortir (2006): (2)

[4] Voir les N° 1 à 7 du magazine Objectifs (1984-1987), réalisé par des patients et des soignants, qui contient des comptes-rendus du travail réalisé. (Intégrale des numéros d’Objectifs disponible en pdf).

[5] Voir Wikipedia, Entreprise de services informatiques.

[6] INVESTOPEDIA « DEFINITION of ‘Privatizing Profits And Socializing Losses ‘: A phrase describing how businesses and individuals can successfully benefit from any and all profits related to their line of business, but avoid losses by having those losses paid for by society. Privatizing profits and socializing losses suggests that when large losses occur for speculators or businesses, they are able to successfully lobby government for aide rather than face the consequences of said losses. »

Traduction: « Définition de ‘Privatisation des pertes et socialisation des profits’: Une phrase décrivant comment les entreprises et les individus peuvent tirer bénéfice de tout profit lié à leur secteur d’activité, mais éviter les pertes en.les faisant payer par la société. Privatiser les profits et socialiser les pertes suggère que quand des spéculateurs ou des entreprises subissent de grosses pertes, ils sont en mesure de réussir à faire pression sur le gouvernement pour obtenir une aide plutôt que de faire face aux conséquences des dites pertes. »

[7] Voir La gouvernance hospitalière à la croisée des chemins, Jean-Pierre Claveranne, Christophe Pascal, David Piovesan.

[8] Voir OCDE, La Faisabilité politique de l’ajustement par Christian Morrisson, une stratégie mondiale de déstabilisation des constitutions nationales.

[9] Idem. Lire les principaux extraits.

[10] Voir Assemblée Nationale, Documents parlementaires: Rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités économiques et leurs relations avec les milieux économiques et financiers , Assemblée nationale Président : Jacques Guyard ; rapporteur : Jean-Pierre Brard, 1999, N° 1687 et Rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur les sectes, Assemblée nationale, 1995 , Président : Alain Gest ; rapporteur : Jacques Guyard, N° 1687.

[11] « Scolastique: Enseignement philosophique et théologique dispensée dans l’Université du XIe au XVIIe siècle (apogée au XIIIe s.) et dont le propos était de concilier la foi chérifienne et la raison. (Marquée par l’influence prépondérante de l’aristotélisme, la scolastique a été principalement illustrée par saint Albert le Grand, saint Thomas d’Aquin, saint Bonaventure, Duns Scott et Guillaume d’Occam.) » Larousse.

[12] Version originale intégrale: Science and Sanity . Extraits en français.

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22 février 2018

APNM GendXXI: Militaire français et citoyen européen : le déséquilibre des droits. Un militaire européen résidant en France a plus de droits que ses homologues militaires français.

Filed under: Actualité, APNM, fonction publique, Gendarmerie, Management — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:11

https://www.gendxxi.org/militaire-francais-et-citoyen-europeen-le-desequilibre-des-droits-un-militaire-europeen-residant-en-france-a-plus-de-droits-que-ses-homologues-militaires-Français/

21 février 201

Les députés et les sénateurs devront bientôt se prononcer sur le projet de Loi de Programmation Militaire (LMP) 2019-2025.

GendXXI saisie les parlementaires sur la possibilité ouverte aux militaires de se présenter aux élections municipales.

L’article 18 du projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense tire « les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel ayant jugé non-conforme à la Constitution l’incompatibilité générale entre le statut de militaire en service et l’exercice d’un mandat municipal».

Cette décision a été rendue en novembre 2014 dans le cadre d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). « Le législateur a institué une interdiction qui, par sa portée, excède manifestement ce qui est nécessaire pour protéger la liberté de choix de l’électeur ou l’indépendance de l’élu contre les risques de confusions ou de conflits d’intérêts », avait alors estimé le Conseil constitutionnel.

La LMP 2019-2025 devrait ouvrir le droit aux militaires de se présenter aux élections municipales, pourtant l’APNM (Association Professionnelle Nationale de Militaires) GendXXI considère que le projet de loi manque d’ambition sur ce point.

Dans son écriture actuelle, l’article 18 de la LMP 2019-2025 offre la possibilité pour les militaires d’accepter un mandat de conseiller municipal dans les communes de moins de 3 500 habitants.

Pourquoi cette limitation selon l’importance des villes ? Les citoyens européens vivants sur le sol français ne subissent pas cette limitation quand bien même ils seraient militaires en activité. GendXXI souhaite la suppression de cette limitation.

De même, pourquoi ne pas profiter de la LPM pour ouvrir aux militaires la possibilité de représenter les français aux élections européennes comme c’est le cas pour les autres citoyens européens résidant en France ?

Enfin GendXXI souhaiterait la suppression du 3ème alinéa de l’article L4121-3 du Code de la Défense. En effet la position de détachement entraîne une suppression de la solde, empêchant de ce fait un plein exercice du mandat du militaire. (le militaire peut être placé à la suite)

GendXXI souhaite que l’étude de la Loi de Programmation Militaire soit l’occasion d’améliorer la condition de citoyen des militaires de France.

Si les militaires ont un statut qui leur impose de légitimes restrictions, certaines appartiennent à un temps révolu et doivent être considérées comme contraires à l’égalité des droits.

GendXXI juge nécessaire les évolutions permettant aux militaires, dans le respect de leur devoir, d’être enfin des citoyens comme les autres.

APNM GendXXI: Le temps de garde, c’est du temps de travail, tranche la Cour européenne de justice

Filed under: Actualité, APNM, fonction publique, Gendarmerie, Management — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:03

RTBF  – Publié le mercredi 21 février 2018 à 11h28

Le temps de garde, c’est du temps de travail, tranche la Cour européenne de justice

Le temps de garde d’un travailleur à domicile obligé de répondre aux appels de l’employeur dans un délai bref doit être considéré comme du temps de travail, a jugé la Cour européenne de justice dans un arrêt rendu mercredi à propos des pompiers volontaires de Nivelles.

En 2015, la Cour du travail de Bruxelles a posé des questions préjudicielles à la Cour de justice pour savoir si ces temps de garde pouvaient entrer dans la définition européenne du temps de travail.

« Le temps de garde qu’un travailleur est contraint de passer à domicile avec l’obligation de répondre aux appels de son employeur dans un délai de huit minutes -ce qui restreint très significativement les possibilités d’exercer d’autres activités- doit être considéré comme du temps de travail », dit la Cour de Luxembourg.

En l’espèce, en cas d’appel, les pompiers doivent se rendre immédiatement à la caserne, ce qui les empêche d’exercer d’autres activités.

Cette décision va désormais faire jurisprudence en Europe, pour autant que les salariés concernés aient l’obligation de se rendre rapidement sur leur lieu de travail. Par contre ce que les juges ne disent pas, c’est la manière dont ces heures d’astreinte doivent être rémunérées.
Cela reste une compétence de chaque Etat membre.

https://www.rtbf.be/…/detail_pompiers-de-nivelles-le-temps-… 

https://www.facebook.com/gendxxi/ 

Voir également sur la Libre Belgique:

8 novembre 2016

GendXXI : Le Mag 12

Filed under: Actualité, APNM, Association, burn out, Gendarmerie, harcèlement — Étiquettes : , , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:41

Mesdames, Messieurs,
Très chers adhérents et bénévoles,

La rédaction du magazine vous invite à prendre connaissance du numéro 12 de « GENDXXI – Le Mag » du mois de Novembre 2016.

AU SOMMAIRE DE CE NUMÉRO:
– Rencontre avec le Général SOUBELET
– 2001 : Les gendarmes sont dans la rue
– BUDGET GENDARMERIE 2017 : Table ronde au Sénat
– Ras-le-bol dans la police, un mal partagé
– Temps de travail : entre fantasme et réalité
– Témoignage exclusif d’un réserviste
– GendXXI dans les médias

http://fr.calameo.com/read/00011103823341716debc

En pdf: https://www.gendxxi.org/wp-content/uploads/2016/11/Mag-n°12.pdf

 

17 mai 2016

Magazine GendXXI: N° 8 et 9

Filed under: Actualité, Association, Gendarmerie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 1:14

APNM GendXXI

Association professionnelle nationale des militaires de la gendarmerie du XXIème siècle

Mag-n°8

Mag-n°9

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