Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

7 novembre 2016

I. Aubert-Baudron: Le mouvement policier, la GRH et le peuple

Le mouvement policier a fait irruption dans le contexte particulièrement difficile que traverse le pays, aux niveaux politique, social, économique, international, etc., et qui a exacerbé la difficulté des conditions de travail des policiers. Privés des moyens de remplir leurs fonctions de force de l’ordre, confrontés à des agressions permanentes, ils se retrouvent dans une impasse. D’où l’urgence pour eux de se faire entendre, indépendamment de syndicats jugés non représentatifs de la base face à leur hiérarchie.

Parmi les demandes des policiers participant au mouvement actuel, certaines sont spécifiques de leur fonction de maintien de l’ordre (matériel, justice, etc. ), et d’autres, qui traitent du management, de la gestion des ressources humaines, des rapports avec la hiérarchie, de la politique du chiffre et de la culture du résultat, sont communes à toute la fonction publique. C’est pourquoi ce mouvement est comparable à d’autres, nés dans le passé :

          la coordination infirmière[1] en 1988,

 

          le mouvement des gendarmes, qui exprimèrent leurs revendications  en 1989, puis en décembre 2001. Il a donné lieu à la création d’espaces de libre expression sur internet au sein de la gendarmerie, à travers le forum Gendarmes et Citoyens (2007), puis a obtenu, le 2 octobre 2014, la condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (arrêt Matelly)[2] et le droit pour les gendarmes de s’organiser en associations professionnelles apolitiques  : voir le site de l’APNM[3] GendXXI.

Télécharger en pdf

Ainsi les revendications des policiers rejoignent celles des infirmiers et des gendarmes, qui continuent de s’exprimer à leurs niveaux respectifs sous leurs formes actuelles en 2016.  Si le ministère, les politiques et les syndicats entendent celles qui concernant les aspects matériels du maintien de l’ordre,  en revanchent ils ignorent celles relatives à la GRH, et adoptent envers le mouvement policier une structure de relation hiérarchique de dominance, pyramidale, en répondant par des menaces de sanctions et des pressions diverses. Ce faisant, ils exacerbent le sentiment d’injustice auprès des agents, et les raisons de leur colère.

Le management :

Qui décide de cette GRH, et sur quels critères ? Le management adopté dans la fonction publique est calqué sur celui expérimenté à France Télécom[4] à partir de 1990[5] , qui se caractérise, entre autres, par :

a)                 A travers la notion de « ressources humaines », l’identification des agents à de simples  « ressources », à savoir des objets de profits, utilisables comme tels, déshumanisés.

b)                 Le mépris des subordonnés[6]:

« Le cerveau, c’est eux [les polytechniciens formant la haute direction]. Toi, tu n’as pas besoin d’avoir un cerveau ; c’est leur cerveau qui fonctionne. Toi, en fait, tu es une synapse de leur cerveau, un organe périphérique de leur cerveau. (…) Un ordinateur, un processeur, une unité centrale : c’est eux. Et le reste, c’est une bande de périphéries. Et une périphérie qui n’est pas assez performante ! Et quand une périphérie n’est pas assez performante, tu changes de périphérie ! »

Le corps social de l’entreprise, ses activités ou ses entités organisationnelles de base tendent à être appréhendés comme des ensembles de « particules élémentaires  » [29], de numéros ou de lignes budgétaires. Les hauts dirigeants n’auraient « pas besoin d’un savoir sur l’homme pour résoudre les problèmes de l’homme au travail  » [30]. Ils auraient simplement besoin de lever les obstacles à l’efficience de la « gestion micrométrique  » :

« Si sur un plateau de quatre-vingt personnes j’ai trois activités, il est clair que je serai plus efficace avec une seule. Le manager doit évaluer les conséquences. Combien je vais pouvoir emmener de personnes sur cette activité, combien je suis obligé d’en laisser au bord de la route ? C’est une gestion micrométrique en permanence. » [31]

Cette déshumanisation et ce mépris, en contrepartie de leur investissement personnel pour faire leur travail du mieux qu’ils le peuvent, sont dans une large mesure responsables de la colère des policiers.

c)                  Un autre des postulats des modélisations apparues sur le marché et utilisées dans la formation des cadres de la fonction publique[7] entend accréditer l’idée que les professions à vocation altruiste (policiers, pompiers, gendarmes, personnels de santé, assistantes sociales, etc.) privilégieraient, par nature, la satisfaction des autres à leurs propres besoins et seraient incapables de désobéir aux ordres, et, partant de là, dans l’incapacité de se défendre. Ils ont déduit de ce « principe d’obéissance » hérité en partie de l’administration française[8] qu’il était possible de leur imposer des conditions de travail que d’autres gens, travaillant dans des branches professionnelles différentes, censés obéir à des motivations différentes, n’auraient jamais tolérées, et qu’il était possible à partir de là de les traiter comme de simples ressources, dépourvues d’intelligence et de libre arbitre.

Cette scission artificielle, imaginaire, des différents éléments de l’entreprise à manager, qui oppose d’un côté des dirigeants s’arrogeant le monopole de la réflexion et de la décision, et de l’autre d’exécutants quasiment programmés génétiquement pour remplir des objectifs financiers déconnectés de la réalité physique du monde réel, correspond à la conception aristotélicienne des rapports sociaux, une relation maîtres-esclaves : « Être capable de prévoir par la pensée, c’est être par nature apte à commander, c’est-à-dire être maître par nature, alors qu’être capable d’exécuter physiquement ces tâches c’est être destiné à être commandé c’est-à-dire être esclave par nature. » (Aristote, « Les Politiques », livre I, chapitre 2, Ed. Garnier-Flammarion).

Cette conception des rapports sociaux, selon laquelle les droits des individus seraient inhérents à leur statut social et dépendants de celui-ci, a été formulée par Aristote il y a 1500 ans. Elle est, sur le plan scientifique, aussi obsolète que la conception géocentriste de la terre immobile au centre du monde, décrite également par Aristote, et dans le cadre de laquelle elle a été élaborée. Cette vision du monde a fait autorité jusqu’au XVIIème siècle (Copernic puis Galilée). Quant à la structure sociale basée sur une relation maitre-esclave, elle a été officiellement abolie en 1789, avec l’adoption de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen comme base de la constitution. En 2016, dépourvue de légitimité depuis plus de 200 ans, elle est  complètement dépassée et parfaitement absurde. Les pseudo-sciences qui la véhiculent sont en réalité des méthodes de manipulation échafaudées pour la circonstance, n’ayant pas pour vocation de s’adapter au terrain, mais d’en falsifier les représentations, les images,  les discours, etc., pour se propulser elles-mêmes, à son détriment. Les faits, occultés, n’ont plus d’importance, seule compte l’image qui en est donnée et les objectifs financiers à la clé.

En ignorant la capacité des agents à manier les symboles et à évaluer par eux-mêmes, capacités spécifiques de l’espèce humaine et dont est doté tout cerveau humain, en refusant de s’inclure eux-mêmes comme données dans les problèmes humains qu’ils génèrent et dont ils refusent d’endosser la responsabilité, rejetant la culpabilité de ces problèmes sur les agents et les citoyens, et en ignorant qu’en dernier ressort, ces agents et ces citoyens ont de fait leur propre pouvoir de décision, les auteurs des modèles de management en question ont fait l’impasse sur les possibilités d’émergence d’un tel mouvement qui est, sur la base de leurs postulats, de l’ordre de l’inconcevable et de l’imprévu; ce faisant, ils se coupent des possibilités d’aborder la situation de façon réaliste.

En réponse à ce mouvement, les politiques proclament verbalement à l’intention des media leur respect des forces de l’ordre d’une part, tout en brandissant d’autre part en interne des menaces de sanctions à leur encontre, contredisant dans leurs actes leur propre discours.

Les causes du mouvement policier :

Dans les faits, qu’est-ce qui a généré le mouvement policier ? De par la nature de leur travail, les policiers sont constamment confrontés au danger, ils risquent leur vie tous les jours, dans un contexte national difficile. Depuis des années, les « modernisations » au sein de l’administration, les baisses d’effectifs, la création des COB (communautés de brigades) et les fermetures de brigades en gendarmerie, etc., ont eu pour conséquence d’imposer aux forces de l’ordre dans leur ensemble des charges de travail incompatibles avec leurs capacités d’exécution, car supérieures aux capacités de l’organisme humain, dans un contexte relationnel basé sur une hiérarchie de dominance exacerbée, ne connaissant que la pression pour s’imposer, et maintenant les agents dans la peur constante de ne pas remplir des objectifs irréalisables et de perdre leur emploi, ceci au détriment de toute légitimité.

Les forces de l’ordre sont ainsi sciemment maintenues artificiellement dans une situation d’inhibition de l’action[9], avec des conséquences psychiques et physiques graves, engendrant l’impossibilité de faire abstraction du contexte pressionnel, la perte du sommeil, une détérioration de la vie familiale et privée, des maladies professionnelles, des dépressions, des suicides, etc., autrement dit un ensemble de préjudices au niveau humain affaiblissant les individus, leur entourage, et avec eux les corps auxquels ils appartiennent, au détriment de leur sécurité, de celle  des citoyens et du pays tout entier.  

Dans ces conditions, il est impossible d’attendre de gens dont le rythme de travail les prive du repos minimum nécessaire, qui sont épuisés psychiquement, donc dans l’incapacité d’avoir une maîtrise complète de leurs réactions émotionnelles et physiques, qu’ils puissent accomplir leur travail selon les critères d’ « excellence » imposés par la culture du résultat, où réaliser les objectifs imposés nécessiterait qu’ils travaillent dans de bonnes conditions, avec des moyens adaptés, des effectifs suffisants, dans un contexte relationnel valorisant et détendu, et en pleine possession de leurs capacités. Les dérapages lors d’affrontements avec la population, d’interpellations, etc., sont alors inéluctables ; ils sont la conséquence du contexte hiérarchique, tout comme, dans la santé, des soignants épuisés dans des maisons de retraite deviennent maltraitants envers des personnes âgées.

C’est pourquoi attribuer aux seuls policiers la culpabilité de ces dérapages et les victimes qu’ils engendrent me parait injuste et inadapté. Diminuer la fréquence et le nombre de ces dérapages implique de remettre en question les relations de la hiérarchie avec la base, le modèle « top-down », et les fondements-mêmes de l’idéologie managériale, qui porte une lourde responsabilité à ce niveau. En conséquence, les associations de défense de victimes de violences policières, si elles sont cohérentes avec elles-mêmes, devraient commencer par œuvrer pour que les policiers soient traités humainement, seule condition pour qu’ils puissent ensuite se comporter humainement envers les citoyens.

Une histoire de critères d’évaluation :

Les policiers, les gendarmes, les pompiers, les militaires, s’engagent en étant motivés par le désir de servir le pays. Ce qui veut dire que, dans leur hiérarchie de valeurs personnelle, ils placent la valeur de la nation au-dessus de celle de leur propre vie. Quand ils réalisent que leur hiérarchie les  traite comme des objets, en privilégiant des profits privés aux intérêts du pays, ils ne peuvent que se sentir trahis. Ce constat vient bouleverser la raison d’être de leur engagement : ne pouvant plus se référer aux critères d’évaluation de la hiérarchie, ils se tournent alors vers les citoyens, dont ils sont chargés d’assurer la sécurité, et qui sont les payeurs réels de leur salaire, autrement dit leurs employeurs réels.

Le peuple :

Personnellement, je n’ai vraiment réalisé le sens de ce mot que lors des manifestations qui ont suivi l’assassinat des journalistes de Charlie hebdo [10]. Auparavant, ce terme avait pour moi un sens abstrait, gravé dans le marbre, attaché à son usage dans les textes fondateurs de la nation. Ce n’est que lors de ces manifestations, qui n’avaient pas rassemblé autant de monde depuis la Libération, que j’ai compris que le mot « peuple » représentait une entité collective vivante, rassemblant des individus ressentant les mêmes choses, se référant aux fondements constitutionnel et historique du pays, vibrant au même niveau, doués de la capacité de se mobiliser et de s’exprimer en même temps, dans un objectif commun incluant leur propre condition individuelle et leur volonté propre tout en la dépassant. Dans ce contexte, les barrières mentales disparaissaient, les oppositions idéologiques entre les forces de l’ordre et le peuple étaient  abolies.

Au-delà des événements dramatiques des assassinats de Charlie, il y a eu, de la part des citoyens, devant la gravité, la soudaineté et l’ampleur de ces événements, cette prise de conscience commune de l’existence de ce peuple en tant qu’entité, la conscience d’en faire partie, d’être des éléments d’un ensemble cohérent, unifié au-delà des barrières apparentes, en accord avec les principes fondamentaux de la nation, et unis pour les défendre.

De leur côté, les policiers qui s’expriment indépendamment des cadres hiérarchique, syndical et politique déplorent que la politique du chiffre et de répression les coupe de la population, en les contraignant à verbaliser un grand nombre de citoyens pour des infractions et des délits mineurs au lieu de se concentrer sur la grande délinquance et la criminalité, et en privilégiant ainsi l’apport financier provenant des timbres-amendes à la sécurité réelle du pays.

En s’adressant directement aux citoyens, et en demandant leur soutien, les policiers de la base font appel au peuple qu’ils ont choisi de défendre, qui devient la seule instance légitime en la circonstance, et dont le nombre de citoyens qu’ils secourent quotidiennement est éminemment plus important que celui des victimes qui pâtissent de leurs débordements. En outre, ces citoyens, soumis pour la plupart à des modèles de management similaires dans leurs propres sphères professionnelles, et également réduits à l’impuissance, peuvent comprendre des policiers qui expriment leur propre vécu, et qui représentent alors la force légitime sur laquelle s’appuyer pour affronter le rapport de force qui leur est imposé.

Dans ce contexte, en tant que citoyens, dans la mesure où notre propre sécurité dépend de celle des policiers, nous avons une responsabilité individuelle et collective envers eux, et ne pouvons  les ignorer. Nous en avons une également envers les générations qui nous ont précédés, à travers ce que nous faisons de l’héritage historique et politique qu’elles nous ont légué :

Article 12 – La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.

Article 13 – Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés.

Article 14 – Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Article 15 – La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.[11]

C’est pourquoi les policiers sont avant tout NOS policiers, chargés d’assurer NOTRE sécurité. Les détourner de leur fonction pour les opposer à la population, sous prétexte d’idéologies sécuritaires au service d’intérêts privés, met en danger les forces de l’ordre et le peuple. Un tel détournement est inconstitutionnel et illégitime.

La perte de l’autorité :

Quand ce management a été adopté, il l’a été en fonction d’objectifs théoriques donnés. Une démarche scientifique digne de ce nom implique d’expérimenter les théories avant de les considérer comme fiables, de les confronter à l’épreuve des faits pour statuer sur leur validité hypothétique avant de décider de les généraliser. Or, dans la mesure où les citoyens sont aux premières loges pour observer ses résultats sur le terrain et expérimenter sa fiabilité, ils sont les mieux placés pour en parler. En raison des résultats effectifs catastrophiques constatés au niveau humain, refuser de les entendre  et de prendre en compte leurs témoignages est non seulement illégitime sur la base de notre constitution, mais également injustifiable et absurde en termes de cohérence et d’efficacité réelle.

Le contexte du mouvement, le fait de pouvoir s’y exprimer librement, diminue l’impact des pressions du management par la peur. Des gens qui sont confrontés au danger en permanence, et dont la vie est potentiellement constamment menacée de par la nature même de leur profession, peuvent alors relativiser la dangerosité réelle de ces pressions comparée à ce qu’ils vivent tous les jours sur le terrain. Dans le cadre du mouvement policier, la communication au public des menaces de sanctions se retourne contre les auteurs de ces menaces. Les soutiens qu’ils reçoivent de la part de la population leur permettent d’instaurer avec celle-ci des relations humaines, hors de tout rapport de force, conformes à ce qu’elles devraient être dans un Etat de droit.

Cette fermeture mentale de la part des autorités a sapé leur crédibilité et leur légitimité,  avec pour conséquence une rupture du contrat social qui unit le peuple français à ses dirigeants, et des bases de leur autorité aux yeux du peuple. Celui-ci ne la leur reconnait que dans la mesure où les détenteurs de l’autorité sont censés le représenter en  œuvrant pour le service public, et non le rabaisser à un statut et à des conditions d’asservissement auxquels la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 avait mis fin et dont elle est censée le préserver.

Or le pouvoir hiérarchique est un pouvoir symbolique : sa valeur dépend de celle que nous lui attribuons, en fonction de quoi nous décidons d’obéir aux ordres, d’appliquer ses décisions dans la réalité, de les rendre effectives, ou de ne pas le faire. Privé de ses bases légitimes, déconnecté de ses fonctions, il perd sa raison d’être, ne représentant plus que lui-même, et non le Peuple dont les représentants ont adopté la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en 1789. La pyramide, privée de sa base, s’effondre.

Conclusion :

Ainsi l’autorité ne peut se décréter par la force : elle dépend non de l’instance qui l’exige, mais du libre choix des individus susceptibles de la reconnaitre et de la respecter. Cette ignorance du facteur humain, cette méconnaissance des capacités d’évaluation et de réflexion des citoyens, et de leur ultime pouvoir de décision concernant leurs propres actes, engendre une incapacité à appréhender les rapports de force réels et à instaurer, avec les acteurs humains réels sur le terrain, un dialogue permettant d’aborder les problèmes de façon cohérente et de les résoudre.

En ce qui concerne l’hypothèse émise sur les possibilités d’une mainmise de courants politiques sur ce mouvement, elle m’apparaît peu crédible pour la raison suivante : que ces courants tentent de récupérer ce mouvement en usant de manipulations diverses, dont un envahissement d’internet via des sites usurpant l’identité des gens au nom desquels ils prétendent s’exprimer, et dont l’apparence surdimensionnée est sans rapport avec la réalité, est dans l’ordre des mœurs politiques du temps. Point n’est besoin d’en rajouter : si ces policiers politisés étaient si nombreux, il  y a belle lurette qu’ils auraient créé un syndicat politique correspondant à leurs opinions, et qui aurait été représentatif de leur profession. Or le mouvement qui s’exprime licencie symboliquement les syndicats et ne veut pas entendre parler de politique !

Pour ce qui est du mouvement des gendarmes, apolitique, les avancées auxquelles il est parvenu ont été obtenues sur la base du droit, du respect de la Constitution, en confrontant la France à l’inconstitutionnalité de son fonctionnement institutionnel via la CEDH[12].

C’est pourquoi identifier le mouvement policier à un courant politique donné, lui prêter l’intention de déstabiliser le pays, dans le but, pour certains, de le décrédibiliser aux yeux des citoyens, pour d’autres, de tenter de le récupérer, me semble aussi déconnecté de la réalité des intéressés que si de telles hypothèses avaient été émises au sujet des infirmiers ou des gendarmes, et peu glorieux de la part de gens qui, les uns comme les autres, de quelque courant politique dont ils se réclament, se sont bien gardés jusqu’ici de remettre en question les causes réelles des problèmes humains dans la fonction publique et de s’attaquer à leur résolution. 

Ce n’est qu’à travers la reconnaissance effective de l’humanité et de la citoyenneté des policiers et des agents de la fonction publique dans leur ensemble, en abordant  leurs mouvements  dans une structure de relation basée sur le respect et la reconnaissance mutuelle, conformément à la devise de la République : liberté, égalité, fraternité, que les représentants symboliques du peuple pourront redevenir des représentants effectifs, crédibles et regagner ainsi leur autorité.

Je crains que les brillants managers qui nous ont mis dans cette situation ne se soient d’abord abusés eux-mêmes, ainsi que les politiques qui les ont suivis, et je doute que les uns comme les autres soient réellement en mesure de mieux faire. Inclure les mouvements qui émergent dans les pôles de décisions du pays, en les reconnaissant comme des acteurs légitimes et incontournables dans leurs branches respectives, représente une alternative de sortie, de résolution des conflits, qui serait bénéfique pour les uns et les autres. Mais cela implique de mettre de côté les idéologies, les oppositions, les faux discours, etc., pour s’asseoir ensemble autour d’une table et se mettre au travail honnêtement et sérieusement.

Isabelle AUBERT-BAUDRON

Notes:

[1] Voir le site actuel de la coordination infirmière http://www.coordination-nationale-infirmiere.org/

[2] Tout savoir sur la jurisprudence du 2 octobre 2014 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en matière des droits des militaires : https://www.gendxxi.org/tout-savoir-sur-la-jurisprudence-du-2-octobre-2014-de-la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-cedh-en-matiere-des-droits-des-militaires/  

[3] APNM : Association Professionnelle Nationale des Militaires.

[4] Noelle Burgi · Monique Crinon · Sonia Fayman , De l’art de programmer la maltraitance au travail , Technical Report · October 2008 DOI: 10.13140/2.1.3805.0083, https://www.researchgate.net/publication/272827585_De_l’art_de_programmer_la_maltraitance_au_travail

[5] Burgi Noëlle, Anomie néolibérale et suicide au travail, dans revue ¿ Interrogations ?, N°14. Le suicide, juin 2012 , http://www.revue-interrogations.org/Anomie-neoliberale-et-suicide-au

[6] Idem.

[7] Rencontres territoriales des coachs internes de la fonction publique www.cnfpt.fr/sites/default/files/ddoc_coachs_internes_nov2013_vf.pdf  

[8] « Si l’on se situe maintenant du côté de l’entreprise, on précisera que les survivances de son passé administratif ne renvoient pas à une logique de grade. Ce n’est pas l’habitude de gérer des grades qui l’amène à combler les postes comme elle le fait ou à inciter, sinon à forcer ses salariés à la mobilité et au départ en empruntant les méthodes évoquées plus haut : c’est la possibilité de prendre appui sur le principe d’obéissance. Les hauts dirigeants mobilisent ce principe pour mieux imposer leurs projets stratégiques. Les règles de GRH introduites à partir de 1991 n’ont strictement rien à voir avec l’administration (c’est-à-dire, en l’occurrence, avec celles de la mutation et du concours). Importées du secteur privé, elles sont imposées par la direction qui s’appuie pour cela sur un ensemble d’instruments cohérent. Il s’agit d’un mélange de techniques de management de la firme et de méthodes inspirées du toyotisme 43. Cela fait partie d’une palette d’outils qui ne distinguent en rien France Télécom des entreprises modernes ou « modernisées » dans le monde. En revanche, on rapportera à une tradition proprement française et à l’héritage de l’exentreprise publique des outils comme le principe d’obéissance, dont on rappellera qu’il a longtemps épargné aux administrations publiques françaises le respect du droit du travail. Il en va de même, au moins partiellement, de la représentation que les hauts dirigeants de l’entreprise ont du monde. Ceux-ci forment une élite relativement homogène44 marquée par une formation très particulière proche du modèle ouvert par Polytechnique ; ou encore des alliances avec un pouvoir politique dont les dirigeants de France Télécom ont par ailleurs pris soin de s’autonomiser. » Noelle Burgi · Monique Crinon · Sonia Fayman , De l’art de programmer la maltraitance au travail , p. 41.  

[9]  L’Inhibition de l’Action, Henri Laborit, éd. Masson. Voir l’extrait du film Mon Oncle d’Amérique, d’Alain Resnais, avec Henri Laborit, Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre, extrait illustrant les mécanismes et conséquences physiques et psychiques de l’inhibition de l’action chez les rats et les humains, https://youtu.be/hD7lMDXDvt8 . Film complet : https://youtu.be/FQcC-VB_W-s

[10] Le Monde, Contre le terrorisme, la plus grande manifestation jamais recensée en France, 11 janvier 2015 [10] Le Monde, Contre le terrorisme, la plus grande manifestation jamais recensée en France
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/11/la-france-dans-la-rue-pour-defendre-la-liberte_4553845_3224.html 

[12] CEDH : Cour Européenne des Droits de l’Homme. Tout savoir sur la jurisprudence du 2 octobre 2014 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en matière des droits des militaires : https://www.gendxxi.org/tout-savoir-sur-la-jurisprudence-du-2-octobre-2014-de-la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-cedh-en-matiere-des-droits-des-militaires/

2 octobre 2015

Sémantique générale: Schémas du différentiel structurel et de la démarche scientifique

Voici quelques schémas pour plus de clarté sur

Str-diff-S&S3jpeg

Voir également les schémas ci-dessous en PDF à Différentiel structurel , d’après ceux de Steve Stockdale :

diff_struc1

diff_struc2

Voir également le chapitre XXV de Science and Sanity de Korzybski, On the structural differential , à http://esgs.free.fr/uk/art/sands-ch25.pdf .

14 juin 2014

Isabelle Aubert-Baudron: Commémoration des deux guerres mondiales : De la sémantique générale comme base de résolution des problèmes humains

Nous commémorons actuellement les anniversaires des deux guerres mondiales.  Jamais autant de documents d’archives, de débats, d’articles, de reportages ne leur avaient été consacrés dans les média. Toutefois un aspect non négligeable est absent de ces documents: ce sont les mécanismes de pensée qui ont engendré ces deux guerres.

Dans le contexte de la première guerre mondiale, Alfred Korzybski, un ingénieur polonais, attaché au Service de Renseignements du Quartier général de la Seconde Armée Russe, fut envoyé comme conseiller militaire au Canada et aux Etats-Unis, après que ses blessures de guerre l’avaient rendu incapable de combattre sur le terrain. Il réalisa que les mécanismes de pensée qui avaient engendré cette guerre reposaient sur les postulats de la logique d’Aristote, générateurs de conflits, et sur une fausse identification de l’espèce humaine à l’espèce animale, selon la définition aristotélicienne qui concevait l’être humain comme  « un animal composé d’un corps et d’une âme ». Considérant que cette logique, qui reposait sur l’antique vision de l’homme et du monde et avait façonné nos langages, doctrines et institutions, était dépassée dans le contexte scientifique du XX° siècle, il entreprit d’en édifier une nouvelle, en partant des nouvelles recherches d’alors en mathématiques sur la géométrie non-euclidienne, en physique quantique sur les travaux d’Einstein. Sur ces bases il énonça de nouveaux postulats permettant d’échapper aux pièges de l’aristotélisme, à partir desquels il formula la « sémantique générale » ou « logique non-aristotélicienne ».

Il commença à enseigner celle-ci au Canada et aux Etats-Unis dans le cadre de l’armée, puis devint secrétaire de la Commission militaire franco-polonaise. Après la deuxième guerre mondiale, il devint secrétaire de la Commission Polonaise à la Société des Nations, puis fonda l’Institut de Sémantique Générale en 1938. La SDN fut remplacée en 1945 par l’ONU, dans le cadre de laquelle l’Institut de Sémantique Générale est toujours représenté en tant qu’organisation non-gouvernementale.

Au cours du XX° siècle, plusieurs auteurs, évoluant dans des sphères d’activité différentes, s’inspirèrent de ses travaux : le psychologue Gregory Bateson mit sur pied les bases de la pensée systémique, le philosophe Gaston Bachelard écrivit « La Philosophie du Non », le biologiste Henri Laborit étudia la structure des organismes vivants en situation d’agression (agressologie), élabora sa théorie de l’inhibition de l’action , et inventa, entre autres, dans le cadre de son laboratoire d’Eutonologie à l’hôpital Boucicaut, un inhibiteur de l’inhibition, la  minaprine (Agr1240), commercialisée sous le nom de Cantor (années 80 – début des années 90). En littérature, l’auteur de science-fiction Alfred Van Vogt écrivit la saga du non-A (Le Monde du Non-A, les Joueurs du Non-A, La Fin du Non-A) qui popularisa la sémantique générale, et l’écrivain américain William Burroughs l’appliqua en littérature, entre autres à travers son étude des systèmes de contrôle, dont s’inspirèrent Michel Foucault et Gilles Deleuze, et en expérimentant de nouvelles fonctions non-aristotéliciennes de l’écriture.

Or, 100 ans après le début de la première guerre mondiale, nous sommes toujours prisonniers des mêmes mécanismes de pensée et de leurs effets destructeurs, et reproduisons les mêmes comportements. Nos économistes, politiciens et autres « experts » et communiquants n’ont entamé aucune révision de leurs doctrines et continuent d’appréhender  le monde en 2014 avec des mécanismes de pensée antiques, pour notre malheur et le leur.

L’extrait ci-dessous de « Science and Sanity » (1933), l’œuvre principale de Korzyski, est plein d’enseignements concernant nos problématiques économico-politiques actuelles, les relations entre Etats-Unis et Russie, les événements qui se déroulent en Ukraine, etc.. Il nous ouvre des possibilités de résolution de ces problématiques qui existent potentiellement, mais n’ont jamais été utilisées jusqu’ici. Or ce n’est qu’en intégrant et en appliquant aux niveaux humains les avancées de notre évolution scientifique et en apprenant à utiliser notre cerveau correctement que nous pourrons les résoudre, mettre un terme à la logique du conflit qui nous maintient, en toute inconscience, depuis plus de 2000 ans, dans un état d’évolution fixé dans nos affaires humaines, et devenir des humains adaptés à ce niveau d’évolution scientifique en 2014.

Isabelle Aubert-Baudron

 

Extrait de CHAPTER XIX:  “MATHEMATICS AS A LANGUAGE OF A STRUCTURE SIMILAR TO THE STRUCTURE OF THE HUMAN NERVOUS SYSTEM”  (p. 269-274)

“La structure de nos vieux langages a façonné nos réactions sémantiques et engendré nos doctrines, croyances. , qui ont forgé nos institutions, coutumes, habitudes et ont, en fin de compte, conduit fatalement à des catastrophes comme la guerre mondiale. Nous avons appris il y a longtemps, à travers la répétition de tristes expériences, que les prédictions concernant les affaires humaines ne sont pas vérifiées empiriquement. Nos doctrines, institutions, et autres disciplines sont incapables de gérer de quelque manière que ce soit la situation sémantique, d’où la prédominance de la dépression et du pessimisme.

Nous entendons partout des récriminations concernant la stupidité ou la malhonnêteté de nos dirigeants, comme définis antérieurement (1), sans réaliser que, bien que nos dirigeants soient de l’aveu général très ignorants, et souvent malhonnêtes, toutefois les mieux informés, les plus doués, et les plus intègres d’entre eux ne peuvent prédire ni prévoir les événements, tant que leurs arguments sont énoncés dans un langage d’une structure non similaire à celle du monde et de notre système nerveux. Dans ces conditions, se répandre en imprécations, même en réponse à des provocations, ne peut être ni constructif, ni d’aucun secours. Les arguments présentés dans des langages d’une vieille structure ont conduit fatalement à des systèmes qui sont structurellement “non-naturels”, et en conséquence, sont voués à disparaître, et qui  imposent un stress inutile et artificiel à notre système nerveux. Les conditions de vie que nous nous imposons deviennent de plus en plus intenables, engendrant une augmentation des maladies mentales, de la prostitution, de la criminalité, de la brutalité, de la violence, des suicides, et de signes similaires d’inadaptation. On ne devrait jamais oublier que l’endurance humaine a des limites. Le “savoir” humain façonne le monde humain, il influe sur les conditions de l’environnement et les autres aspects de celui-ci – un facteur qui n’existe pas dans une telle mesure dans le monde animal.

Nous parlons souvent de l’influence de l’hérédité, mais nous analysons beaucoup moins l’influence que l’environnement, et particulièrement l’environnement verbal, a sur nous.  Non seulement nos doctrines sont toutes verbales, mais la structure des langages anciens reflète la métaphysique structurelle des générations passées, qui affectent les réactions sémantiques (2). Le cercle vicieux est bouclé. La mythologie primitive a façonné la structure du langage. A travers celle-ci, nous avons délibéré de nos institutions, de nos systèmes, nous les avons argumentés, et par ce biais les  suppositions primitives structurelles ou mythologies les ont une fois de plus influencées. On ne doit pas perdre de vue que les effets réciproques, les interactions et les échanges sur le plan affectif sont présents à jamais dans la vie humaine, sauf, peut-être, dans des maladies mentales sévères (pas dans tous les pays) et comparativement rares. Nous pouvons cesser de parler, nous pouvons cesser de lire ou d’écrire, et cesser tout échange et toute interaction intellectuelle entre individus, mais nous ne pouvons pas empêcher certaines réactions sémantiques ni les supprimer entièrement.

Un réajustement linguistique structurel  aura pour résultat, il est vrai, d’invalider la plupart de nos vieilles doctrines, et conduira ainsi à une révision scientifique fondamentale de nouvelles doctrines et de nouveaux systèmes, en modifiant de façon constructive nos réactions sémantiques. Ainsi par exemple il est incorrect d’opposer  les termes « capitalisme » et « socialisme », car ces termes désignent des aspects différents du problème humain, qui ne sont pas directement comparables. Si nous voulons utiliser un terme mettant en valeur le caractère symbolique des relations humaines (3), nous pouvons utiliser le terme « capitalisme » et ensuite nous pouvons comparer directement des formes de capitalisme individuel, de groupe, national, international,. Si nous voulons insister sur les aspects psycho-logiques, nous pouvons parler d’individualisme opposé au socialisme,. Evidemment, dans la vie les  effets interagissent les uns sur les autres, mais les implications verbales demeurent, empêchant toute clarté et induisant dans toute discussion des réactions sémantiques inadaptées.

En termes vernaculaires, il existe actuellement  une « lutte » et une « compétition » entre deux formes d’« industrialisation » entièrement différentes, et deux formes de « commercialisation» différentes, basées en fin de compte sur deux formes différentes de « capitalisme ». L’un est le « capitalisme individuel », qui se transforme rapidement en « capitalisme de groupe », en théorie  généralement poussé à l’extrême aux Etats-Unis d’Amérique et dans une moindre mesure dans le reste du monde occidental, et un « capitalisme social », prônée dans l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Ces deux tendances extrêmes, également liées à des perturbations  sémantiques, sont dues à une « déclaration d’indépendance » verbale (4) de deux pays qui étaient, jusqu’à  une époque récente, très isolés.  Les Etats-Unis d’Amérique ont proclamé la doctrine selon laquelle l’homme est « libre et indépendant », alors qu’en fait il n’est pas libre, mais fondamentalement interdépendant. Les Soviets ont accepté sans esprit critique et sans l’avoir révisée une  doctrine désuète basée sur la « dictature du prolétariat ». En  pratique, cela signifierait la dictature des masses non éclairées, qui, si elles étaient en réalité abandonnées à leurs croyances et privées du travail intellectuel des scientifiques et des dirigeants,  rétrograderaient à une forme primitive de vie animale. Manifestement, ces deux croyances extrêmes violent chaque caractéristique spécifiquement humaine. Nous sommes interdépendants en tant que  time-binders (5), et nous sommes interdépendants parce que nous possédons des centres nerveux supérieurs, bien plus complexes que ceux des animaux. Sans ces centres nerveux supérieurs, nous ne pourrions absolument pas être des humains ; les deux pays semblent négliger ce fait, car tous deux utilisent le travail intellectuel, et pourtant les travailleurs intellectuels n’y sont pas appréciés à leur juste valeur. La foule ignorante, avec ses réactions sémantiques animalières cultivées historiquement et psycho-logiquement, retarde le progrès et les relations de bonne intelligence entre humains. Les dirigeants ne dirigent pas, mais la plupart d’entre eux sous-estiment la psycho-logie des foules, surtout préoccupées par leur porte-monnaie ou leur estomac.

Dans les deux pays, les réactions sémantiques sont telles que le travail intellectuel, bien qu’exploité commercialement, n’est pas considéré à sa juste valeur et  qu’il est toujours persécuté ici et là. Par exemple, aux Etats-Unis, nous assistons à des procès et des résolutions contre le travail de Darwin, en dépit du fait que sans une théorie donnée de l’évolution, la plupart des sciences naturelles, y compris la médecine, seraient impossibles. En Russie, nous trouvons des décrets contre la recherche fondamentale, sans laquelle la science moderne est impossible. Les deux pays semblent oublier que tout progrès « matériel » chez les humains est dû uniquement au travail intellectuel de quelques travailleurs sous-payés et surmenés, qui utilisent correctement leurs centres nerveux supérieurs. Quand la science se saisira des problèmes de réactions sémantiques et de santé, nos relations humaines et notre bonheur  individuel deviendront également des sujets de recherches scientifiques. Si des chercheurs internationaux et interdépendants produisent des découvertes et des inventions, chacun, même au plus bas niveau de développement, peut utiliser leurs réalisations ou en abuser, quel que soit le « projet » ou le « non-projet » adopté. Les deux pays semblent ne pas comprendre actuellement qu’un grand développement des moyens mécaniques et une application des réalisations scientifiques tournée  exclusivement vers le confort animal ne parviennent pas à rendre les gens plus heureux, ni à élever le niveau culturel, et qu’ils font probablement tout l’inverse. Personnellement je ne doute pas qu’ils le comprendront un  jour ; mais si les dirigeants des deux pays étaient assez éclairés et avaient pu le prévoir assez tôt, une compréhension plus précoce de ce simple fait sémantique aurait, en attendant, évité à un grand nombre de gens une grande somme de souffrance,  de confusion et d’autres difficultés sémantiques,.

Le futur témoignera d’une lutte entre le capitalisme individuel et de groupe, comme cela se produit aux Etats-Unis d’Amérique, et entre le capitalisme collectif ou social, selon l’exemple des Républiques Soviétiques. Il n’y a pas besoin d’être prophète pour prévoir que certaines tendances de l’histoire sont inéluctables en raison de la structure du système nerveux humain. Tout comme les trusts ou les groupes ont remplacé le capitalisme en théorie « individuel » aux Etats-Unis d’Amérique, le capitalisme d’Etat remplacera les trusts, pour être remplacé à son tour par un capitalisme international (6).

Nous ne sommes pas choqués par le caractère international de la science. Nous ne sommes pas « patriotes à 100 pour cent » dès qu’il s’agit d’utiliser dans la vie de tous les jours des découvertes et des inventions provenant d’autres nations. La science est un produit sémantique d’une caractéristique symbolique humaine générale ; ainsi, naturellement, elle doit être générale et, partant de là, « internationale ». Mais le « capitalisme » est aussi un produit sémantique du symbolisme unique et général ; il est également un produit unique du système nerveux humain, dépendant des mathématiques, et destiné, en tant que tel, de par son caractère intrinsèque, à s’internationaliser. Il n’y a aucune raison pour que nos réactions sémantiques doivent être perturbées dans un cas plus que dans l’autre. Le problème ultime n’est pas d’ « abolir » ou non « le capitalisme », ce qui ne se produira jamais dans une classe de vie symbolique, mais de transférer le contrôle des dirigeants privés socialement irresponsables, non contrôlés, et pour la plupart ignorants, vers des serviteurs publics plus responsables,  formés professionnellement, et contrôlés socialement, et non à des patrons. Si un pays ne peut former des agents publics et des dirigeants honnêtes, intelligents, et dotés d’une formation scientifique, c’est, bien entendu, tout à fait désastreux pour ses citoyens ; mais cela n’est pas à généraliser, parce que c’est exceptionnel. Ainsi, dans les Républiques Soviétiques, le trafic d’influence est pratiquement absent au sens où il existe aux Etats-Unis ; mais la mentalité des hommes publics y est pratiquement paralysée du fait que le travail intellectuel est sous-évalué. Je me demande à quel point on réalise, dans l’un ou l’autre pays, que n’importe quel « travailleur manuel », aussi humble soit-il, est embauché exclusivement pour son cerveau humain, ses réactions sémantiques, et non essentiellement pour ses mains !

Le seul problème auquel le reste de l’humanité doit se confronter est de savoir comment cette lutte sera gérée et combien de temps elle durera, le résultat étant inéluctable, comme le démontre l’élimination impitoyable du capitalisme individuel par le capitalisme de groupe (trusts) aux Etats-Unis. Dans les Républiques Soviétiques, ils sont simplement allés plus loin, mais dans une direction similaire. Les luttes impliquent des souffrances ; et nous devrions nous réconcilier avec ce fait. Si nous voulons provoquer le moins de souffrances possibles, nous devrions en finir avec les méthodes animalières basées sur la compétition. Des méthodes humaines de résolution des problèmes dépendent d’ordres d’abstractions supérieurs, de recherches scientifiques sur la structure et le langage, d’une révision de nos doctrines. , visant à favoriser une adaptation pacifique aux faits de la vie, qui sont des réalités, que cela nous plaise ou non. Si nous voulons obtenir le plus de souffrances possibles, continuons dans la voie du tâtonnement stupide, aveugle, animalier et dépourvu de scientificité, comme nous le faisons actuellement.

Mon but n’est pas de prophétiser, mais d’analyser différentes questions sémantiques structurelles et linguistiques qui sous-tendent toutes les activités humaines, et de produire ainsi un matériau pouvant aider l’humanité à choisir consciemment sa destinée. Ce qu’ils feront ne me concerne pas directement, mais il semble que les deux pays, qui ont tant en commun, et qui doivent nécessairement jouer un rôle important dans le futur de l’humanité, en raison du nombre de leurs habitants, de leur superficies, et de leurs ressources naturelles, devront faire plus attention aux soi-disant questions « intellectuelles, ou, plus simplement, ne pas négliger les différences entre les réactions infantiles et adultes. Sans quoi, il en découlera des résultats culturels gravissimes et désastreux pour nous tous.

Les problèmes du monde en 1933 sont graves et se posent dans l’immédiat, portant en eux la confusion, l’amertume, le désespoir, et d’autres formes de troubles sémantiques. Sans des moyens – et dans ce cas, des moyens scientifiques et physiologiques – pour réguler nos réactions sémantiques, nous ne serons pas en mesure de résoudre nos problèmes assez tôt pour éviter des désastres. La similarité de structure entre les mathématiques et notre système nerveux, une fois mise en lumière et appliquée, nous donne un moyen unique de réguler les réactions sémantiques, sans lequel il est pratiquement impossible d’analyser de manière dépassionnée et avec sagesse les problèmes les plus cruciaux d’une importance immédiate.

La présente recherche démontre que les vieux langages, dont la structure n’est pas similaire à celle du monde et de notre système nerveux, ont automatiquement structuré nos doctrines, nos croyances et nos habitudes, nos réactions sémantiques, ainsi que ces institutions faites par l’homme qui reposent sur des controverses verbales. En outre, celles-ci façonnent à leur tour les réactions sémantiques et, tant qu’elles se perpétuent, elles contrôlent nos destinées.

Quatre questions importantes pourraient être détaillées, mais, faute  de place,  je me contente d’en faire un résumé révélateur :

  1. Dans le système aristotélicien, tous nos anciens sous-systèmes existants, avec toutes leurs qualités comme leurs défauts, sont le produit d’une nécessité sémantique aristotélicienne, psycho-logique et structurelle.
  2. Tout nouveau système moins défaillant se heurte à un handicap considérable, à savoir que de tels système manquent de nouvelles bases sémantiques constructives à valeurs infinies, et qu’ils se perpétuent sans alternative possible à travers des arguments à deux valeurs formulés dans un langage d’une vieille structure élémentaliste (7) ; pourtant ils aspirent « émotionnellement » à quelque chose de nouveau et de meilleur, alors que les deux sont inconciliables.
  3. Un discours basé sur l’ancienne orientation élémentaliste et à deux valeurs, indépendamment de sa véracité fondamentale et de ses bénéfices éventuels, peut être réfuté verbalement sur des base verbales s’il repose sur l’ancienne structure du langage. Quand nos décisions reposent sur des considérations psycho-logiques, elles ne sont jamais bien fondées : elles ne peuvent jamais susciter le respect qu’inspire la démarche scientifique, ni parvenir à la fiabilité de celle-ci. C’est pourquoi nous tâtonnons – la seule méthode possible consistant dans ces conditions à reproduire les procédés empiriques animaliers, qui consistent à manipuler les foules avec des diatribes enflammées dans lesquelles la raison n’a pas sa place, et qui demeurent, à travers la vieille structure verbale, prisonniers des conséquences antiques de postulats applicables aux animaux, mais fondamentalement inadaptés aux humains.
  4. Dans le cadre du vieux système dualiste aristotélicien, élémentaliste, il est théoriquement impossible de parvenir à un accord ; c’est pourquoi une rupture radicale avec l’ancien système nécessite principalement un système non-élémentaliste (8), basé sur une infinité de valeurs, sur des postulats de base négatifs, permettant d’élaborer une théorie de l’entente universelle, qui repose sur une révision structurelle de nos langages, engendrant de nouvelles réactions sémantiques non perturbées, évitant de calquer nos réactions nerveuses sur celles des animaux. »

__________

Notes:

1. Science and Sanity: PREFACE TO THE FIRST EDITION 1933 :

« Nos dirigeants: politiciens, “diplomates”, banquiers, prêtre de toutes sortes, économistes, hommes de loi, etc., et la majorité des enseignants demeurent actuellement largement ou totalement ignorants de la science moderne, des méthodes scientifiques, et des questions structurelles, linguistiques et sémantiques en 1933, et manquent également d’un bagage historique et anthropologique essentiel, sans lequel une orientation saine est impossible. Cette ignorance est souvent délibérée, car ils refusent, pour la plupart, sur la base d’excuses variées, de lire les travaux modernes qui traitent de tels problèmes. En découle un conflit, créé et entretenu, entre les avancées de la science qui affectent les conditions de vie actuelles, et les orientations de nos dirigeants, qui sont souvent dépassées depuis des siècles, ou un ou deux millénaires. Le monde dans les conditions actuelles est en proie au chaos ; sur le plan psycho-logique il en découle un état d’impuissance – de désespoir, engendrant souvent un sentiment d’insécurité, d’amertume, etc., et nous avons été témoins récemment de déchainements psychologiques de masse, similaires à ceux du haut moyen âge. Peu d’entre nous réalisent actuellement que, tant qu’une telle ignorance de nos dirigeants prévaut, aucune solution à nos problèmes humains n’est possible ».

2. Réaction sémantique : réaction aux mots, à la signification d’un terme que provoque son emploi. Elle affecte l’organisme au niveau cellulaire, engendrant des répercussions sur l’ensemble de l’organisme psycho-somatique pouvant entraîner certaines maladies. (Ndt)

3. Voir le chapitre VI de Science and Sanity  : Du symbolisme http://semantiquegenerale.free.fr/onsymbolism.pdf . (Ndt)

4. Voir le reportage Où va l’Ukraine ?diffusé sur Arte les 3 et 110 juin 2014 http://www.arte.tv/guide/fr/052427-000/ou-va-l-ukraine-un-pays-en-etat-d-urgence  http://videos.arte.tv/fr/videos/ou-va-l-ukraine-un-pays-en-etat-d-urgence–7869490.html https://www.youtube.com/watch?v=e05bNg81Y1Y . (Ndt)

you tube: http://youtu.be/e05bNg81Y1Y

5. Time-binders : reliés à travers l’espace-temps : grâce au langage humain et à l’écriture qui relient les humains séparés par la distance spatio-temporelle, les sociétés humaines élaborent des cultures et des civilisations qui évoluent. Chaque génération enrichit et refaçonne un acquis qu’elle transmet à la génération suivante, qui va le modifier et l’accroître à son tour. (NdT).

6. Ce capitalisme international correspond à la forme qu’il a acquise de nos jours, désignée par le terme “mondialisation”. (Ndt)

7. Elémentaliste : attitude qui consiste à séparer verbalement et à concevoir comme isolés  des facteurs ou éléments qui sont liés structurellement. Ex. :  « le corps » et « l’esprit », « l’espace » et « le temps », etc.

  • ce ne sont pas des réalités isolées,
  • ce ne sont pas des éléments que l’on peut séparer de l’ensemble formé par le jeu des relations,
  • la désignation qui les isole artificiellement ne recouvre qu’une fiction. (Ndt)

8. Non-élémentaliste : attitude non-élémentaliste : effort pour ne pas isoler les uns des autres des facteurs ou des éléments reliés les uns aux autres structurellement : l’observateur aborde ce qu’il observe avec la totalité de son organisme psychosomatique. Les caractéristiques de cet organisme sont liées aux influences reçues du milieu. (Ndt)

© Traduction (provisoire) : Isabelle AUBERT-BAUDRON

Pour en savoir plus sur la logique d’Aristote, voir Les différentes étapes de l’évolution de l’Occident: Aristote, Descartes, Korzybski, Trois visions de l’homme et du monde .

23 décembre 2013

Isabelle Aubert-Baudron: Les différentes étapes de l’évolution de l’Occident: Aristote, Descartes, Korzybski, Trois visions de l’homme et du monde

LOGOd

Pour pouvoir comprendre l’évolution des modes de pensée dans la civilisation occidentale, il importe de la replacer dans son contexte aux niveaux scientifique et sémantique, d’Aristote à nos jours. En effet, l’évolution sémantique ne s’est pas faite indépendamment de l’évolution scientifique, mais elle en est la conséquence, découlant des cartes dressées par les mathématiciens des différentes époques en fonction des données dont ils disposaient. A partir de là des philosophes ont élaboré des systèmes de pensée basés sur les cartes dressées par les scientifiques de leur temps, systèmes qui ont structuré la vision de l’homme et du monde.

Au IV° siècle avant J.C., Aristote a élaboré une logique de pensée, liée à la vision antique du monde, selon laquelle la terre était un disque plat situé au centre de l’univers, correspondant à celle des mathématiciens d’alors. Le système scientifique qui a marqué cette période de l’antiquité est le système euclidien. Cette première étape correspond à la période grecque appelée métaphysique ou pré-scientifique.

La logique d’Aristote a servi de référence en Occident jusqu’aux découvertes de Galilée et de Newton, qui ont donné lieu à l’apparition de la logique cartésienne au XVII° siècle et au rationalisme, logique sur laquelle ont été élaborées les sciences humaines actuelles. Cette deuxième période est appelée classique ou semi-scientifique. Au début du XX° siècle sont apparues en physique la mécanique quantique, et la théorie de la relativité d’Einstein, qui ont remis en question les fondements du système newtonien et ont donné lieu à l’élaboration de la sémantique générale ou logique non-aristotélicienne, celle-ci invalidant à son tour les bases des logiques précédentes aristotélicienne et cartésienne. Cette troisième période est appelée mathématique ou scientifique.

En conséquence la logique d’Aristote a structuré l’évolution de nos langages et de notre civilisation aux niveaux humains, institutionnel, spirituel, etc., du IV° siècle avant notre ère au XVII° siècle, c’est-à-dire durant deux mille ans, et celle de Descartes, du XVII° siècle à nos jours. La S.G. constitue donc le mode de pensée qui correspond au niveau d’évolution scientifique de notre époque, et ce n’est qu’à travers son étude et son intégration que notre civilisation pourra parvenir à intégrer, au niveau des sciences humaines, les fruits de son évolution scientifique, la plupart de nos problèmes de civilisation dans les domaines humains provenant de la dichotomie entre notre évolution aux niveaux scientifiques et humains, et du fait que nous raisonnons encore dans les sciences humaines sur les bases des systèmes de pensée précédents.

Quelles sont maintenant les bases de ces systèmes de pensée, et quel rôle ont-ils joué dans l’élaboration des visions successives de l’homme et du monde ?

La suite de cet article en pdf :

LES DIFFERENTES ETAPES DE L’EVOLUTION DE L’OCCIDENT ARISTOTE DESCARTES KORZYBSKI TROIS VISIONS DE L’HOMME ET DU MONDE

© Isabelle Aubert-Baudron

22 décembre 2013

Normand Baillargeon: LE PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE

Version intégrale: chez Lux Editeur:

Petit cours d’autodéfense intellectuelle

Illustrations de Charb
Normand Baillargeon

Nomination pour le Prix du public, Salon du livre de Montréal 2006.

Parution : 18/05/2005 ISBN : 978-2-89596-044-7 344 pages

Parution en Amérique du Nord: 18 mai 2005
21.95 $

Normand Baillargeon – regard sur l’économie … – 1 de 2

Normand Baillargeon – regard sur l’économie; l’économie participative 2 de 2

19 novembre 2013

Interzone Editions: Publications

Une expérimentation d’une économie non-aristotélicienne

E-books

En français:

Isabelle AUBERT-BAUDRON:

Des systèmes de contrôle: à paraître

Le Carrefour des Impasses : en cours de publication, ancienne version en ligne.

Revue Objectifs : Objectifs 1 , Objectifs 2 , Objectifs 3 , Objectifs 4 , Objectifs 5 , Objectifs 6, Objectifs 7

Traductions d’extraits de Science and Sanity d’Alfred Korzybski. Translated with the permission of Alfred Korzybski Literary Estate.

Anthologie d’Interzone:

Le Temps des Naguals: Autour de Burroughs et Gysin: également disponible en version imprimée (Interzone Editions): 135 pages.

En anglais :

Interzone anthology: The Time of the Naguals : en ligne en format pdf.

En version imprimée chez Interzone Editions

Sciences humaines:

Alfred KORZYBSKI: SEMINAIRE DE SEMANTIQUE GENERALE 1937: Transcription des Notes des Conférences de Sémantique Générale Données à Olivet College – Traduction: Isabelle AUBERT-BAUDRON- ISBN 978-2-9531513-05.

Littérature et recherche:

Le Temps des Naguals – Autour de Burroughs et Gysin , une anthologie du réseau Interzone, textes inédits de William Burroughs et Brion Gysin, traductions Isabelle Aubert-Baudron. ISBN : 978-2-9531513-6-7

Conte pour enfant:

Stella Matutina, textes et illustrations de Marylis : conte de Noël

en français ISBN 978-2-9531513-3-6

Stella Matutina, traduction anglaise: Isabelle AUBERT-BAUDRON & Paul O’DONOVAN – ISBN 978-2-9531513-4-3

Bande dessinée :

José ALTIMIRAS & François DARNAUDET:

Le Taxidermiste ISBN 978-2-9531513-1-2

The Taxidermist : Traduction anglaise Isabelle AUBERT-BAUDRON et Ken GAGE – ISBN 978-2-9531513-2-9

A paraître :

DE TAXIDERMIST – Traduction hollandaise: Peter VAN DE LEUR.

Musique

Interzone: Interzone CD1

Paul O’DONOVAN : The Happylands and Elsewhere

20 octobre 2013

La philosophie du non de Gaston Bachelard

A écouter sur France culture dans “les Nouveaux chemins de la connaissance” le quatrième volet des « Vertus du non »:
17.10.2013 – 10:00
Par Adèle Van Reeth
Réalisation : Olivier Guérin
Lectures : Georges Claisse
Invité(s) : Didier Gil, professeur de philosophie en hypokhâgne, chercheur associé au Centre de recherche sur l’histoire des système de pensée moderne (Université Paris I) Thème(s) : Idées| Philosophie| Gaston Bachelard 

26 mars 2013

Milton Dawes: Some General Semantics Principles

Filed under: Actualité, Alfred Korzybski, Milton Dawes, Sémantique générale — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 5:49

Ce texte de Milton Dawes est en ligne dans le site « La sémantique générale pour tous » à http://semantiquegenerale.free.fr/miltondawes1.htm .

Traduction française en préparation.

25 février 2013

Institute of General Semantics: chaîne de vidéos sur You Tube

L’Institute of General Semantics met en ligne des vidéos de documents, de cours et de conférences passionnants sur You Tube à http://www.youtube.com/InstituteofGS

Les trois plus récentes (24/02/2013) : ‘New Ways of Thinking That Lead to Success’, un séminaire en trois parties :

« Success Strategies Seminar » | Milton Dawes

« What We Mean by ‘Old Ways of Thinking' » | David Hewson

« ‘Hickory Hollow’: A Definition of and the Use of Calculus in Everyday Life » | Milton Dawes

29 décembre 2011

Bruce Kodish: « Korzybski: A biography »

$28.45
http://www.generalsemantics.org/store/all-books/443-korzybski-a-biography.html

http://www.amazon.fr/Korzybski-Biography-Bruce-I-Kodish/dp/0970066406/ref=sr_1_13?ie=UTF8&qid=1328578884&sr=8-13

Korzybski: A Biography

de Bruce I. Kodish : facebook twitter 

« C’est un livre incroyable! » dit Albert Einstein au début des années cinquante, interrogé sur son impression de l’oeuvre d’Alfred Korzybski en1933, Science and Sanity. Plus de dix ans plus tard, Richard Feynman trouva la notion de « time-binding » de Korzybski cruciale pour répondre à la question « Qu’est-ce que la science ? ».

Feynman ignorait que le terme « time-binding » (lien temporel) avait été inventé par Korzybski en 1921 dans son premier livre, Manhood of Humanity, pour désigner ce qu’il considérait comme la caractéristique spécifique des humains : la capacité de chaque génération à commencer là où leurs prédécesseurs s’étaient arrêtés et à accumuler des connaissances utiles à un rythme toujours plus rapide. Dans les sciences exactes et la technologie, la faculté de lier le temps semble assez bien fonctionner. Moins dans les autres domaines d’activités humaines. Korzybski, un aristocrate polonais, patriote, et ingénieur qui avait vécu sous la tyrannie tsariste et avait connu les horreurs de la première guerre mondiale sur le front de l’Est avant de s’installer aux Etats-Unis, prit conscience de la disparité entre les résultats des avancées scientifiques et technologiques, rapides mais étroites, et ceux du développement aux niveaux éthiques et sociaux, plus étendu, mais avançant à une allure d’escargot: un cycle apparemment sans fin de crises, de révolutions et de guerres. Cherchant une porte de sortie, il étudia un large éventail de disciplines allant de la physique à la psychiatrie, des domaines considérés par d’autres comme ayant peu de rapport les uns avec les autres, et découvrit des facteurs d’équilibre dans les méthodes physico-mathématiques. Comparant les façons de penser que les scientifiques et les mathématiciens adoptent dans le meilleur de leurs de leurs réalisations, et les façons de penser inadaptées qu’eux et d’autres personnes ont tendance à utiliser le reste du temps, Korzybski a relié la science et la santé dans une nouvelle vision du monde avec une méthodologie jointe (intitulée « sémantique générale ») assez simple pour être enseignée aux enfants.

L’influence du travail de pionier de Korzybski s’étend aujourd’hui à un ensemble de domaines englobant les sciences cognitives – les thérapies comportementale, la communication, l’écologie des média, la médecine, le développement organisationnel, les conseils en philosophie et la philosophie, etc. En dépit de cela, l’oeuvre radicalement interdisciplinaire de Korzybski reste relativement peu assimilée dans les champs universitaires et difficile à intégrer avec précision dans les catégories familières populaires. C’est pourquoi Korzybski, qui a lancé l’adate « La carte n’est pas le territoire », demeure un personnage relativement négligé, incompris et controversé: certains le considèrent comme un génie tandis que d’autres le traitent d’excentrique. S’appuyant sur un ensemble de sources incluant la correspondance personnelle, des notes, albums et écrits publiés et inédits de Korzybski, ainsi que des entretiens et interviews avec quelques uns des collaborateurs les plus proches de Korzybski, Bruce I. Kodish situe les contributions de Korzybski dans le contexte de son époque et donne un aperçu surprenant de son travail comme un tout. La prose claire de Kodish offre un récit passionnant et abordable de la vie très occupée, parfois trop occupée, excitante et épuisante, de Korzybski, tout en rendant accessible certains des aspects les plus complexes de sa pensée. Pour les années à venir, cette biographie exceptionnelle restera l’ouvrage de référence sur l’oeuvre de Korzybski et sa vie extraordinairement aventureuse et révélatrice.

(Traduction: I. Aubert-Baudron)

Softcover. 694 pages. ISBN 0970066406. 2.4 lbs.

1 décembre 2011

Alfred KORZYBSKI: Démarche des mathématiciens: Extraits du « SEMINAIRE DE SEMANTIQUE GENERALE 1937 »

Extraits du  » SEMINAIRE DE SEMANTIQUE GENERALE 1937 – Transcription des Notes des Conférences de Sémantique Générale Données à Olivet College  » (Interzone Editions ) d’Alfred Korzybski.

Chapitre 2 , p. 9-10.

Disciplines non-euclidiennes et non-newtoniennes:

J’ai insisté sur le fait que chaque fois qu’il est question d’électricité, qu’il s’agisse d’un magnéto dans une voiture, un avion ou une radio, chaque fois que l’électricité entre en jeu, les anciennes géométries et mécaniques ne seront d’aucune efficacité. Elles ne marcheront pas. En d’autres termes, les conditions dans lesquelles nous vivons actuellement dépendent des principes non-euclidiens et non-newtoniens. Nous ne pouvons construire un magnéto dans une voiture avec les méthodes euclidiennes et newtoniennes. C’est impossible. Vous avez ici des mathématiciens et des physiciens, demandez-leur si ce que je dis est vrai. Autrement dit, les conditions réelles dans lesquelles nous vivons ne sont plus euclidiennes ni newtoniennes, elles sont élaborées par des disciplines non-euclidiennes et non-newtoniennes.

Je me demande si vous saisissez la différence ? Euclide et Newton sont encore valables en ce qui concerne cette maison ou un pont, etc., mais seulement tant que l’électricité n’entre pas en ligne de compte. Dans des conditions habituelles, Euclide et Newton peuvent être tout aussi utiles, mais pas de manière générale. C’est le point principal. En ce qui concerne Aristote, il peut s’avérer utile pour préparer un dîner lors d’une réception, mais aujourd’hui, si nous nous cantonnons exclusivement aux méthodes aristotéliciennes, nous ne pouvons rien en attendre pour parvenir à un quelconque équilibre. Aristote peut nous servir de référence pour dresser la table lors d’une réception, mais il ne nous sera d’aucune aide dans notre vie, laquelle n’est malheureusement pas un dîner mondain. Il y a dans l’existence des problèmes plus complexes que d’apprêter une table pour un dîner. Dans ma première conférence, j’ai tenté de vous faire prendre conscience de la nécessité – non pas d’un plaisir, ni d’une lubie – de la nécessité d’une révision de nos orientations humaines en tant que telles. J’ai parlé pendant deux heures en tentant de vous faire comprendre les difficultés et l’urgence de cette révision. Ce soir, nous allons débuter le cours proprement dit.

Chapitre 5, p. 38-39 :

Géométrie non-euclidienne:

Quand vous prenez un manuel de géométrie euclidienne, un qui vous est tout à fait familier, où que vous regardiez, que ce soit à la fin ou au début, vous vous sentez chez vous. Mais quand vous prenez un manuel de géométrie non-euclidienne, le début vous semblera tout à fait innocent mais il ne vous sera pas familier très longtemps. Je devrais également vous expliquer ceci. Vous devriez être au courant des principes non-euclidiens.

Dans toutes les géométries métriques, nous avons besoin de lignes qui ne se rencontrent jamais. Elles nous sont indispensables. Comme nous en avons besoin, nous les avons tracées. Nous les appelons « parallèles ». Maintenant voici un point intéressant concernant ces parallèles. Nous avons besoin de ces lignes qui ne se rencontrent jamais. Elles nous sont nécessaires. Sans elles il ne peut y avoir de géométrie. Mais ensuite Euclide, énonçant sa géométrie, définit ces « parallèles » non seulement comme ne se rencontrant pas, mais il posa une autre condition concernant ces lignes: qu’elles soient à égale distance l’une de l’autre. Même du temps d’Euclide, pourtant, cette histoire d’égale distance était contestée. Ces parallèles n’étaient pas familières aux gens. Les mathématiciens savaient, même à l’époque d’Euclide, qu’il devait y avoir des lignes qui ne se rencontrent jamais et qui pourtant n’étaient pas à égale distance l’une de l’autre. Mais Euclide dit égale distance. Cela turlupina les mathématiciens pendant plus de 2000 ans et finalement trois hommes, tous à la même période, contestèrent ce principe. Ils se dirent simplement en eux-mêmes, « N’argumentons pas, élaborons une géométrie où nous avons des lignes qui ne se rencontrent jamais et qui pourtant ne sont pas équidistantes. » Et on les traita de fous. Leurs travaux furent publiés comme des géométries non-euclidiennes où les lignes parallèles ne se rencontrent jamais, mais elles ne sont pas considérées comme équidistantes. Vous avez remarqué toutes les jolies courbes qui composent les objets qui nous entourent. Vous avez vu quelques vieux immeubles partagés en appartements qui sont caractérisés par de telles lignes droites parallèles euclidiennes qu’elles en sont d’une certaine façon rebutantes.

Aujourd’hui, par suite de ce principe non-euclidien, nous croyons qu’il n’existe pas de ligne droite dans le monde. Autrefois nos cercles et courbes étaient délimités par de courts segments de lignes « droites ». Quand vous aviez un grand nombre de petites lignes vous obteniez en fin de compte une courbe. Autrement dit, une courbe au temps d’Euclide était faite de segments de lignes droites. Aujourd’hui nos postulats sont différents. Si nous prenons un cercle d’un rayon très court, il est très incurvé. Si vous prenez un rayon plus long, la courbe est plus aplatie. Finalement, si vous preniez la limite d’un cercle au rayon infini, vous auriez ce qu’on appelle une ligne droite. Autrefois nous faisions des courbes à partir de petits segments de lignes droites. Aujourd’hui les lignes droites ne sont rien d’autre qu’une limite d’une courbure au rayon infini. C’est un simple renversement, mais l’orientation est différente.

Ce que je veux que vous compreniez c’est la révision complète de l’orientation que nous effectuons, en mathématiques comme dans la vie. Il y a une grande différence entre tracer une courbe à partir de segments de lignes droites, ou tracer des lignes droites aujourd’hui comme dans le cas limite isolé d’une courbe d’un rayon de courbure infini. C’est important pour vous tous. C’est tout l’inverse, un changement complet. C’est très important. Il a été démontré à travers le comportement et les faits réels que l’équidistance n’est pas nécessaire, et les non-euclidiens ont aboli ce simple postulat en produisant une géométrie réelle qui faisait abstraction de ce postulat, et pourtant, ils ont produit une géométrie cohérente. Aujourd’hui vous verrez en plus qu’Euclide et Newton n’ont rien produit d’électrique. Et n’oubliez pas que nous ne sommes rien d’autre que des structures électriques. Si vous voyez un manuel de géométrie non-euclidienne, quand vous le regardez, les deux premières pages vont vous sembler familières mais, croyez-moi, la troisième et la quatrième page seront entièrement nouvelles. Vous êtes perdu. Cela ne vous est absolument pas familier à cause de vos anciennes canalisations.

Maintenant il se trouve qu’Euclide n’a pas une structure similaire à celle du monde, parce que nous ne connaissons pas de lignes droites et que nous n’avons pas de lignes équidistantes dans le monde actuellement. Aujourd’hui nous n’avons affaire qu’à des lignes courbes. Chez Euclide, avec ses lignes droites qui n’existent pas, il n’y a pas de similarité de structure avec le monde tel que nous le connaissons. Les géométries non-euclidiennes dans les sciences d’aujourd’hui sont toutes basées sur des courbes et leurs valeurs limites qui peuvent être appelées lignes droites, si vous le souhaitez. Ce « si vous le souhaitez » est un point important. Tous les faits sont « juste comme vous le désirez ». Les « faits » demeurent, mais ils peuvent être interprétés différemment. Alors nous pouvons dire que la nouvelle géométrie est basée sur des courbes et non sur des lignes droites. Nous ne parlons pas de lignes droites. Nous parlons de lignes plus ou moins courtes (géodésiques) dont nous pouvons alors supposer qu’elles sont « droites » mais nous n’en parlons pas comme de lignes droites.

Alors dans sa formulation Euclide n’était pas similaire aux faits tels que nous les connaissons. Ceci est empirique. La géométrie d’Euclide n’est pas similaire de par sa structure aux faits tels qu’ils se produisent dans le monde. En ce qui concerne les principes, elle n’est pas similaire et par principe nous devons l’abandonner. Je vous montrerai plus tard que la mécanique de Newton n’a pas non plus une structure similaire à celle du monde. Tout le séminaire va faire ressortir le fait que les anciennes croyances intensionnelles n’ont pas une structure similaire à celle des faits. Je n’entrerai pas dans Newton ce soir, mais plus tard. Ce soir je veux seulement traiter du système nerveux.

Chapitre 8, p. 61-62:

Orientation aristotélicienne à deux valeurs:

Je vous disais que nous adoptions nos orientations à la révolution rapide et au profond changement dans notre vision du monde qui se sont accomplis durant les trente-cinq dernières années, à travers le caractère du processus dynamique de la « matière » que j’ai tenté de vous expliquer auparavant. Je vous ai montré ce disque qui était composé de lames tournantes – il s’agissait réellement de lames tournantes, pas d’un disque. Ce disque n’existait pas réellement. Votre système nerveux l’a fabriqué dans votre tête. Cela s’applique à toute « matière ». Tout ce que vous voyez est une construction mentale que vous avez élaborée. C’est un processus. Tout ce que vous voyez est composé d’électrons en rotation. Ce que vous ressentez n’est pas ce que

vous voyez. Il en ressort que tout ce que nous pouvons voir est seulement un stimulus auquel répond notre système nerveux, et, de là, l’objet que nous voyons n’a de réalité qu’à l’intérieur de nous, bien que l’image électronique extérieure ait une réalité indépendante. Ceci est important parce que les anciennes théories sont insoutenables. Qu’importent les détails des nouvelles théories, tout ce qui importe c’est que les anciennes théories sont indéfendables. Ceci est un savoir positif. Et c’est destiné à transformer notre orientation des anciennes conceptions aristotéliciennes statiques intensionnelles à deux valeurs en une orientation non-aristotélicienne de processus dynamiques à valeurs infinies. Ceci est très sérieux. Notre civilisation se désintègre parce que nous vivons à travers les découvertes de la science moderne extensionnelle, mais dans nos têtes nous conservons des systèmes intensionnels d’origine primitive, qui ne sont pas similaires au monde extérieur ni à notre système nerveux. Nos orientations ne correspondent pas aux événements que nous vivons. Ceci est nouveau.

Je veux expliquer cette orientation à deux valeurs. Prenez la première. Ou bien l’objet B touche A ou bien il ne le touche pas. Ceci est une orientation à deux valeurs. « Ou bien – ou bien », « oui – non », « bon – mauvais », « amour – haine », etc., tout ceci est à deux valeurs. Aristote a formulé cela sous la forme de la loi du « tiers exclu ». A est B ou non B, ils se touchent ou ne touchent pas. Nous appelons cela une orientation à deux valeurs. Notez bien les deux valeurs. Une troisième est impossible avec cette formulation verbale, qui est contredite par l’expérience vécue. Si la théorie du processus dynamique de la « matière » est correcte, et elle l’est, comme l’ont démontré d’innombrables données, alors ces deux objets, A et B, n’existent pas à l’extérieur de notre tête. Pensez toujours à l’exemple du disque. Vous pouvez faire le parallèle entre la construction nerveuse du disque et l’orientation à deux valeurs. Ceci s’applique à tous les objets. Ce qui existe réellement en dehors de nos têtes, ce sont des processus électroniques, des structures électriques, qui changent continuellement. Ainsi l’électricité se révèle être le jeu de construction du monde et de nous-mêmes. Or si tout se trouve être un processus, une animation rayonnante d’électrons (un nombre infini), nous ne pouvons pas dire que le processus C touche ou ne touche pas le processus D. Ils auraient un nombre infini de degrés de contact. Alors vous voyez que nous devons passer des orientations aristotéliciennes à deux valeurs à des orientations non-aristotéliciennes en fonction de processus à valeurs infinies.

Vous réalisez tous l’importance de la voiture, de l’avion et de la radio dans la vie. Les noms d’Euclide et de Newton vous sont familiers. Maintenant l’électricité et le magnéto ne sont pas conformes aux théories d’Euclide ni de Newton. Ainsi nos vies réelles extensionnelles se déroulent dans des conditions non-euclidiennes et non-newtoniennes, toutefois nos orientations restent désespérément aussi inadéquates que les anciennes. Cela s’applique aux orientations aristotéliciennes à deux valeurs; avec elles nous pouvons dresser une table de dîner, mais nous ne pouvons préserver la santé – aux niveaux personnel, national, et international.

22 avril 2011

Départ de cette recherche (1998)

© Isabelle Aubert-Baudron

J’ai remis en ligne ces jours-ci dans inter-zone.org la page d’origine (1997) sur l’économie non-A http://www.inter-zone.org/economy.html qui était auparavant dans le site Interzone Academy hébergé sur Geocities jusqu’en 2009, ainsi que les autres pages relatives à cette recherche, qui contiennent les échanges et la documentation envoyée par d’autres membres :

East-West collaboration(March 1998)

Exchange with Dead Joe (October 1998)

Il s’agit d’un travail de groupe, commencé en 1998, comme en attestent les échanges par mails reproduits sur certaines de ces pages.

J’ai voulu utiliser la sémantique générale comme base de restructuration  en économie car elle avait donné des résultats positifs dans  les domaines dans lesquels je l’avais appliquée auparavant (psychiatrie, gestion de réseau). Mais c’était une expérimentation, dont je ne savais pas à l’avance ce qu’il pouvait en ressortir. Je me suis contentée d’utiliser la grille la plus fiable dont je disposais.
Le réseau Interzone étant international, il permettait d’effectuer cette recherche avec des gens de différents pays. Le but était de mettre sur pied une économie pouvant fonctionner entre des gens vivant dans des pays utilisant des monnaies différentes :  l’euro n’existait pas encore; pour pouvoir acheter à un membre du groupe d’un autre pays un tee-shirt ou un CD,  il fallait passer par les banques, ce qui impliquait des commissions, et paypal n’était pas encore utilisé.
Le but était de mettre sur pied une sorte d’économie mondialisée à l’échelle du réseau, mais sur des bases différentes de la mondialisation libérale. Nous avons même envisagé la possiblité de créer une monnaie internationale, le Zone. :-). C’était un jeu sans prétention bien sûr, nous ne l’envisagions pas sérieusement, mais l’idée était amusante.
Voir également le catalogue qui rassemble, en différentes rubriques, les créations des membres d’Interzone réalisées depuis :
Livres,
– Musique,
Vidéos,
Galeries et Interzone Galleries
Dreamachines.

3 mars 2011

Centre Ethique: Reportage vidéo « Management et Ethique »

Filed under: Actualité, Economie, Ethique, Sémantique générale — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 4:22
Fanny Abadi est heureuse de vous présenter

Le Reportage vidéo « Management et Ethique »

Forum Coeur et Raison du mardi 4 mai 2010.
Conférence – débat organisée par le Centre Ethique International
à la Faculté d’Administration Economique et Sociale de Montpellier, avec :
Mustapha Daidj, Florian Mantione et Maksoud Grèze.
Vous pouvez visionner ce documentaire de 21 minutes,
réalisé par Sandrine Gillet (Baba Yaga Films),
ou en rejoignant l’espace vidéo du site Internet du Centre Ethique
www.centreethique.com

http://www.dailymotion.com/video/xhaw0s_forum-coeur-et-raison-management-et-ethique_webcam
Quartier Ste Anne – 5 rue Terral
34000 MONTPELLIER – France
www.centreethique.com

centreethique@centreethique.com
Tel : + 33 467 926 934
Permanence du secrétariat :
Lundi, Mardi, Jeudi, Vendredi
8h30-13h / 14h-17h30
Samedi : 8h30-12h30

21 décembre 2010

3. Application de la démarche des mathématiciens en économie

© Isabelle Aubert-Baudron

Nous avons vu que pour élaborer la géométrie non-euclidienne, à partir de l’observation de la réalité dans laquelle ils vivaient , les mathématiciens  ont oublié Euclide. Ils ne s’y sont pas opposés, ils ont mis de côté ses postulats et ont regardé autour d’eux.

La formulation d’une économie non-aristotélicienne implique une démarche similaire : oublier l’économie de marché, et se poser la question de ce qu’est l’argent et de sa fonction.
Korzybski répète qu’il considère les mathématiques comme un domaine d’activité humaine, les resituant dans le contexte humain d’où elles sont issues. Il en va de même pour l’économie, un domaine d’activités humaines, fait par les humains.

Les débats économiques se situent la plupart du temps dans le cadre d’une opposition entre les partisans du capitalisme d’une part et les alternatives au capitalisme se situant la plupart du temps dans un cadre politique  donné, en opposition à celui-ci, entre pro et anti capitalistes. Ils reposent avant tout sur des considérations d’intérêts. Cette vision des choses limite les relations entre les groupes d’individus qui les composent à des relations de conflit, et les seuls alternatives au système actuel à différentes formes de « lutte contre le capitalisme », sans qu’il en sorte quoi que ce soit au bout du compte.

Personnellement je ne crois pas en l’existence de quelque chose qui serait « le capitalisme » en soi : le « capitalisme » de 1950 est différent du « capitalisme » en 1980, qui est lui-même différent du capitalisme en 2008, etc… Autrement dit, celui-ci n’est pas un système immuable, il change tout le temps et sa forme évolue en fonction des individus qui influent par leurs décisions sur celle-ci. En revanche, ses différentes formes ont une structure similaire, à savoir que les relations induites par ce système sont de même type : relations de compétition, de conflits, basées sur des rapports de force.

En dehors des humains qui lui donnent corps, ce système n’existe pas, pas plus que l’argent, qui est une invention humaine. La  financiarisation de l’économie est spécifique à l’Occident: même dans le cadre de la mondialisation, un certain nombre de pays s’en démarquent, préférant miser sur leurs ressources réelles plutôt que sur des produits financiers aléatoires. Les effets de cette financiarisation sont problématiques, remettant en cause la santé et la sécurité économiques des Etats, des entreprises et des individus. Or les diverses solutions envisagées officiellement pour remédier à ces problèmes se situent dans le cadre de la doctrine économique qui génère ces problèmes, ce qui n’est pas cohérent : il est impossible de résoudre un problème sur la base du système qui l’a généré.

Si maintenant nous situons les questions économiques dans le cadre d’échanges entre humains, et hors de ce débat « pro / anti » capitalistes, le fait est qu’indépendamment de notre statut, de notre situation économique, de nos croyances et de nos opinions, nous sommes avant tout des humains, dotés du même organisme humain, et , au niveau biologique, avons fondamentalement la même structure et les mêmes besoins.

A partir de là, une autre grille dont nous pouvons nous inspirer est celle du biologiste Henri Laborit, dont les travaux sur la structure des organismes vivants reposent sur la sémantique générale (voir La Nouvelle Grille) : « Parler de « structures vivantes » c’est, en présence d’un « ensemble » vivant, quel qu’il soit, de la bactérie aux sociétés humaines, parler de l’ensemble des relations existant entre les éléments qui constituent cet ensemble. Parler de structures, c’est donc parler de relations, qui ne sont ni masse, ni énergie, mais qui ont besoin de la masse et de l’énergie pour exister. » (« La Nouvelle Grille », p. 30, Robert Laffont.)

Notions sur la structure des organismes vivants :

– Des systèmes ouverts:

« La structure de la matière vivante lui confère deux caractéristiques fondamentales: celle d’être un système ouvert et celle de s’organiser par niveaux de complexité, ces deux caractéristiques étant d’ailleurs strictement dépendantes l’une de l’autre. » (La Nouvelle Grille » p.25)

– Hiérarchie d’organisation:

« La seule façon d’ouvrir l’information-structure d’un organisme, d’ouvrir l’entité organique individuelle régulée, est de la transformer en servomécanisme, c’est-à-dire de l’inclure dans un niveau d’organisation supérieur, à savoir le groupe social, mais dont la finalité devra être que la même que la sienne. » . » (La Nouvelle Grille » p.40).

« Dans un organisme vivant, chaque cellule, chaque organe, chaque système ne commande à rien. Il se contente d’informer et d’être informé. Il n’existe pas de hiérarchie de pouvoir mais d’organisation, c’est-à-dire de complexité:
– niveau moléculaire (à rapprocher du niveau individuel),
– niveau cellulaire (à rapprocher du niveau du groupe social),
– niveau des organes (à rapprocher du niveau des ensembles humains assurant une certaine fonction sociale),
– niveau des systèmes (nations),
– niveau de l’organisme entier (espèces).
Chaque niveau n’a pas à détenir un pouvoir sur l’autre mais à s’associer avec lui pour que fonctionne harmonieusement l’ensemble par rapport à l’environnement. Mais pour que chaque niveau d’organisation puisse s’intégrer harmonieusement à l’ensemble, il faut qu’il soit informé de la finalité de l’ensemble et, qui plus est, qu’il puisse participer au choix de cette finalité. » (Henri Laborit, « La Nouvelle Grille », Ed. Robert Laffont, p. 121 et 122.)

« Croire, comme certains, au caractère inévitable de la guerre, lui trouver même des  avantages concernant l’évolution technique, le contrôle démographique, etc., c’est s’enfermer dans une structure préhistorique, s’appuyer sur le passé et l’histoire pour en déduire l’avenir, c’est rester dans un système aristotélicien du déterminisme linéaire, de la causalité enfantine. » (Henri Laborit, « La Nouvelle Grille », Ed. Robert Laffont, p.310.)

Bases d’une démarche scientifique:

– Similarité de structure :

La notion de similarité de structure entre les théories que nous utilisons et les faits dont elles traitent ne semble pas avoir été intégrée ni appliquée jusqu’ici hors des sciences exactes.  Or c’est sur cette similarité de structure que repose la fiabilité de nos théories:

« Nous avons comparé le territoire et la carte et nous en avons conclu que, pour obtenir le maximum de prédictivité, pour arriver à une probabilité maximale en matière de prédictivité, nous devons avoir une forme de représentation – dont la structure soit similaire en terme d’ordre. Je dois vous avertir que dans le domaine des sciences, où nous avons une prédictivité maximale, nous jugeons une théorie sur sa similarité de structure avec les faits. Ne nous cachons pas derrière les mots. Regardons les faits; ce que nous appelons une « théorie scientifique » représente un langage d’une structure particulière, basé sur une terminologie. Autrement dit la terminologie met en jeu des postulats qui sont impliqués structurellement dans la terminologie. En d’autres termes, ce que nous appelons une théorie n’est véritablement rien d’autre qu’un langage d’une structure particulière. » (Alfred Korzybski : « Séminaire de sémantique générale 1937 – Transcription des notes des conférences de sémantique générale données à Olivet College », Interzone Editions, p. 17 )

« Nous avons montré au cours de la dernière conférence que ce que nous disions au sujet de la carte et du territoire s’applique aux mots et aux faits. Pour avoir le maximum de probabilité en matière de prédictivité, nous devons avoir une similarité de structure entre le langage et les faits. Examinez votre façon de parler, et voyez si votre langage a une structure similaire à celle des faits. Si notre langage avait une structure similaire à celle des faits, comme c’est le cas en physique mathématique, aurions-nous le maximum de prédictivité ? Oui. S’il n’est pas similaire, aurions-nous le maximum de prédictivité ? Non.

N’est-ce pas là notre problème majeur dans le domaine de la recherche ? Rechercher les faits pour voir si cette similarité de structure existe ou pas. Il est important de savoir si le langage a ou n’a pas une structure similaire. » (Alfred Korzybski : « Séminaire de sémantique générale 1937 – Transcription des notes des conférences de sémantique générale données à Olivet College », Interzone Editions, p. 18)

– Prédictivité :

De la similarité de structure entre nos théories  et les faits dépend la prédictivité et la fiabilité de celles-ci, autrement dit le fait qu’elles nous permettent d’obtenir des résultats correspondant aux attentes de départ :  si ces résultats n’y correspondent pas, alors  nos théories ne sont ni prédictives ni fiables, et il convient alors de les remettre en question :

«  Pour un maximum d’efficacité, une carte devrait avoir une structure similaire à celle du territoire. Je suppose que les mots « similarité de structure » vous disent quelque chose au sens général des termes. Alors l’essentiel ici est que la similarité de structure soit la question la plus importante pour nous en physique mathématique et en mathématiques, en dépit du fait que vous puissiez le comprendre dans le sens général. Similarité de relations physiques et symboliques. Notre carte a-t-elle une structure similaire à celle du territoire ? Est-il possible d’attendre une quelconque prédictivité d’une telle carte ? Je ne vous accable pas avec l’aspect technique du problème. C’est très complexe. Mais l’acception courante des mots selon lesquels une carte devrait avoir une structure similaire à celle des faits devrait vous dire quelque chose. C’est un point très important. »  (Alfred Korzybski : « Séminaire de sémantique générale 1937 – Transcription des notes des conférences de sémantique générale données à Olivet College », Interzone Editions, p. 12-13 )

« La similarité de structure est d’une simplicité enfantine et pourtant personne n’y a accordé la moindre attention avant la S.G.. Pour obtenir le maximum de probabilité en vue d’une prédictivité maximale, nous devons avoir une carte dont la structure est similaire à celle du territoire. » . » (Alfred Korzybski : « Séminaire de sémantique générale 1937 – Transcription des notes des conférences de sémantique générale données à Olivet College« , Interzone Editions, p. 14).

Or le fait est que les résultats de nos théories économiques ne correspondent pas aux attentes placées en elles, elles ne sont ni fiables, ni prédictives et leur structure n’est pas similaires aux faits dont elles traitent. Ces théories ignorent les faits: ainsi les méthodes d’évaluation actuelles dans la gestion des ressources humaines, impulsées par les sociétés de gestion privées, reposent  sur des impératifs financiers théoriques, sans tenir compte des faits, d’où des objectifs irréalistes et impossibles à atteindre, des gens frustrés en permanence, la perte de la finalité du travail, une baisse de la qualité du travail, et au bout du compte des arrêts maladie et un absentéisme, jamais atteints auparavant. Cette gestion, au bout du compte ruineuse pour les Etats et désastreuse pour la santé des individus, coûte en fin de compte beaucoup plus cher que la gestion des ressources humaines publique des décennies précédentes.

En conséquence le terme de « sciences économiques » ne correspond pas à ce qu’il est censé représenter : brillant par leur manque de prédictivité, leur incapacité à remplir les objectifs promis, leurs résultats désastreux, ces « sciences » n’ont de scientifique  que le nom. Les concepts de « culture du résultat » et de « politique du chiffre », s’ils sont imposés aux « évalués », ne le sont pas aux niveaux des décisions économiques et politiques, dont les acteurs se dédouanent pour eux-mêmes  ce qu’ils exigent des citoyens, refusant de se confronter aux faits et de rendre compte de leur action aux gens qui les ont élus. D’où des « crises économiques » qui se succèdent sans interruption, et des méthodes censées les résoudre qui se révèlent inefficaces à le faire.

– Démarche scientifique:

Ainsi une restructuration de l’économie, à travers l’élaboration de sciences économiques dignes de ce nom, ne peut faire fi de la démarche scientifique appliquée dans les sciences exactes. Cette démarche scientifique repose sur les étapes suivantes :

 » Comment nos savants qui, dans leurs recherches, suivent le type d’orientation que nous avons indiqué par notre première prémisse non aristotélicienne, sont-ils parvenus à de tels résultats ?
En s’attachant d’abord à découvrir l’ordre dans lequel se présentent les éléments du terrain, les relations qui peuvent les unir, la structure qu’ils composent.
Dans ses observations le savant se penche, notamment, sur des comportements dont il va s’attacher à déceler la structure. Il se demandera ensuite quelles doivent être à leur tour les structures des éléments en présence pour permettre une telle structure de leurs comportements. Il fera ensuite des inférences qui lui permettront alors de bâtir des hypothèses. Sur la base de ces hypothèses, il dégagera des prévisions relatives aux comportements. Il lui faudra alors retourner à l’observation de ces derniers pour examiner si ces prévisions se réalisent et si, par conséquent, son hypothèse est conforme à la structure des faits. » (Hélène Bulla de Villaret : « Introduction à la sémantique générale de Korzybski », Courrier du livre, p. 36.)

Appliquer une démarche scientifique en économie implique de raisonner non pas  en termes de croyance en des théories données, mais d’hypothèses portées à l’expérimentation afin d’en tester la validité. Cette confrontation à l’épreuve des faits est indispensable pour pouvoir les confirmer ou les infirmer, et voir si elles peuvent ensuite être appliquées. Si les résultats ne confirment pas leur validité, il importe alors de reprendre les différentes étapes de la démarche scientifique depuis le début afin de chercher la ou les erreurs, et ceci tant que les résultats ne sont pas satisfaisants.

I. Aubert.

8 décembre 2010

2. La démarche des mathématiciens

© Isabelle Aubert-Baudron

La compréhension de cette démarche est importante car
– elle permet d’évacuer les faux problèmes tels que l’opposition apparente entre aristotéliciens et non-aristotéliciens liée à l’ignorance de ces termes.
– elle est applicable dans les autres domaines de connaissance nécessitant l’intégration, dans les affaires humaines, de notre évolution scientifique actuelle.

Pour plus de clarté, je mets en ligne, des extraits du « SEMINAIRE DE SEMANTIQUE GENERALE 1937 – Transcription des Notes des Conférences de Sémantique Générale Données à Olivet College » (Interzone Editions ) d’Alfred Korzybski : https://generalsemantics4all.wordpress.com/2011/12/01/alfred-korzybski-demarche-des-mathematiciens-extraits-du-seminaire-de-semantique-generale-1937/
 – et ci-dessous, des extraits de son séminaire à Lakeville, Connecticut, (1948-1949) tirés d’une traduction de la transcription d’un enregistrement de ce séminaire provenant de l’Institute of General Semantics. J’ignore qui a effectué cette traduction, celle-ci n’étant pas signée, et je ne dispose pas des enregistrements à partir desquels elle a été réalisée. Elle n’est pas définitive, comportant des blancs dans le texte. Mais je remercie ces traducteurs anonymes pour leur travail, en espérant qu’ils se feront connaître, afin que je puisse leur restituer ici leurs droits d’auteurs.
Dans ces deux séminaires, Korzybski décrit, sous deux formes différentes,  la démarche qu’ont adoptée les mathématiciens qui ont élaboré la géométrie non-euclidienne, et qu’il a appliquée lui-même dans la formulation de sa logique non-aristotélicienne. .

_______________

« Nous vivons dans une époque très révolutionnaire et des choses extraordinaires se sont produites pendant ces 100 dernières années. Entre autres nous avons commencé a revoir les doctrines démodées, ceci s’est passé en 1800 quelque chose, 1900 quelque chose, 1920, 30, 50. Je suis né au milieu de ces révolutions, certaines étaient accomplies, d’autres se déroulaient et j’ai développé cette flexibilité que j’essaie de vous enseigner. Nous avons commencé la révision des anciennes doctrines les fondements de l’électricité, la science de l’électromagnétisme qui a débuté par l’équation de Maxwell, puis la révision de (je vais lire, je vais sauter quelques exemples) je vais vous donner un résumé historique avec les années, ce qui s’est passé.

Faraday qui a révolutionné la physique …

En 1833, Faraday a découvert les lois fondamentales de la chimie électrique,
en1844 il a découvert que le magnétisme est une propriété universelle de toutes les substances
en 1859 Kurkov a formulé le principe fondamental de la théorie de la radiation
en 1881 G.G. Thompson a introduit le concept de la masse électromagnétique
en1888 Pirts a confirmé les théories de Maxwell par ses expériences
en 1895 Lawrence a fondé la théorie des électrons
en1886, Bacarow a découvert le phénomène de la radioactivité
en 1896, Sigman a découvert l’effet magnétique optique qui porte son nom
en 1898 les Curie ont découvert le radium
en 1900 Plank a fondé la théorie quantique
en 1900 Plank a introduit les lois générales de la radiation
en 1900 Planck a déterminé la quantité élémentaire d’action, il a été le premier à calculer la masse d’hydrogène et la quantité élémentaire d’électricité
en 1902 Rarafer et (?) ont mis au point la théorie de la désintégration atomique
en  1905, Einstein a formulé le principe de la relativité
en 1905 il a fondé la théorie de la lumière quantique
en 1907 Einstein a fondé la théorie quantique de la chaleur des corps solides
en 1908 Minkowski a introduit la conception d’un monde à quatre dimensions reliant entre eux l’espace et le temps
en 1912 Allow a découvert l’interférence des (?)
en 1913 W. H et W. A ont découvert la structure des cristaux
en 1913 Bohr a fondé la théorie du spectre et de la structure atomique
en 1915 Einstein a fondé la théorie de la relativité générale
en 1915 Sommerfeld a expliqué la structure des lignes spectrales
en 1919 Rupperfeld a découvert la différence de formation de l’hydrogène de l’oxygène
Cela s’est passé sur une période de 1833 à 1919, même pas 100 ans.

En parallèle avec tout ce que vous avez entendu il y a eu une révolution dans les mathématiques. Nous avons commencé ce que l’on a appelé la logique mathématique. Tout cela s’est passé pendant ma propre vie. Piano, Whitehead, Russell, toute cette génération a déjà commencé le grand bouleversement et les résultats sont extrêmement, extrêmement importants parce qu’il y a des choses que tout simplement nous n’incluions pas dans ce que l’on appelle la pensée et qui sont si impliquées que si vous devez parler pendant une 1/2 h puis une autre 1/2 h, vous ne pouvez pas combiner ces deux 1/2 h de discours, c’est sans espoir, un être humain ne peut pas le faire, peut être quelques-uns, mais c’est très rare.

C’est pourquoi ils utilisent des signes abrégés, ce qu’ils appellent la logique mathématique, ils lient les 5 signes ensemble et ils signifient beaucoup plus, ensuite ils peuvent seulement penser avec ces signes abrégés pour pouvoir combiner les “limitations” de l’esprit humain. II y a des limitations de l’esprit humain, nous ne sommes pas limités dans un sens mauvais, tout simplement nous sommes “limités”, l’esprit humain a des limitations. Vous devez par exemple oublier ce qu’on répète à l’envie que 1es mathématiques sont difficiles et ainsi de suite, les mathématiques sont le langage le plus simple qui existe. Si nous pouvons extraire un langage ordinaire des mathématiques, nous l’avons déjà fait, cela signifie appliquer une méthode mathématique, alors tout devient la simplicité même et nous avons abandonné le verbiage inutile parce que nous utilisons seulement les relations.

Les progrès que nous avons connus en médecine, biologie, sont extrêmement révolutionnaires, trop nombreux et trop complexes pour que nous essayions d’en donner une liste. Les mathématiques, la physique c’est simple.
…/…

En mathématiques, Piano, un italien, Whitehead et Russell ont commencé une recherche fondamentale dans les fondements des mathématiques. Si je dis les fondements des mathématiques vous pouvez croire que je blablate. Si les mathématiques sont faites par les hommes, si les fondements des mathématiques sont solides, cela nous sert à apprendre le fonctionnement de l’esprit humain, les fondements de l’évaluation humaine.

Par exemple, la façon la plus facile était de commencer par la révision de la géométrie euclidienne. Ceci est extrêmement fondamental, je ne vous enseigne pas les mathématiques, je vous enseigne des choses sur le comportement humain. Euclide avait des parallèles, c’est à dire des lignes qui ne se rencontrent jamais et en outre elles étaient supposées être équidistantes, des parallèles équidistantes.

A cette époque, à l’époque même d’Euclide, cette théorie avait déjà été mise en question. Toute géométrie doit avoir des lignes qui ne se rencontrent jamais, mais la question est : est-ce que ces lignes doivent être équidistantes ou non? A l’époque d’Euclide, ceci était déjà mis en question. Et que s’est-il passé ? Quelque chose de très important, quelque chose qui concerne les hommes et non la géométrie. La géométrie est faite par les hommes et donc ce sont les hommes qui nous intéressent, pas la géométrie. Pendant plus de 2000 ans rien ne s’est passé. Puis, c’est le côté humain, Lovachevski, un russe, Bolé, un hongrois, et Undersly, un allemand, qui avait les mêmes notions mais qui avait peur de les publier, si bien qu’il a été puni par l’histoire qui ne l’a pas reconnu.

Ils voulaient réviser cette équidistance qui ne leur semblait pas adéquate. Si vous voulez avoir une idée de ce qu’est l’égale distance entre deux parallèles, prenez un train ou un tramway qui ont les rails selon la théorie euclidienne, à égale distance. Les rails sont posés à dessein à égale distance. C’est de la pure fiction. La critique n’a pas été écoutée pendant 2000 ans. Finalement Lovachesky et Bolé sont sortis d’Euclide, ils n’ont pas corrigé Euclide, ils ne l’ont pas révisé, ils ont oublié Euclide et ils ont pris un nouveau départ et ont commencé la géométrie non euclidienne. Tous ceux qui ont essayé de réparer la géométrie euclidienne, ont échoué. Les deux tentatives qui ont réussi sont celles qui ont oublié Euclide et inventé une nouvelle géométrie. Et cela fonctionne. Les développements ultérieurs ont gardé les lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais mais qui ne sont pas équidistantes. Puis les lignes droites sont devenues courbes et celles-ci sont devenues asymptotiques, elles se sont rapprochées de plus en plus mais ne se sont jamais rencontrées Tout ceci est évidemment de la fiction mais de la fiction nécessaire.

La même chose s’est passée avec Newton. Vous connaissez tous la mécanique de Newton. Les systèmes newtonien et euclidien ne cadraient absolument pas avec l’électricité. Et maintenant nous savons que tout est électrique et même vous et moi nous sommes des conglomérats électrocoloïdaux. Donc si nous avons des systèmes qui ne peuvent prendre en compte les phénomènes électrocoidaux, cela ne nous sert à rien. Par conséquent la révision était nécessaire et finalement nous avons la géométrie non-euclidienne. Nous nous sommes débarrassés d’un dogme. C’est tout, nous nous sommes débarrassés d’un dogme. Avec Freud aussi nous sommes débarrassés de beaucoup de dogmes, il en a créé de nouveaux.

Mais ils sont moins mauvais que les vieux dogmatismes démodés. Comme l’électricité et évidemment les phénomènes électrocoloïdaux ne pouvaient pas être pris en compte avec la vieille mécanique de Newton, Einstein a fait la même chose que ses prédécesseurs, il l’a oubliée. Recommençons depuis le début, la théorie d’Einstein est un nouveau départ. C’est un des exemples les plus classiques de l’extensionnalisation. La simultanéité était une propriété absolue du temps absolu et de l’espace absolu. Einstein a refusé de traiter la définition.
…/…

La seule différence entre Euclide et les non euclidiens était la question de la distance égale, un si petit facteur. Vous devez vous demander si je parle encore de mathématiques, mais non, je parle des réactions de l’homme. Lorsque vous changez une petite chose, regardez ce qui se passe. On a gardé l’axiome que les lignes ne se rencontrent pas mais on n’a pas accepté le dogme qui ne se vérifie pas dans la réalité que les lignes sont toujours des parallèles équidistantes. On a tout simplement abandonné le dogme. Ce changement peut éventuellement sembler innocent. Cela me rappelle une blague de Bertrand Russell, une blague mathématique, sur les tailles. Une femme de ménage n’était pas mariée, elle demande à sa patronne si elle pouvait aller voir son enfant parce qu’il était malade. La patronne a été si surprise qu’elle lui dit: “eh bien, je pensais que vous n’étiez pas mariée”, “Madame, cela ne veut pas dire que j’ai été négligée, le bébé était très petit”. Cette blague est de Bertrand Russell. Blague à part, je ne raconte jamais de blagues seulement à cette fin, il y a toujours un sens plus profond.

Nous avons abandonné l’équidistance des parallèles. Voyons quelles en ont été les conséquences. Dans la passé, dans la géométrie élémentaire, nous faisions une courbe avec des petits morceaux de ligne droite. C’est ce qu’on a appris à l’école, vous et moi. Une courbe, des petits morceaux de ligne droite à condition que les petits morceaux deviennent de plus en plus petits et la limite était la courbe.

Aujourd’hui nous avons inversé le processus. Aujourd’hui nous commençons avec un cercle en augmentant le rayon et lorsque le rayon tend à l’infini, alors la limite de la courbe devient une ligne droite.

Donc vous voyez que cette petite différence dans les parallèles a eu pour résultat l’inversion de toute l’orientation: au lieu de faire des courbes avec des lignes droites, aujourd’hui une ligne droite est la limite d’un cercle (ça, c’est du verbiage) lorsque le rayon tend vers l’infini. C’est le système euclidien. Ça, ce n’est pas important. La géométrie n’est pas importante non plus, ce qui est important c’est qu’un petit changement dans les prémisses a entraîné un changement énorme, une inversion dans les conséquences. Cela  s’applique aussi à la vie de tous les jours, on peut appliquer cette règle par exemple en changeant les prémisses, si nous le pouvons, avec les patients. Si vous pouvez changer les prémisses du patient, il est guéri. La question est: est-ce qu’on peut y arriver ? Ah, c’est ça le problème. Mais, en fait, ce que fait un psychiatre, c’est qu’il essaie d’amener son patient à parler, à faire face à la réalité, c’est-à-dire à changer ses prémisses fictives pour voir la réalité.

Vous connaissez l’exemple du serpent dans le lit. C’est une désillusion proverbiale d’un patient très malade. Il ne voulait pas aller se coucher parce qu’il y avait un serpent dans son lit. Le docteur fait semblant d’enlever le serpent qui n’existait pas du lit. Le patient est content, il va coucher et s’endort. Est ce qu’il est guéri pour autant? Pas du tout. Demain il y aura un tigre qui va le poursuivre dans la rue. Vous avez éliminé un symptôme “serpent” et vous en avez introduit un autre, “le tigre”. Ces choses fonctionnent mécaniquement. Que fait un psychothérapeute ou tout médecin avec les malades mentaux? Il change, s’il le peut, les prémisses. Si çà marche, la personne est guérie, autrement il ne se passe rien.

C’était tout ce que j’avais à vous dire sur Euclide. Le changement de lignes droites, si quelqu’un sait ce qu’est une ligne droite. Personne ne le sait. Aujourd’hui nous parlons de façon beaucoup plus réaliste et lorsque nous parlons d’une ligne, nous ne parlons pas d’une ligne fictive, mais nous parlons d’une ligne réelle. Que faire avec ça ? Avant Einstein on croyait que la lumière se déplaçait sur une ligne droite. Seulement Einstein a démontré que dans un champ gravitationnel, la vitesse de la lumière ne voyage pas en ligne droite, mais en courbe. Maintenant la ligne droite est presque complètement abolie, on l’utilise par exemple pour la construction. Un constructeur construit les immeubles en utilisant la géométrie euclidienne. Euclide est valable pour construire cet immeuble, mais si vous voulez construire un pont, Euclide n’est plus valable. Je ne sais s’il est bon pour les gratte-ciels. Donc on a dû passer d’Euclide au système non-euclidien.

…/…

Avez-vous remarqué que nous tirons maintenant des lignes droites comme limites de cercles ? Avant c’était le contraire. Est-ce que vous comprenez cela?
-Non

Vous devez l’accepter sans essayer de trop approfondir, parce que je ne suis pas en train de parler de manière trop technique, ce n’est pas un problème de géométrie mais de symbolisme. Vous rappelez-vous que maintenant nous construisons des lignes droites en dehors des cercles avec des rayons qui augmentent et la limite lorsque le rayon approche, n’atteint pas l’infini, elle s’en approche, votre cercle s’aplatit de plus en plus et la limite devient une ligne droite.(Cette phase n’est pas claire, mais n’ayant pas le texte anglais, je ne peux la modifier.)

Maintenant, acceptez cette proposition et acceptez aussi qu’aujourd’hui, avec la géométrie moderne, c’est l’inverse de l’ancienne, car dans l’ancienne géométrie avec un peu de ligne droite on pouvait construire un cercle. Aujourd’hui c’est l’inverse, une ligne droite est la limite d’un cercle énorme avec un rayon qui tend vers l’infini. Ce que j’aimerais souligner, c’est qu’un petit changement dans les prémisses implique un changement fondamental. Dans notre travail nous avons introduit quelques changements fondamentaux dans les prémisses où l’ancien n’avait pas de sens ou était faux. Nous l’avons abandonné et nous avons un renversement complet des vieilles idées, cela a affecté toutes les parties de notre vie.

La théorie d’Einstein, vous avez lu et entendu assez à son sujet. Vous savez que sans la théorie d’Einstein … je vous ai déjà parlé du Professeur Planck.

Vous vous rappelez ? Il a établi les quanta, des sortes de noyaux centraux des radiations.

Ces problèmes dont je vous parle existent dans la vie de tous les jours, mais dits dans des langues différentes, c’est la seule différence, les mêmes conclusions existent dans la vie quotidienne mais nous ne le savons pas. Après le séminaire nous en serons conscients. Les médecins pourront revoir leurs prémisses. Nous ne le faisons jamais et le pouvoir des sciences et des mathématiques est qu’elles établissent des prémisses claires et les révisent.

Mais il y a plus de problèmes. Si vous révisez vos prémisses, cela signifie que vous les vérifiez empiriquement, vos prémisses sont correctes, est-ce que vous pouvez dire que vos déductions par l’intermédiaire de vos prémisses sont correctes ? Vos théorèmes sont-ils vrais? Non. Aujourd’hui cela ne suffit pas. Avant c’était suffisant. Les prémisses sont correctes, les déductions sont correctes, le théorème est vrai. La vérification des prémisses seule, la déduction seule, cela n’est pas suffisant. Nous devons trouver les conséquences, travailler avec les théorèmes, les uns après les autres et ensuite vérifier le théorème empiriquement. Et alors on se rend compte souvent que tout le système est faux.

…/…

Nous essayons de faire coïncider nos formules avec la réalité. Nous avançons rapidement et avec succès. Mais vous pouvez voir ce que signifie éliminer la vitesse infinie, si vous gardez la vitesse infinie, vous ne tenez pas compte de la vitesse, parce qu’on ne peut pas connaître la vitesse infinie mais vous pouvez la voir. Et le résultat est une ineptie et vous avez fait ça. Et avant qu’Einstein n’arrive, il y avait Newton et c’est pour ça que je vous parle du renversement de la théorie euclidienne.

Le changement de l’équidistance a créé une nouvelle géométrie, une non-euclidienne qui est beaucoup plus efficace. Quel est le critère de tout ça ? Pratique, pragmatique, la carte doit ressembler au territoire. Evidemment Einstein ressemble beaucoup plus au monde que Newton, ce n’est pas euclidien. »

Alfred Korzybski, Séminaire de 1948-1949 à Lakeville, Connecticut.

Traducteur inconnu.

L’enregistrement du séminaire de Korzybski à Lakeville (1948-1949) est disponible dans le site de l’IGS

7 décembre 2010

1. Que signifie « non-aristotélicien » ?

© Isabelle Aubert-Baudron

Le sens du terme « non-aristotélicien » est parfois interprété à tort comme signifiant « anti-aristotélicien », et la sémantique générale, appelée par Korzybski « logique non-aristotélicienne », comme opposée à la logique d’Aristote.

Cette interprétation erronée a engendré vis-à-vis de la sémantique générale des attitudes idéologiques qui n’ont pas lieu d’être de la part de défenseurs de l’aristotélisme.

Cette interprétation ne correspond pas à la réalité : il convient ici, pour éclairer le sens de cette expression, de situer la sémantique générale dans son contexte historique, ainsi que la démarche de Korzybski, dans le contexte scientifique dans lequel il a élaboré la sémantique générale.

Contexte historique:

Les différentes logiques élaborées en Occident l’ont été à partir de l’état d’évolution des sciences, la physique et la vision du monde de leur époque :

Antiquité :
– La logique d’Aristote est apparue dans l’antiquité (- 450 avant notre ère); elle reposait sur la vision antique du monde, qui concevait la terre comme un cercle plat, immobile, au centre de l’univers, et les corps célestes, comme tournant autour de celle-ci.
Cette vision géocentriste a fait autorité jusqu’au XVII° siècle.

– En mathématiques, Euclide élabore la géométrie plane.

XVI°-XVII° siècles:
– Copernic (1473-1543) puis Galilée (1564-1642) remettent en question la vision géocentriste d’Aristote pour une vision héliocentriste: la terre devient une sphère qui tourne autour du soleil.
– Isaac Newton (1643-1727) met en place la mécanique céleste, découvre la loi de la gravitation universelle et la mécanique newtonienne ou mécanique classique.
– Dans le courant de la révolution copernicienne, René Descartes (1596-1650) met sur pied le mécanisme, et élabore une nouvelle logique, correspondant à l’état des sciences de son époque.

XIX°-XX° siècles :
– les mathématiciens, confrontés aux limites de la géométrie euclidienne dans le cadre de la vision newtonienne du monde, mettent sur pied la géométrie non-euclidienne.

– Albert Einstein (1879-1955) élabore une théorie de la relativité générale et participe à la formulation de la physique quantique, une physique non-newtonienne.

– Alfred Korzybski (1879-1950) met sur pied la sémantique générale ou logique non-aristotélicienne, sur la base des mathématiques du début du XX° siècle, de la physique quantique et des travaux d’Einstein.

Le sens des termes « non-euclidien », « non-newtonien » et « non-aristotélicien » ne signifie pas que ces nouveaux domaines seraient « opposés » aux systèmes précédents, mais que les applications de ces derniers, apparus dans le contexte de l’état des sciences des époques précédentes, ne permettent pas d’appréhender ni de résoudre les nouveaux problèmes inhérents au niveau d’évolution scientifique du XX° siècle: par exemple, la physique de Newton ne peut permettre de traiter les problèmes relatifs à la technologie moderne : impossible de construire ou de réparer un ordinateur ou un poste de radio avec Newton, dont les travaux sont antérieurs à la découverte de l’électricité.

La physique non-newtonienne n’est pas opposée à celle de Newton, elle traite de domaines qui n’existaient pas de son vivant. Il n’existe aucun conflit entre physiciens au sujet de ces questions, et il ne viendrait à l’idée d’aucun d’opposer les deux.

Ainsi Aristote n’est pas opposable à Korzybski. La logique non-aristotélicienne peut permettre de résoudre des problèmes qui se posent à notre époque, dans le contexte de notre évolution scientifique actuelle, mais ne se posaient pas du temps d’Aristote parce que l’état des sciences d’alors ne permettait pas de les appréhender.

La logique de Korzybski n’est pas une méthode de développement personnel (le « développement personnel » n’existait pas en 1933 quand il a écrit Science and Sanity). Elle n’est pas non plus une nouvelle technique de management recelant des « trucs » de marketing, ni une thérapie, ni une méthode miracle permettant d’atteindre l’illumination en 3 jours. C’est une logique élaborée sur la base des mathématiques et de la physique du XX° siècle, ce qui n’est pas du tout la même chose.

Ses applications reposent sur une démarche scientifique: voir les travaux d’Henri Laborit en biologie, ou de Basarab Nicolescu en physique. C’est en me situant dans le cadre de cette démarche que je l’ai appliquée à l’économie.

Les difficultés auxquelles nous nous heurtons pour résoudre les problèmes qui se posent actuellement en économie sont de plusieurs natures : entre autres

– d’une part  « Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. » Et « Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé. » Albert Einstein.

– d’autre part les cadres dans lesquels des solutions sont envisagées sont liés à des considérations d’intérêt, d’idéologies, de croyances, etc.. Cette confusion  des niveaux d’abstraction empêche de poser les problèmes correctement, et rend impossible une approche neutre,  non partisane.

Il m’a semblé qu’un moyen d’échapper à ces pièges consistait à partir des bases sur lesquelles les scientifiques avaient pu sortir des impasses auxquelles ils avaient été confrontés.

Une économie de rechange ?

Filed under: Actualité, Economie, Sémantique générale — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:35

bando_012

© Isabelle Aubert-Baudron

J’ai commencé en 1997 un travail de recherche sur l’élaboration d’une économie non-aristotélicienne, à partir de la sémantique générale d’Alfred Korzybski, dans le cadre du réseau Interzone, un réseau artistique et littéraire de lecteurs de William Burroughs.  Ce travail n’avait d’autre prétention que de mettre sur pied, dans le cadre de ce réseau, une économie adaptée à la structure de celui-ci et à l’état d’esprit de ses membres, qui n’étaient pas compatibles avec l’économie managériale.

Ces recherches sont en ligne dans le site « La sémantique générale pour tous » dans la rubrique « Restructuration: Une économie non-aristotélicienne »:  les pages de présentation sont hébergées également dans ce blog :
Une économie non-aristotélicienne :
* L’économie de marché: une économie aristotélicienne
* Déstructuration: Enquêtes sur les mécanismes de l’économie de marché dans le domaine de la santé
* Restructuration: Une économie non-aristotélicienne
* Economie A / économie non-A

A partir de 2008, j’ai expérimenté dans le cadre d’Interzone Editions, puis de cours en ligne, les hypothèses élaborées à partir du travail de Korzybski, et au bout de deux ans, cette mise a l’épreuve des faits les a confirmées en ce qui me concerne : l’un et l’autre fonctionnent.

Mais en raison des réactions hostiles qui ont suivi la mise en ligne de ce dossier, (usurpations d’identité de mes sites et pillage de ma documentation dans des blogs anonymes et sites pirates, de mes emails, hacking d’un forum, trolling d’une liste yahoo, etc.) j’en ai déduit que ces recherches pouvaient avoir une importance que je n’avais pas soupçonnée tout d’abord.

Toutefois le travail réalisé jusqu’ici n’est qu’une ébauche;  il nécessite d’être poursuivi à d’autres niveaux que celui d’un simple réseau artistique. D’où ce blog, destiné à héberger la documentation à venir dans ce domaine.

Isabelle Aubert-Baudron

Commencez votre blog avec WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :