Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

7 décembre 2010

Une économie de rechange ?

Filed under: Actualité, Economie, Sémantique générale — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:35

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© Isabelle Aubert-Baudron

J’ai commencé en 1997 un travail de recherche sur l’élaboration d’une économie non-aristotélicienne, à partir de la sémantique générale d’Alfred Korzybski, dans le cadre du réseau Interzone, un réseau artistique et littéraire de lecteurs de William Burroughs.  Ce travail n’avait d’autre prétention que de mettre sur pied, dans le cadre de ce réseau, une économie adaptée à la structure de celui-ci et à l’état d’esprit de ses membres, qui n’étaient pas compatibles avec l’économie managériale.

Ces recherches sont en ligne dans le site « La sémantique générale pour tous » dans la rubrique « Restructuration: Une économie non-aristotélicienne »:  les pages de présentation sont hébergées également dans ce blog :
Une économie non-aristotélicienne :
* L’économie de marché: une économie aristotélicienne
* Déstructuration: Enquêtes sur les mécanismes de l’économie de marché dans le domaine de la santé
* Restructuration: Une économie non-aristotélicienne
* Economie A / économie non-A

A partir de 2008, j’ai expérimenté dans le cadre d’Interzone Editions, puis de cours en ligne, les hypothèses élaborées à partir du travail de Korzybski, et au bout de deux ans, cette mise a l’épreuve des faits les a confirmées en ce qui me concerne : l’un et l’autre fonctionnent.

Mais en raison des réactions hostiles qui ont suivi la mise en ligne de ce dossier, (usurpations d’identité de mes sites et pillage de ma documentation dans des blogs anonymes et sites pirates, de mes emails, hacking d’un forum, trolling d’une liste yahoo, etc.) j’en ai déduit que ces recherches pouvaient avoir une importance que je n’avais pas soupçonnée tout d’abord.

Toutefois le travail réalisé jusqu’ici n’est qu’une ébauche;  il nécessite d’être poursuivi à d’autres niveaux que celui d’un simple réseau artistique. D’où ce blog, destiné à héberger la documentation à venir dans ce domaine.

Isabelle Aubert-Baudron

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30 novembre 2017

GENDXXI – Le Mag. N°18 – Novembre 2017

Filed under: Actualité, APNM, Gendarmerie — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:08

Mesdames, Messieurs,

Très chers adhérents et bénévoles,

La rédaction du magazine vous invite à prendre connaissance du numéro 18 de « GENDXXI – Le Mag » du mois de Novembre 2017.

 

 

 

AU SOMMAIRE DANS CE NUMÉRO :

  • Suicides chez les forces de l’ordre
  • Temps de travail: GendXXI attire l’attention de la Communauté Européenne
  • PLF 2018: GendXXI devant la Commission de la Défense
  • Servir: le livre-événement du Général Pierre de Villiers

 

 

Nous vous en souhaitons bonne lecture.

Associativement


Rédaction le Mag GendXXI redaction.lemag@gendxxi.org
Accéder à tous les magazines de l’association

Lenka Lente: JOHN COLTRANE (au courrier) + LE SON DU GRISLI #3 (précommande) + NURSE WITH WOUND (derniers posters)

Filed under: Actualité — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:45

 

parution à paraître déjà paru

JOHN COLTRANE

FRANK KOFSKY

CONVERSATION

LENKA LENTE – 20 NOVEMBRE 2017
LIVRE FRANÇAIS
40 PAGES
10 X 15,5 CM
ISBN : 979-10-94601-18-1
9 EUROS
http://www.lenkalente.com/product/conversation-de-john-coltrane-et-frank-kofsky
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DAVID GRUBBS, AMM, DAUNIK LAZRO, KURT SCHWITTERS

ANNA TJAN, DAVE PHILLIPS, ORNETTE COLEMAN

LE SON DU GRISLI #3

LENKA LENTE –  FIN DÉCEMBRE 2017

REVUE
150 PAGES
19 X 21 CM
12 EUROS
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NURSE WITH WOUND POSTER

Charles-Louis Phillippe vs Félix Vallotton
A5
20 EUROS
 

Galerie Ecritures: Pierre Lafoucrière

Filed under: Actualité, galerie, peinture — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:25

 

J’ai la profonde tristesse et l’immense regret de vous annoncer le décès de Pierre LAFOUCRIERE, il venait d’avoir 90 ans. Serein et entouré de ses enfants, petits-enfants et arrière petit enfant, il s’est éteint après avoir réalisé tous ses derniers projets. Ainsi il a inauguré une exposition en mai-juin à la Médiathèque de Vichy : « Le Peintre et la Bibliothécaire, Pierre Lafoucrière et Monique Kuntz une amitié féconde », il a participé activement à sa dernière exposition majeure à Montluçon en juin-juillet dans 2 lieux : Le Fonds d’Art Contemporain de la Ville de Montluçon et la Galerie Ecritures, il a terminé avec moi la préparation de sa monographie : « LAFOUCRIERE, un Chemin de Lumière » et a pu apprécier le livre édité. Il a préparé sa participation à une exposition sur le vitrail qui va avoir lieu à Souvigny début 2018 et a réalisé en Juillet et Août pour Ecritures une vingtaine d’œuvres nouvelles, un ensemble magnifique d’aquarelles et crayons de grand format, pleines de vie et de force. Ces œuvres posthumes sont prêtes pour sa prochaine exposition à la galerie.

Il va reposer auprès de Nicole, sa femme dans le petit cimetière de Valignat dans l’Allier.

Avec son décès, l’art contemporain perd un formidable créateur, maîtrisant les techniques au service d’une rare sensibilité, ce qui lui a permis de réaliser un très bel ensemble d’œuvres. Et si les supports, les couleurs, les sujets sont différents, l’ensemble est très homogène, on reconnaît de suite son travail dans lequel dominent le geste, la lumière, l’harmonie et la spiritualité. Ce travail demeurera au-delà de sa disparition. Il est dans les foyers d’amateurs, dans les Frac, les Musées, il est dans la salle qui lui est consacrée aux Musées d’Art Moderne Religieux, son œuvre est visible surtout dans les églises qui accueillent ses vitraux, ses chemins de croix, vêtements liturgiques, croix de procession et autre porte de tabernacle (plus de 14 lieux). Il est et restera dans le cœur des visiteurs et amateurs de peinture tant sa personnalité était attachante pour rester pudique.

Avec son décès, Ecritures perd un de ses fidèles collaborateurs, un soutien sans faille depuis la création il y a 40 ans, il m’avait été présenté par Louis DALLANT en 1987. Ensemble, nous avons réalisé de nombreuses expositions personnelles et collectives. En ce qui me concerne, je perds un ami qui a cheminé avec moi sur les sentiers de l’art en partageant avec lucidité les différentes traces, qu’elles soient de lui ou d’autres artistes. Nous avons aussi assisté à des concerts car la Musique avait une importance aussi capitale dans son travail que le Ciel, la Terre, l’Eau, le Feu et les couleurs du Temps. Nous avions perdu il y a juste 10 ans notre ami Louis, poète, amateur et collectionneur de peintures, cette année Pierre m’a accompagné pour le décès de Serge, collectionneur d’art et soutien des artistes. Mais je ne me sens pas seul en ce jour car ces 3 amis continueront de m’accompagner dans le travail de la Galerie.

Jean Marc VINCENT – 7 11 2017

Lenka Lente: Au courrier : Du piano-épave / The Well-Weathered Piano de Ross Bolleter !

Filed under: Actualité, Edition, livres — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:15

parution à paraître déjà paru

ROSS BOLLETER

DU PIANO-ÉPAVE

THE WELL WEATHERED PIANO

LENKA LENTE – 26 OCTOBRE 2017
LIVRE FRANÇAIS / ENGLISH
234 PAGES
15 X 19,5 CM
ISBN : 979-10-94601-17-4
20 EUROS
 
 
http://www.lenkalente.com/product/du-piano-epave-de-ross-bolleter
LENKA LENTE 7, BOULEVARD G. GUIST’HAU 44000 NANTES

José Altimiras, Etienne Rouziès: UN TICKET POUR UN TRAM

Filed under: Actualité, bande dessinée, Edition, livres — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:57

VOIX éditions

http://www.voixeditions.com

 

Un ticket pour un tram – José Altimiras, Etienne Rouziès

Un ticket pour un tram – Quatrième de couverture

28 octobre 2017

La vie des idées: La revanche des villages

Filed under: Actualité, Economie — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:31

http://www.laviedesidees.fr/La-revanche-des-villages.html

par Éric Charmes , le 24 octobre

Opposer la richesse des villes à la pauvreté des campagnes, c’est en fait ne pas comprendre la réalité des inégalités territoriales. Les villages sont aujourd’hui souvent plus attractifs qu’un grand nombre de villes moyennes, qui connaissent des difficultés démographiques et économiques majeures.

« La République française se veut une et indivisible, pourtant, le pays semble bien divisé en deux. France des villes et France des campagnes » (propos mis en ligne sur le site de Public Sénat, le 9 juin 2017) ; « À Paris, Emmanuel Macron a fait 90 % des voix, au Mans, 73 %. La France des villes concentre tous les pouvoirs : celui des élites, celui de la finance… Parallèlement, il y a des territoires abandonnés » (propos de campagne d’un candidat de la France insoumise dans Les Alpes mancelles, 7 juin 2017) ; « Il y a urgence aujourd’hui à faire de la ruralité une priorité de l’action publique et un sujet central du débat public. Si nous ne voulons pas voir s’agrandir le clivage entre la “France du haut” et la “France du bas”, entre les villes gagnantes de la mondialisation et les territoires ruraux qui souvent la subissent » (propos d’un élu de centre droit qui exerce des responsabilités importantes dans des associations de maires, 7 juin 2017).

Ces quelques phrases, qui ont accompagné les dernières élections législatives, montrent à quel point le discours politique est imprégné de l’idée qu’il y aurait une opposition, ou à tout le moins une tension entre la France des villes et la France des campagnes. Cette vieille opposition est pourtant bien éloignée de la réalité. Ce décalage entre le discours et les faits observables est particulièrement dommageable, car l’opposition entre villes et campagnes fait écran à la compréhension des véritables inégalités territoriales et obstacle à leur traitement. Loin de l’image d’une « France périphérique » qui serait avant tout constituée de campagnes, hors des grandes métropoles, les difficultés sociales se concentrent au cœur des villes moyennes. Il existe certes de nombreux villages pauvres, ainsi que des petites villes en grande difficulté, notamment dans les territoires miniers du nord-est de la France, mais de nombreux centres des villes moyennes sont également en crise. Plus encore, à rebours des idées qui dominent les débats publics, les territoires les mieux lotis de la France périphérique sont bien souvent des villages entrés dans l’orbite d’une ville moyenne et devenus de ce fait périurbains. Mieux, la concurrence entre ces villages périurbains et les centres des villes moyennes est l’une des principales explications des difficultés de ces centres. Certains cas relèvent même d’un white flight, c’est-à-dire d’un exil des classes moyennes (souvent blanches) dans des périphéries résidentielles, abandonnant les centres aux ménages les plus modestes (souvent d’origine maghrébine ou turque). D’une certaine manière, après un exode rural qui a laissé les campagnes exsangues au profit des villes, la périurbanisation offre une revanche aux villages [1].

Villes moyennes, métropoles et espaces urbains La ville peut être définie de multiples manières. En première approche, on peut se référer au zonage dit en « aires urbaines » produit par l’Insee en 2010. Selon ce zonage, une aire urbaine est composée d’une commune principale (le centre, qui donne son nom à l’aire urbaine), de communes de banlieue (dont les espaces bâtis sont dans la continuité de ceux du centre et qui avec ces derniers forment l’agglomération), et de communes rurales sous l’influence de ce centre et de ses banlieues (qui forment ce que l’Insee appelle les couronnes périurbaines). Selon ce zonage, 83 % de la population française vit dans l’une des 241 aires urbaines dont le centre et les banlieues comptent au moins 10 000 emplois. Parmi ces 241 aires urbaines, cet article distingue les « villes moyennes » et les grandes métropoles [2]. Il est délicat de fixer la limite entre ces deux catégories, mais on peut distinguer des centres métropolitains qui se caractérisent par une concentration marquée des « cadres des fonctions métropolitaines » (CFM). L’Insee désigne ainsi les cadres qui ont des fonctions créatives, de gestion ou de direction. Douze grandes métropoles se distinguent avec plus de 11 % de ces CFM dans la population active de leur ville centre [3]. Les aires urbaines de ces 12 métropoles comptent toutes plus de 580 000 habitants. Parmi les aires qui franchissent ce seuil démographique, seules Toulon et Rouen se singularisent avec des CFM qui représentent respectivement 6,5 et 7,4 % de la population active. Dans les villes plus petites, le seuil de 11 % n’est presque jamais dépassé. Ces aires urbaines de moins de 580 000 habitants, qualifiées ici de moyennes, rassemblent environ 44 % de la population française.

La crise des centres de villes moyennes

Hors des grandes métropoles, les villes connaissent des destins très variables [4]. Certaines jouissent d’une économie dynamique et pas seulement celles qui bénéficient d’attraits touristiques. Par exemple, dans la région Bourgogne–Franche-Comté, Besançon, dont l’aire urbaine pointe au 42e rang en termes de population, est une ville attractive, qui se développe autour de son université, des nanotechnologies, des industries de la santé et de l’horlogerie. Niort, qui pointe quant à elle au 52e rang, est aussi une ville très dynamique, bien connue comme étant le siège des principales mutuelles françaises. Niort est d’ailleurs l’une des très rares villes moyennes qui concentre autant de cadres des fonctions métropolitaines (voir encadré) qu’une ville comme Nantes, avec une part de 12,6 % de sa population active.

Ceci étant, beaucoup de villes moyennes sont en difficulté. Béziers, Carpentras, Perpignan, Chaumont, Sedan, Forbach, Mulhouse, Lens, Calais, Boulogne-sur-Mer, Maubeuge, Roubaix, Le Puy-en-Velay, Saint-Étienne, Mâcon, Angoulême, Blois, etc. Autant de noms de villes plus ou moins importantes, de préfectures ou de sous-préfectures qui toutes connaissent des dynamiques semblables. Celles-ci ont trois composantes principales. La première est démographique, avec des baisses parfois impressionnantes, notamment dans les régions en crise, au nord et à l’est de la France. Ainsi, à Lens, la ville centre a perdu plus du quart de ses habitants entre le début des années 1970 et aujourd’hui. Il ne faut toutefois pas faire de ces baisses parfois spectaculaires l’unique critère pour mesurer les difficultés démographiques d’une ville. Dans les régions attractives, des villes peuvent être en crise et avoir une population en hausse. Seulement une hausse de 15 %, comme celle qu’a connue la population de Perpignan depuis le début des années 1970 reste modeste, lorsque, dans le même temps, la population régionale augmentait de plus de 50 %.

Les difficultés des commerces sont une autre composante de la crise des villes moyennes. La clientèle se paupérise ou se raréfie et les vitrines qui portent un panonceau « À vendre » se multiplient. Cet aspect de la crise, le plus visible, est le plus médiatisé. Plusieurs reportages ont récemment montré le spectacle désolé offert par certaines rues [5]. D’un point de vue quantitatif, les chiffres publiés régulièrement par la fédération du commerce spécialisée, dénommée PROCOS, font référence. Alors que la vacance commerciale est inférieure à 5 % dans des villes comme Lyon, Nantes, Strasbourg ou Toulouse, elle dépasse 10 % dans toutes les villes listées plus haut. Elle excède même 15 % à Béziers, Forbach, Calais, Le Puy-en-Velay ou Lens. Et souvent ces taux augmentent de l’ordre d’un point par an.

Les villes en crise se distinguent enfin par la faiblesse des revenus de leurs habitants, avec une concentration notable des ménages modestes [6]. En fait, à l’échelle de la France métropolitaine, les plus bas revenus se trouvent dans quatre types de territoires : les banlieues populaires de quelques grandes villes, notamment en Seine–Saint-Denis et dans la banlieue lyonnaise (les quartiers nord de Marseille n’apparaissent pas sur les cartes, car ils sont intégrés à la ville) ; les secteurs ruraux isolés (notamment dans le centre et le Languedoc Roussillon) ; les territoires désindustrialisés (principalement dans le nord-est de la France) ; et des communes situées au centre d’une aire urbaine moyenne. Ainsi, dans la banlieue lyonnaise, les trois communes pour lesquelles la médiane des revenus fiscaux par personne est la plus basse sont Vénissieux, Vaulx-en-Velin et Saint-Fons avec 15 000 à 16 000 euros par an. C’est exactement l’intervalle dans lequel s’inscrivent les communes de Béziers, Perpignan, Carpentras, Sedan, Forbach, Mulhouse, Lens, Calais ou Boulogne-sur-Mer. À Maubeuge, la médiane est encore plus basse avec 14 700 euros et à Roubaix elle se situe à peine au-dessus de 13 000 euros. Il y a donc bien une pauvreté hors des banlieues des grandes métropoles comme l’a souligné Christophe Guilluy [7], mais cette pauvreté ne se trouve pas d’abord dans les campagnes. Les secteurs ruraux pauvres ou les petites villes déshéritées ne doivent certes pas être négligés, mais leur poids démographique est nettement moins important que celui des centres des villes moyennes.

La faute à l’étalement urbain ?

Face à cette situation, on peut incriminer les mutations de l’industrie et la crise du fordisme, on peut aussi mettre en cause la concurrence de grandes métropoles qui capteraient toutes les richesses. Ces facteurs sont connus et jouent évidemment un rôle déterminant. Ils ne suffisent cependant pas à expliquer la situation et, plus particulièrement, pourquoi, dans une région donnée, les centres des villes moyennes sont les territoires les plus en difficulté. Bien souvent en effet, dans les aires urbaines dont la ville centre est en déclin, les communes des périphéries et notamment les communes périurbaines se portent relativement bien. On y trouve peu de ménages très aisés, mais les classes moyennes y sont bien représentées. La dynamique démographique est positive et les commerces installés dans les centres commerciaux périurbains sont généralement en meilleure santé que leurs homologues des centres [8]. Ainsi, Chaumont a perdu environ 15 % de ses habitants par rapport aux années 1970 quand plusieurs communes périurbaines voisines ont vu leur population multipliée par deux [9].

Comment expliquer ces divergences dans les trajectoires sociales, économiques et démographiques de communes plongées dans un même contexte économique et géographique ? L’étalement urbain, avec son cortège de zones commerciales entourées de vastes parkings, semble un coupable tout désigné. Cette thèse domine la littérature universitaire internationale et s’est imposée dans le débat public français [10]. Sont particulièrement mis en cause les acteurs de la grande distribution qui ont parsemé le territoire de centres commerciaux périphériques et périurbains, beaucoup plus facilement accessibles en voiture que les rues commerçantes des centres, et proposant un choix plus large et des prix plus bas. Face à cette concurrence, beaucoup de commerces des centres-villes baissent progressivement pavillon. Et de nombreuses familles préfèrent quant à elles quitter les appartements de ces centres aux attraits flétris pour gagner les maisons individuelles des périphéries.

Bref, la principale source des différences entre les centres des villes et leurs périphéries résiderait dans la domination d’un modèle de développement urbain basé sur l’habitat individuel, la mobilité automobile, les centres commerciaux et les zones d’activité. Ce modèle aurait vaincu celui proposé par des centres de villes où prédominent l’habitat collectif, les déplacements piétonniers et les petits commerces indépendants. L’explication est séduisante et n’est pas sans fondement. Il reste toutefois à expliquer pourquoi ce modèle a affaibli les centres des villes moyennes et pas ceux des grandes métropoles. Au cœur de ces dernières, le commerce de détail est loin de décliner. Il s’est même imposé comme un ressort de croissance pour la grande distribution.

La revanche des villages sur la ville

L’étalement urbain concerne de nombreuses villes dans de nombreux pays. Il n’est donc pas uniquement déterminé par les particularités institutionnelles françaises. Au demeurant, la fragmentation du tissu communal français joue un rôle important. L’intensité et la forme de l’étalement urbain sont en France très liées aux pouvoirs dont disposent les communes des banlieues résidentielles et du périurbain. En matière d’urbanisme, la France a longtemps suivi le chemin d’une décentralisation radicale, notamment avec les lois du début des années 1980 qui ont confié aux communes des compétences larges et nombreuses. La tendance ne s’est véritablement inversée qu’avec les lois dites Chevènement sur l’intercommunalité votées en 1999. Cette inversion reste laborieuse et même dans les grandes métropoles, où l’intégration politique des intercommunalités paraît la plus avancée, le pouvoir des maires reste déterminant [11].

La conséquence est qu’en France, la croissance spatiale des villes a été guidée principalement par l’addition de décisions prises à l’échelle de petites communes. Lorsque des communes rurales entrent dans l’orbite d’une ville, les intérêts des propriétaires fonciers pèsent souvent lourdement dans les politiques municipales. Ces propriétaires demandent l’ouverture des vannes de l’urbanisation pour tirer parti de la rente foncière (les bénéfices privés sont parfois colossaux). Mais très vite, les nouveaux habitants (les périurbains) deviennent majoritaires et décident de refermer plus ou moins complètement ces mêmes vannes pour préserver leur cadre de vie villageois ou campagnard. C’est ainsi qu’en France, environ neuf communes périurbaines sur dix comptent moins de 2 000 habitants et se présentent comme des villages. C’est ainsi également que les couronnes périurbaines se sont largement étendues, la demande de logement se reportant d’un village à l’autre, au fur et à mesure que les premiers installés parviennent à limiter l’urbanisation. Dans une aire urbaine moyenne de l’ordre de 100 000 habitants, il est courant de compter environ 70 communes périurbaines qui rassemblent au total environ 50 000 habitants.

À l’échelle de l’aire urbaine, la concurrence règne entre les communes pour la captation des ressources fiscales locales ou de l’attraction des ménages les plus aisés. Face aux villages périurbains, seuls les centres des métropoles les plus importantes peuvent véritablement résister et continuer à capter les classes moyennes, les commerces et les entreprises. Ces centres sont suffisamment bien dotés en équipements, services et aménités pour faire face à la concurrence des périphéries. Ils peuvent non seulement maintenir en place les ménages aisés, mais aussi les attirer (la gentrification des quartiers populaires en témoigne). Dans les villes plus petites, la donne est différente. Leur accès depuis les périphéries est relativement facile (à la différence de Paris ou Lyon où résider dans le périurbain implique un accès très contraint au centre avec des déplacements de plusieurs dizaines de minutes). En même temps, elles rassemblent moins de ressources distinctives, leur offre commerciale est souvent moins diversifiée et moins compétitive que celles des centres commerciaux périurbains. Parallèlement, une part de plus en plus importante des emplois des aires urbaines moyennes se trouve dans des zones d’activité périphériques. Du coup, résider dans la ville centre de ces aires a peu d’attraits pratiques. Cela en a d’autant moins que les logements proposés dans les villages périurbains, des maisons neuves avec jardin ou d’anciens corps de ferme rénovés, sont souvent plus attrayants, tant en termes de confort qu’en termes de prix.

Dans un tel contexte, les villes qui ont déjà des difficultés (liées à des mutations économiques, à une perte d’attractivité de leur région, etc.) peuvent perdre pied. Mulhouse par exemple, qui avec Roubaix a aussi été appelée le Manchester français, éprouve de grandes difficultés à trouver un second souffle après la désindustrialisation qu’elle a connue. Avec 15 400 euros de revenu fiscal médian par an, elle fait partie des villes moyennes les plus pauvres de France, alors que sa couronne périurbaine compte au contraire des communes parmi les plus aisées du pays. À moins de six kilomètres du centre de Mulhouse en direction de Bâle, se trouve Zimmersheim, une commune d’un peu plus de 1 000 habitants où le revenu fiscal médian dépasse 32 000 € par an (ce qui place la commune dans le dernier centile à l’échelle nationale). Le cas est extrême, en raison de la proximité de la Suisse, et à Béziers ou Perpignan par exemple les contrastes sociaux entre centres et espaces périurbains sont nettement moins marqués. Il n’empêche, dans la France périphérique, on est loin d’une domination des villes sur le périurbain ou sur les campagnes.

Un white flight à la française

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Infirmiers.com: Emploi infirmier : quelles solutions face aux difficultés ?

https://www.infirmiers.com/profession-infirmiere/vie-pratique/crise-emploi-infirmier-quelles-solutions.html

Les difficultés pour trouver un premier emploi – ou en changer – qui touchent la profession infirmière depuis ces deux dernières années en surprend plus d’un. Bien qu’autrefois ce métier rimait avec stabilité professionnelle, ce n’est désormais plus le cas. D’après une étude menée par Infirmiers.com début 2017, sur le front de l’emploi, la précarité existe : recherches actives de postes et contrat à durée déterminée (CDD) à la clé. Quelles solutions s’offrent aux jeunes infirmiers pour faire face à une crise qui touche l’ensemble de la profession ? Comment envisager une reconversion, une reprise d’études, ou de nouveaux projets professionnels avec peu de moyens ? Réponses.

Les jeunes diplômés majoritairement touchés par la précarité

hôpital soignants
Pour 30% des personnes interrogées, la recherche d’emploi dure depuis plus de six mois, parfois plus d’un an.

Après l’obtention du diplôme d’État infirmier (DEI) une question se pose désormais pour les nouveaux soignants : comment trouver un emploi stable ? Il y a quelques années, cette interrogation ne taraudait que très rarement les jeunes diplômés – pour ne pas dire jamais – comme en témoigne Karine. Quand j’ai commencé il y a 15 ans, on obtenait un contrat à durée indéterminée (CDI) en sortant de l’institut de formation en soins infirmiers (IFSI). On était immédiatement embauché en tant que stagiaire et la titularisation s’effectuait au bout de 6 mois. Mais en 2016, la recherche d’emploi peut s’avérer plus longue : moins de 3 mois pour 42% des infirmiers, entre 3 et 5 mois pour 27% et plus de six mois, parfois plus d’un an, pour 30% des IDE. Ajoutons à cela que plus de 40% des infirmiers exercent à durée déterminée et sont donc touchés par la précarité. Pour ma part, j’ai mon DEI depuis un an et je suis toujours en CDD dans un centre hospitalier public. A chaque fois, on ne me propose que des CDD d’une durée de trois mois maximum. Désormais, il faut en passer par là pour espérer obtenir un CDI, puis une stagiairisation. L’hôpital public n’a plus d’argent et les soignants comme les patients en font les frais, témoigne Caroline.

Plus de 40% des personnes interrogées ont un contrat à durée déterminée (CDD).

Le CDD devenu populaire dans le secteur public

En réalité, si la durée des recherches d’emploi s’est sensiblement rallongée pour les infirmiers, leurs issues restent pour le moins décevantes d’une façon générale. Et pour cause, les établissements de soins proposent de plus en plus des contrats à durée déterminée au lieu d’une embauche définitive. Cela fait 3 ans que je suis diplômée et toujours pas l’opportunité d’un contrat à durée indéterminée. Désormais, les employeurs ont l’embarras du choix, du coup l’exigence est à son comble ! La moindre chose déplaisante ou le moindre petit désagrément est fatal : on ne renouvelle pas votre CDD pour des raisons insensées !, réagit Claire. Mais cette nouvelle tendance ne semble toucher que le secteur public (pour le moment). D’après Lucile, les CDD se multiplient principalement dans les hôpitaux publics avec des délais irrationnels avant de pouvoir devenir stagiaire puis titulaire. Pour sa part, elle a trouvé un moyen d’éviter un emploi précaire. J’ai fait le choix de travailler dans une clinique privée. A l’obtention de mon diplôme, par chance, j’ai eu une proposition de poste en CDI après un entretien dans le privé. Alors, certes je n’ai pas la sécurité de l’emploi d’un fonctionnaire, mais lorsque je vois le nombre de mes collègues de promotion qui multiplient les CDD, je ne regrette pas !. Quid des éventuelles autres solutions ?

A chacun sa solution…

Nombreuses sont les conséquences d’un marché de l’emploi précaire pour l’ensemble de la profession. Baisse du pouvoir d’achat, difficultés à changer de poste… Les contrecoups de cette crise privent les infirmiers de leurs principaux avantages. Mais comme Lucile, beaucoup se sont fait une raison et ont décidé d’y faire face d’une manière ou d’une autre… Témoignages.

Julien, infirmier depuis 1 mois, a changé ses aspirations professionnelles

J’ai trouvé un CDI à temps plein en guise de premier emploi au sein d’un EHPAD. Ce n’était pas mon secteur de prédilection, mais je me considère chanceux. Notre métier devient de plus en plus précaire avec des CDD de courte durée. Désormais, c’est vers ce type service qu’il faut s’orienter pour être sûr de trouver un emploi stable.

Emeline, infirmière depuis 7 ans, a décidé de vaquer à de nouveaux projets

Aujourd’hui, il est devenu difficile de changer de service pour exercer autrement ou parfaire son expérience. Pour ma part, impossible d’en changer. Les postes proposés ne m’intéressaient pas du tout. Alors j’ai décidé de faire des économies pour me donner les moyens de faire autre chose. J’ai épargné pendant plus de 3 ans. Dès que j’ai eu le budget nécessaire pour monter mon projet d’aide à la personne, j’ai demandé une disponibilité à la fonction publique hospitalière. J’arrête dans un mois. C’est un nouveau départ…

Sophia, infirmière depuis 4 ans, opte pour l’exercice libéral

Vu les conditions qui se dégradent de plus en plus, et pas uniquement en matière d’embauche, les infirmiers n’en peuvent plus et j’en fais partie. Mon option choisie : le libéral.  Dans la fonction publique, on ne gagne pas grand chose et il n’y a plus beaucoup d’avantages surtout, quand vous passez du métier d’aide-soignant à celui d’infirmier et que vous retombez à l’échelon 1. Bonjour la claque ! Il y en a aussi qui désirent tenter l’aventure ailleurs et qui n’ont pas envie de se figer dans un seul unique service toute leur carrière.

Alexandre, infirmier depuis 9 mois, prévoit de reprendre ses études

Comme beaucoup de parents, les miens ont mis de l’argent de côté pour mes études. Je n’ai pas tout utilisé durant mes trois ans à l’IFSI. Si je ne parviens pas à trouver un emploi stable d’ici deux mois, je vais essayer de suivre un diplôme universitaire en soins palliatifs. En espérant que cette spécialisation me permettra de trouver un emploi.

Pour beaucoup d’infirmiers, cette crise de l’emploi touche la profession pour de multiples raisons telles que les mesures d’économie adoptées par les établissements de soins. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui elle représente une démotivation de plus à exercer le métier pour certains, et une opportunité d’utiliser son diplôme d’État d’infirmier autrement pour d’autres.

Les CDD se multiplient principalement dans les hôpitaux publics avec des délais irrationnels avant de devenir stagiaire puis titulaire.

Comment épargner avec un petit salaire pour donner un nouvel élan à sa vie professionnelle ?

Il n’est pas donné à tout le monde de nourrir de nouveaux projets pour faire face à la crise de l’emploi infirmier. Bien souvent de nouvelles ambitions requièrent un budget parfois conséquent. Épargner est l’un des meilleurs moyens de le constituer. Mais comment faire avec un petit salaire ?

  1. Bien définir ses objectifs. Il s’agit de savoir où l’on va et quel est l’objectif de ces économies (achat important, épargner pour sa retraite…).
  2. Ne pas se perdre dans les différentes propositions. De nombreuses possibilités d’épargne sont possibles, telles que le Livret A, le Plan Épargne Logement ou encore le Livret Développement Durable. Il suffit de trouver l’offre qui correspond le mieux à l’objectif fixé.
  3. Prendre l’habitude d’épargner, même des petites sommes qui peuvent paraître dérisoires mais qui ont leur importance.
  4. Mettre en place des virements automatiques. Mieux vaut programmer le virement en début de mois, cela permet de mieux gérer son budget au fil des jours.
  5. Placer directement les primes et cadeaux. Ce n’est pas forcément plaisant au début, mais à terme, cela peut s’avérer très utile en cas d’imprévu.

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Infirmières : évolution des frais d’inscription aux concours d’entrée aux IFSI et des coûts des formations (1)

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Dénonciations calomnieuses et méthodes mafieuses: quand les entreprises et les services publics deviennent des zones de non-droit

20 octobre 2017

Le Monde: Le cri d’alarme inédit des salariés et directeurs de maisons de retraite

Les professionnels des Ehpad ont lancé un appel au secours commun à Emmanuel Macron pour en finir avec les mauvaises conditions d’accueil.
LE MONDE | • Mis à jour le |

« Faites un test : levez-vous le matin, faites votre toilette, votre lit, mettez-vous à petit-déjeuner, chronométrez-vous, vous verrez que vous ne tiendrez pas en quinze minutes. Et pourtant vous êtes en bonne santé. » Le défi est lancé par Anne-Sophie Pelletier, membre de la CGT, ancienne porte-parole des aides-soignantes en grève de la maison de retraite Les Opalines, à Foucherans (Jura). Quinze minutes, c’est le temps dont ces professionnelles disposent pour accompagner dans ces tâches les personnes âgées dépendantes hébergées dans l’établissement où elle travaille. A Foucherans, la grève a duré d’avril à juillet, deux postes supplémentaires ont été obtenus, « mais le sous-effectif perdure ». Comme dans tous les Ehpad de France.

Lire aussi :   « On ne les met pas au lit, on les jette » : enquête sur le quotidien d’une maison de retraite

C’est ce qu’ont dénoncé, dans une lettre ouverte au président de la République rendue publique jeudi 19 octobre, cinq syndicats de salariés du secteur médico-social (CGT, FO, UNSA, CFDT, CFTC) et l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). La démarche est inédite. Parce que l’heure est grave, selon les auteurs de l’appel.

« Terrible angoisse »

« Malgré les évolutions du secteur (…), la situation reste extrêmement tendue au regard des besoins et attentes des personnes âgées, écrivent-ils. Ces dernières entrent en établissement avec des handicaps physiques et psychiques de plus en plus importants, auxquels s’ajoutent parfois des pathologies psychiatriques pour lesquelles les personnels ne sont pas préparés ; les personnes âgées sont insuffisamment accompagnées dans les actes de la vie quotidienne, les familles s’épuisent et les professionnels sont au bord de la rupture. »

Des statistiques de la Caisse nationale d’assurance-maladie montrent une fréquence des accidents du travail trois fois supérieure à la moyenne dans ce secteur d’activité. « La qualité de vie au travail des salariés a une influence directe sur la qualité de séjour des personnes, observe Jean-Claude Stutz, secrétaire national adjoint de l’UNSA Santé-sociaux. Quand on sait que certains directeurs ont pour objectif que leurs résidents aient à manger une fois par jour, c’est inacceptable. »

« On est dans un soin technique, renchérit Anne-Sophie Pelletier. Comment attirer des jeunes avec des conditions de travail pareilles ? » Elle dénonce également un « glissement de tâches » : « On envoie du personnel de ménage non formé distribuer des médicaments. »

Les syndicats de salariés et l’association des directeurs d’établissement (qui rassemble secteurs public, associatif et privé) réclament à l’unisson une augmentation du taux d’encadrement obligatoire dans les Ehpad, même si l’objectif final ne fait pas l’unanimité. Les syndicats veulent dix soignants pour dix personnes âgées hébergées, l’AD-PA huit pour dix. Aujourd’hui, ce taux est de 5 pour 10. « C’est une moyenne, rappelle Pascal Champvert, le président de l’AD-PA. Dans certains cas, on peut avoir un aide-soignant pour 50 résidents la nuit, un pour 20 l’après-midi. »

Sous-dotation

Une enquête en ligne lancée en mars par la CFDT Santé à destination des personnels paramédicaux, à laquelle 2 587 ont répondu, a montré une charge de travail particulièrement lourde. Les personnes interrogées déclaraient avoir eu la charge de 28 patients en Ehpad dans la journée, et 35 patients en Ehpad avec unité Alzheimer, un record. « La sécurité et la dignité des patients ne sont pas assurées, affirme Nathalie Canieux, secrétaire générale de la CFDT Santé-sociaux. Une terrible angoisse monte de ces établissements. »

Les salariés font état d’amplitudes horaires considérables, et d’une frustration importante. « Nous ne sommes pas suffisamment pour bien s’occuper des résidents, relate une salariée anonyme. La plupart du temps, ils nous demandent de rester un peu plus longtemps, ils aimeraient parler, mais nous n’avons pas le temps pour cela. Et même les soins comme les toilettes, parfois nous les faisons vite, trop vite. »

Lire la suite de l’article : http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/10/20/le-cri-d-alarme-inedit-des-salaries-et-directeurs-de-maisons-de-retraite_5203669_3224.html

Lire aussi :   Les députés s’alarment des conditions de travail dans les maisons de retraite

11 octobre 2017

La Libre Inspire: Comment rendre la terre accessible à ceux qui la cultivent ?

Filed under: Actualité, Agriculture, Agroécologie, Alternative — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:33

http://stories.lalibre.be/numero22/index.html

Entre la famille Lambert et Terre-en-vue, c’est « à la vie, à la mort ». Grâce à la coopérative, ces agriculteurs brabançons peuvent en effet continuer à cultiver quatre hectares de champ qu’ils n’avaient pas les moyens d’acheter.

Alors que les espaces agricoles se réduisent chaque année en Wallonie, Terre-en-vue fait appel aux citoyens pour soutenir la création et le maintien de fermes agroécologiques à taille humaine.

100 €. Les coopérateurs de Terre-en-vue peuvent acquérir une ou plusieurs part dont le prix est fixé à 100 euros. Le but est que cette participation soit à la portée du plus grand nombre de personnes possible.
A ce jour, Terre-en-vue, compte déjà 1346 coopérateurs qui ont permis l’achat de 61 hectares alloués à des exploitations agroécologiques.

Ces terres sont employées à bien d’autres usages que la production alimentaire : celle de sapins de Noël (une problématique qui touche les Ardennes), la construction de zones de loisirs (comme des golfs) ou la production d’agrocarburants. Le maintien des terres arables entre aussi en compétition avec la construction de zonings industriels, d’infrastructures routières et d’habitats. Mais cette artificialisation croissante du territoire semble perdre de vue le rôle nourricier de la terre. “Avons-nous encore assez de terres pour nous nourrir ? Pour rencontrer les demandes très actuelles de manger local aussi ?”, interroge tout haut Perrine Ghilain.
C’est dans ce contexte que Terre-en-vue a été créée. L’ASBL est aussi une coopérative et une fondation, “mais c’est surtout un mouvement citoyen”, poursuit notre interlocutrice, dont l’objectif est de racheter des terres agricoles ouvertes à la vente, grâce aux dotations apportées par des coopérateurs.

A la ferme Sainte-Barbe, 4 hectares
en bio plutôt qu’en béton

6 octobre 2017

Galilée, ou l’affrontement entre l’Eglise et la Science

Filed under: Actualité, astrophysique, Histoire, Sciences — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 3:17

https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/galilee-ou-laffrontement-entre-leglise-et-la-science

Réécouter l’émission

La Fabrique de l’Histoire par Emmanuel Laurentin      

Dessin de la lune par Galilée, publié dans  » Sidereus Nuncius  » en 1610, à côté d’une photographie de la même vue

Un entretien avec l’historien italien Francesco Beretta pour essayer de comprendre à quel point et selon quelles dynamiques le procès de Galilée devant l’Inquisition en 1633 ne peut pas se résumer à un simple conflit entre l’Eglise et la Science.

Moi, Galileo, fils de feu Vincenzo Galilei, de Florence, âgé de 70 ans, …après qu’il m’a été notifié que la dite doctrine est contraire à la sainte Ecriture, j’ai (néanmoins) écrit et donné à imprimer un livre dans lequel je traite de cette doctrine déjà condamnée, et j’apporte des raisons très efficaces en sa faveur, sans produire la moindre réfutation, j’ai été jugé par ce Saint – Office véhémentement suspect d’hérésie….

Pour aller plus loin:

Les différentes étapes de l’évolution de l’Occident: Aristote, Descartes, Korzybski, Trois visions de l’homme et du monde Isabelle AUBERT-BAUDRON

Courrier International: Astrophysique. Les ondes gravitationnelles primées par le Nobel

Filed under: Actualité, astrophysique, Sciences — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 3:03

https://www.courrierinternational.com/article/astrophysique-les-ondes-gravitationnelles-primees-par-le-nobel

En fusionnant, deux trous noirs situés à plus d’un milliard d’années-lumière de notre planète ont apporté, en 2016, la preuve de l’existence d’ondes gravitationnelles, cent ans après qu’Albert Einstein a prédit leur existence. Cette découverte vaut le prix Nobel de Physique 2017 à Rainer Weiss, Barry C. Barish et Kip S. Thorne, trois chercheurs américains qui ont contribué à cette détection.

Astrophysique. Les ondes gravitationnelles prédites par Einstein détectées pour la première fois

[Article initialement publié en février 2016]

Deux trous noirs font la ronde à une centaine de kilomètres l’un de l’autre. Leur masse équivaut respectivement à 36 fois et à 29 fois celle du Soleil. Leur danse orbitale s’accélère, atteignant presque la vitesse de la lumière, et voilà qu’à peine 1 kilomètre les sépare.

Leurs horizons des événements – le point de non-retour [au-delà duquel rien ne peut sortir d’un trou noir] – se touchent. S’ensuit une violente secousse. En un instant, des quintillions [1030] et des quintillions de kilogrammes changent de forme pour ne plus former qu’un seul trou noir. Puis tout redevient calme.

La masse de ce nouveau trou noir n’est toutefois pas égale à la somme des deux premiers : l’équivalent de trois masses solaires a été converti en énergie sous forme d’ondes gravitationnelles, des perturbations semblables à des vagues à la surface de l’eau, capables d’étirer et de compresser l’espace – et donc toute chose – sur leur chemin.

C’était il y a 1,3 milliard d’années

En un cinquième de seconde, lors de leur coalescence, ces deux trous noirs ont libéré cinquante fois plus d’énergie que l’ensemble des ondes lumineuses, des ondes radio, des rayons X et des rayons gamma émis dans l’Univers.

Catherine Doutey, Courrier International

Et 1,3 milliard d’années plus tard, en septembre 2015, sur une petite planète orbitant autour d’un insignifiant soleil jaune, dans les murs de l’Advanced Laser Interferometer GravitationAl-wave Observatory (Ligo), les instruments des chercheurs ont détecté une infime partie de ces perturbations.

Le phénomène, baptisé GW150914 par ses découvreurs du Ligo, a été annoncé au reste du monde le 11 février : il s’agit des premières ondes gravitationnelles directement observées par des scientifiques.

Ce succès est l’aboutissement de près d’un siècle de travail et l’ouverture d’une nouvelle fenêtre sur l’Univers, une fenêtre qui pourrait permettre aux chercheurs de se pencher sur des événements jusque-là inaccessibles, peut-être même jusqu’au big bang.

Le concept d’onde gravitationnelle est issu de la théorie de la relativité générale, l’œuvre majeure d’Albert Einstein sur la gravitation, présentée il y a presque exactement cent ans. D’après cette théorie, la masse d’un objet déforme l’espace et le temps qui l’entourent [la théorie introduit la notion d’espace-temps où l’espace en trois dimensions et le temps doivent être perçus comme une seule entité].

Accélération, ondulations

La suite dans la page du Courrier International à https://www.courrierinternational.com/article/astrophysique-les-ondes-gravitationnelles-primees-par-le-nobel

26 septembre 2017

La Libre Inspire: Echange commercial et citoyen au TransiStore

Filed under: Actualité, Alternative, Ecologie, Economie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:31

http://stories.lalibre.be/inspire/numero14/index.html

Un magasin de proximité, convivial et citoyen a ouvert ses portes à Etterbeek. Il se concentre autour de deux axes : la vente et la rencontre.
Il veut démontrer qu’un modèle alternatif de distribution existe. Il permet de redonner sa juste place aux consom’acteurs et aux producteurs.

Reportage : Valentine Van Vyve

Son nom a été trouvé par un habitant de la commune après avoir récolté le plus grand nombre de « like » sur Facebook. La population d’Etterbeek a choisi de le nommer “TransiStore”, ou la contraction de « Transition » et « Store » (magasin). Le mot-valise porte en lui-même les gènes de ce projet, né à la fin du printemps dernier. Ceux de la rencontre de trois partenaires, trois acteurs ayant décidé de mettre leurs compétences, complémentaires, au service d’un projet commun : Oxfam Magasins du monde, Agricovert et le Collectif citoyen. L’espace qu’ils partagent, 200 m² au coeur de cette commune bruxelloise, ils le définissent comme « un magasin de proximité, convivial et citoyen« .

Un magasin, certes, mais au modèle particulier puisqu’il intègre production, consommation, remise à l’emploi et citoyenneté. « On fonctionne comme un écosystème« , explique François-Olivier Devaux, l’un des trente membres du Collectif citoyen. Ce qui les rassemble ? « Le vécu de valeurs communes. Le fait de pouvoir trouver dans un lieu pas mal d’exemplarité : produits éthiques, locaux et sains, de circuits courts. » C’est la diversité des acteurs et les différentes « dimensions » du projet qui lui apportent sa plus-value. Dans la maison TransiStore, « on rentre par différentes portes« , se réjouit Martin Rose, membre d’Oxfam Magasins du monde. Ouvrons-les…

Lire la suite du dossier et voir la vidéo: http://stories.lalibre.be/inspire/numero14/index.html

Tous les dossiers : http://dossiers.lalibre.be/inspire/

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21 septembre 2017

France 2: Quand les maisons de retraite manquent de bras

Filed under: Actualité, aides-soignantes, fonction publique, Infirmières, maisons de retraite, médecine, santé, TV — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:31

Problèmes d’effectifs, présence médicale insuffisante… Un rapport parlementaire pointe du doigt une « maltraitance institutionnelle » dans certains Ehpad. Une équipe de France 2 a filmé dans un établissement en caméra cachée.

Lire l’article et voir la vidéo en ligne à http://www.francetvinfo.fr/societe/document-france-2-on-a-l-impression-de-travailler-a-l-usine-quand-les-maisons-de-retraite-manquent-de-bras_2381319.html

19 septembre 2017

L’île logique, rentrée

Filed under: Actualité, art & culture, éducation, clowns, Mathématiques, Recherche, théatre — Étiquettes : — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:38

Bonjour à tous

Toute l’équipe de L’île logique vous souhaite une bonne rentrée, que de beaux, nombreux et nouveaux projets voient le jour !

Pour ce qui nous concerne, quelques dates à venir :

– 18, 19 et 20 septembre : création, en vingt heures, d’un spectacle scientifique avec la promo de 3e année de l’école d’ingénieur de Vannes, L’ICAM.

– 29 septembre, saynètes de Pilouface, dans les rues de Bordeaux, puis spectacle en salle : Galois Poincaré mythes et maths dans le cadre de la nuit des chercheurs organisée par cap Sciences.

– 7 octobre, à Lorient, 3h d’ateliers théâtre et sciences pour les 8-12 ans puis restitution en public suivie du spectacle Partons ici même pour le ccsti de Lorient (maison de la mer)

– 13 et 14 octobre, Spectacle Pilouface à l’école Polytechnique (Saclay) dans le cadre de la fête de la science.

– 21 octobre, Spectacle Pilouface à St denis, dans le cadre du festival Maths en ville organisé par la compagnie Terraquée

– 22 et 23 octobre à Nantes, L’île logique tiendra un stand aux journées nationales de l’Apmep, animera des ateliers théâtre et maths le lundi matin (pour enseignants) avec restitution l’après midi suivi d’une conférence échange sur le thème maths et clown.

– 17, 18 et 19 novembre, L’île logique co-organise comme chaque année, la 9e édition du festival Clown hors Piste qui se tiendra à Theix (56)

–  8 et 9 décembre, spectacle y a pas rien à Martigné (53) puis Hennebont (56)

Enfin, pour ceux que ça intéresse n’hésitez pas à commander « A l’endroit de l’inversion« , un petit travail (préfacé par Cédric Villani) sur les liens entre maths et clown…

N’hésitez pas à me contacter pour quoi que ce soit, nous avons encore quelques disponibilités pour la fête de la science et pour Noël !!!

Merci à tous,
Cédric
www.ilelogique.fr

15 septembre 2017

Le Monde: Jean Tirole : « Le marché du travail est inégalitaire et inefficace »

Filed under: Actualité, Economie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:43

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/09/14/jean-tirole-le-marche-du-travail-est-inegalitaire-et-inefficace_5185544_3234.html

Président de l’école d’économie de Toulouse et Prix Nobel d’économie, l’auteur d’« Economie du bien commun » revient sur la nécessité d’une réforme profonde du marché du travail en France.

Quelles sont selon vous, les trois réformes prioritaires à engager en France ?

D’abord celle du marché du travail. Notre société est inégalitaire et inefficace dans ce domaine, avec un impact majeur sur les finances de la nation. La dépense publique représente 57 % du PIB français. C’est l’une des plus élevées du monde. Il n’y a rien de mal à cela, mais il faut qu’en contrepartie, le service public soit de qualité. Or, dans certains domaines comme l’éducation, il n’est pas à la hauteur des dépenses. C’est le deuxième chantier. Enfin, le troisième est international, il concerne l’Europe et le climat. Il ne dépend pas que de nous mais nous devons faire preuve d’initiatives.

France Culture: « Surveiller et punir » de Michel Foucault, pourquoi le lire aujourd’hui ?

Filed under: Actualité, art & culture, Littérature, Philosophie, radio — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:30

https://www.franceculture.fr/conferences/forum-des-images/surveiller-et-punir-de-michel-foucault-pourquoi-le-lire-aujourdhui

Que nous apprend la relecture de « Surveiller et punir » ? Des réformes et des alternatives sont aujourd’hui étudiées. Peut-on sortir des deux extrêmes que constituent la répression et la surveillance pour remettre la dignité humaine et la réhabilitation au centre des débats sur la justice ?

« Surveiller et punir » de Michel Foucault, comment et pourquoi le lire aujourd’hui ?• Crédits : Francoise VIARD – Getty

Peut-être avons-nous honte aujourd’hui de nos prisons. Le XIXe siècle, lui, était fier des forteresses qu’il construisait aux limites et parfois au cœur des villes. Elles figuraient toute une entreprise d’orthopédie sociale. Ceux qui volent, on les emprisonne ; ceux qui violent, on les emprisonne ; ceux qui tuent, également. D’où vient cette étrange pratique et le curieux projet d’enfermer pour redresser ? Un vieil héritage des cachots du Moyen Âge ? Plutôt une technologie nouvelle : la mise au point, du XVIe au XIXe siècle, de tout un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois « dociles et utiles ». Surveillance, exercices, manœuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d’assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s’est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l’armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline.

Penser les relations de pouvoir aujourd’hui ne peut se faire sans prendre en compte l’ouvrage de Michel Foucault, devenu aussi indispensable à notre époque que le « Léviathan » de Hobbes le fut à l’époque moderne.

Quoi d’étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ? Michel Foucault

Un débat enregistré en 2015.

Pierre Joxe, ancien ministre et ancien premier président de la Cour des comptes, avocat à la Cour

Frédéric Gros, philosophe

Ecouter l’enregistrement dans le site de France culture

12 septembre 2017

France Culture: Roland Gori: la fabrique des imposteurs et la toute puissance des pervers narcissiques

https://www.franceculture.fr/conferences/universite-de-nantes/la-fabrique-des-imposteurs-et-la-toute-puissance-du-pervers

« L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l’illusion plutôt que s’émanciper par la pensée critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l’imposture ! Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes.

L’imposteur vit à crédit, au crédit de l’Autre. Soeur siamoise du conformisme, l’imposture est parmi nous. Elle emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les escroqueries des algorithmes, les usurpations de crédits, les expertises mensongères et l’hypocrisie des bons sentiments. De cette civilisation du faux-semblant, notre démocratie de caméléons est malade, enfermée dans ses normes et propulsée dans l’enfer d’un monde qui tourne à vide. Seules l’ambition de la culture et l’audace de la liberté partagée nous permettraient de créer l’avenir. » A travers cette conférence, organisée dans le cadre des conférences de l’Université permanente de l’Université de Nantes, Roland Gori revient sur les idées fortes de son dernier ouvrage « La Fabrique des imposteurs ».

Sur le même sujet:

Isabelle Aubert-Baudron: De la manipulation des symboles : (1) «les valeurs», «évaluation»

En pdf: https://generalsemantics4all.files.wordpress.com/2014/06/de-la-manipulation-des-symboles-14-06-2014.pdf

Des Systèmes de Contrôle – Tome 1 : Techniques de contrôle et stratégies de non-contrôle

9 septembre 2017

GENDXXI – Le Mag. N°17 – Septembre 2017

Filed under: Actualité, APNM, Gendarmerie — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 5:02

Mesdames, Messieurs,

Très chers adhérents et bénévoles,

La rédaction du magazine vous invite à prendre connaissance du numéro 17 de « GENDXXI – Le Mag » du mois de Septembre 2017.


AU SOMMAIRE DANS CE NUMÉRO :

– BILAN STATISTIQUE DU DISPOSITIF « PASSERELLE »

– ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC LE PRESIDENT D’UNEO

– JURISPRUDENCE « BRUGNOT » UN DROIT MECONNU

– RECEPTION DE GENDXXI PAR LE DGGN

Nous vous en souhaitons bonne lecture.

Associativement


Rédaction le Mag GendXXIredaction.lemag@gendxxi.org

Mediapart: Les abus de la lutte contre la fraude sociale, par Yves Faucoup

Filed under: Actualité, Economie, Management — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:03

Une campagne bien orchestrée de méfiance à l’égard des « assistés » a entraîné les organismes sociaux à accroître considérablement les contrôles et à s’engager dans des dérives condamnables. C’est ce que relève le rapport de Jacques Toubon, Défenseur des droits, qui émet quelques recommandations.

Lire la suite: https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/080917/les-abus-de-la-lutte-contre-la-fraude-sociale

Cliquer sur l’image ci-dessous pour accéder au rapport en ligne dans le site defenseurdesdroits.fr .

Rapport: Lutte contre la fraude aux prestations sociales: à quel prix pour les droits des usagers?

 

6 septembre 2017

La Vie des Idées: La culture du Qi

Filed under: Actualité, médecine, recherche médicale, Sciences — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:27

Marceau Chenault, « La culture du Qi. Expériences chinoises ou universelles ? », La Vie des idées , 22 juillet 2016. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-culture-du-Qi.html

La culture du Qi

Expériences chinoises ou universelles ?


par Marceau Chenault , le 22 juillet 2016

Le Qi, « souffle » ou « énergie », est au cœur de nombreuses pratiques asiatiques traditionnelles, martiales ou artistiques, impliquant une certaine conception globale du corps et de l’esprit. Il imprègne aujourd’hui, notamment en Occident, les domaines de la santé et du bien-être, de la spiritualité. Un bienfait inattendu de la mondialisation ?

La notion de Qi (气) s’est diffusée dans les sociétés occidentales à travers les arts chinois et plus largement asiatiques depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Le qigong, le taijiquan, la calligraphie, l’acupuncture et les arts martiaux ont contribué à la globalisation de cette culture dite traditionnelle. Généralement traduit par « énergie » ou « souffle », ce terme fait partie d’un discours devenu commun pour un ensemble de pratiques centrées sur la relation subjective du corps à l’esprit : par exemple, les pratiques de bien-être et de soin, le milieu de la danse contemporaine ou des arts martiaux, ou encore les techniques spirituelles de contemplation. Le « souffle » peut être le nom du Qi dans les arts chinois, du Prana dans le Yoga indien, du Pneuma dans les techniques grecques, de l’Esprit dans les textes bibliques français [1].

Cette traduction générique témoigne de la transformation des pratiques vernaculaires dans leur processus de globalisation. Elles ont été intégrées par des groupes souvent motivés par des actions alternatives dans le domaine de la santé, de la spiritualité, de l’environnement ou encore de l’art. Elles sont basées sur des savoirs dits ancestraux, des pratiques populaires ou empiriques parfois plus proches de connaissances ésotériques que scientifiques, et sont souvent catégorisées comme des formes de religiosité contemporaine post-industrielle [2]. Néanmoins, depuis le début du XXIe siècle elles gagnent une certaine légitimité institutionnelle dans le domaine de la santé et la « gestion de soi », en s’implantant par exemple dans certains départements hospitaliers ou cliniques de réadaptation psychomotrice, comme pratiques de santé remboursées par certaines assurances, ou encore comme activités de loisirs et de bien-être régulées par des associations, centres et fédérations.

Dans cet article, nous prenons quelques exemples d’observations ethnographiques sur le Qigong en Chine et en France pour décrire comment se transmet l’expérience du Qi, afin d’éclairer comment la « culture du Qi » prend son sens dans un cadre social donné, grâce à une technologie du soi qui agit sur l’image et le schéma corporels [3].

Le Qi : du principe cosmologique à l’expérience corporelle

L’académicien franco-chinois François Cheng traduit Qi par le terme de souffle :

« La cosmologie chinoise est fondée sur l’idée du Souffle, à la fois matière et esprit. À partir de cette idée du Souffle, les premiers penseurs ont avancé une conception unitaire et organique de l’univers vivant où tout se relie et se tient. Le souffle primordial assurant l’unité originelle continue à animer tous les êtres, les reliant en un gigantesque réseau d’entrecroisements et d’engendrement appelé le Tao, la voie » [4].

La sinologue Isabelle Robinet décrit ce phénomène comme le « principe de réalité unique et un qui donne forme à toute chose et à tout être dans l’univers, ce qui implique qu’il n’existe pas de démarcation entre les êtres humains et le reste du monde » [5]. Finalement, le sinologue Cyrille Javary synthétise la problématique de la définition du Qi dans la traduction difficile de l’idéogramme :

« Pour s’approcher un peu de ce que désigne l’idéogramme 气, qui se situe au confluent d’une vision matérielle de l’énergie et d’une conception énergétique de la matière, il vaudrait mieux accoupler les deux et parler de souffle-énergie » [6].

Ces définitions évoquent d’emblée la cosmologie particulière autour des pratiques qui utilisent la notion de Qi pour donner sens à leurs actions. Tout se compose d’énergie et chaque chose est régie par un équilibre unique de substances visible ou invisible, matérielle ou volatile. Philippe Descola décrit ce mode de relation au vivant présent dans la Chine Ancienne, l’Inde et chez les Aztèques comme une ontologie analogique. « Analogique » parce que cette cosmologie met en contraste les différences « physiques » et « d’intériorités » de tout être et, à l’opposé, valorise leur mode de fonctionnement sur des principes identiques, comme les théories chinoises du Yin et du Yang ou des Cinq Mouvements. Dans ce système, chaque chose est différente et ordonnée hiérarchiquement mais analogue aux autres dans son fonctionnement. Pour Descola, cette « ontologie » comme les trois autres qu’il définit (naturaliste, totémiste, animiste) reposent sur « des systèmes de propriétés » où les existants identifient le soi et le non-soi selon des « schèmes » de démarcations physiques et d’intériorités [7].

L’anthropologue distingue l’ontologie analogique de l’ontologie naturaliste qui nous est plus familière en Europe, depuis le siècle des Lumières. En effet, notre cosmologie européenne et sa médecine médiévale qui étaient aussi analogiques ont été rationalisées par les sciences naturelles où l’homme s’est radicalement détaché de son objet d’étude, la nature. En d’autre terme, l’homme « moderne » des sciences européennes a intégré une autre forme de démarcation basée sur la ressemblance physiques des espèces et la différence de leurs intériorités, conduisant à une opposition forte entre nature et culture. On admet par exemple que l’humain a une conscience que l’animal ou les plantes n’ont pas, ce qui est un postulat naturaliste absent chez des populations dites animistes comme les Achuar d’Amazonie. L’ancien étudiant de Lévi-Strauss nous invite finalement à réaliser que la dualité entre nature et culture sur laquelle se sont basées nos sciences occidentales n’est pas universellement partagée et qu’elle ne peut pas y prétendre, malgré sa domination évidente sur l’ensemble des autres populations à l’heure de la globalisation.

Dans la cosmologie chinoise, le Qi est immanent c’est-à-dire qu’il est présent en toute forme vivante et il faut apprendre à favoriser sa circulation, autant sur le plan microcosmique du corps et de son réseau énergétique, que sur le plan macrocosmique dans sa relation entre le Ciel et la Terre. Cette vision a été autant développée dans la pensée confucéenne que taoïste, piliers de la pensée chinoise. Pour simplifier, on pourrait dire que le confucianisme a développé les valeurs morales et sociales pour respecter le système hiérarchique entre Ciel et Terre, tandis que le Taoïsme s’est tourné vers les règles psycho-physiologiques de notre vie corporelle éphémère. Comme le souligne ZhuangZi (Tchouang Tseu), un des pères fondateurs du Taoïsme :

« l’homme doit la vie à une condensation de Qi. Tant qu’il se condense, c’est la vie ; mais dès qu’il se disperse, c’est la mort » [8].

Ainsi s’est développée l’alchimie taoïste, très populaire entre le XIe siècle et le XIVe siècle après J.-C., dans le but d’élaborer les règles de conduites pour maîtriser les ingrédients alchimiques et les exercices du souffle censés préserver la vie jusqu’à l’immortalité [9]. À titre d’exemple, la moine taoïste Hu Yin a composé au IXe siècle un ouvrage important mettant en relation la théorie des « cinq phases » ou cinq agents (bois, feu, terre, métal, eau) et l’entretien des cinq organes (foie, cœur, rate, poumons, reins). Ses analyses mêlant cosmologie Taoïste et médecine chinoise associent des exercices du corps, de respiration et des habitudes alimentaires en relation avec les cinq organes stimulés selon les cinq saisons de l’année [10]. On y trouve notamment des techniques de respiration qui sont transmises aujourd’hui dans la pratique du Qigong – discipline de « maîtrise/gong » du « souffle/qi » – et notamment le Qigong des six sons.

Aborder la notion de Qi dans son contexte historique et culturel ne pose a priori pas de problème. On comprend que l’on parle d’une cosmologie, un système d’interprétation du vivant propre à une culture, une géographie et une histoire donnée. La discussion devient plus délicate lorsqu’on aborde l’expérience du Qi en tant que phénomène vécu aujourd’hui ; car il ne s’agit plus seulement d’une théorie, mais d’une manière effective de percevoir et sentir le monde. Des travaux récents en anthropologie de la médecine ou des religions illustrent ces situations. Par exemple, Elisabeth Hsu décrit en détail les séances du Docteur Qiu dans la région du Yunnan. Celui-ci soigne ses patients à l’aide des différents traitements traditionnels comme l’acupuncture ou le Qigong. Le docteur n’utilise le traitement par Qigong que dans certains cas où il estime que son patient est réceptif à ce type de relation « énergétique » [11].

À l’institut de recherche de Qigong de Shanghai où je suis responsable de la formation internationale depuis quatre ans, le Dr. Sun Lei explique volontiers dans ses cours comment il utilise la maîtrise du Neigong ou « travail interne » pour optimiser ses massages Tuina avec ses patients, c’est-à-dire comment il gère l’exercice de son énergie interne pour rendre les pressions de son massage plus profonde. Toujours à l’Institut, le Dr Xu Feng dans ses enseignements de ZiFagong précise que dans ce type d’exercice traduit comme « mouvement spontané » les pratiquants deviennent sensibles au « champ de Qi » de leur groupe de pratique, qui n’est peut-être pas éloigné d’une forme d’inconscient collectif théorisé par Jung dans sa psychologie de l’inconscient [12]. Autre lieu, autre approche dans les montagnes de Wudang, haut lieu des arts martiaux chinois dits « internes », notamment le Taijiquan. Le vieux maître Pi explique comment sa pratique du Qigong élaborée à partir des textes taoïstes de Laotzi est une manière de sentir son corps se fondre avec la montagne et la nature qui l’entourent. Enfin, lorsque je vais m’entraîner au parc de Luxun à Shanghai avec les maîtres de Tajiquan, Chen Ming Liang ou Li Hong Da, tous deux m’invitent à toucher leur poitrine, ventre ou dos pour sentir comment le Qi descend dans leur « Dantian » (zone abdominale) jusqu’aux talons, afin d’annuler la poussée du partenaire d’entraînement ou l’attaque d’un combattant opposant, et le déséquilibrer sans utiliser de force.

Diversité des pratiques et interprétations du Qi en contexte

Partant de ces exemples de différents milieux (médical, spirituel ou martial), on imagine comment la question de l’expérience du Qi devient complexe lorsque ces techniques utilisées dans des situations locales – c’est-à-dire avec une signification propre à une relation très précise avec les autres et l’environnement – se diffusent et se globalisent à grande échelle dans des contextes très différents, au-dedans ou en dehors de la Chine. Je dois préciser d’ailleurs que les situations que je prends pour exemples n’ont rien de plus « authentique » que d’autres. Les maîtres de Taijiquan des parcs de Shanghai sont apparus depuis que les parcs publics se sont développés dans les centres urbains en Chine ; Maître Pi comme d’autres « grands-pères » Taoïstes, ainsi appelés au Mont Wudang, se sont « réfugiés » dans les montagnes après avoir décidé d’abandonner leur vie civile, peu de temps après la révolution culturelle.

C’est pourquoi des sociologues comme David Palmer interprètent le développement du Qigong depuis 1949 en Chine comme une « tradition ré-inventée » [13]. Car la vie de ces acteurs et la transmission de leur pratique sont le fruit d’une histoire résolument contemporaine, où les destinées personnelles sont influencées par des mouvements sociaux de fond que les sciences sociales tentent d’éclairer. Des années 1980 jusqu’à la fin du XXe siècle, peut-être à l’image lointaine d’un New Age occidental, le Qigong est devenue en Chine une « fièvre » populaire où s’exprimaient tacitement des tensions sociales sur le repositionnement des pouvoirs politiques et religieux, le besoin de réorganiser les liens sociaux sur des mythologies fondatrices de l’identité chinoise tout en se projetant dans la concurrence internationale avec une forme de nationalisme scientifique (avec l’objectif de prouver scientifiquement l’existence du « Qi », notion d’origine chinoise).

En France, depuis environ 1980, l’évolution du Qigong a suivi l’émergence du marché du bien-être, entre une médecine académique peu ouverte aux approches non-conventionnelles et le milieu des arts martiaux basés sur le système compétitif fédéral. Les enseignants se sont formés pour répondre à la demande sociale d’un nouveau public en recherche de détente, d’anti-stress, de connaissance/management pour prendre soin de soi. L’image moderne de la pratique de Qigong est difficilement dissociable de la projection des esprits européens sur la spiritualité asiatique (cultiver une sagesse intérieure, le calme, la sérénité, etc.) et dès lors, l’expérience du Qi est souvent associée à ce type de représentations culturelles, entre une spiritualité et un style de vie doux pour l’équilibre de la santé.

Cette perception n’est pas exactement celle partagée par les médecins chinois de l’institut de Qigong de Shanghai. Leur finalité est la même puisque leur priorité d’enseignement est de s’assurer que leurs élèves développent une maîtrise de techniques et de connaissances sur la régulation de leur attitudes corporelles et mentales, soit pour régler des problèmes de santé important (insomnie, anxiété, douleurs, etc.), soit pour améliorer la maîtrise de soi. Cependant leur approche diverge sur la manière d’y arriver car leurs styles diverses d’enseignement inclut parfois des phases d’apprentissages plus pénibles et beaucoup moins confortables que la douceur et la détente souvent attendu dans l’entrainement des exercices dits de bien-être, par un public non chinois. Dans les cours de danses contemporaine et traditionnelle que je dispense au collège d’éducation physique depuis 2010 à l’Université Normale de l’Est de la Chine, la majorité de mes étudiants chinois partage également une autre idée du Qigong et du Qi : celle, respectable, d’exercices d’entretien utile pour leurs grands-parents et très éloignée de leur aspirations, ou celle, plus ironique et fantaisiste, liée aux pouvoirs magiques des héros de films comme Tigre et Dragon ou KungFu Panda. C’est le rôle de l’ethnographe de décrire ces différentes perceptions culturelles de soi et des autres, en respectant leur diversité et sans juger leur légitimité.

Apprentissage du Qi et réinterprétation du corps

Lire la suite de cet article dans le site de la Vie des Idées

29 août 2017

Alternatives Economiques: Dieselgate Quand la fraude organisée des grandes entreprises devient la norme

Filed under: Actualité, Economie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:00

https://www.alternatives-economiques.fr//fraude-organisee-grandes-entreprises-devient-norme/00080066

Franck Aggeri 29/08/2017

Décidément, le dieselgate, cette triche des constructeurs automobiles pour détourner les tests antipollution, n’en finit pas de faire des vagues. L’édition du Spiegel du 22 juillet a ainsi révélé l’existence d’une forme de cartel des constructeurs allemands depuis les années 1990 dans le but de partager l’ensemble des connaissances liées à l’homologation des véhicules – notamment en ce qui concerne les normes antipollution – et définir des actions communes pour y répondre à moindre coût. Si les faits sont avérés, les constructeurs concernés risquent une amende de Bruxelles ou de l’Office anti-cartel allemand qui pourrait, en théorie, aller jusqu’à 10% de leur chiffre d’affaires.

Pourquoi des entreprises, en principe concurrentes, coopèrent-elles pour déjouer la réglementation ?

Notons ici que l’entente porte sur un ensemble de caractéristiques techniques associées à des enjeux réglementaires qui, pour les constructeurs, ne créent pas de « valeur pour le client », selon la formule managériale consacrée. En effet, l’existence même des réglementations environnementales ou en matière de sécurité s’explique précisément parce que les industriels ne les prennent pas spontanément en compte dans la conception de leurs produits.

Coopétition

Indiquons également que le fait que les entreprises exercent entre elles une concurrence féroce sur certains aspects, mais qu’elles coopèrent par ailleurs sur d’autres plans est également tout à fait courant. C’est ce que la littérature en management appelle la « coopétition ». En général, la compétition porte sur des dimensions qui ont de la valeur pour le client (les performances, le prix), alors que la coopération se développe dans les domaines où une action collective crée de la valeur pour les partenaires (mise en commun de coûts de R&D, image de marque du secteur, lobbying, etc.). La loi n’interdit pas les coopérations dès lors qu’elles ne faussent pas les règles de la concurrence et qu’elles ne pénalisent pas les consommateurs.

Les juges sont souvent démunis face à la complexité et à la puissance des grandes entreprises

Dans le cas présent, ce qui choque est que cette entente illégale a non seulement visé à contourner délibérément les réglementations, mais s’est également faite au détriment de la santé des populations. L’organisation de ces fraudes à grande échelle révèle que le fait de jouer avec les règles était devenue la norme chez ces constructeurs. Elle révèle également un certain sentiment d’impunité chez les dirigeants et les cadres de ces grandes entreprises. Dès lors que les condamnations et les poursuites judiciaires sont rares et peu dissuasives et que l’arrangement entre régulateurs et régulés est plutôt la norme, pourquoi, en effet, ne pas prendre un tel risque.

Responsabilités diluées

Comment dévoiler et combattre ces pratiques frauduleuses ? L’enjeu, on le voit bien, n’est pas du côté d’un renforcement de la loi (les réglementations automobiles sont nombreuses et précises), mais plutôt du côté de sa mise en œuvre, c’est-à-dire de l’existence de menaces crédibles. Le problème est que les juges sont souvent démunis face à la complexité et à la puissance des grandes entreprises qui savent mettre en place des pare-feux qui rendent difficiles l’identification de responsabilités. On a pu encore l’observer à l’occasion du procès Kerviel qu’il est plus facile d’incriminer un individu qu’une organisation comme la Société Générale où les responsabilités sont diluées dans un ensemble de procédures et de décisions qui sont difficiles à tracer.

A l’inverse de la lenteur des procédures françaises, on ne peut qu’être frappé par la célérité de la justice américaine

 

La Nouvelle République: L’inaccessible école d’infirmières pour Mélody

http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2017/08/26/L-inaccessible-ecole-d-infirmieres-pour-Melody-3204029

Châteauroux. Une jeune Castelroussine s’est mise en disponibilité pour intégrer une école d’infirmières. Elle se heurte, désormais, au mur du financement.

J‘ai l’impression que je me bats sans arrêt et que je n’avance pas. Mélody n’est toutefois pas du genre à renoncer. A 27 ans, ce petit bout de femme a déjà franchi bien des obstacles, réussissant notamment le concours d’aide-soignante à Châteauroux ; puis en décrochant un CDI à l’hôpital Trousseau de Tours. « J’ai voulu alors progresser et m’inscrire dans une école d’infirmière », explique-t-elle. Mélody rouvrait ses livres de médecine, travaillait dur et finissait par réussir – en avril 2017 – le concours d’entrée à l’école d’infirmières de Châteauroux. « Pour y parvenir, poursuit-t-elle, je m’étais mise en disponibilité de la fonction publique ; puis j’ai vendu à perte la maison que je venais d’acheter à côté de Tours. »

L’ennui, c’est que l’hôpital Trousseau lui faisait comprendre qu’il n’avait pas les financements nécessaires pour son inscription dans un institut de formation en soins infirmiers. Pour le conseil régional qui finance également ces formations, « je n’entrais plus dans les critères, étant désormais en disponibilité ». L’impasse totale pour Mélody, dont le papa n’a pas de ressources suffisantes et la maman est lourdement handicapée : « Elle souffre de fibromyalgie ».

670 € par mois et des droits d’inscription

Quant à l’école d’infirmières, « son coût est de 670 € par mois » auxquels, il faut ajouter les droits d’inscriptions pendant trois années. « Comment puis-je faire, alors que je touche désormais 900 € par mois de Pôle emploi et que les banques ne veulent pas me faire de prêt, car j’ai déjà un emprunt pour ma voiture. » Mélody en est là. « J’ai tout arrêté pour faire cette école et désormais, je suis dans une totale impasse financière. »
Mercredi 30 août – jour de la rentrée – Mélody sera tout de même sur les bancs de l’Ifsi Châteauroux pour ne pas lâcher ce qui représente pour elle, un rêve, mais aussi… un métier d’avenir.

Pour aller plus loin:

28 août 2017

Eloge de la suite: Le philosophe Michel Onfray explique le concept d’inhibition de l’action de Laborit

Filed under: Actualité, Philosophie — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 6:11

Publié le 18 août 2017

Lire l’article intégral: http://www.elogedelasuite.net/?p=3654

J’ai déjà entendu un certain nombre de fois le philosophe Michel Onfray rendre hommage à Laborit, et c’est ce qu’il a fait une fois de plus il y a un peu plus d’un mois lors de la période de question du public de l’épisode « Miroir brisé de la tauromachie » de sa série actuelle « Cosmos », première du triptyque « Brève encyclopédie du monde».

L’extrait en question va de 35 :30 à 39 min. environ et détaille essentiellement l’expérience avec les rats que Laborit expose dans le film Mon oncle d’Amérique. À savoir que devant une menace, on peut avoir trois comportements : la fuite du danger lorsque celle-ci est possible; la lutte pour détruire celui qui veut nous détruire (ou toute action agressive, même inefficace…); et l’attente en inhibition de l’action en espérant que le danger se dissipe (ce qui peut être très néfaste pour la santé si cet état devient chronique, ce qui est malheureusement le cas de beaucoup de nos contemporains).

Bruno Dubuc

France Culture: L’économie des média: dernier Esprit Public de Philippe Meyer

Filed under: Actualité, Economie, France culture, radio, secret des affaires — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 6:06

Un grand merci à Philippe Meyer, licencié par France Culture,  pour toutes ces années d’Esprit Public

Lettre annonçant la fin de l’Esprit Public et le licenciement de son producteur• Crédits : Radio France

… Et pour cette émission passionnante, la dernière, mais pas la moindre.

https://www.franceculture.fr/emissions/lesprit-public/leconomie-des-medias

Réécouter: https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=af08be98-9645-4811-b94a-fab9fbc32da7

Avec Marc Endeweld, journaliste spécialisé dans l’investigation politique pour le magazine Marianne

Kiosque à Paris
Kiosque à Paris Crédits : Olivier Lahan-MatteïAFP

L’ÉCONOMIE DES MÉDIAS

Marc Endeweld, vous êtes journaliste spécialisé dans l’investigation politique pour le magazine Marianne. Vous avez collaboré à de nombreux médias : au Monde diplomatique, à Témoignage Chrétien ou aux Inrockuptibles. Vous avez publié en 2010 chez Flammarion « France Télévision off the record, histoires secrètes d’une télévision publique sous influences » et en novembre 2015, toujours chez Flammarion, « L’Ambigu Monsieur Macron », une enquête sur le parcours du Président de la République, alors Ministre de l’Économie. Avec vous, nous allons nous intéresser à la situation des médias en France.

Vous êtes un observateur attentif des relations entre pouvoir politique et médias, et de la mutation structurelle profonde que connaît le secteur de la presse écrite dans un contexte de transition numérique et d’effondrement des recettes publicitaires. La diffusion papier de la presse écrite a baissé de 3,2% en 2016 par rapport à l’année précédente mais sa diffusion numérique a augmenté de 53,1%. Ce contexte économique (que vous qualifiez de « big bang actionnarial ») a récemment favorisé le rachat et la concentration de la quasi totalité des médias privés par quelques groupes industriels et financiers : Bernard Arnault a racheté Les Echos en 2007 ; L’Obs a rejoint le groupe Le Monde en 2015 détenu par Pierre Bergé, Xavier Niel et Pierre Pigasse ; L’Express, Libération et BFM-TV sont regroupés depuis 2016 au sein du groupe SFR de Patrick Drahi. Ce passage du règne des patrons de presse traditionnels à celui des financiers aboutit selon vous à un « effet de neutralisation » des médias et à l’affaiblissement du journalisme d’investigation.

Cette situation est amplifiée par le caractère parisien de notre presse nationale, caractéristique française que vous opposez au système allemand où « chaque capitale joue sa place dans le cadre de l’Etat fédéral avec des journaux indépendants et puissants ». Vous vous interrogez sur l’ « utilité d’une presse dite nationale largement à la botte des controverses politico-médiatiques développées et montées en épingle par les médias audiovisuels et pétries d’analyses issues des discussions des salons parisiens ». Vous pointez la « connivence sociale, professionnelle et parfois même amoureuse entre journalistes et responsables politiques et médiatiques ».

Le paysage de l’audiovisuel public est bouleversé et défié par l’irruption de la TNT et d’Internet. Vos enquêtes mettent en lumière l’utilisation de l’arme budgétaire « pour mettre au pas la télévision publique » alors que chaque alternance entraine des négociations entre le nouveau pouvoir et les présidents de l’audiovisuel public. Vous faites également état du projet de rapprochement entre France Télévisions, France 24 et Radio France, officiellement pour des raisons d’économies, dont vous suggérez qu’il pourrait amener à un contrôle plus étroit du pouvoir politique sur ces médias.

Quel regard portez-vous sur le traitement médiatique de la campagne présidentielle ? Comment expliquez-vous la défiance croissante des Français envers la presse ? Comment lutter contre le phénomène des fausses informations ? Quel avenir pour l’audiovisuel public dans un contexte de restriction budgétaire ? Quel bilan tirer des tentatives pour réglementer la propriété des moyens de communication et assurer l’indépendance de l’audiovisuel public ? Quelles leçons peut-on tirer de la manière dont les autres pays européens ont abordé ces problèmes ?

Intervenants

  • Journaliste
  • Géographe, professeur à l’Institut Français de Géopolitique (Université Paris 8), et directrice de la revue Hérodote
  • Directrice éditoriale au journal Le Monde
  • directeur général de la fondation Terra Nova

26 août 2017

France Culture: Leçon inaugurale de Michel Foucault au Collège de France

Filed under: Actualité, Philosophie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:15

https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/huit-lecons-lues-58-lecon-inaugurale-de-michel-foucault

                Les Cours du Collège de France

les samedis et dimanches de 15h à 16h, rediffusion de 21h à 22h

Réécouter: https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=23619276-1b2b-43d1-93ba-5e3ca08ac882

Quelle est cette volonté de vérité dans nos discours, qui a traversé tant de siècles de notre histoire ? demande Michel Foucault dans sa leçon inaugurale. Qu’est ce qui est en jeu, sinon le désir et le pouvoir? Quelles sont les procédures de contrôles et de délimitation du discours?

Michel Foucault en 1984 à Paris
Michel Foucault en 1984 à Paris Crédits : MICHELE BANCILHONAFP

Quel rapport nouent les professeurs du Collège de France avec leur public ?

Le trac les accompagne dans cet amphithéâtre où ils livrent leurs questions et leurs travaux devant un auditoire qui peut être très pointu. Ce trac est redoublé dit-on pour le rituel de la leçon inaugurale et Michel Foucault que nous entendons au micro de Jacques chancel en 1975, dans notre générique, fait part de sa difficulté à commencer au sein de l’institution pluriséculaire. Ce début n’est pas anodin pour le philosophe-historien qui appartient aux « hérétiques consacrés » selon la formule de Pierre Bourdieu et qui va poser d’emblée la question, dans sa leçon inaugurale :

« Où est le danger dans les discours ? »

Le philosophe, Jules Vuillemain, professeur au Collège de France qui a soutenu la création de la chaire chaire d’histoire des systèmes de pensée pour Michel Foucault rappelle dans son hommage au philosophe-historien

« la place majeure » qu’occupe le « partage entre vrai et faux, dans son œuvre. Les Mots et les Choses (1966), l’_Archéologie du savoir(_1969) et la Leçon inaugurale au Collège de France (1970) lui sont entièrement consacrés. Non content d’analyser les circonstances qui impriment leur sceau particulier sur la vénération obligée pour la vérité, naguère le sceau des Lumières, aujourd’hui celui des Structures, Foucault, héritier toujours critique, reprend et corrige Nietzsche. Il s’agit donc, pour le philosophe, non pas de chercher vainement dans le discours quelque décalque du réel, mais de retrouver dans le mot la fonction organisatrice des choses, la violence qu’on leur fait, en tous cas la pratique qu’on leur impose derrière le double masque de l’objectivité et du désintéressement ».

« Le discours vrai, lit-on dans la Leçon inaugurale, le discours que la nécessité de sa forme affranchit du désir et libère du pouvoir, ne pas reconnaître la volonté de vérité qui le traverse ; et la volonté de vérité, celle qui s’est imposée à nous depuis bien longtemps, est telle que la vérité qu’elle veut ne peut pas ne pas le masquer »

Et nous gagnons tout de suite le grand amphithéâtre du Collège de France, le 2 décembre 1970 pour la leçon inaugurale de Michel Foucault, titulaire de la Chaire d’Histoire des systèmes de pensée (1970-1984) au Collège de France.

Cette leçon est lue par Léon Bonnaffé.

Mise en ondes de Diphy Mariani.

Archive Ina .Extrait du magazine Radioscopie avec Michel Foucault, au micro de Jacques Chancel sur France Inter le 10 mars 1975. Le philosophe-historien y évoque son enseignement libre au Collège de France et la relation à son public.

Pour prolonger

L’hommage à Michel Foucault sur le site du Collège de France

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