Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

29 avril 2018

Vaidas Šadeika: Lithuanian translation of « The Cat Inside » by William Burroughs

Filed under: Actualité, art & culture, Interzone, livres, musique, musique — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 11:05

Williamas S. Burroughsas. Ugnės Žilytės piešinys

Vaidas Šadeika est un traducteur lituanien, également musicien, et professeur d’anglais. Sa traduction du livre de William Burroughs, « The Cat Inside« , vient d’être publiée par ‘Literatura ir menas’ (Littérature et art), sous le titre « Katé viduje », en ligne à http://literaturairmenas.lt/2018-01-19-nr-3647/4443-vertimai/6757-william-s-burroughs-kate-viduje .

Autres traductions de Vaidas Šadeika

Demaskavimas by Michael Crichton,

Šamaniškos Egipto misterijos by Nicki Scully

33 karo strategijos by Robert Greene (Goodreads Author), Ovidijus Stokys (Translator), Rasa Jurevičienė (Translator), Vaidas Šadeika (Translator)

 Sur YouTube

– Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : « The Smile » de William Blake: http://www.youtube.com/watch?v=esSKPyZtmUo– Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : Rilke
http://www.youtube.com/watch?v=QWcacWumGsM&feature=related
Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : Rimbaud
http://www.youtube.com/watch?v=JJ-3WMU1kh0 

English

Vaidas Šadeika is a Lithuanian translator, also musician and English teacher. His translation of William Burroughs’ book, « The Cat Inside« , is now published by ‘Literatura ir menas’ (Literature and art), with thetitle « Katé viduje », on line at http://literaturairmenas.lt/2018-01-19-nr-3647/4443-vertimai/6757-william-s-burroughs-kate-viduje .

Other translations by Vaidas Šadeika

Demaskavimas by Michael Crichton,

Šamaniškos Egipto misterijos by Nicki Scully

33 karo strategijos by Robert Greene (Goodreads Author), Ovidijus Stokys (Translator), Rasa Jurevičienė (Translator), Vaidas Šadeika (Translator)

On YouTube

Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika
– Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : « The Smile » de William Blake: http://www.youtube.com/watch?v=esSKPyZtmUo– Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : Rilke
http://www.youtube.com/watch?v=QWcacWumGsM&feature=related
Poezijos ir muzikos vakaras: Vaidas Šadeika : Rimbaud
http://www.youtube.com/watch?v=JJ-3WMU1kh0 

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La Grande Librairie: François Cheng: « De l’âme »

François Busnel reçoit Luc Ferry et Frédéric Lenoir. Ce dernier évoque son ouvrage «Philosopher et méditer avec les enfants». François Cheng, poète, romancier et essayiste, publie «De l’âme», chez Albin Michel. Le slameur Abd Al Malik rend hommage à l’écrivain qui a guidé ses pas dans «Camus, l’art de la révolte».

22 avril 2018

Paul-Eric Langevin: Œuvres de Paul Langevin sur Wikisource: similarités avec Korzybski

Paul Langevin

Publiée sur Wikisource par Paul-Eric Langevin, petit-fils de Paul Langevin: une documentation scientifique et en sciences humaines considérable: https://biblio.wiki/wiki/Paul_Langevin et  http://interdisciplinarite.blogspot.fr/search/label/Archives%20P.Langevin dans son site  Interdisciplinarités.

Paul Langevin et Alfred Korzybski écrivaient sur des sujets similaires, à partir des mêmes sources scientifiques : voir, entre autres :

I. Aubert: Suicides chez les forces de l’ordre : Suicides encore et toujours: une analyse structurelle

Par Isabelle AUBERT,

pour le Mag N° 18 de l’APNM GendXXI.

Sommaire

Suicides chez les forces de l’ordre : Suicides encore et toujours: une analyse structurelle. 1

Les causes ?. 1

Mon expérience et mon analyse. 2

Une similarité de structure entre les gestions des divers services publics. 3

Les réponses proposées. 3

Nécessité de réformes structurelles. 4

Des modèles économiques inconstitutionnels et scientifiquement discutables. 4

Une restructuration nécessaire, sur des bases fiables et crédibles. 5

Notes. 6

De nombreux media traitent cette semaine de la recrudescence des suicides dans la police et la gendarmerie.

Les causes ?

Au fil des gouvernements qui se succèdent, la réponse est la même : « Il est établi que les causes sont majoritairement d’ordre privé » (2013), sous-entendant que ces causes sont imputables aux individus, non à l’institution.

En fait, dans la réalité, vie professionnelle et vie privé ne sont pas des domaines d’activités séparés : ils sont reliés entre eux structurellement et interagissent l’une sur l’autre. Votre vie personnelle est-elle différente selon que vous avez un salaire correct, un emploi sûr, des conditions de travail épanouissantes, des relations de travail chaleureuses, des supérieurs hiérarchiques que vous respectez ou un emploi précaire, des conditions de travail qui font fi des besoins fondamentaux de notre organisme, vous imposent une charge de travail supérieure à vos capacités d’exécution, un temps de travail supérieurs aux capacités de récupération de votre organisme, un climat relationnel conflictuel, etc. ? Ces dernières engendrent une dégradation de l’état de santé psycho-somatique qui se répercutent sur la vie privée, empoisonnent le climat relationnel familial, et engendrent des divorces qui ne seraient jamais arrivés dans des conditions de travail humaines. Incriminer la vie privée pour expliquer les suicides revient à inverser les causes et les effets.

Une autre cause souvent évoquée est la fragilité des individus. Si nous prenons l’exemple des véhicules de service, que l’entretien n’est pas fait, que les conducteurs veulent les conduire en les poussant au-delà les vitesses inscrites au compteur, et qu’ils ne remplissent pas le réservoir d’essence, vous n’allez pas les conduire longtemps. Si vous exigez de l’assurance qu’elle vous rembourse votre véhicule hors d’usage, et que vous retournez contre le constructeur en imputant une fragilité originelle du véhicule, je doute qu’autant l’assurance que le constructeur vous donne raison. Il vous sera répondu que vous étiez responsable de l’entretien du véhicule, et que vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous. Ce raisonnement tombe sous le sens quand il s’agit de véhicules. En revanche, dans la gestion des ressources humaines, c’est apparemment au-delà des capacités d’entendement.

Mon expérience et mon analyse

Pour parler de ce que je connais, ce qui est plus sûr, dans ma sphère professionnelle d’infirmière de secteur psychiatrique, j’ai été diplômée en décembre 1978 après 3 ans d’études théoriques et pratiques (nous travaillions dans les services, en plus des effectifs infirmiers). A partir du début des années 80, le nombre de lits d’hospitalisation a été réduit, ainsi que les effectifs, il fallait « faire des économies », puis les écoles ont été fermées, notre diplôme supprimé, ainsi que les domaines de connaissance enseignés. Les objectifs soignants sont passés à la trappe, et notre fonction, ce pour quoi nous avions été formés et payés très correctement pour l’être avec l’argent public pendant 3 ans, a été remplacé par des objectifs financiers, basés sur des critères sans rapport avec notre fonction. Nous avons alors été privés du temps et des moyens dont nous disposions auparavant pour nous occuper des patients, le harcèlement professionnel est apparu, sans que le terme existe alors et bien avant que le phénomène soit reconnu et décrit à l’échelle du pays. En deux mots, nous avons été déprofessionnalisés[1] , notre diplôme a été dévalué, ceci sur le seul territoire français, notre statut dans le reste de l’Union Européenne demeurant celui d’infirmiers spécialisés correspondant à ce que nous étions réellement. Les professionnels psy, y compris les psychiatres, ont vécu le même phénomène[2].

Bilan humain consécutif à cette « nouvelle gestion publique » entre 1980 et 1991 : 15 morts, dont 7 par suicides, parmi les soignants dans les 2 services de psychiatrie du petit hôpital Nord Deux–Sèvres, sur une centaine d’infirmiers, alors qu’au cours des années précédentes, aucun décès n’avait eu lieu[3]. Parmi les patients, la liste est encore plus longue : la plupart de ceux que j’ai connus alors ont disparu.

Nous n’avions alors pas assez d’éléments de compréhension de ce qui se passait. Je savais seulement que le taux de mortalité et de morbidité excessif provenait de facteurs inconnus, mais réels. Après que nous avons tenté au cours des années 80, mes collègues et moi-même, à la demande de l’administration sous le ministère de Jack Ralite, d’améliorer le sort des patients, et y être parvenus dans une certaine mesure[4], les résultats thérapeutiques obtenus au bout de trois ans ont été considérés, sous le ministère suivant, comme « remettant en question toute l’institution ». Les réalisations ont été arrêtées. Nous avons été soumis à des conditions de travail invivables (2 infirmiers pour 20 lits, plus les patients venant en hôpital de jour). Considérant qu’il était impossible de travailler sérieusement dans de telles conditions, j’ai tiré ma révérence.

Si les effectifs et les moyens des soignants ont fondu, en revanche ceux de l’administration ont explosé, sans pour autant que celle-ci ait apparemment les moyens de faire correctement son travail, puisque les soignants, en plus d’assurer leur fonction, doivent en plus assurer une charge et un temps de travail administratifs !

Depuis les années 2000, les malades mentaux ont été criminalisés, présentés comme des délinquants potentiels, et orientés vers les prisons, dans lesquelles ils moisissent sans soins si ce n’est médicamenteux, et sans condamnation, potentiellement ad vitam aeternam. Effectivement, un prix de journée de 100 € en prison à la place de 800 € en hôpital, ça fait des économies, même si le bilan humain est catastrophique, et si les prisons sont engorgées par des gens qui n’ont rien à y faire, ce qui permet à certains d’en réclamer davantage.

Une similarité de structure entre les gestions des divers services publics

Nous voyons ici que le phénomène des suicides dans la police et la gendarmerie est similaire à celui qui a lieu dans d’autres secteurs comme la santé, qu’il n’est pas nouveau, qu’il est apparu dans le contexte de cette « nouvelle gestion publique ».

La gestion des ressources humaine instituée dans ce cadre est très différente de la gestion publique antérieure aux années 80, qui reposait sur les critères du service public : ces critères disparaissent également, remplacés par des critères financiers, ceux du secteur privé, depuis que le ministère de l’économie a confié depuis 2004 la gestion des services publics à des sociétés de services informatiques[5] privées.

Ainsi, cette gestion des ressources humaines ne dépend pas des ministères successifs, mais des sociétés avec lesquelles l’Etat a conclu des contrats, en fonction desquels elles s’engagent à fournir aux Etats partenaires des services donnés.

Il semble alors que nous nous trompions d’interlocuteurs: dans la mesure où l’argent de l’Etat sort de nos poches, c’est bien nous qui payons pour ces « services ». Etant rétribuées avec l’argent public, ces sociétés ont de ce fait, dans notre pays, que cela leur plaise ou non, des missions de service public, puisqu’étant leurs employeurs réels, nous sommes en droit de leur demander des comptes sur la nature et la qualité des services rendus au regard des sommes investies dans ces contrats, ainsi qu’aux fonctionnaires de l’Etat qui les ont signés, dans la mesure où ils sont non pas propriétaires de cet argent public, mais dépositaires, en tant que nos représentants.

Les réponses proposées

– « une évaluation des mesures mises en œuvre pour prévenir les suicides parmi les forces de l’ordre ».

– réunir « rapidement les représentants des policiers et gendarmes pour évoquer les dispositifs de prévention existants et les moyens d’en renforcer encore l’efficacité ».

Parmi les réponses proposées en haut lieu face à cette augmentation des suicides, il ne semble pas être question de s’attaquer aux causes, ni aux facteurs structurels : Qui va être chargé d’effectuer les audits sur les suicides dans la police et la gendarmerie ? Les mêmes sociétés de services informatiques qui nous infligent les politiques du chiffre. Qui va être chargé de la mise en œuvre des moyens de prévention préconisés ? La même administration qu’à l’heure actuelle, gérée par les mêmes gestionnaires. Qui paiera l’argent investi dans ces audits et ces « moyens de prévention », dans les conférences, les séminaires consacrés au sujet ? L’argent public = nous. Pour quels résultats ? Les mêmes causes engendrant les mêmes effets, des résultats similaires aux résultats actuels, à savoir négatifs pour le pays sur les plans financiers et humains.

Nécessité de réformes structurelles

J’en conclus qu’un changement à ce niveau requiert une prise de conscience des citoyens concernés par ces évolutions des règles du jeu économique: nous sommes dans une position comparable à celle de joueurs qui penseraient jouer à la bataille, avec d’autres joueurs qui joueraient implicitement au poker avec leur argent !

En conséquence, les réponses idéologiques, morales, politiques, etc., qui ont été tentées s’étant révélées jusqu’ici inaptes à influer positivement sur les résultats obtenus effectivement au niveau humain, il me semble que le problème mérite d’être posé par les citoyens eux-mêmes, en utilisant les moyens légaux dont ils disposent, à partir de bases de gestion en réalité très simples. Je ne parle pas ici d’idéologie, ni de morale, ni de politique, c’est une simple conversation d’affaire, le B.A. BA de la gestion d’entreprise: montant de l’argent public, montant des recettes, montant des dépenses, bénéfice ou déficit. Dans les dépenses, qui est payé pour remplir quels services et combien ? Les résultats des services rendus sont-ils conformes aux clauses des contrats signés ? Les jugeons-nous satisfaisants pour le pays et les citoyens ? Convient-il de reconduire ces contrats en l’état, ou de les redéfinir, ou d’y mettre un terme ?

Le postulat du partenariat public-privé qui repose sur la « socialisation des pertes et la privatisation des bénéfices »[6], et qui participe à l’augmentation de la dette publique, est-il compatible avec une gestion républicaine de l’argent public ? Notre pays peut-il s’affranchir de ses engagements envers la communauté européenne en soumettant ses citoyens à des normes et des critères d’évaluation inexistants dans le reste des pays européens, qui lui valent d’être condamné par des institutions européennes ? Peut-il faire payer aux citoyens, autrement dit, aux victimes effectives et potentielles de ses propres manquements, les factures de ses condamnations et en dédouaner financièrement les responsables réels ?

Des modèles économiques inconstitutionnels et scientifiquement discutables

Quand nous nous penchons sur les modèles appliqués dans la gestion des ressources humaines, nous voyons qu’ils sont d’origine américaine[7] issus de la gestion privée. Ces modèles reposent sur une vision de l’économie déconnectée de ses acteurs humains, comme si celle-ci était doté d’une existence propre, et fonctionnant sur des lois physiques aussi immuables que celles de la pesanteur, dans un système de pensée qui traite l’organisme humain dans une complète ignorance de son fonctionnement biologique, de ses besoins, de ses capacités et de ses limites, et les activités humaines, qui sont reliées entre elles structurellement, comme des catégories séparées et parfois opposées. Ces modèles de gestion américaine n’ont strictement rien à voir avec nos constitutions nationales ni européennes, se considérant comme indépendants de celles-ci et au-dessus d’elles[8]. Loin de constituer un « progrès », elles engendrent une structure de rapports économiques et sociaux basés sur la compétition, des relations de type domination-soumission, antérieure à notre modèle constitutionnel, et de ce fait, dépassée, et leur résultats se traduisent par une succession de crises économiques[9]. Structurellement, un modèle de relations basé sur la compétition et les rapports de force n’est pas compatible avec un modèle de relations basé sur les principes de liberté, d’égalité, et de fraternité, tout comme des relations sociales basées sur des rapports de force sont incompatibles avec l’Etat de droit.

Quant aux modélisations importées de même source[10], et qui sont enseignées aux DRH, l’observation de leur contenu laisse parfois pantois : on se retrouve devant un fatras de pseudo-sciences et d’impostures intellectuelles, face à des hordes de pseudo-formateurs, à des centres de formation enseignant diverses « méthodes de développement personnel » basées sur des visions des êtres humains et de la psyché humaine différentes et inconciliables entre elles, certaines bricolées de bric et de broc à partir de copiés collés d’extraits piochés dans des sites internet par des experts en « art de la manipulation », et reprenant parfois des méthodes de lobbying dignes de prédicateurs américains. Navrant ! Affligeant !

Très franchement, pouvons-nous sérieusement continuer à confier la gestion de notre administration à des gens si peu crédibles ?

Une restructuration nécessaire, sur des bases fiables et crédibles

Dans le contexte de la volonté actuelle de l’Union Européenne de se réapproprier le secteur de sa défense, ne serait-il pas judicieux de nous réapproprier également celui de la gestion de nos propres ressources humaines, sur la base de modèles correspondant à notre état d’évolution scientifique actuel, et similaires à la structure de notre constitution nationale, au modèle républicain réel, qui est lui-même similaire dans l’esprit à celui de la Constitution européenne, de l’ONU et de l’UNESCO dont la France vient de prendre la présidence ? Or notre pays dispose, au niveau scientifique, de domaines de connaissances propres inexploités, car jusqu’ici exclus par les économistes autorisés. Ils sont susceptibles d’apporter des solutions permettant de concilier à la fois les missions de services publics et les intérêts publics et privés. Il ne tient qu’aux dirigeants actuels de s’en saisir, de les utiliser et de les enseigner dans un cadre public, structurellement conforme à l’enseignement républicain.

Il n’est pas du tout question ici d’enfreindre des devoirs de réserve spécifiques à tel ou tel ministère, avec lesquels ces questions n’ont rien à voir, ni d’utiliser de moyens de pression de quelque ordre que ce soit (manifestations, grèves, etc.,) ni de prétendre juger ou condamner qui que ce soit à l’avance, ni d’exiger le départ de quiconque, simplement de poser les problèmes correctement, afin d’y voir plus clair, et de pouvoir les résoudre sur la base de l’Etat de droit, non plus dans un contexte conflictuel, mais entre gens sensés et de bonne compagnie.

Je pense que cela nécessite de voir les choses avec du recul, à l’échelle de l’évolution de notre pays. Les impasses auxquelles sont conduites nos sociétés ont une utilité : elles nous permettent d’explorer collectivement des directions, et, une fois que nous sommes confrontés aux impasses, de pouvoir comprendre l’origine des erreurs et d’explorer de nouvelles voies, qui n’étaient pas disponibles auparavant. Mais cela demande du temps, et intégrer, pour les économistes actuels, les bases de notre évolution scientifiques, est comparable à une révolution copernicienne. Nous devons cesser de voir notre monde actuel sous l’angle d’Aristote, la vision antique du monde et les critères d’évaluation de l’Ecole scolastique[11] (XIème siècle) étant inopérants pour appréhender et à résoudre les problèmes du XXIème siècle.

« Ce n’est pas l' »esprit » humain et ses « limites » qui sont à blâmer, mais un langage primitif, et sa structure étrangère à ce monde, qui ont provoqué de tels désordres dans nos doctrines et nos institutions. » Alfred Korzybski, Science and Sanity[12].

[1] Voir Les enjeux de la déprofessionnalisation , Lise Demailly et Patrice de la Broise.

[2] Voir La réforme de l’hôpital public, un management sans ménagement, et Réformer l’hôpital comme une entreprise. Les errements de trente ans de politique hospitalière (1983-2013), de Jean-Paul Domin.

[3] Voir Enquête sur les facteurs de mortalité et de morbidité en milieu hospitalier (1) et Enquête sur les facteurs de mortalité et de morbidité.. comment en sortir (2006): (2)

[4] Voir les N° 1 à 7 du magazine Objectifs (1984-1987), réalisé par des patients et des soignants, qui contient des comptes-rendus du travail réalisé. (Intégrale des numéros d’Objectifs disponible en pdf).

[5] Voir Wikipedia, Entreprise de services informatiques.

[6] INVESTOPEDIA « DEFINITION of ‘Privatizing Profits And Socializing Losses ‘: A phrase describing how businesses and individuals can successfully benefit from any and all profits related to their line of business, but avoid losses by having those losses paid for by society. Privatizing profits and socializing losses suggests that when large losses occur for speculators or businesses, they are able to successfully lobby government for aide rather than face the consequences of said losses. »

Traduction: « Définition de ‘Privatisation des pertes et socialisation des profits’: Une phrase décrivant comment les entreprises et les individus peuvent tirer bénéfice de tout profit lié à leur secteur d’activité, mais éviter les pertes en.les faisant payer par la société. Privatiser les profits et socialiser les pertes suggère que quand des spéculateurs ou des entreprises subissent de grosses pertes, ils sont en mesure de réussir à faire pression sur le gouvernement pour obtenir une aide plutôt que de faire face aux conséquences des dites pertes. »

[7] Voir La gouvernance hospitalière à la croisée des chemins, Jean-Pierre Claveranne, Christophe Pascal, David Piovesan.

[8] Voir OCDE, La Faisabilité politique de l’ajustement par Christian Morrisson, une stratégie mondiale de déstabilisation des constitutions nationales.

[9] Idem. Lire les principaux extraits.

[10] Voir Assemblée Nationale, Documents parlementaires: Rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités économiques et leurs relations avec les milieux économiques et financiers , Assemblée nationale Président : Jacques Guyard ; rapporteur : Jean-Pierre Brard, 1999, N° 1687 et Rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur les sectes, Assemblée nationale, 1995 , Président : Alain Gest ; rapporteur : Jacques Guyard, N° 1687.

[11] « Scolastique: Enseignement philosophique et théologique dispensée dans l’Université du XIe au XVIIe siècle (apogée au XIIIe s.) et dont le propos était de concilier la foi chérifienne et la raison. (Marquée par l’influence prépondérante de l’aristotélisme, la scolastique a été principalement illustrée par saint Albert le Grand, saint Thomas d’Aquin, saint Bonaventure, Duns Scott et Guillaume d’Occam.) » Larousse.

[12] Version originale intégrale: Science and Sanity . Extraits en français.

20 avril 2018

Education: Plan Langevin-Wallon: 71 ans

Filed under: Actualité, éducation, Enseignement, patrimoine — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 4:47

Le plan Langevin-Wallon est le nom donné au projet global de réforme de l’enseignement et du système éducatif français élaboré à la Libération conformément au programme de gouvernement du Conseil national de la Résistance (CNR) en date du 15 mars 1944. (Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Langevin-Wallon

Elaboré à la Libération (1945-1946) par une commission ministérielle présidée par Paul Langevin, physicien, puis, après la mort de ce dernier, par Henri Wallon, psychologue, élabore un plan qui avait pour but la démocratisation de l’école et l’égalité des chances. Il n’a jamais été appliqué mais il reste un des textes de référence en matière d’éducation.

Texte du plan Langevin-Wallon: http://www.vie-publique.fr/documents-vp/projet_langevin.shtml  https://escales.enfa.fr/wp-content/uploads/sites/7/2009/03/Plan-Langevin-Wallon.pdf

En savoir plus:

Paul Langevin (1872-1946) & Henri Wallon (1879-1962) (Wikipédia)

1947, le plan Langevin-Wallon pour une école de justice et d’émancipation

Interdisciplinarités: Le blog de Paul-Eric Langevin, petit fils de Paul Langevin: Archives sur Paul Langevin

18 avril 2018

Jean-Louis Baudron: Cut-ups et collages: Dos tourné vers l’Infini & La chambre de l’Autodidacte

Le dos tourné vers l’Infini – Collage Jean-Louis Baudron

 

La Chambre de l’Autodidacte – Collage Jean-Louis Baudron

Jean-Louis Baudron: Cut-ups et collages: https://www.facebook.com/jeanlouis.baudron

16 avril 2018

Interzone Editions: L’Illustration 1925

Filed under: Actualité, art & culture, galerie, Histoire, Interzone, journalisme, patrimoine, peinture — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 12:31

Quelques tableaux tirés de l’Illustration 1925, pdf en ligne

 http://www.interzoneeditions.net/Illustration1925.pdf

Sous la tonnelle, par Cyprien BOULET

San Francisco Chronicle: Khan Academy founder wins 2018 Visionary of the Year award

Photo: Carlos Avila Gonzalez / The Chronicle – Image 2 of 17 Salman Khan reacts at his table after being awarded the San Francisco Chronicle VisionSF Visionary of the Year Award at the War Memorial Veterans Building in San Francisco, Calif., on Tuesday, March 27, 2018.

https://www.sfchronicle.com/visionsf/article/Khan-Academy-founder-wins-2018-Visionary-of-the-12786666.php

March 27, 2018 Updated: March 27, 2018 10:38pm

When Salman Khan began posting videos on YouTube more than a decade ago, the Silicon Valley entrepreneur had no idea of the celebrity he would gain, nor the impact he would have.

His online tutorials in math, with their encouraging counsel informed by degrees from Harvard and MIT, were made for friends and family struggling in school. But his audience quickly grew. Before long, Khan had quit his day job in finance to carry out a goal of delivering free Internet instruction to the world. His educational website was called Khan Academy.

On Tuesday night, Khan, 41, was presented the fourth annual Visionary of the Year Award, an honor announced by The San Francisco Chronicle at a gala at the War Memorial Veterans Building.

The award recognizes individuals who use their business savvy and entrepreneurship for social benefit. It carries a $25,000 grant from The Chronicle that can be applied to the cause of Khan’s choice.

Khan Academy today has more than 62 million registered users in nearly 200 countries. His voice, which still narrates many of the tutorials, is widely recognized, and students and parents often stop him on the street to thank him for providing an assist at school or work.

“As I tell everyone, this is just something I fell into,” he said as he accepted the award and recounted helping his cousin Nadia with her school work years ago.

Sur le même sujet:

La Khan Academy débarque en langue française !

San Francisco Chronicle: Sal Khan creates online academy to educate anyone in world for free 

Le Monde: Le philosophe iranien Daryush Shayegan est mort

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2018/03/26/le-philosophe-iranien-daryush-shayegan-est-mort_5276610_3382.html

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)

Connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, le spécialiste des religions orientales est mort le 22 mars, à Téhéran, à l’âge de 83 ans.

İranlı filozof Daryush Shayegan, 83 yaşında hayatını kaybetti. Photo: © demokrathaber.org/

Daryush Shayegan, l’un des plus grands philosophes contemporains iraniens, connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, est mort le 22 mars, à Téhéran, après presque deux mois passés dans le coma. Agé de 83 ans, ce spécialiste des religions orientales avait notamment rédigé des ouvrages remettant en cause la domination occidentale de la pensée philosophique et prônait dans ses premiers travaux une identité fondée sur les traditions et l’héritage culturel en Orient.

L’essayiste, né le 2 février 1935 à Téhéran d’un père iranien, d’ethnie turque, et d’une mère géorgienne, élevé par une nourrice russe et ensuite scolarisée dans une école française à Téhéran, a été dès l’enfance bercé dans une multitude de langues et de cultures. Des années plus tard, c’est ce même contexte qui le fait étudier les interactions entre cultures et civilisations.

A 15 ans, Daryush Shayegan part étudier au Royaume-Uni, puis en Suisse, et finalement en France, où il fait son doctorat en philosophie à la Sorbonne avec le grand professeur de philosophie islamique iranienne Henry Corbin (1903-1978). Spécialiste des religions et des écoles philosophiques de l’Inde à seulement 25 ans, Daryush Shayegan commence à dispenser des cours de sanskrit à l’université de Téhéran.

Dialogue des civilisations

Ses recherches sur l’islam et sa fréquentation des penseurs musulmans comme Muhammad Husayn at-Tabataba’i (1903-1981), renforce son regard critique : « S’abandonner face à l’Occident relève de l’ignorance vis-à-vis de ce dernier », disait-il. Son ouvrage « l’Asie face à l’Occident » (1977, non traduit) a eu un grand succès auprès de l’intelligentsia iranienne au cours des années qui ont mené à la révolution et au renversement du chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, en 1979, lequel était critiqué notamment pour sa proximité avec l’Occident.

Avant la révolution, Daryush Shayegan développe également l’idée du dialogue des civilisations et devient le directeur du Centre iranien pour l’étude des civilisations à l’université de Téhéran, parrainé par la reine Farah. Deux décennies plus tard, en 1997, c’est cette même idée que reprend le président réformateur Khatami, valant à ce dernier une notoriété et un prestige universels. En 2009, les deux hommes reçoivent, au Danemark, le Prix du dialogue global qui célèbre les personnages tentant de « préserver la paix dans les conditions de la diversité culturelle et dans un climat de tensions géopolitiques de plus en plus accrues ».

Après la révolution qui a vu naître la République islamique, Daryush Shayegan quitte l’Iran et choisit la France, pays avec lequel il a entretenu des liens étroits durant toute sa vie. Après douze ans d’exil volontaire, en 1991, le penseur retourne vivre en Iran, où, avec quelques amis, il fonde la maison d’édition Farzan Rouz, publiant quelques 350 titres en philosophie et en littérature.

Une position critique

Sa « vénération quasi religieuse pour la langue persane », selon ses propres mots, partagée par beaucoup d’Iraniens, l’a poussé à consacrer un ouvrage, L’Ame poétique persane (Albin Michel, 2017), à cinq éminents poètes iraniens, dont Ferdowsi, l’auteur du Livre des Rois, Omar Khayyam, qui chérissait tant l’instant présent, et Rumi, l’un des plus grands mystiques de tous les temps.

Daryush Shayegan a toujours gardé une position critique face aux penseurs et intellectuels iraniens qui, selon lui, « ont été devancés par le peuple ». « La mentalité iranienne, expliquait-il dans un entretien accordé au quotidien iranien Shargh, en 2012, est toujours emprisonnée de ses légendes (…) et les grands penseurs iraniens restent, même aujourd’hui, les poètes iraniens, le plus récent étant Hafez, qui a vécu il y a sept siècles. C’est bien pour cela que nous [les Iraniens] ne pensons pas librement. »

Daryush Shayegan se disait « sans engagement envers toute idéologie politique », mais ces dernières années, il a critiqué de plus en plus ouvertement le système politique fermé de la République islamique d’Iran. Quant à la société iranienne, « elle est déjà dans une situation post-islamique », disait-il dans un entretien au Financial Times en 2015. « La jeune génération a accepté la réalité des identités plurielles, ajoutait-il. Quand je leur parle, ils disent : Nous sommes occidentaux et nous sommes persans.” »

Le seul souhait de ce philosophe, décoré en 2011 par la grande médaille de la francophonie de l’Académie française, a été que sa patrie s’ouvre au monde. « J’aime l’Iran et je pense que notre peuple mérite un changement », avait précisé Daryush Shayegan dans un entretien accordé au mensuel iranien Andisheh Pouya, en 2014.

 – Articles sur Daryush Shayegan

Daryush Shayegan, philosophe sans frontières https://www.scienceshumaines.com/daryush-shayegan-philosophe-sans-frontieres_fr_29181.html

Daryush Shayegan: la poésie, ultime quête du philosophe https://www.mediapart.fr/journal/international/240318/daryush-shayegan-la-poesie-ultime-quete-du-philosophe

Daryush Shayegan raconte le prestige et l’omniprésence de la poésie en Iran http://www.rfi.fr/hebdo/20180309-daryush-shayegan-raconte-prestige-omnipresence-poesie-iran

Extraits d’ouvrages

« Le regard mutilé: Schizophrénie culturelle: pays traditionnels face à la modernité »

La lumière vient de l’Occident

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