Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

30 novembre 2017

Lenka Lente: Au courrier : Du piano-épave / The Well-Weathered Piano de Ross Bolleter !

Filed under: Actualité, Edition, livres — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:15

parution à paraître déjà paru

ROSS BOLLETER

DU PIANO-ÉPAVE

THE WELL WEATHERED PIANO

LENKA LENTE – 26 OCTOBRE 2017
LIVRE FRANÇAIS / ENGLISH
234 PAGES
15 X 19,5 CM
ISBN : 979-10-94601-17-4
20 EUROS
 
 
http://www.lenkalente.com/product/du-piano-epave-de-ross-bolleter
LENKA LENTE 7, BOULEVARD G. GUIST’HAU 44000 NANTES
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José Altimiras, Etienne Rouziès: UN TICKET POUR UN TRAM

Filed under: Actualité, bande dessinée, Edition, livres — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:57

VOIX éditions

http://www.voixeditions.com

 

Un ticket pour un tram – José Altimiras, Etienne Rouziès

Un ticket pour un tram – Quatrième de couverture

15 juillet 2017

Eloge de la suite: Que lisent les scientifiques…

Filed under: Actualité, biologie, Littérature, livres, radio, Sciences — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:10

En cette période de vacances, pour moi comme pour vous, je me contenterai de porter à votre attention cette semaine une vieille émission animée par Michel Polac en 1969 et consacrée aux rapports des scientifiques avec la littérature. Intitulée « Que lisent les scientifiques ? », on y retrouve des entrevues avec des astronomes, un physiologiste et Henri Laborit présenté comme médecin biologiste.

L’émission est sur le site de l’INA dont j’ai déjà porté à votre attention les nombreux documents audio-visuels sur Laborit. On peut y visionner gratuitement les 6 premières minutes (où ne figure pas Laborit), et l’ensemble de l’émission de 1h05 pour 3 Euros (la section sur Laborit est de la 35e à la 49e minute).

Suite de l’article dans l’Eloge de la suite: http://www.elogedelasuite.net/?p=3622

6 juillet 2017

Lenka Lente: Dernier message avant septembre : Billy & Betty, le son du grisli #2, Jazz en 150 figures et l’état des stocks !

Filed under: Actualité, Edition, livres — Étiquettes : — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:39
LENKA LENTE 7, BOULEVARD G. GUIST’HAU 44000 NANTES

France Culture: Avoir raison avec George Orwell par Brice Couturier

Filed under: Actualité, France culture, linguistique, livres, Management, Politique, sémantique — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:01

https://www.franceculture.fr/emissions/avoir-raison-avec-george-orwell 

À partir de 1935, la question de la « décence commune » apparaît souvent sous la plume de George Orwell lorsqu’il évoque le peuple anglais, opposant les…

Réécouter Orwell et la décence ordinaire, avec Bruce Bégout

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=a94d25aa-5db0-4a25-940c-eb98881f1041

03.07.2017 30min
Comment la littérature peut-elle transmettre des vérités ? Quels moyens le roman, l’essai, l’article de revue peuvent-ils opposer au mensonge ? Et surtout…
Peut-on dire la vérité en littérature ? avec Jean-Jacques Rosat

Réécouter Peut-on dire la vérité en littérature ? avec Jean-Jacques Rosat

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=0f58a0a4-bde0-4032-bcb8-2a0db048a09f

04.07.2017 29min  

Orwell fait-il l’objet d’un détournement politique ? avec Laurent Joffrin et Alexandre Devecchio

https://www.franceculture.fr/emissions/avoir-raison-avec-george-orwell/orwell-fait-il-lobjet-dun-detournement-politique-avec

Politiquement, George Orwell était un homme résolument de gauche. Sa pensée et ses interrogations se retrouvent aujourd’hui au coeur de réflexions politiquement…
Orwell fait-il l’objet d’un détournement politique ? avec Laurent Joffrin et Alexandre Devecchio

Réécouter Orwell fait-il l’objet d’un détournement politique ? avec Laurent Joffrin et Alexandre Devecchio

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=2962dac1-266e-4104-ab7f-cfddc7a4378e

05.07.2017 29min

La novlangue, instrument de destruction intellectuelle, avec Françoise Thom et Jean-Jacques Rosat

https://www.franceculture.fr/emissions/avoir-raison-avec-george-orwell/la-novlangue-instrument-de-destruction-intellectuelle-avec

George Orwell était écrivain, penseur, mais aussi praticien du langage. Dans son roman «1984», il invente la «novlangue», un langage dont le but est l’anéantissement…
La novlangue, instrument de destruction intellectuelle, avec Françoise Thom et Jean-Jacques Rosat

Réécouter La novlangue, instrument de destruction intellectuelle, avec Françoise Thom et Jean-Jacques Rosat

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=9639745c-38b9-4e85-9982-f3bd81b9141e       

06.07.2017 29min

 

5 juillet 2017

La Vie des Idées: trois articles pour comprendre le « nouveau management public »

Filed under: Actualité, cadres de santé, fonction publique, hôpital, livres, Management, santé — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 5:30
Trois articles qui permettent de comprendre l’origine et l’évolution du management adopté depuis les années quatre-vingt dans les services publics, et dont les contenus se recoupent et se complètent. Bien qu’il soit ici question de la santé, le même management a été appliqué dans l’ensemble des services publics.

Le prix de l’hôpital

http://www.laviedesidees.fr/Le-prix-de-l-hopital.html

À propos de : P.-A. Juven, Une santé qui compte ? Les coûts et les tarifs controversés de l’hôpital public, PUF

 Dernière née des réformes du financement de l’hôpital public, la tarification à l’activité confirme le tournant gestionnaire des politiques de santé : de cas pathologique, le patient est transformé en coût. Au prix d’un éloignement croissant entre les personnels hospitaliers, les malades, et l’État.

La réforme de l’hôpital public

http://www.laviedesidees.fr/La-reforme-de-l-hopital-public.html

Un management sans ménagement

par Jean-Paul Domin , le 5 avril 2016

 Les réformes de l’hôpital public menées depuis trente ans s’inscrivent toutes dans la lignée du nouveau management public qui vise à faire de lui une entreprise comme les autres, au mépris de son histoire et des valeurs portées par ses agents.

The New Public Management

http://www.booksandideas.net/The-New-Public-Management.html

Three Decades of Failure

by Hugh Pemberton , 22 June

Has the New Public Management made the state of the United Kingdom more efficient and less costly? Christopher Hood and Ruth Dixon answer negatively on both counts. As such, difficult but necessary comparisons must be drawn to further the scope of these devastating conclusions.

Sur le même sujet, vu de la base:

Enquêtes sur les mécanismes de l’économie de marché dans le domaine de la santé

Du côté des forces de l’ordre :

SOS détresse policiers 

Offensive sécuritaire: Que fait (vraiment) la police ? : France Culture: Contre-expertise 

Le mouvement policier, la GRH et le peuple

Le Forum Gendarmes et Citoyens 

APNM GendXXI

Les amis du Blog Police & Réalités

25 juin 2017

Lenka Lente: A paraître : Billy & Betty (Nurse With Wound’s Advice !)

Filed under: Actualité, Edition, livres — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 11:38

 

parution à paraître déjà paru

TWIGGS JAMESON

BILLY & BETTY
LENKA LENTE – 15 JUILLET 2017
LIVRE
220 PAGES
12,5 X 19 CM
ISBN : 979-10-94601-16-7
14 EUROS (PORT OFFERT)

L’un des livres de chevet de Steven Stapleton enfin réédité en français !

Édition d’après la traduction de Jean-François. Avec onze illustrations originales de Bélom.

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DERNIERS EXEMPLAIRES DISPONIBLES :

LENKA LENTE 7, BOULEVARD G. GUIST’HAU 44000 NANTES

17 juin 2017

Guillaume Belhomme: Parutions : le son du grisli #2 & Jazz en 150 figures

Filed under: Actualité, Edition, livres, musique — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:19

LE SON DU GRISLI #2

DAVID TOOP
JOHN STEVENS
BERTRAND DENZLER
PIERO MANZONI
MICHEL HENRITZI
IGNAZ SCHICK
ARTHUR DOYLE
+ 60 CHRONIQUES

http://www.lenkalente.com/product/le-son-du-grisli-2-revue

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JAZZ EN 150 FIGURES

150 PORTRAITS DE MUSICIENS DE JAZZ
750 CHRONIQUES
ILLUSTRATIONS EN COULEURS
380 PAGES
http://www.lenkalente.com/product/chez-d-autres-editeurs

Image of Chez d'autres éditeurs

16 juin 2017

Libération: Chomsky, les mots du pouvoir

Filed under: Actualité, art & culture, Edition, linguistique, Littérature, livres, logique, stratégie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:57

http://next.liberation.fr/livres/2017/05/10/chomsky-les-mots-du-pouvoir_1568633

Par Robert Maggiori 10 mai 2017 à 18:06

Père de la linguistique moderne, inlassable activiste et pourfendeur du néolibéralisme, le penseur américain réunit trente ans d’écrits politiques et prises de position contre l’endoctrinement étatique.

Noam Chomsky, en novembre à Paris. Photo Edouard Caupeil. Pasco

Chomsky, trente ans de regards sur le pouvoir

On peut admettre que le déterminisme familial existe, peu ou prou, et que, parfois, il fait assez bien les choses. William (Zev) Chomsky, pour éviter d’être enrôlé dans les armées tsaristes, fuit la Russie en 1913 et émigre aux Etats-Unis. C’est un homme de culture et de science, un pédagogue, qui consacre ses recherches à l’hébraïsme et à la langue hébraïque médiévale. Elsie Simonofsky est née en 1903 à Bobruisk, près de Minsk, aujourd’hui capitale de la République de Biélorussie. Elle a juste 1 an lorsqu’elle arrive avec sa famille à New York. Elle est professeure au Gratz College de Melrose Park, Pennsylvanie, l’institution d’éducation juive la plus prestigieuse, dont, chargée de la formation des maîtres, elle est l’une des figures majeures.

Mariés, William et Elsie travaillent ensemble à l’école Mikveh Israel puis au Gratz College. William écrit beaucoup, publie de nombreux ouvrages, dont Hebrew, the Eternal Language (1957), et acquiert une telle notoriété intellectuelle qu’à sa mort, en 1977, le New York Times le salue comme «l’un des tout premiers grammairiens de l’hébreu du monde». Elsie préfère rester dans l’ombre, y compris celle de son mari : elle est plus austère que lui, mais beaucoup plus engagée dans l’activité militante et les luttes sociales.

Avram Noam Chomsky naît à Philadelphie le 7 décembre 1928. Les voies qui s’ouvrent devant lui sont déjà tracées : il sera linguiste, sous l’influence de son père, activiste politique sous celle de sa mère. Pas n’importe quel linguiste : l’un des pères de la linguistique moderne. Pas n’importe quel militant : l’homme de tous les combats, intellectuels, sociaux, éthiques, économiques, écologiques, qui inlassablement analyse les mécanismes par lesquels l’Etat et ses appareils idéologiques «persuadent» le peuple dans le sens qui leur sied et contournent le droit national et international. Comprendre le pouvoir est une sorte de somme dans laquelle Noam Chomsky a regroupé ses textes, interventions, conférences, discussions, interviews, séminaires, s’étendant sur près d’une trentaine d’années et couvrant un très large «éventail de sujets», du fonctionnement des organes de presse modernes jusqu’à la globalisation, les systèmes d’éducation, les crises environnementales, la fonction des complexes militaro-industriels, les stratégies militantes sur le terrain et dans le cyberespace, le marxisme, le fanatisme religieux, la question animale, le colonialisme culturel américain, les droits civils, la pauvreté, le charlatanisme intellectuel ou les théories du complot.

«Travail coopératif»

C’est en 1945 qu’il entre à l’université de Pennsylvanie, pour faire des études de philosophie et de mathématiques. Ce qu’il y vit ne le satisfait guère. Il retrouve dans l’enseignement universitaire le même académisme qu’il avait détesté dans le secondaire. Il est tenté de tout laisser tomber et de partir en Palestine, travailler dans un kibboutz. Avant que naisse l’Etat d’Israël (mai 1948), il n’était pas favorable à la division de la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe, craignant que le partage des territoires n’ait pour conséquence de marginaliser, sur la base de la religion, la partie de la population la plus opprimée et la plus pauvre. Il estimait souhaitable d’unir les populations en vertu de principes socialistes, dont le «travail coopératif», et selon le modèle de société décrit par George Orwell dans Hommage à la Catalogne. Il restera toujours fidèle à cette idée, aux principes libertaires qui «animaient la Barcelone révolutionnaire de la fin des années 30». Cependant, à l’université, il rencontre d’une part Carol Doris Schatz, linguiste, pédagogue, spécialiste de l’acquisition du langage chez l’enfant, qui deviendra sa femme, et le professeur d’origine ukrainienne Zellig S. Harris, qui venait de créer le premier département de linguistique dans une université américaine : c’est lui qui le convainc de persévérer dans l’étude des langues. Ainsi il obtient son doctorat et commence en 1955 à enseigner au MIT, le célèbre Massachusetts Institute of Technology, où, onze ans plus tard, il obtient la chaire de linguistique et langues modernes.

On sait qu’en tant que théoricien, Chomsky, à partir des Structures syntaxiques publiées en 1957 (traduites en français en 1969), a élaboré une «grammaire générative transformationnelle» qui, par l’explication des lois régissant la production du langage, a bouleversé totalement la linguistique du XXe siècle – on parle de «révolution chomskyenne» – et par cet apport a fécondé la philosophie, la logique, les mathématiques, la psychologie, la neurobiologie, les théories de l’information, les sciences cognitives. On pourrait légitimement penser que c’est par le prestige acquis grâce à son travail sur les sciences du langage que son activité politique a été popularisée et qu’il est devenu, depuis la guerre du Vietnam jusqu’à «Occupy Wall Street», le héraut de la gauche radicale américaine et internationale.

Brouillage des faits

Comprendre le pouvoir fait apparaître une autre hypothèse : Chomsky a sans doute inventé une nouvelle figure de l’«intellectuel engagé» qui se distingue de celles qu’ont incarnées Sartre, Bertrand Russell, Pasolini, Foucault, Bourdieu ou Eric Hobsbawm : l’«intellectuel informateur», pourrait-on hasarder. D’un point de vue général, le Chomsky politique focalise sa critique sur le néolibéralisme, responsable des plus grands désastres sociaux, de la perte du «contrôle populaire des institutions de la société», de la soumission des Etats aux puissances financières, et de l’accroissement considérable de l’inégalité entre riches et pauvres. A la base de sa philosophie politique, il y a l’idée que tous les êtres humains sont animés par une commune aspiration à la liberté, à l’égalité, au respect, étouffée par un système de pouvoir séculaire qui emprunte les formes de production capitaliste non pour le bien de la communauté mais pour se reproduire lui-même et préserver sa domination.

Pour combattre ce système, le professeur émérite ne se contente pas de rester au niveau des principes philosophiques ou de la morale (indignation), mais amasse le maximum d’informations factuelles, économiques, techniques, militaires, culturelles, qui, synthétisées de façon rationnelle, mettent à nu la «grammaire» du pouvoir, et en révèlent les forfaitures. Dès lors, cela devient l’«affaire des gens» que d’«échapper à l’endoctrinement», que de vouloir ou non changer les choses, devenir promoteurs de leur propre histoire et gouverner leurs destins. «On ne peut pas commencer en disant : « Bon, on va renverser les multinationales. » Parce que là, tout de suite, c’est simplement hors de notre portée. Alors il faut commencer par se dire : « Bon, voilà où en est le monde, qu’est-ce qu’on peut faire pour commencer ? » Eh bien on peut commencer par des choses qui vont faire mieux comprendre aux gens ce qu’est la véritable source de pouvoir et ce qu’ils peuvent réaliser s’ils se lancent dans l’activisme politique. Une fois qu’on a démêlé le vrai du faux, on monte des organisations. On travaille aux choses qui en valent la peine. S’il s’agit de prendre en main votre communauté, faites-le. Si cela signifie gagner plus d’autonomie dans votre travail, faites-le. S’il s’agit d’organiser la solidarité, faites-le. S’il s’agit de s’occuper des sans-abri, faites-le.»

Etant donné la large période considérée, on trouvera dans Comprendre le pouvoir nombre d’analyses, sur la guerre du Vietnam, «les Etats-Unis et Pol Pot», le Watergate, la guerre froide, les accords d’Oslo ou «Ronald Reagan et le futur de la démocratie», qui peuvent sembler datées ou relever désormais du travail des historiens. De même, ce qu’on y lit à propos des institutions académiques ou de la fonction des universités, de la collusion entre les intellectuels, les hommes politiques et la presse pour masquer les stratégies de protection de leur pouvoir (afin de maintenir les «gens» hors jeu), apparaît un peu simple aujourd’hui, à l’heure de la «post-vérité» et des fake news. Certaines réflexions sont même irritantes, qui malignement intègrent aux procédures de brouillage des faits le prétendu «charlatanisme» de philosophies que Chomsky juge insuffisamment «scientifiques» ou indécidables : «Quand j’entends des mots comme « dialectique » ou « herméneutique » et toutes sortes de choses prétendument profondes, alors, comme Goering, « je sors mon revolver » […] Mais si, par exemple, je lis Russell ou la philosophie analytique, ou encore Wittgenstein, il me semble que je peux comprendre ce qu’ils disent et pourquoi cela me paraît faux, comme c’est souvent le cas. Par contre quand je lis Derrida, Lacan, Althusser ou l’un de ceux-là, je ne comprends pas. C’est comme si les mots défilaient sous mes yeux : je ne suis pas leurs argumentations, je ne vois pas d’arguments, tout ce qui ressemble à une description de faits me semble faux. Alors peut-être qu’il me manque un gène ou je ne sais quoi, c’est possible. Mais ce que je crois vraiment, c’est qu’il s’agit de charlatanisme.»

«Organiser la mobilisation»

Ce que le linguiste américain dit du contrôle social, en prenant acte de la progressive disparition des modes de «représentation» traditionnels, syndicaux ou politiques, semble au contraire d’une grande actualité. Il critique en effet le socialisme autoritaire, les types de gouvernements «éclairés» et les autres organisations constituées qui croient pouvoir dicter aux citoyens les modes de vie pour lesquels ils devraient opter et, de fait, les privent de toute initiative. Et se demande comment cette initiative pourrait être reprise collectivement, autrement dit comment «organiser la mobilisation» et coaguler les forces qui veulent non seulement comprendre les mécanismes de pouvoir mais les retourner pour qu’ils servent leur liberté au lieu de conforter leur aliénation. Mais comment faire, dans les pays où «les gens sont désillusionnés, effrayés, sceptiques, en colère» et «ne font plus confiance à rien, veulent quelque chose de mieux, savent que tout est pourri» ? Tout dépend, dit Noam Chomsky, de la «décision d’agir ou pas», d’une difficile décision, que toute son œuvre politique vise à «informer» et rendre possible. En ajoutant toujours : «Nous ne pouvons pas perdre espoir.» Parole d’un homme qui aura 89 ans à la fin de l’année.

Robert Maggiori

Noam Chomsky Comprendre le pouvoir Edité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Thierry Vanès et Hélène Hiessler, Lux, 618 pp., 25 €.

Voir également sur Noam Chomsky:

Haro sur un imprécateur La mauvaise réputation de Noam Chomsky , Jean Bricmont, Le Monde Diplomatique.

17 mai 2017

Eloge de la suite: Un diaporama «interactif» sur des extraits de La nouvelle grille de Laborit

http://www.elogedelasuite.net/?p=3554

 

David Batéjat, webmestre du site web Nouvellegrille.info, a envoyé récemment l’une de ses lettres d’informations dans un format expérimental fort intéressant. Il s’agit d’un diaporama « interactif » où il nous présente d’abord 4 extraits de quelques pages fort pertinentes de La nouvelle grille, de Laborit. On peut toutefois aussi, et c’est le côté « interactif » de la chose, accéder aux mêmes extraits où des phrases ont été surlignées en jaune par Batéjat et commentées / actualisées par lui dans la marge de droite. Ces versions commentées n’étant « qu’un reflet déformé par ma « socioculture » », comme le précise Batéjat en bon laboritien qu’il est… ;-P

Voici un extrait du début de son diaporama accessible en cliquant ici (cliquez ensuite sur l’écran ou sur la barre d’espacement pour faire avancer le diaporama.

La suite dans l’Eloge de la suite

Sur le même sujet: Dans La sémantique générale pour tous : La nouvelle grille :Thermodynamique et information (en ligne)       

9 mai 2017

Editions Lenka Lente: Special Nurse With Wound : Kafka Tiré à Part (Special Edition) + Derniers posters Félix Vallotton (Last Posters)

Filed under: Actualité, Edition, livres — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:45

parution à paraître déjà paru

Tiré à part Kafka / Nurse With Wound

50 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS

50 NUMBERED COPIES

+

LENKA LENTE 7, BOULEVARD G. GUIST’HAU 44000 NANTES

30 avril 2017

Le Devoir: Charles Plymell, le «hipster» octogénaire

Filed under: Actualité, beat, Edition, Interzone, Littérature, livres — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 1:25

 

http://www.ledevoir.com/culture/livres/497210/charles-plymell-le-hipster-octogenaire

Le poète et éditeur raconte la contre-culture américaine

 

26 avril 2017 | Dominic TardifCollaborateur | Livres 
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Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir – Charles Plymell reste, à 82 ans, le hipster de son jeune temps.

Ancien coloc d’Allen Ginsberg et de Neal Cassady, éditeur-culte et poète de l’Amérique indocile, Charles Plymell pige dans son répertoire d’anecdotes et explique pourquoi il préfère Chuck Berry à Bob Dylan.

Le 27 février 1975, Charles Plymell participe à l’événement Rien contre ça, clôturant la Rencontre internationale de la contre-culture de Montréal. Denis Vanier, Josée Yvon, Paul Chamberland, Raôul Duguay, Claude Péloquin, Lucien Francoeur, John Giorno, Patrick Straram, Anne Waldman et d’autres suspects usuels de l’insolence littéraire sont aussi de l’affiche de ces douze heures de poésie, présentées au Palais du commerce, rue Berri, là où se trouve désormais Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

« Je ne me souviens pas de grand-chose », annonce de sa voix traînante le poète et éditeur américain. Certaines substances grisantes présentent cet inconvénient qu’elles finissent parfois par couvrir d’un vaporeux voile la mémoire de ceux qui les ont jadis embrassées avec trop d’enthousiasme. « Mais ce que je me rappelle, poursuit-il, c’est que nous étions au restaurant avant, qu’Allen buvait du lait et que Burroughs lui gueulait :“Bois pas du lait si t’es pour monter sur scène ! C’est mauvais pour ta gorge. Bois de la vodka à la place !”Allen n’était pas un buveur. »
L’Allen invectivé par William Burroughs, c’est bien sûr Allen Ginsberg, qui avait été le coloc de Plymell en 1963, au 1403 Gough Street de San Francisco, tout comme Neal Cassady, homme de tous les appétits et de toutes les soifs, renommé Dean Moriarty par Jack Kerouac dans Sur la route. L’appartement comptait sept chambres, pour un loyer de 100 $ par mois !

Le problème, c’est que la majorité de la poésie, aujourd’hui, est aussi mauvaise que le gouvernement Trump

Charles Plymell

« Puisque Neal venait comme moi du Midwest, c’est le beat auquel je me suis toujours le plus identifié. On avait l’habitude de bouffer des amphétamines et d’aller du côté coloré de la ville [the coloured side of town], voir Fats Domino et Bo Diddley jouer », raconte celui qui était de passage à Montréal ce week-end afin d’assister au vernissage de l’expo Paris/Beat/Codex, réunissant des collages du couple que formaient son ami, le poète français Claude Pélieu, et la mère de sa femme Pamela, Mary Beach, traductrice historique de la Beat Generation en France. Plymell participait aussi aux festivités soulignant le 25e anniversaire de la maison d’édition L’Oie de Cravan.

« The original hipster »

En 1951, Charlie abandonne l’école secondaire quand son cow-boy de père lui achète une Chevy de l’année. Son Kansas natal est bientôt loin dans le rétroviseur. « Le gaz coûtait 15 sous le gallon ! Je suis parti vers la Californie. » Plymell est alors un hipster, bien avant que le mot ne désigne ce barbu ironique arborant lunettes à grosse monture et/ou chemise à carreaux qui peuple les quartiers comme le Mile-End. Le hipsterpremière génération singe le look et l’attitude débonnaires des jazzmen noirs, porte de longs collets à la Billy Eckstine, trimballe une coupe ducktail et fume du pot. Autrement dit : Charles Plymell fait tout pour que la pudibonde Amérique de l’époque le déteste.

Avec son foulard noué autour du cou et sa canne de dandy, le flamboyant vieillard est toujours, malgré ses 82 ans, le hipster de son jeune temps. Et en bon hipster, Mister Plymell aime forcément cultiver un salutaire esprit de contradiction. Vous lirez forcément à son sujet, si vous le googlez, qu’il fut le premier à mettre l’aiguille sur un album de Bob Dylan, devant Allen Ginsberg. Le chanteur de Blowin in the Wind et l’auteur de Howl nourriront ensuite une féconde amitié, qui marquera profondément l’imaginaire du plus récent Prix Nobel de littérature.

« Tout ça est vrai mais, de mon côté, Dylan, je ne l’ai pas tellement écouté après l’avoir fait jouer à Allen », lance fièrement, plus de 50 ans après ce moment charnière, l’homme répondant au surnom de « The Original Hipster ». Sous sa barbe : le léger sourire sardonique de celui qui se régale de briser le consensus.

« Dylan was not my guy. My guy, c’était Chuck Berry. Sa prosodie, son rythme, ses mots avaient quelque chose de vraiment complexe et de beaucoup plus énergique que Dylan, qui, au fond, ne faisait qu’imiter Woody Guthrie. Je n’ai pas trop compris pourquoi ils lui ont donné le Nobel. Le rythme de ma poésie vient de Chuck Berry. »

D’une folie à l’autre

« C’est précisément ce que j’aime chez lui : il n’est pas un de ces poètes prétentieux. Qui d’autre ose dire que Chuck Berry est plus important que Dylan ? » demande Bloodshot Bill. Figure mythique du rockabilly montréalais, il lançait l’an dernierBloodshot Bill Sings Charles Plymell, un 45 tours révélant la part de rock’n’roll qui, au coeur des mots de son ami poète, n’attendaient que la pulsation de la guitare électrique et de la grosse caisse pour se brasser les fesses.

Toujours installés à Cherry Valley, dans l’État de New York, où ils dirigent depuis les années 1970 les éditions Cherry Valley, Charles et sa femme Pamela observent l’Amérique qu’ils ont largement contribué à décoincer sombrer à nouveau dans les ornières d’une pensée obtuse, promouvant une folie distinctement plus nocive que celle des beats et des hippies.

« En comparaison avec Trump, même Ronald Reagan a désormais l’air d’un homme d’État », lance à la blague Pamela qui, sur le plan politique, s’est toujours définie comme une indépendante, à l’instar de son mari.

La poésie peut-elle quelque chose face au président Trump ? « Le problème, c’est que la vaste majorité de la poésie, aujourd’hui, est aussi mauvaise que le gouvernement Trump. La poésie aux États-Unis a été avalée par le milieu universitaire », explique celui qui a toujours refusé de recevoir des bourses institutionnelles ou étatiques, de peur qu’elles enchaînent son indocilité.

« Ce serait encore plus de la folie, en tout cas, que d’écrire de la poésie aujourd’hui et de ne pas s’en servir pour dire que Trump est un fou furieux [crazy bastard] qui ne veut que mettre le monde en morceaux. »

Paris/Beat/Codex
Collages de Claude Pélieu et Mary Beach Jusqu’au 30 avril chez Monastiraki (5478, boul. Saint-Laurent)

29 avril 2017

Brion Gysin: Come to free the words

Filed under: art & culture, Interzone, Poésie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:58

Extrait de Brion Gysin, Poems of Poems.

Ecouter l’enregistrement: Come to free the words

25 avril 2017

Lenka Lente: A paraître / To Be Published : Franz Kafka & Nurse With Wound

Filed under: Actualité, Edition, Littérature, livres — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:36

parution à paraître déjà paru

http://www.lenkalente.com/product/rapport-a-une-academie-de-franz-kafka-kafka-s-parachute-de-nurse-with-wound

LENKA LENTE 7, BOULEVARD G. GUIST’HAU 44000 NANTES
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17 avril 2017

Lenka Lente: Au courrier / Shipped : Abécédaire Jacques Ponzio ABC-Book de Jacques Ponzio

Filed under: Actualité, Edition, livres — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 6:29

parution à paraître déjà paru

LENKA LENTE 7, BOULEVARD G. GUIST’HAU 44000 NANTES

15 avril 2017

L’Île logique: « A l’endroit de l’inversion », enfin la parution !!

Filed under: Actualité, Edition, livres, Mathématiques — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 1:04

Bonjour à tous,

« A l’endroit de l’inversion »,
petit essai en clownologie mathématique,
préfacé par Cédric Villani et Bertil Sylvander
, édité par L’île logique… est paru !!

Aussi, si vous souhaitez vous le procurer :

Envoyez un chèque de 20 Euros par exemplaire souhaité (15€+ 5€ de frais d’expédition)
à l’ordre de « L’île logique » à l’adresse suivante :

Cédric Aubouy
Locméren des prés
56390 Grand-Champ

Merci de préciser votre adresse postale et je vous retournerai votre livre dédicacé par voie postale !!

Si vous préférez venir retirer directement le livre chez moi, alors 15€ par exemplaire suffiront…

N’hésitez pas à faire tourner et/ou à revenir vers moi pour quoi que ce soit,
merci à tous pour votre soutien !
Cédric Aubouy
L’île logique, compagnie burlesque de théâtre et clown de sciences théoriques
www.ilelogique.fr

Couverture (recto verso) :

Regards croisés entre clown-théâtre et sciences fondamentales.
L’archétype du clown comme approche alternative des sciences et des mathématiques,
le théâtre comme lieu de décomplexion.
L’absurde peut-il éveiller le sens critique ?
L’inversion et le doute pour s’interroger sur la création ou la découverte, sur l’intuition, la trouvaille…
Qu’est-ce qui motive celui qui cherche ?
Peut-on aimer avoir des problèmes ?
In-Con-science, sans avec science…
Savoir qu’on ne sait pas et ne pas savoir qu’on sait…
Le sage connaît-il le pas sage ?

Ni un traité de clown, ni un scénario de maths, juste une vie de l’esprit…

x-x’ = x(1-1′)

Cédric Aubouy est comédien, clown, musicien, auteur, compositeur, logicien en mathématiques de formation,
il aime jouer au go en mangeant de l’Ossau iraty.
Il a écrit 7 spectacles de théâtre burlesque de sciences théoriques en créant la compagnie L’île logique,

il propose des cours et stages de théâtre scientifique, des animations ou des concerts scientifiques, conférences…
C’est la première fois qu’il parle de lui à la 3e personne.

Lenka Lente: Réédition : Listening d’Urs Leimgruber, Jacques Demierre & Barre Phillips

Filed under: Actualité, Edition, livres — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 12:49

URS LEIMGRUBER JACQUES DEMIERRE BARRE PHILLIPS

LISTENING

FRANÇAIS / ANGLAIS / ALLEMAND

274 PAGES

20 EUROS

_________________________________________________________________
 PARU LE 1er MARS 2017

PHILIPPE ROBERT

AGITATION FRITE

TÉMOIGNAGES DE L’UNDERGROUND FRANCAIS

GROS LIVRE

360 PAGES – 25 EUROS

 

LENKA LENTE 7, BOULEVARD G. GUIST’HAU 44000 NANTES

Jean Azarel: Il est temps d’être « Encore plus nu »

Filed under: Actualité, Edition, Interzone, livres, Poésie — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 11:28

Bonsoir,

Hé oui, le printemps est en avance, et il est déjà temps d’être « Encore plus nu »

Les extraits à entendre ici : https://jeanazarel.bandcamp.com/

Le livre à commander en consultant l’avis de parution en PJ (10 € c’est donné)

Une bonne occasion de mettre du coeur (et du corps) à l’ouvrage !

Et nous restons à l’écoute de lieux, cafés, librairies, médiathèques, pour présenter « Encore plus nu », n’hésitez pas à me contacter

A très bientôt

Jean

_______________________________________

Gros Textes

Avis de Souscription

Encore plus nu

de

Jean Azarel

J’aspire à concasser la lune

pour qu’elle jouisse

d’une utilité nouvelle.

J’aspire à l’idéal des fous

de faire danser

les murs impies

des cachots.

J’aspire à supprimer

toutes les entraves,

tous les temps morts,

vider les camions bennes

des beautés saccagées.

J’aspire aux écritures hallucinées.

J’ai toujours chéri

le mélange des genres.

Buffle-punaise

Petit pois-enclume

Orgie-chasteté

Concave-convexe

Pommade-cynorrhodon

Missel-amulette

J’aspire

à tuer dans l’oeuf

les désirs normalisés.

————————————————————————————————

ISBN : 978-2-35082-323-2

94 pages au format 21 x 14 cm,

10 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

Commande à

Gros Textes

Fontfourane

05380 Châteauroux-les-Alpes

(Chèques à l’ordre de Gros Textes)

 

13 mars 2017

Jean-Jacques Birgé: Agitation frite, témoignages de l’underground français

Pourquoi le public a-t-il toujours trois métros de retard sur la musique par rapport aux arts plastiques ? Cette question a probablement trait à la difficulté des analystes de cerner le hors-champ. Le livre de Philippe Robert interroge une quarantaine de musiciens de l’underground français sur l’origine de leur vocation et ce qu’elle a engendré. La variété du paysage hexagonal défile à la fenêtre.

agitation-frite

Le recueil de Philippe Robert, Agitation frite, témoignages de l’underground français, paraît au moment où La Maison Rouge expose Contre-cultures 1969-1989, l’esprit français. Ce n’est pas un hasard si ce sous-terrain musical est totalement absent de la galerie parisienne. D’un côté nous sommes en face d’un mouvement toujours vivace qui crée sans se préoccuper de la mode, de l’autre on continue à entretenir le mythe de modes passagères qui marquèrent leur temps. Les deux se complètent, l’art des uns répondant à la culture des autres. L’exposition embrassant son époque recèle évidemment quelques magnifiques pièces et le livre de Philippe Robert recense les engagements d’opposition rétifs à tout ce qui pourrait être récupérable.

Pourquoi le public a-t-il toujours trois métros de retard sur la musique par rapport aux arts plastiques ? Cette question a probablement trait à la difficulté des analystes de cerner le hors-champ. Circulez, y a rien à voir ! La société du spectacle adore encenser les rebelles des beaux quartiers, tandis que les musiques de traverses échappent à toute classification bien ordonnée. L’inclassable est la règle, contraire à la loi du marché. La spéculation ne pouvant donc s’exercer que sur du long terme, elle n’intéresse pas les modernes. Entendre étymologiquement ceux qui créent la mode, un système de l’éphémère dont les collectionneurs font leurs choux gras. Conclusion de ce prologue, pour avoir participé activement à la plupart des aventures évoquées par l’exposition et dans le bouquin, je vois essentiellement de la nostalgie dans la première qui a tourné la page alors que le second m’en apprend énormément sur ce qui m’est pourtant le plus proche et qui reste d’actualité !

Pour ce premier volume d’entretiens, car on imagine mal qu’il en reste là, Philippe Robert a choisi d’interroger chacun sur l’origine de son art. Quelle étincelle mit le feu aux poudres ? En suivant le cordon Bickford jusqu’au Minotaure, l’histoire de chacun se déroule à grand renfort d’anecdotes dessinant des parcours atypiques qui ne se croisent que par la nature même de la musique, son partage. À la reprise d’articles précédemment publiés dans Revue & Corrigée, Vibrations, Octopus, Supersonic Jazz ou le blog Merzbo-Derek, il ajoute des entretiens inédits qui lui ont semblé indispensables à ce portrait prismatique de l’underground musical le plus inventif de la scène française. Ainsi Gérard Terronès, Dominique Grimaud, Gilbert Artman, Pierre Bastien, Dominique Répécaud, Jérôme Noetinger, Jacques Oger, Sylvain Guérineau, Yann Gourdon et moi-même complétons les témoignages de François Billard, Pierre Barouh, Michel Bulteau, Jac Berrocal, Jacques Debout, Albert Marcoeur, Christian Vander, Richard Pinhas, Pascal Comelade, Christian Rollet, Guigou Chenevier, Bruno Meillier, Daunik Lazro, Dominique Lentin, Jean-Marc Montera, Didier Petit, Yves Botz, Camel Zekri, Noël Akchoté, Christophe & Françoise Petchanatz, Lê Quan Ninh, Jean-Marc Foussat, Jean-Louis Costes, Jean-Noël Cognard, Julien Palomo, Romain Perrot délivrés à la charnière de notre siècle et du précédent.

Si le recueil est plus passionnant que tous les autres panoramas publiés récemment, il le doit à l’opportunité des questions de Philippe Robert qui, connaissant son sujet, pose celles qui le titillent. Sa curiosité est communicative. Les musiciens des groupes Magma, Urban Sax, Catalogue, Mahogany Brain, Soixante Étages, Etron Fou Leloublan, Camizole, Vidéo-Aventures, Heldon, Lard Free, Workshop de Lyon, Un drame musical instantané, Les I, Dust Breeders, Vomir, comme les producteurs des labels Saravah, Futura ou Potlatch savent que leurs rencontres sont aussi déterminantes que les mondes qui les habitent. Si la première partie de l’ouvrage est un kaléidoscope d’inventions sans étiquettes, la seconde partie glisse vers une forme, plus conventionnelle à mes yeux et mes oreilles, de l’improvisation issue du jazz et sa déclinaison prévisible, la noise. Il n’empêche que je me suis laissé emporter par la lecture, passant une nuit blanche à le dévorer sans en perdre une miette. L’underground est tout sauf raisonnable.

→ Philippe Robert, Agitation frite, témoignages de l’underground français, 366 Pages, 15 X 19,5 cm, Ed. Lenka Lente, 25€

https://blogs.mediapart.fr/jean-jacques-birge/blog/030317/agitation-frite-temoignages-de-lunderground-Français

Rusty Truck: Beat Filter of the Wichita Vortex: The Continuing Impact of Robert Branaman’s Films, Text, Paintings and Assemblages by Marc Olmsted

Filed under: Actualité, art & culture, beat, livres, Poésie — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 6:45

I first heard of Bob Branaman from L.A. performance artist Milo Johnson, who said to the effect that I “had to meet this guy, he knew all the Beats.”  I have to admit to a certain cynicism – such claims of Beat friendship are made by people who might’ve waved at Allen Ginsberg across the room, let alone had a few sentences with him.  My cardinal sin here rebounded in my face like an elastic band with an iron anvil on the end: “Well, how come I don’t know about him if he’s so fucking great?”  Not only do I now stand corrected, but it proved a profound teaching for my own poet’s obscurity dark to the horizon as well.  That Acme Dynamite roadrunner cartoon moment – the whites of my eyes blinking from a sooty, burned carcass in a moment of clarity – if you can’t make this American culture money, accidentally or otherwise, it has no interest in your droning commentaries.  You are a ghost.

Allen Ginsberg wrote his Vietnam poem-critique “Wichita Vortex Sutra” in 1966, itself a collage of conversation and radio snippets from a portable tape recorder Bob Dylan gave him.  Less known is that the term “Wichita Vortex” was a phrase Ginsberg heard from his friends Michael McClure, Bruce Connor, Charles Plymell and Robert Branaman, all who migrated to East and/or West Coast from this strange Kansas center of America.  For the most part, these figures also experimented outside of both poetic and artistic disciplines they were often pigeon-holed in.  Film, collage, stage plays, and photography were exploded through the shifting paradigm of the 1950s/60s Beat phenomenon.

Of all of these artists, Branaman is a seminal (and at the same time, perhaps the most obscure) figure of this period.  Known well by his contemporaries, Branaman’s own wild trajectory from alcoholism and addiction to recovery fused with a near-cursed lack of self-promotional skills shoved him under the radar.  (His good friend, Charles Plymell, suffers a similarly shocking lack of recognition, if for no other reason than his refusal to be his own publicist, even with an astounding novel like Last of the Moccasins.)

Branaman’s numerous contributions and collaborations with William Burroughs, McClure and Ginsberg now seem to be finally getting the cultural and historical place they deserve, helping to examine the larger multi-media aspect of the Wichita Vortex in its filtering of American mind – deconstructing and reassembling its artifacts in ways that are now part of mainstream media culture.

Enter Bob’s garage in Santa Monica, California for some of these artifacts.  He is still very active in his late 70s, this man Allen Ginsberg called “one of the most exquisite visionary artists in America.”  Bob’s running out of room.  His assemblages are stacked like hubcaps.  His paintings are piled together.  His seriagraphs lie on a work table – you might get one free if he feels like it.  Bob’s energy is exceptionally cheerful.  He practices the Chinese energy work Qi Gong and is a long time practitioner of Arica (Oscar Ichazo’s mystery school – see John Lily’s Center of the Cyclone for a good account) as well as a follower of Garchen Rinpoche, a Tibetan Buddhist master of high regard.  The result: it can be quite giddy to be with Bob, a feeling similar to just arriving in your childhood friend’s back yard.  The potential for fun is limitless.  There is much laughter.  I usually like to go to a little Santa Monica coffee shop with him for breakfast.  It’s his place.  Cheap pancakes, eggs, bacon and coffee.  There will always be a few people coming along.  Bob’s stories begin and they are uniformly hilarious.  He DID virtually know all the Beats – except he once saw Kerouac, drunk, surrounded in a bar and thought Jack wanted to be left alone.  Other than that, he can tell you stories about anyone you bring up.

More of this article at:

https://rustytruck.wordpress.com/2012/07/15/beat-filter-of-the-wichita-vortex-the-continuing-impact-of-robert-branamans-films-text-paintings-and-assemblages-by-marc-olmsted/

 

25 janvier 2017

France Culture: « Idéaux politiques » de Bertrand Russell

Filed under: livres, Mathématiques, Philosophie, Sémantique générale — Étiquettes : — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:18

https://www.franceculture.fr/emissions/deux-minutes-papillon/ideaux-politiques-de-bertrand-russell

Réécouter https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=edac43b1-5a36-4bdc-9b31-60664dbf445f

Dans ces Idéaux politiques qui paraissent pour la première fois en français, il n’est question que de politique, comme si Russell militait pour la vérité, pour les faits, comme si devenir raisonnable était devenu le combat de son temps, et peut-être du nôtre encore.

Voici le conseil donné par Bertrand Russell en 1959 pour les générations futures : se demander ce que sont les faits et la vérité, et ne pas se laisser embrumer par ses croyances. Un conseil qui porte d’autant plus qu’il est formulé par un philosophe d’abord mathématicien : Russell a en effet été à l’école de la logique, et ses premiers écrits portent sur la géométrie et Leibniz. De lui, on peut ainsi retenir ses importants Principes des mathématiques.

Mais c’est un conseil qui pose cependant un problème, et d’abord, aussi, parce qu’il est formulé par un philosophe dont on peut également retenir l’engagement et le militantisme dès la 1ère Guerre Mondiale, comme en témoigne, cette fois-ci, ce texte intitulé Idéaux politiques. Voici alors la question que nous posent Russell, sa pensée et son parcours : comment s’est-il, lui, engagé rationnellement ? Comment, lui, a-t-il milité sans y croire ? Ou encore, et plus généralement : un engagement politique est-il vraiment possible sans un minimum de croyance et de foi ?

Dans ces Idéaux politiques qui paraissent pour la première fois en français, texte construit à partir d’une conférence que Russell aurait dû donner en 1917, il n’est question que de politique, et pas du tout de logique, de mathématique, de géométrie : le capitalisme et le salariat, les pièges du socialisme, liberté individuelle et ordre public, ou encore indépendance nationale et internationalisme, en constituent le développement. Et pourtant, à travers ces pages, c’est comme si Russell militait pour la vérité, pour les faits, c’est comme si devenir raisonnable était devenu le combat de son temps, et peut-être du nôtre encore.

Faire le partage entre les pulsions de possession et les pulsions de création, donner une impulsion à l’imagination contre les croyances et contre le conformisme, voici les propositions de Russell, ou encore, je cite : « n’empêcher personne d’avoir des idées, d’exercer sa pensée, et encore moins d’énoncer des faits »

En savoir plus sur Bertrand Russell :

24 janvier 2017

Al Winans: Remembering Harold Norse

Filed under: Actualité, art & culture, Interzone, Littérature, livres, Poésie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:37

al-winans_norse

Neeli and I visit the ancient warrior
Praised by William Carlos Williams
And other literary giants
Ninety years old
Early stages of dementia setting in
Plays hide-and-seek inside
His solitary room
Now an old man trapped
In deaths shadow

He reads us a poem from
His collected works
His voice still loud and clear
Like Sunday church bells
Lays the book aside becomes
Frail and vulnerable again

This rock of ages with peaked hat
Walks slowly with us to the cafe
Across the street complains
As Neeli orders him a cup of coffee
‘ »Make mine black, » he says
Then asks why I didn’t put milk in it

This forgotten warrior walking
Back to the care facility
Neeli shielding him with an umbrella
To ward off the cold rain

« That’s my hotel, the Beat Hotel”
He says
Hotel Nirvana racing inside his blood

He stops says, “I can’t go on.”
Out of breath
As if the next step might be his last

He is like a bird
His eyes nesting
In my soul
Feeding on poetry
The Sum total of his life

https://www.facebook.com/AD.Winans

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27 août 2016

Bruno Dubuc: Eloge de la suite: Le bon plaisir d’Henri Laborit, une émission de France Culture de 1989 (3 et 4)

Filed under: biologie, France culture, livres, radio — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 3:34

Le bon plaisir d’Henri Laborit, une émission de France Culture de 1989 (3 de 4)

Publié le 5 août 2016

Voici donc la 3e partie (sur 4) de l’émission Le bon plaisir d’Henri Laborit commencée il y a deux semaines, conformément à mon plan de match de l’été. Un autre bon trois quart d’heure, donc, de cette émission de trois heures visant à faire connaître l’œuvre d’un.e auteur.e et qui fut diffusée une première fois le 4 février 1989, et probablement en reprise durant la «nuit du 11 avril 1989» tel qu’indiqué sur la cassette audio de M. Patrice Faubert que j’ai numérisée.

Plusieurs autres personnages font leur apparition durant ce segment comme Pierre Arditi, le comédien qui jouait l’antipathique Zambeaux dans Mon oncle d’Amérique, ainsi que Alain Finkielkraut, intellectuel français habitué aux plateaux médiatiques et aux controverses. À cette époque, il en avait évidemment moins qu’aujourd’hui, mais il avait déjà ce ton emporté (les mauvaises langues diraient ampoulé…) qui contraste avec le calme et la limpidité des propos de Laborit ! http://www.elogedelasuite.net/?p=3175

Le bon plaisir d’Henri Laborit, une émission de France Culture de 1989 (4 de 4)

Publié le 21 août 2016

Voici donc la dernière partie (sur 4) de l’émission Le bon plaisir d’Henri Laborit commencée il y a trois semaines, conformément à mon plan de match de cet été qui s’achève. La dernière demi-heure, donc, de cette émission de trois heures qui fut diffusée une première fois le 4 février 1989, et probablement en reprise durant la « nuit du 11 avril 1989 » tel qu’indiqué sur la cassette audio de M. Patrice Faubert que j’ai numérisée.

Extrait : « Il faut tout foutre par terre pour pouvoir reconstruire quelque chose qui est plus humain. On a un lobe orbito-frontal, figurez-vous, et il est là pour imaginer d’autres rapports sociaux que ceux qui sont là pour la recherche de dominance, en considérant que c’est très bien le leader, le battant, etc. Et alors il faut tout casser pour dire non, c’est pas possible ! » http://www.elogedelasuite.net/?p=3200

18 juillet 2016

Bruno Dubuc, Eloge de la suite: Le bon plaisir d’Henri Laborit, une émission de France Culture de 1989

Filed under: Actualité, art & culture, biologie, livres — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 5:45

Publié le 15 juillet 2016

« Poursuivant mon plan de match pour l’été, je commence aujourd’hui la diffusion de la dernière émission de radio enregistrée par les bons soins de M. Patrice Faubert (et numérisé par les miens!). L’émission s’appelait « Le bon plaisir » et l’on ajoutait ensuite le nom de la personne interviewée (dans ce cas-ci, Le bon plaisir d’Henri Laborit). L’émission fut diffusée entre 1985 et 1999, le samedi après-midi pendant 3 heures et il s’agissait de mettre en avant l’œuvre d’une personnalité du monde de la culture. Plusieurs personnalités y ont ainsi défilé comme Cornelius Castoriadis, Françoise Giroud, Jorge Semprun, etc.

L’entretien, fait par Marion Thiba et produit par Thierry Pons, a été diffusée le 4 février 1989. La cassette de M. Faubert indique pour sa part la « nuit du 11 avril 1989 », probablement une rediffusion. Elle indique aussi qu’il manque 10 minutes au début, d’où le commencement abrupte de la partie d’aujourd’hui. Peut-être un jour les retrouvera-t-on grâce aux CD de la bibliothèque de Tolbiac…  »

La suite à http://www.elogedelasuite.net/?p=3145

 

6 juillet 2016

Eloge de la suite: Une autre émission Humeurs avec Laborit à Radio-Libertaire (1ère partie)

Filed under: Actualité, biologie, livres, radio — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 6:26

Tel qu’annoncé dans mon plan de match, on continue aujourd’hui avec les premiers trois quart d’heure d’une seconde émission Humeurs enregistrée à Radio Libertaire à l’automne 1985 et animée par Gérard Caramaro. Cette seconde émission eut lieu deux semaines après celle que l’on a terminée la semaine dernière, comme on l’apprend au début de l’enregistrement que voici. http://www.elogedelasuite.net/?p=3125

Une autre émission Humeurs avec Laborit à Radio-Libertaire (1ère partie)

Laborit à Radio Libertaire en 1985 (2e partie)

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