Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

10 février 2017

Alfred Korzybski : éléments biographiques

Filed under: Alfred Korzybski, Bruce Kodish, Sémantique générale — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:41

ak-17b

Alfred Korzybski lecturing at his August Intensive Seminar, 1940

Extrait du séminaire clinique de sémantique générale, série de cours donnés par Alfred Korzybski du 27 décembre 1948 au 3 janvier 1949 à Lakeville, Connecticut.

PDF: http://semantiquegenerale.free.fr/Korzybski_bio.pdf 

Pour aller plus loin:

8 novembre 2016

Bruno Dubuc, Eloge de la suite: La linguistique cognitive (et relative) et l’influence de Korzybski sur Laborit

Publié le 4 novembre 2016

http://www.elogedelasuite.net/?p=3322

Comme je l’ai expliqué ici, je donne cet automne un cours sur la cognition incarnée à l’UQAM. Chaque lundi, je publie dans le blogue du Cerveau à tous les niveaux un résumé de la séance que je donne le mercredi suivant. Et chaque vendredi, je fais ici des liens entre le travail de Laborit et le thème de la semaine (les présentations des séances du cours en format pdf sont disponibles ici).

Cette semaine, on a fait une brève incursion du côté de la linguistique pour montrer comment le courant de la cognition incarnée ne l’a pas épargnée. Je crois que Laborit aurait été intéressé par les idées de la linguistique cognitive contemporaine où la sémantique et les métaphores à partir du corps ont pris une grande place. Car Laborit a été très influencé par Alfred Korzybski et son concept de sémantique générale (qui lui-même peut être vu comme précurseur de la théorie de la relativité linguistique de Sapir et Whorf).

On n’a qu’à lire l’entrée en matière, que je reproduis ci-dessous, du texte traduit en anglais d’une allocution donnée par Laborit à New York  lors de la Alfred Korzybski Memorial Lecture de 1963 et intitulé « The need for generalization in biologicas research : role of the mathematical theory of ensembles » :

“Dear Friends : I am at a loss to express to you how honored I feel to be giving this lecture, and to find myself at this gathering dominated by the great figure of Alfred Korzybski . I did not have the joy of knowing him personally as did some others here, most particularly M. Kendig, who continues his thought and perpetuates his presence among us . However, his thought is written in books, and through them, I believe I can call myself one of his disciples . Although the following exposition does not make frequent reference to his name as it should, this is not a necessity for you to understand that I wrote it to honor his memory and to participate, however modestly, in the continuation of his thought .”

Pour résumer sommairement la démarche de Korszybski (1879 – 1950), on peut le lire sur sa page Wikipédia que :

« L’œuvre de Korzybski tourne autour de la fondation de ce qu’il appela lui-même une « science de l’homme ». Interpellé par les problèmes récurrents rencontrés dans la civilisation occidentale de son époque (incompréhension, misère, guerre, etc.), il entreprit d’étudier le fonctionnement de l’homme dans son environnement, à savoir la façon dont notre système nerveux perçoit, interprète et modifie, entre autres, ce qui se trouve autour de lui, afin d’essayer d’établir une méthode permettant aux hommes de mieux communiquer, de mieux se comprendre, d’agir conformément aux faits et non à des représentations erronées, acquises ou innées, dont la plupart ne prennent pas conscience (« les prémisses »). Cette recherche culmine avec son œuvre majeure, Science and Sanity […], dans laquelle il jette les bases de la sémantique générale.

Le biologiste français Henri Laborit a élaboré sur la sémantique générale sa théorie de l’inhibition de l’action et ses recherches sur la structure des organismes vivants (voir La Nouvelle Grille, L’Inhibition de l’Action). »

Je ne sais pas si l’on peut aller jusqu’à dire que Laborit « a élaboré sur » la sémantique générale le cœur de son œuvre (il a quand même fait lui-même quelques expériences fondatrices…), mais chose certaine l’aphorisme de Korzybski : « une carte n’est pas le territoire », ou encore « le mot chien ne mord pas » est souvent cité par Laborit pour rappeler que les mots ne correspondent pas à des réalités mais ne sont que des étiquettes derrière lesquels chacun met son expérience passée de chacun de ces mots.

En googlant ce deuxième aphorisme avec le nom de Laborit, on trouve d’ailleurs des choses intéressantes comme cette courte entrevue de Laborit faite par Bernard Werber (l’auteur des Fourmis, etc., qui a écrit sur son site web que « Mon oncle d’Amérique […] a longtemps été mon film culte ainsi que le livre Eloge de la fuite« …). L’entrevue est intitulée « Le mot Dieu ne mord pas » et l’on y sent particulièrement bien l’extrême prudence avec laquelle Laborit manipulait des mots aussi fortement connotés que «Dieu» (ou « liberté », ou « amour »…). Détail rigolo dans cet article : le mot « agoniste » a été écrit à la place de « agnostique » ! Je ne sais pas si l’erreur était dans la revue ou si elle provient de la retranscription, mais un tel lapsus fait en tout cas du sens quand on parle d’un pharmacologue…

Enfin, en terminant, je voudrais mentionner le blogue d’Isabelle Aubert-Baudron qui fait un travail de recherche sur l’élaboration d’une économie non-aristotélicienne, à partir de la sémantique générale d’Alfred Korzybski et où Laborit est abondamment cité (souvent par l’entremise d’Éloge de la suite… 😉 ).

Bruno Dubuc

 

11 septembre 2016

I. Aubert-Baudron: Des paquebots de croisière pour les migrants?

Filed under: Alfred Korzybski, Alternative — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:16

Une proposition permettant de concilier les objectifs de sécurité et une approche humaniste de l’arrivée des migrants en Europe.  En ligne à https://blogs.mediapart.fr/miss-marple/blog/080916/des-paquebots-de-croisiere-pour-les-migrants-1

 

17 juin 2016

Isabelle Aubert-Baudron: Une économie non-aristotélicienne ? JUGAAD !

Hier soir sur Antenne 2 un reportage passionnant dans l’émission Un oeil sur la planète sur le concept indien de Jugaad, de Navi Radjou. Voir également sur ce concept L’innovation Jugaad, faire mieux avec moins – FUTUREMAG – ARTE

Livres de Navi Radjou

Ce concept est similaire à l’économie non-aristotélicienne que j’ai mise au point depuis la fin des années 90 à partir de la sémantique générale de Korzybski et grâce à laquelle j’ai pu mettre au point sans moyen financier, entre autres, Interzone Editions et des cours de sémantique générale en ligne.

Pour plus d’infos sur l’économie non-aristotélicienne :

Une économie de rechange ?

Une économie non-aristotélicienne :

* L’économie de marché: une économie aristotélicienne

* Déstructuration: Enquêtes sur les mécanismes de l’économie de marché dans le domaine de la santé

* Restructuration: Une économie non-aristotélicienne

* Economie A / économie non-A

Application de la démarche des mathématiciens en économie

Comment faire soi-même une dreamachine simple et pas chère (1981)

Première machine à rêver (1981)

Plus d’infos sur la dreamachine

 

23 janvier 2016

Martin Levinson – Introduction to the 59th Alfred Korzybski Memorial Lecture & Dinner

 

2 octobre 2015

Sémantique générale: Schémas du différentiel structurel et de la démarche scientifique

Voici quelques schémas pour plus de clarté sur

Str-diff-S&S3jpeg

Voir également les schémas ci-dessous en PDF à Différentiel structurel , d’après ceux de Steve Stockdale :

diff_struc1

diff_struc2

Voir également le chapitre XXV de Science and Sanity de Korzybski, On the structural differential , à http://esgs.free.fr/uk/art/sands-ch25.pdf .

Interzone Editions, Courrier de l’Ouest, 25 septembre 2015

Courrier de l’Ouest, 25 septembre 2015 (pdf)

IE_courrier_25-09-15B_long

14 mars 2015

Interzone Editions: le catalogue 2015 est en ligne

odonovanstella-fullinit_-2

16 juin 2014

Isabelle Aubert-Baudron: De la manipulation des symboles : (2) « l’identité »

Suite de  De la manipulation des symboles : (1) «les valeurs», «évaluation» :

Version pdf complète:  De la manipulation des symboles (14 06 2014)

Un autre terme qui revient sans cesse dans les média est le terme « identité » : depuis l’apparition dans les discours médiatiques de l’ « identité de la France » en 2007, chacun se bouscule au portillon pour revendiquer pour lui-même sa propre identité, et sans laquelle  il serait quasiment voué au chaos psychotique.

Cette « identité » est censée représenter une image de lui-même et de son existence propre, ou celle correspondant aux clichés médiatiques associés lui attribuant un ensemble de caractéristiques le différenciant des autres individus, images auxquels il s’identifient.

Commençons par nous demander ce que signifie le terme « identité » :

Le Petit Robert en donne les significations suivantes :

  • Caractère de deux objets de pensée identiques. Identité qualitative ou spécifique.=> similitude. L‘identité d’une chose avec une autre, d’une chose et d’une autre. Identité de vue. Identité de goût entre deux êtres. « cette ressemblance était une identité qui me donnait le frisson. » (Baudelaire). « Les profondes identités d’esprit, les ressemblances fraternelles de pensée » (Bourget). => communauté.
  • Caractère de ce qui est un. => unité. Identité de l’étoile du soir et de l’étoile du matin (c’est-à-dire Vénus).
  1. PSYCHOL. Identité personnelle, caractère de ce qui demeure identique à soi-même. Problème psychologique de l’identité du moi. Crise d’identité. – Identité culturelle : ensemble de traits culturels propres à un groupe ethnique (langue, religion, arts, etc.) qui lui confèrent son individualité ; sentiment d’appartenance d’un individu à ce groupe. => acculturation, déculturation. – PAR EXT. => permanence. Le fait pour une personne d’être tel individu et de pouvoir être légalement reconnue pour tel sans nulle confusion grâce aux éléments (état civil, signalement) qui l’individualisent ; ces éléments. Décliner son identité. Etablir l’identité de qqn. => identifier. Usurpation d’identité. LOC. Pièce d’identité : pièce officielle, prouvant l’identité d’une personne. => papier.         Carte, photo d’identité. – Relevé d’identité bancaire. – PAR EXT. Identité judiciaire : service de la police judiciaire chargé spécialement de la recherche et de l’établissement de l’identité des malfaiteurs.=> sommier.
  2. LOC. Relation entre deux termes identiques, formule énonçant cette relation. Principe d’identité : ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas. » MATH. Egalité qui demeure vraie quelles que soient les valeurs attribuées aux termes qui la constituent. Fonction identité : fonction prenant, quelle que soit celle-ci, la même valeur que la variable. CONTR. Altérité, contraste, différence.

Confrontons  maintenant ces  définitions aux faits :

Dans la réalité, dans le monde dans lequel nous vivons, il n’existe aucune chose qui soit identique à elle-même au fil du temps. Nous vivons dans un monde dynamique, impermanent, changeant d’une seconde à l’autre, même si ces changements échappent à nos capacités de perception.

Prenons l’expression « l’identité de la France ». Elle repose sur le postulat qu’il existerait une entité appelée « la France » qui serait statique, immuable, identique à elle-même au cours du temps.

Considérons maintenant les faits : la France est-elle identique à elle-même entre le matin et le soir d’un jour d’élections, avant et après le passage d’un ouragan ? La France de 1960 est-elle identique à celle de 2014 ?

En ce qui nous concerne, sommes-nous identiques à nous-mêmes d’un instant à l’autre au cours d’une même journée ? Suis-je, au moment où j’écris cela, « la même » que le jour de ma naissance ? Suis-je la même un matin en me levant fraiche et dispose, et quelques heures plus tard si j’ai une crise de migraine, ou que je me casse un bras ? Ce sont là des questions simples, auxquelles chacun peut répondre en confrontant le niveau des mots à celui des faits qu’il observe dans sa vie de tous les jours.

Cette conception de l’identité repose sur une vision statique de l’homme et du monde correspondant à la conception aristotélicienne, qui pouvait apparaître scientifique de l’antiquité au XVII° siècle, dans le cadre du paradigme métaphysique ou pré-cientifique, mais qui est de nos jours complètement dépassée et totalement dépourvue de scientificité.

Ainsi le terme « identité » est  censé désigner, représenter, quelque chose qui en réalité n’existe pas. Il ne s’agit pas d’un symbole, d’un signe chargé de sens qui représenterait quelque chose, mais d’un enchainement de lettres qui ne représente rien de réel.

Alors par quoi remplacer ce concept dépourvu de sens dans le contexte actuel ? Le Petit Robert nous ouvre une alternative à travers le concept d’individualité, dont il donne les acceptions suivantes :

  1. DIDACT. Ce qui existe l’état d’individu. Caractère d’un individu qui « diffère d’un autre non pas seulement d’une façon numérique, mais dans ses caractéristiques et sa constitution» (Lalande) ; fait d’être un individu. « L’être vivant forme un organisme et une individualité » (Cl. Bernard). L’individualité d’un être pensant. => moi.
  2. COUR. Caractère ou ensemble de caractères par lesquels une personne ou une chose diffère des autres. => originalité, particularité. L’individualité d’un artiste. Style d’une forte individualité.

(1830) Individu, considéré dans ce qui le différentie des autres. – COUR. => personnalité. « Ils offraient très peu d’individualités fortes,  [ … ] nul grand inventeur, nul héros » Michelet.

Le concept d’individualité contient la notion de diversité et d’originalité de chaque individu,  du fait que chacun est unique et différent des autres, et ne saurait être limité à un ensemble de caractéristiques globalisantes plaquées faussement sur la catégorie dans laquelle il est classé artificiellement, et faussement identifié.

Alfred KORZYBSKI : « SEMINAIRE DE SEMANTIQUE GENERALE 1937 – Transcription des Notes des Conférences de Sémantique Générale Données à Olivet College » (Interzone Editions)

Deuxième conférence :

p. 14 :

« Dans chaque domaine, personnel, humain, national, etc., y compris celui de la « folie », les anciennes orientations impliquaient le « est » d' »identité ». De nombreuses heures vont être nécessaires pour que vous puissiez acquérir une compréhension claire de tout cela et souvenez-vous que nous en tant que groupe avons refusé catégoriquement le « est » d’identité : La carte n’est pas le territoire. S’il peut être démontré que l’ancienne orientation est basée sur le « est » d’identité, nous pouvons voir sur quoi repose l’ancien système. »

Troisième conférence :

p. 22 :

J’examine ce garçon, et celui-ci, et celui-là, et qu’est-ce que je découvre ? C’est très difficile. Savez-vous ce que je découvre ? Et vous allez le découvrir également. Je découvre que ce garçon qui se trouve ici est un individu unique au monde. Il n’y a personne qui lui soit « identique ». Cela s’applique à chacun d’entre nous. Et cela s’applique à tout ce que vous connaissez. Littéralement tout ce que vous connaissez. Il y a une boîte d’allumettes ici sur le bureau. Cette boîte contient-elle deux allumettes « identiques » ? Nous découvrons alors une loi de la nature qui a été négligée et qui est pourtant fondamentale, à savoir la loi de non-identité. N’oubliez jamais cela. Elle est contenue dans le deuxième postulat, n’est pas tout. C’est une dénégation complète de l’identité. L’identité, qui est définie comme l’absolue similarité dans toutes les caractéristiques, n’existe pas. Nous avons découvert une loi naturelle fondamentale en ce monde, la loi de non-identité. Réalisez-vous que cette loi naturelle de non-identité est universelle ? C’est une question de fait, c’est empirique.

p. 23 :

Etes-vous identique à vous-même d’une seconde à l’autre ? A partir de ce que vous savez sur vous-même vous devriez savoir que vous n’êtes pas identique à vous-même d’un instant à l’autre. Réalisez-vous combien il est regrettable et malheureux qu’on ait dû attendre le vingtième siècle pour faire ce genre d’analyse, parce qu’elle nous semble tellement simple et tellement étrange ? Vous rendez-vous compte que ceci devrait constituer la base de l’éducation ? Et pourtant le système éducatif, en dehors de très rares écoles d’avant-garde, et en partie seulement, néglige complètement ce problème dans l’éducation. Ce genre de réponse comme une preuve des orientations sur l' »identité » est généralement courante, mais je citerai un autre exemple plus proche de notre postulat. Le postulat est la non-identité, mais il s’agit de la non-identité dans « toutes » les caractéristiques. L’identité est définie comme une similarité absolue dans toutes les caractéristiques. Vous pouvez ressembler à quelqu’un d’autre, vous pouvez avoir le même nez, la même bouche et même quelques dents, mais vous ne lui êtes pas identique parce que vos caractéristiques ne sont « pas toutes » identiques aux siennes. Si vous n’avez qu’une caractéristique similaire, avez-vous la même identité ? Quand nous approchons des limites de classification dans le domaine scientifique, les caractéristiques d’une molécule diffèrent des caractéristiques générales des groupes de molécules et d’atomes. Ce sont des questions de faits dans les sciences en général.

La même chose est vraie en ce qui nous concerne. A savoir que la « psychologie » de chacun d’entre nous est différente selon que nous sommes pris séparément ou que nous sommes en groupe, la « psychologie » de masse ou de groupe est différente de la « psychologie » individuelle. Les orientations sont non-élémentalistes, la dépendance vis-à-vis de l’environnement, du groupe, de l’environnement dont nous sommes tous victimes; la dépendance vis-à-vis de l’environnement sémantique auquel nous ne pouvons échapper; nous sommes nés dans un certain système d’évaluation. Pouvez-vous être isolés de ce système quel qu’il soit ? En d’autres termes le caractère non-élémentaliste de l’environnement sémantique ou linguistique. Cela nous place-t-il dans une situation où sont négligés certains des facteurs les plus vitaux de nos existences ? Pourquoi perdons-nous notre temps avec « l’environnement de l’eau » et l' »environnement de l’air » et ignorons-nous totalement l’environnement linguistique et sémantique ? En S.G., nous examinons ces facteurs qui ont été méconnus auparavant.

Septième conférence :

p. 51 :

« Représenter les « faits » comme des « faits » et avoir une carte-langage qui corresponde aux « faits », revient au même. Voici tout le secret de l' »aliénation » et de la santé. Notre monde n’est pas encore régi par ces notions, c’est pourquoi nous avons un monde si malheureux. Ceci nous conduit à la loi de non-identité. Il n’y a pas d' »identité » en ce monde, mais toutes les vieilles orientations sont basées sur l' »identité ». L’aliénation est basée sur des identifications, des identifications dans un monde où il n’y a pas d’identité. Vous trouverez dans la vie de tous les jours de graves problèmes sans fin générés par des identifications, ou des évaluations inadaptées. »

Dixième conférence :

p. 73 – 74 :

« Je ne ferai pas de redite pas ce soir. Les notions que nous avons étudiées vous sont plus ou moins familières. Souvenez-vous des quatre « est ». Souvenez-vous que le « est » d’attribution et le « est » d’identité sont par extension invariablement faux par rapport aux faits. Souvenez-vous que ce sont les faits qui sont importants. Si vous dites que le bâton est noir, cette déclaration est fausse par rapport aux faits. « Le bâton me semble noir » est correct. Les faits n’ont pas changé, mais les implications sont différentes. Voilà le point important dans cette question. La première déclaration implique de fausses informations, pas la deuxième. Quand nous utilisons ces « est » nous classifions intérieurement nos évaluations. Cela implique une réponse organique. Ensuite nous identifions quelque chose de réel avec une fiction et nous vivons, alors, dans un monde d’illusions. Ceci conduit à l’inadaptation. Cela s’applique aussi à d’autres mots. Disons « pomme ». Ce nom s’applique 1) aux processus électro-chimiques qui s’y déroulent; 2) il s’applique à l' »objet », 3) il s’applique aux impressions sur notre cerveau; et 4) finalement à une définition. Ce seul mot recouvre quatre choses différentes. Cela n’est pas sain. Il est impossible de gérer correctement une telle situation. N’oubliez jamais ceci. Souvenez-vous que toutes les impressions des « sens » sont anthropomorphiques. Dans l’ancienne orientation nous sommes pleins de faux savoir. Tout ce que je vous dis ici provient de l’antique « sagesse » mais il ne serait jamais possible de l’appliquer dans l’orientation intensionnelle. Les gens qui veulent résoudre leurs propres problèmes doivent étudier les méthodes extensionnelles. Ici je n’ai fait qu’ébaucher les grandes lignes du cours de façon déductive; cependant, vous devez retourner aux sources inductives telles qu’elles sont ébauchées dans « SCIENCE AND SANITY ».

Souvenez-vous de l’amibe. Elle répondait à la proie qui nageait à côté d’elle, parce que cette proie produisait des bulles de gaz qui avaient des effets chimiques directs sur l’amibe. Si nous reproduisons artificiellement des bulles de gaz à proximité de l’amibe, elle passera par les mêmes réactions et essaiera d’attraper les bulles de gaz. Ce n’est pas une réaction « sage » d’un point de vue humain. Cette bulle n’avait pas de valeur alimentaire pour l’amibe. C’était une réaction physico-chimique. Observez ce type de réactions animalières. Vous verrez que chaque jour vous faites la même chose. D’un point de vue humain cela dénote une évaluation pauvre. Nous parlons des réactions organiques de l’amibe et nous utiliserons le terme « identification ». Nous pourrions dire de ces réactions artificielles que l’organisme de l’amibe a identifié et évalué une bulle comme de la nourriture. C’était une évaluation inadaptée.

Comme il n’y a pas d’identité en ce monde, bien qu’il y ait égalité, équivalence, etc., n’importe quelle identification (quand l’amibe identifie de façon organique la nourriture avec la bulle), rend impossible une évaluation correcte. Quand nous sommes devant des identifications en termes de « valeur » entre n’importe quoi et n’importe quoi, elles sont souvent nuisibles ou pathologiques quand elles sont appliquées aux êtres humains. Au niveau de l’amibe, l’identification est « naturelle »; au niveau humain, elle engendre souvent l' »aliénation » et d’autres difficultés humaines. L’identification en termes de valeur dans un monde de non-identité ne peut conduire à une adaptation correcte car elle ne nous permet pas d’évaluer correctement. L’identification de la bulle à de la nourriture n’est pas une évaluation appropriée. Souvenez-vous que ces termes sont techniques. Restez techniques, ne traduisez pas ces termes sans quoi vous vous attirerez des difficultés. C’est exactement comme dans le domaine des sciences, abolissez les termes techniques et vous avez aboli une science.»

William Burroughs: The Book of Breathing with illustrations by Robert F. Gale

“Count Alfred Korzybski, who developed the concept of General Semantics in his book Science and Sanity, has pointed out that the is of identity has led to basic confusion I, Western thought. The is of identity is rarely used in Egyptian pictorial writing. Instead of saying he is my servant they say he (is omitted) as my servant: a statement of relationship not identity. Accordingly there is nothing that word itself essentially is. Word only exists in a communication system of sender and receiver. It takes two to talk.

Perhaps it only took one to write.”

Dany Laferrière : « Depuis cinquante ans on nous emmerde avec l’identité, c’est l’expression à la mode. On dirait qu’on a été pris en otages par une bande de psychologues, de psychiatres ou de psychopathes. Quel que soit ce que vous faites, c’est une question d’identité. En Haïti, on a un surplus d’identités. »

http://bibliobs.nouvelobs.com/la-video-boite/20141125.OBS6029/dany-laferriere-depuis-50-ans-on-nous-emmerde-avec-l-identite.html

23 janvier 2014

Cours de sémantique générale: MOOC General semantics: an approach to effective language behavior.

Je me permets de vous informer que se tient actuellement un MOOC (Massive Open Online Course) organisé par Steve Stockdale, Mary Lahman et Greg Thompson sur la sémantique générale : General semantics: an approach to effective language behavior.

Dans l’hypothèse où vous seriez intéressé pour y participer, il est encore possible de s’y inscrire.
Les cours sont gratuits, et l’accès au site est libre: https://learn.canvas.net/courses/191

Y étant inscrite depuis le début, je peux dire que ces cours sont très bien faits et que la qualité et l’ampleur de documentation fournies sont impressionnantes.
Lien pour les inscriptions: https://www.canvas.net/courses/general-semantics-an-approach-to-effective-language-behavior

Bien sincèrement.

Isabelle Aubert-Baudron

17 janvier 2014

A non-Aristotelian logic : general semantics in the framework of evolution of the West

Je mets en ligne cet article et cette traduction pour le MOOC « General Semantics: An Approach to Effective Language Behavior » , Manchester University, qui se déroule actuellement du 13 janvier 2014 au 24 février 2014, animé par Steve Stockdale, Mary Lahman et Greg Thompson.

Korzybski called general semantics a “non-Aristotelian” logic. This requires clarifications on the meaning of this term and its origin.

Some important elements played a large part in the way Korzybski elaborated general semantics related to his experience of World war 1 : he found out that the mechanisms of thinking which had led to this war were based upon the premices of Aristotelian logic, elaborated 450 BC., which induced relations of opposition and conflict. This logic  rested upon the antique vision of mankind and of the world: the earth was conceived as flat, and at the center of the universe. Such a conception was of course obsolete and not valid anymore in the beginning of the twentieth century, as well as Aristotle’s logic. So Korzybski realized the gap between our evolution at the scientific level (XXth century), and in human domains (-450 BC and XVIIth century). He infered that, starting from the physics and mathematics of his time, he might elaborate a new logic fitting to the level of evolution of sciences, which would mentally free mankind from this logic of conflict. He built up general semantics, a a non-Aristotelian logic, upon the researches in modern physics : in the chapter XXXVII of Science and Sanity, “On the notion of “Simultaneity”  , he starts from Einstein’s work to integrate in his logic the role of the observer on the result of the observation, which was neglected in the previous logics (Aristotle and Descartes) and the physics they rested upon. This chapter seems to me very important because the reader can state the mathematical demonstrations and understand the scientific basis of general semantics.

Now, to understand what non-Euclidian geometry (XXth century) rests upon, you have to have a minimum of knowledge about Euclidian geometry (antiquity). Hence, before starting the GS teaching, what a non-Aristotelian discipline is about, a minimum of knowledge on Aristotle’s logic seems to me necessary, especially to to become aware of the ways it conditions our mechanisms of thinking and our behaviours, as well as its use in the domain of communication, so to become able to escape from its tricks. 

Here is in pdf a first draft of translation from my article “Les différentes étapes de l’évolution de l’Occident: Aristote, Descartes, Korzybski, Trois visions de l’homme et du monde”   .

It needs corrections and is not definitive (January 2014).

THE DIFFERENT STEPS OF EVOLUTION OF THE WEST Aristotle Descartes Korzybski

One point to avoid misunderstandings: “non-Aristotelian” does not mean “anti-Aristotelian”:  

The meaning of the terms “non-Euclidian”, “non-Newtonian” and “non-Aristotelian” does not mean that those domains would be “opposed” to the previous systems, but that the applications of the first ones, which appeared in the context of the sciences of the previous times, could not apprehend nor solve the new problems inherent in the level of scientific evolution at the Xxth century: for instance, Newton’s physic was helpless to solve problems created by modern technology: impossible to build or repair a computer or a radio with Newton, whose work was previous to the discovery of electricity.

 Non-Newtonian physics are not opposed to the one of Newton, they are used to solve problems which did not exist when he was alive.

 Those different systems are different element of the same set: without the Euclidian  and Aristotalian system,  the Newtonian and non-Newtonian ones could not have arisen.

 We can compare those steps of evolution of the West to the different ages of a human being: as adults, we do not think nor act anymore as we did when we were born, nor during our childhood. Though our life is different when we are a baby, then a child and then an adult, those different ages are parts of a human life and cannot be opposed.

24 décembre 2013

Isabelle Aubert-Baudron: De la manipulation des symboles : (1) «les valeurs», «évaluation»

Filed under: Alfred Korzybski, Economie, Sémantique générale — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 5:31
© Isabelle Aubert-Baudron

Dans les discours diffusés par les média actuellement, je suis frappée par l’utilisation répétée, quelques soient les provenances de ces discours, de termes et de concepts qui semblent communs à tous les gens qui les utilisent, dans des buts différents, en leur donnant  des sens différents.  Les divers individus qui s’expriment utilisent généralement ces mots pour s’opposer les uns aux autres, dans le cadre de polémiques, bien que se référant à un langage de communication commun.

Pour mettre un peu d’ordre dans cette cacophonie langagière, il m’a semblé utile de me pencher sur quelques-uns de ces termes, en comparant leur sens d’origine défini par le dictionnaire avec le sens que leur donnent les communicants actuels, afin d’avoir une idée plus claire de ce dont on parlait exactement.

La validité des discours que nous pouvons être amenés à tenir repose sur leur conformité avec les faits : quand quelqu’un me dit quelque chose, et que je regarde ce qu’il en est en comparant avec ce que je peux moi-même observer, si je constate que ce qu’il me dit ne correspond pas aux faits, je sais que ses propos ne sont pas fiables.

Dans cette optique, les termes que je propose d’examiner ici aujourd’hui sont les termes suivants : « valeurs » et « évaluation ».

Suite en pdf De la manipulation des symboles «les valeurs», «évaluation»

23 décembre 2013

Isabelle Aubert-Baudron: Les différentes étapes de l’évolution de l’Occident: Aristote, Descartes, Korzybski, Trois visions de l’homme et du monde

LOGOd

Pour pouvoir comprendre l’évolution des modes de pensée dans la civilisation occidentale, il importe de la replacer dans son contexte aux niveaux scientifique et sémantique, d’Aristote à nos jours. En effet, l’évolution sémantique ne s’est pas faite indépendamment de l’évolution scientifique, mais elle en est la conséquence, découlant des cartes dressées par les mathématiciens des différentes époques en fonction des données dont ils disposaient. A partir de là des philosophes ont élaboré des systèmes de pensée basés sur les cartes dressées par les scientifiques de leur temps, systèmes qui ont structuré la vision de l’homme et du monde.

Au IV° siècle avant J.C., Aristote a élaboré une logique de pensée, liée à la vision antique du monde, selon laquelle la terre était un disque plat situé au centre de l’univers, correspondant à celle des mathématiciens d’alors. Le système scientifique qui a marqué cette période de l’antiquité est le système euclidien. Cette première étape correspond à la période grecque appelée métaphysique ou pré-scientifique.

La logique d’Aristote a servi de référence en Occident jusqu’aux découvertes de Galilée et de Newton, qui ont donné lieu à l’apparition de la logique cartésienne au XVII° siècle et au rationalisme, logique sur laquelle ont été élaborées les sciences humaines actuelles. Cette deuxième période est appelée classique ou semi-scientifique. Au début du XX° siècle sont apparues en physique la mécanique quantique, et la théorie de la relativité d’Einstein, qui ont remis en question les fondements du système newtonien et ont donné lieu à l’élaboration de la sémantique générale ou logique non-aristotélicienne, celle-ci invalidant à son tour les bases des logiques précédentes aristotélicienne et cartésienne. Cette troisième période est appelée mathématique ou scientifique.

En conséquence la logique d’Aristote a structuré l’évolution de nos langages et de notre civilisation aux niveaux humains, institutionnel, spirituel, etc., du IV° siècle avant notre ère au XVII° siècle, c’est-à-dire durant deux mille ans, et celle de Descartes, du XVII° siècle à nos jours. La S.G. constitue donc le mode de pensée qui correspond au niveau d’évolution scientifique de notre époque, et ce n’est qu’à travers son étude et son intégration que notre civilisation pourra parvenir à intégrer, au niveau des sciences humaines, les fruits de son évolution scientifique, la plupart de nos problèmes de civilisation dans les domaines humains provenant de la dichotomie entre notre évolution aux niveaux scientifiques et humains, et du fait que nous raisonnons encore dans les sciences humaines sur les bases des systèmes de pensée précédents.

Quelles sont maintenant les bases de ces systèmes de pensée, et quel rôle ont-ils joué dans l’élaboration des visions successives de l’homme et du monde ?

La suite de cet article en pdf :

LES DIFFERENTES ETAPES DE L’EVOLUTION DE L’OCCIDENT ARISTOTE DESCARTES KORZYBSKI TROIS VISIONS DE L’HOMME ET DU MONDE

© Isabelle Aubert-Baudron

10 décembre 2013

Steve Stockdale: « General Semantics: An Approach to Effective Language Behavior » at the MOOC

Filed under: Actualité, Alfred Korzybski, MOOC, Sémantique générale, Teaching — Étiquettes : , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:51

I’m pleased to announce I will be team-teaching my first Massive Open Online Course (or MOOC). This type of free online course provides an alternative means to deliver and experience educational offerings to anyone in the world with access to the Internet.

The course is titled General Semantics: An Approach to Effective Language Behavior, based on a Communication Studies course that Mary Lahman, Ph.D., has taught at Manchester University in Indiana for fifteen years. Greg Thompson, Ph.D. and visiting anthropology professor at BYU, rounds out our teaching team. So participants will benefit from three different perspectives about General Semantics.

Registration is now open for the six-week class that begins 13 January 2014. There is no fee for registration or materials – it’s completely free, offered through the Canvas Network  . Here’s the description:

This course provides an introduction to general semantics—the study of how we transform our life experiences into language and thought. Students will learn how their language habits and behaviors, as well as how they think about and share experiences, are what make them uniquely human. In other words, students will discover the critical, but sometimes subtle distinctions between what happens in their lives and how they talk about what happens.

The course will include readings from a wide array of disciplines, such as communication studies, neuroscience, and cultural anthropology. It will also include visual and auditory demonstrations through music and social media, and collaborative interactions with fellow learners. These types of learning experiences allow students to not only learn about more effective language behaviors, but also practice those new behaviors in order to communicate more effectively and appropriately in interpersonal and organizational contexts.

To enroll, simply click the blue ENROLL button on this page.

The course content is organized into weekly modules. Participants can work at their own pace and sequence, with activities and exercises arranged to facilitate learning.

This is a great opportunity to try something new, both in terms of the subject matter and educational format. After five days of open registration it looks like we have participants signed up from four continents. Feel free to enroll and participate as much, or as little, as you wish. We’ll all learn something together, although those « somethings » may be quite different.

Attached is an information sheet about the course. Please consider sharing with your social media networks or with anyone who might be interested in learning something like General Semantics in an international virtual classroom.

Best regards,

Steve

Steve_stockdale_GSapproach

19 novembre 2013

Interzone Editions: Publications

Une expérimentation d’une économie non-aristotélicienne

E-books

En français:

Isabelle AUBERT-BAUDRON:

Des systèmes de contrôle: à paraître

Le Carrefour des Impasses : en cours de publication, ancienne version en ligne.

Revue Objectifs : Objectifs 1 , Objectifs 2 , Objectifs 3 , Objectifs 4 , Objectifs 5 , Objectifs 6, Objectifs 7

Traductions d’extraits de Science and Sanity d’Alfred Korzybski. Translated with the permission of Alfred Korzybski Literary Estate.

Anthologie d’Interzone:

Le Temps des Naguals: Autour de Burroughs et Gysin: également disponible en version imprimée (Interzone Editions): 135 pages.

En anglais :

Interzone anthology: The Time of the Naguals : en ligne en format pdf.

En version imprimée chez Interzone Editions

Sciences humaines:

Alfred KORZYBSKI: SEMINAIRE DE SEMANTIQUE GENERALE 1937: Transcription des Notes des Conférences de Sémantique Générale Données à Olivet College – Traduction: Isabelle AUBERT-BAUDRON- ISBN 978-2-9531513-05.

Littérature et recherche:

Le Temps des Naguals – Autour de Burroughs et Gysin , une anthologie du réseau Interzone, textes inédits de William Burroughs et Brion Gysin, traductions Isabelle Aubert-Baudron. ISBN : 978-2-9531513-6-7

Conte pour enfant:

Stella Matutina, textes et illustrations de Marylis : conte de Noël

en français ISBN 978-2-9531513-3-6

Stella Matutina, traduction anglaise: Isabelle AUBERT-BAUDRON & Paul O’DONOVAN – ISBN 978-2-9531513-4-3

Bande dessinée :

José ALTIMIRAS & François DARNAUDET:

Le Taxidermiste ISBN 978-2-9531513-1-2

The Taxidermist : Traduction anglaise Isabelle AUBERT-BAUDRON et Ken GAGE – ISBN 978-2-9531513-2-9

A paraître :

DE TAXIDERMIST – Traduction hollandaise: Peter VAN DE LEUR.

Musique

Interzone: Interzone CD1

Paul O’DONOVAN : The Happylands and Elsewhere

7 novembre 2013

Aristotelian and non-Aristotelian economies

Isabelle Aubert-Baudron
(Revised : June 2013)

In French: Economie A / économie non-A

Aristotelian economy

Non-Aristotelian economy

Assumptions:– Belief in the value of money as something real, and economic rules feature an existence in itself, independent of its users, Assumptions:– A concept of money as « a symbol of exchange between humans, whose value is based on an agreement between its users and the economic rules that depend on contracts between its users » (Alfred Korzybski: « Science and Sanity « : On symbolism (Chapter 6)
– The assumption that it is not possible to get rich without taking money from someone else, – The assumption that it is possible to make money without taking it to someone else,
– A structure of relationships based on exclusion, – A structure of relationship based on the inclusion of all elements in the same set, (« A structure is the set of relationships between the elements of a same whole. » Henri Laborit, « La Nouvelle Grille »)
– Relationships of competition, of conflict between insiders and outsiders, rich and poor, etc.

– This stucture of relationships leads to a mutual destruction of the respective forces and energies 1 + 1 < 2

– Relationships of non-dominance, complementary, interdisciplinarity and informational opening, similar to the structure of living organisms (Henri Laborit), leading to a higher result than the sum of the parts (1 + 1 = 3): mathematical principle of non-additivity : (Alfred Korzybski: » Science and Sanity« : On order” (Chapter 12) This principle has been applied by William Burroughs and Brion Gysin in literature (« The Third Mind »).
– A strategy based on intelligence of balance of power to get money. The advantage is to the strongest. – A strategy based on the strength of relationships of intelligence, which invalidates the logic of strength relations. The advantage is to the most intelligent.
This system is based on parasitism, the looting of resources, and the principle that consists in sawing off the branch on which you sit: once the resources have run out, there is nothing left to plunder, the system collapses. – This system is based upon a use of the resources adapted to the actual needs.Enrichment of ALL partners.
The people serve the company:– Absolute value of profit to the detriment of people. A company serving people:– function of the company: allow all elements of the set to make a living.
– Hierarchies of dominance ; a symbolic hierarchic power, without relation to the actual capacities of the people in charge. The people at the bottom, on which the whole pyramid rests, have no hierarchic power. – Hierarchy of knowledge and skill. The people at the bottom, on which the whole pyramid rests, have the real power :  » Power first depends on the necessity of the function, for the human set taken in account. Any individual or group of individual who is not indispensable for the structure of a set have no reason to be in « power », as this set can fulfill its function without them. » (Henri Laborit, « La Nouvelle Grille », p. 182).
– Absolute value of profit to the detriment of people. – Value of the individual proportional to his status, reduced to the money one can bring, to a resource. – Absolute value of the human person, – Relative value of money, depending on the services it can provide as « a symbol for human agreement » (Korzybski)
– Power: domination, manipulation, negative success. . – Power of performance: positive success.
– Problematic of guilt: Action based upon criteria « good / bad », concept of fault.

– Opposition between individual and collective interests.

– Responsibility: Action ddétermined according to the consequences of the acts, their outcomes. – The company as part of a whole: national and international economy, => base of relations in the interest of all.

– No opposition between individual interest and collective interest.

Staff management based on inferiority and manipulation of human beings (bullying) and on reducing the value of people to their diplomas and their status.

The purpose of this management is to exclude from the area of work as many people as possible to reduce salaries and their retirement pensions as much as possible, and limit the flow of money to a minimum of people,

Staff management based on mutual respect, appreciation, and consideration of the actual capabilities of each, and the absolute value of the human person.

The purpose of this management is to include as many citizens as possible in the workplace, according to his actual abilities.

Structure of hierarchical relationship of dominance. Structure of relations structurally similar to the human organism: complementarity, interdisciplinarity, informational opening.
Aristotelian mental structure: obsolete, corresponding to a vision of man and the world dating from 2400 years: mechanisms of thought structured by the principles of identity, contradiction and third excluded (see  A non-Aristotelian logic : general semantics in the framework of evolution of the West  & THE DIFFERENT STEPS OF EVOLUTION OF THE WEST Aristotle, Descartes, Korzybski ).Structure of static relations, based on the balance of power, obsolete compared to the structure of relations of our political model and in contradiction with the rule of law.

Non-A mental structure :

fitting in with our level of semantic evolution (a map is not the territory it represents, a map does not represent the whole territory, a map is self-reflexive), politics (Declaration of Human Rights and Citizen, 1789) and the rule of law.

Hierarchies of power: decision at the top, executors at the bottom. The capacities of individuals are limited to the ones of their function. Hierarchies of skill and knowledge: anyone can use his real capabilities at different levels, => people can work in what they can do well and enjoy doing. The individual skills are added to the skills of the set, the result, is higher than the sum of its parts, and becomes part of the wealth of the company.
Intensional attitude: economy based on theories, doctrines, developed in the interests of stakeholder, groups of economic actors (capitalism, market economy, liberalism, with their opposites: unionism, Marxism, etc..), => pressure groups always opposed in conflicts, unable to establish non conflictual relations, with a waste of the resources and energies in conflict. The amount of the wealth, resources and means taken in account is limited by theoric criteria of evaluation of the strongest. Extensional attitude: based upon the facts: – The real needs,

– The real means available to fill them: the sum of the resources of all countries at all levels, including those that are not considered as part of the economy A.

Allows to include all elements in the set, and build an economic framework that embraces them all.

The amount of the wealth, ressources and means taken in account is much higher than in the A economy.

No consideration of the will of the citizens: the economical orientations are decided in function of financial theories and the interests of lobbies, their human consequences remain hidden. Some aspects of this economy are occult, the rules are rigged. Integration of the citizens in decisions, and economical participation as actors in it and in accordance with the constitution. In decision making, favor an approach based on consideration of the consequences of these human level, and adjust the financial terms.
« Economics »: pseudo scientificity: no confrontation with the facts in front of unsatisfactory economic performance, no questioning of the directions taken. Does not rest on a given doctrine, nor political beliefs,but applies a real scientific approach: Apply in economy the step of the mathematicians of the XXth century (non-Euclidian geometry).
The economical maps are not similar to territories they are supposed to represent => the economical actual results do not fit with the expectated results => economical crisis.. There is no economical theory. The economical maps are drawn in function of the facts : the actual needs, the actual resources, and how to use those ressources to fulfill practicly the needs of the human set.
Planning of the shortage, created from scratch: the resources are presented as less important than the actual resources. No shortage : start from human needs and real resources at all levels.
Etc. Etc.

1 avril 2013

Milton Dawes: Creative being

Filed under: Actualité, Alfred Korzybski, Mathématiques, Sémantique générale — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 5:29

Creative-Being-522x1024

26 mars 2013

Milton Dawes: Some General Semantics Principles

Filed under: Actualité, Alfred Korzybski, Milton Dawes, Sémantique générale — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 5:49

Ce texte de Milton Dawes est en ligne dans le site « La sémantique générale pour tous » à http://semantiquegenerale.free.fr/miltondawes1.htm .

Traduction française en préparation.

25 février 2013

Institute of General Semantics: chaîne de vidéos sur You Tube

L’Institute of General Semantics met en ligne des vidéos de documents, de cours et de conférences passionnants sur You Tube à http://www.youtube.com/InstituteofGS

Les trois plus récentes (24/02/2013) : ‘New Ways of Thinking That Lead to Success’, un séminaire en trois parties :

« Success Strategies Seminar » | Milton Dawes

« What We Mean by ‘Old Ways of Thinking' » | David Hewson

« ‘Hickory Hollow’: A Definition of and the Use of Calculus in Everyday Life » | Milton Dawes

29 décembre 2011

Bruce Kodish: « Korzybski: A biography »

$28.45
http://www.generalsemantics.org/store/all-books/443-korzybski-a-biography.html

http://www.amazon.fr/Korzybski-Biography-Bruce-I-Kodish/dp/0970066406/ref=sr_1_13?ie=UTF8&qid=1328578884&sr=8-13

Korzybski: A Biography

de Bruce I. Kodish : facebook twitter 

« C’est un livre incroyable! » dit Albert Einstein au début des années cinquante, interrogé sur son impression de l’oeuvre d’Alfred Korzybski en1933, Science and Sanity. Plus de dix ans plus tard, Richard Feynman trouva la notion de « time-binding » de Korzybski cruciale pour répondre à la question « Qu’est-ce que la science ? ».

Feynman ignorait que le terme « time-binding » (lien temporel) avait été inventé par Korzybski en 1921 dans son premier livre, Manhood of Humanity, pour désigner ce qu’il considérait comme la caractéristique spécifique des humains : la capacité de chaque génération à commencer là où leurs prédécesseurs s’étaient arrêtés et à accumuler des connaissances utiles à un rythme toujours plus rapide. Dans les sciences exactes et la technologie, la faculté de lier le temps semble assez bien fonctionner. Moins dans les autres domaines d’activités humaines. Korzybski, un aristocrate polonais, patriote, et ingénieur qui avait vécu sous la tyrannie tsariste et avait connu les horreurs de la première guerre mondiale sur le front de l’Est avant de s’installer aux Etats-Unis, prit conscience de la disparité entre les résultats des avancées scientifiques et technologiques, rapides mais étroites, et ceux du développement aux niveaux éthiques et sociaux, plus étendu, mais avançant à une allure d’escargot: un cycle apparemment sans fin de crises, de révolutions et de guerres. Cherchant une porte de sortie, il étudia un large éventail de disciplines allant de la physique à la psychiatrie, des domaines considérés par d’autres comme ayant peu de rapport les uns avec les autres, et découvrit des facteurs d’équilibre dans les méthodes physico-mathématiques. Comparant les façons de penser que les scientifiques et les mathématiciens adoptent dans le meilleur de leurs de leurs réalisations, et les façons de penser inadaptées qu’eux et d’autres personnes ont tendance à utiliser le reste du temps, Korzybski a relié la science et la santé dans une nouvelle vision du monde avec une méthodologie jointe (intitulée « sémantique générale ») assez simple pour être enseignée aux enfants.

L’influence du travail de pionier de Korzybski s’étend aujourd’hui à un ensemble de domaines englobant les sciences cognitives – les thérapies comportementale, la communication, l’écologie des média, la médecine, le développement organisationnel, les conseils en philosophie et la philosophie, etc. En dépit de cela, l’oeuvre radicalement interdisciplinaire de Korzybski reste relativement peu assimilée dans les champs universitaires et difficile à intégrer avec précision dans les catégories familières populaires. C’est pourquoi Korzybski, qui a lancé l’adate « La carte n’est pas le territoire », demeure un personnage relativement négligé, incompris et controversé: certains le considèrent comme un génie tandis que d’autres le traitent d’excentrique. S’appuyant sur un ensemble de sources incluant la correspondance personnelle, des notes, albums et écrits publiés et inédits de Korzybski, ainsi que des entretiens et interviews avec quelques uns des collaborateurs les plus proches de Korzybski, Bruce I. Kodish situe les contributions de Korzybski dans le contexte de son époque et donne un aperçu surprenant de son travail comme un tout. La prose claire de Kodish offre un récit passionnant et abordable de la vie très occupée, parfois trop occupée, excitante et épuisante, de Korzybski, tout en rendant accessible certains des aspects les plus complexes de sa pensée. Pour les années à venir, cette biographie exceptionnelle restera l’ouvrage de référence sur l’oeuvre de Korzybski et sa vie extraordinairement aventureuse et révélatrice.

(Traduction: I. Aubert-Baudron)

Softcover. 694 pages. ISBN 0970066406. 2.4 lbs.

8 décembre 2010

2. La démarche des mathématiciens

© Isabelle Aubert-Baudron

La compréhension de cette démarche est importante car
– elle permet d’évacuer les faux problèmes tels que l’opposition apparente entre aristotéliciens et non-aristotéliciens liée à l’ignorance de ces termes.
– elle est applicable dans les autres domaines de connaissance nécessitant l’intégration, dans les affaires humaines, de notre évolution scientifique actuelle.

Pour plus de clarté, je mets en ligne, des extraits du « SEMINAIRE DE SEMANTIQUE GENERALE 1937 – Transcription des Notes des Conférences de Sémantique Générale Données à Olivet College » (Interzone Editions ) d’Alfred Korzybski : https://generalsemantics4all.wordpress.com/2011/12/01/alfred-korzybski-demarche-des-mathematiciens-extraits-du-seminaire-de-semantique-generale-1937/
 – et ci-dessous, des extraits de son séminaire à Lakeville, Connecticut, (1948-1949) tirés d’une traduction de la transcription d’un enregistrement de ce séminaire provenant de l’Institute of General Semantics. J’ignore qui a effectué cette traduction, celle-ci n’étant pas signée, et je ne dispose pas des enregistrements à partir desquels elle a été réalisée. Elle n’est pas définitive, comportant des blancs dans le texte. Mais je remercie ces traducteurs anonymes pour leur travail, en espérant qu’ils se feront connaître, afin que je puisse leur restituer ici leurs droits d’auteurs.
Dans ces deux séminaires, Korzybski décrit, sous deux formes différentes,  la démarche qu’ont adoptée les mathématiciens qui ont élaboré la géométrie non-euclidienne, et qu’il a appliquée lui-même dans la formulation de sa logique non-aristotélicienne. .

_______________

« Nous vivons dans une époque très révolutionnaire et des choses extraordinaires se sont produites pendant ces 100 dernières années. Entre autres nous avons commencé a revoir les doctrines démodées, ceci s’est passé en 1800 quelque chose, 1900 quelque chose, 1920, 30, 50. Je suis né au milieu de ces révolutions, certaines étaient accomplies, d’autres se déroulaient et j’ai développé cette flexibilité que j’essaie de vous enseigner. Nous avons commencé la révision des anciennes doctrines les fondements de l’électricité, la science de l’électromagnétisme qui a débuté par l’équation de Maxwell, puis la révision de (je vais lire, je vais sauter quelques exemples) je vais vous donner un résumé historique avec les années, ce qui s’est passé.

Faraday qui a révolutionné la physique …

En 1833, Faraday a découvert les lois fondamentales de la chimie électrique,
en1844 il a découvert que le magnétisme est une propriété universelle de toutes les substances
en 1859 Kurkov a formulé le principe fondamental de la théorie de la radiation
en 1881 G.G. Thompson a introduit le concept de la masse électromagnétique
en1888 Pirts a confirmé les théories de Maxwell par ses expériences
en 1895 Lawrence a fondé la théorie des électrons
en1886, Bacarow a découvert le phénomène de la radioactivité
en 1896, Sigman a découvert l’effet magnétique optique qui porte son nom
en 1898 les Curie ont découvert le radium
en 1900 Plank a fondé la théorie quantique
en 1900 Plank a introduit les lois générales de la radiation
en 1900 Planck a déterminé la quantité élémentaire d’action, il a été le premier à calculer la masse d’hydrogène et la quantité élémentaire d’électricité
en 1902 Rarafer et (?) ont mis au point la théorie de la désintégration atomique
en  1905, Einstein a formulé le principe de la relativité
en 1905 il a fondé la théorie de la lumière quantique
en 1907 Einstein a fondé la théorie quantique de la chaleur des corps solides
en 1908 Minkowski a introduit la conception d’un monde à quatre dimensions reliant entre eux l’espace et le temps
en 1912 Allow a découvert l’interférence des (?)
en 1913 W. H et W. A ont découvert la structure des cristaux
en 1913 Bohr a fondé la théorie du spectre et de la structure atomique
en 1915 Einstein a fondé la théorie de la relativité générale
en 1915 Sommerfeld a expliqué la structure des lignes spectrales
en 1919 Rupperfeld a découvert la différence de formation de l’hydrogène de l’oxygène
Cela s’est passé sur une période de 1833 à 1919, même pas 100 ans.

En parallèle avec tout ce que vous avez entendu il y a eu une révolution dans les mathématiques. Nous avons commencé ce que l’on a appelé la logique mathématique. Tout cela s’est passé pendant ma propre vie. Piano, Whitehead, Russell, toute cette génération a déjà commencé le grand bouleversement et les résultats sont extrêmement, extrêmement importants parce qu’il y a des choses que tout simplement nous n’incluions pas dans ce que l’on appelle la pensée et qui sont si impliquées que si vous devez parler pendant une 1/2 h puis une autre 1/2 h, vous ne pouvez pas combiner ces deux 1/2 h de discours, c’est sans espoir, un être humain ne peut pas le faire, peut être quelques-uns, mais c’est très rare.

C’est pourquoi ils utilisent des signes abrégés, ce qu’ils appellent la logique mathématique, ils lient les 5 signes ensemble et ils signifient beaucoup plus, ensuite ils peuvent seulement penser avec ces signes abrégés pour pouvoir combiner les “limitations” de l’esprit humain. II y a des limitations de l’esprit humain, nous ne sommes pas limités dans un sens mauvais, tout simplement nous sommes “limités”, l’esprit humain a des limitations. Vous devez par exemple oublier ce qu’on répète à l’envie que 1es mathématiques sont difficiles et ainsi de suite, les mathématiques sont le langage le plus simple qui existe. Si nous pouvons extraire un langage ordinaire des mathématiques, nous l’avons déjà fait, cela signifie appliquer une méthode mathématique, alors tout devient la simplicité même et nous avons abandonné le verbiage inutile parce que nous utilisons seulement les relations.

Les progrès que nous avons connus en médecine, biologie, sont extrêmement révolutionnaires, trop nombreux et trop complexes pour que nous essayions d’en donner une liste. Les mathématiques, la physique c’est simple.
…/…

En mathématiques, Piano, un italien, Whitehead et Russell ont commencé une recherche fondamentale dans les fondements des mathématiques. Si je dis les fondements des mathématiques vous pouvez croire que je blablate. Si les mathématiques sont faites par les hommes, si les fondements des mathématiques sont solides, cela nous sert à apprendre le fonctionnement de l’esprit humain, les fondements de l’évaluation humaine.

Par exemple, la façon la plus facile était de commencer par la révision de la géométrie euclidienne. Ceci est extrêmement fondamental, je ne vous enseigne pas les mathématiques, je vous enseigne des choses sur le comportement humain. Euclide avait des parallèles, c’est à dire des lignes qui ne se rencontrent jamais et en outre elles étaient supposées être équidistantes, des parallèles équidistantes.

A cette époque, à l’époque même d’Euclide, cette théorie avait déjà été mise en question. Toute géométrie doit avoir des lignes qui ne se rencontrent jamais, mais la question est : est-ce que ces lignes doivent être équidistantes ou non? A l’époque d’Euclide, ceci était déjà mis en question. Et que s’est-il passé ? Quelque chose de très important, quelque chose qui concerne les hommes et non la géométrie. La géométrie est faite par les hommes et donc ce sont les hommes qui nous intéressent, pas la géométrie. Pendant plus de 2000 ans rien ne s’est passé. Puis, c’est le côté humain, Lovachevski, un russe, Bolé, un hongrois, et Undersly, un allemand, qui avait les mêmes notions mais qui avait peur de les publier, si bien qu’il a été puni par l’histoire qui ne l’a pas reconnu.

Ils voulaient réviser cette équidistance qui ne leur semblait pas adéquate. Si vous voulez avoir une idée de ce qu’est l’égale distance entre deux parallèles, prenez un train ou un tramway qui ont les rails selon la théorie euclidienne, à égale distance. Les rails sont posés à dessein à égale distance. C’est de la pure fiction. La critique n’a pas été écoutée pendant 2000 ans. Finalement Lovachesky et Bolé sont sortis d’Euclide, ils n’ont pas corrigé Euclide, ils ne l’ont pas révisé, ils ont oublié Euclide et ils ont pris un nouveau départ et ont commencé la géométrie non euclidienne. Tous ceux qui ont essayé de réparer la géométrie euclidienne, ont échoué. Les deux tentatives qui ont réussi sont celles qui ont oublié Euclide et inventé une nouvelle géométrie. Et cela fonctionne. Les développements ultérieurs ont gardé les lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais mais qui ne sont pas équidistantes. Puis les lignes droites sont devenues courbes et celles-ci sont devenues asymptotiques, elles se sont rapprochées de plus en plus mais ne se sont jamais rencontrées Tout ceci est évidemment de la fiction mais de la fiction nécessaire.

La même chose s’est passée avec Newton. Vous connaissez tous la mécanique de Newton. Les systèmes newtonien et euclidien ne cadraient absolument pas avec l’électricité. Et maintenant nous savons que tout est électrique et même vous et moi nous sommes des conglomérats électrocoloïdaux. Donc si nous avons des systèmes qui ne peuvent prendre en compte les phénomènes électrocoidaux, cela ne nous sert à rien. Par conséquent la révision était nécessaire et finalement nous avons la géométrie non-euclidienne. Nous nous sommes débarrassés d’un dogme. C’est tout, nous nous sommes débarrassés d’un dogme. Avec Freud aussi nous sommes débarrassés de beaucoup de dogmes, il en a créé de nouveaux.

Mais ils sont moins mauvais que les vieux dogmatismes démodés. Comme l’électricité et évidemment les phénomènes électrocoloïdaux ne pouvaient pas être pris en compte avec la vieille mécanique de Newton, Einstein a fait la même chose que ses prédécesseurs, il l’a oubliée. Recommençons depuis le début, la théorie d’Einstein est un nouveau départ. C’est un des exemples les plus classiques de l’extensionnalisation. La simultanéité était une propriété absolue du temps absolu et de l’espace absolu. Einstein a refusé de traiter la définition.
…/…

La seule différence entre Euclide et les non euclidiens était la question de la distance égale, un si petit facteur. Vous devez vous demander si je parle encore de mathématiques, mais non, je parle des réactions de l’homme. Lorsque vous changez une petite chose, regardez ce qui se passe. On a gardé l’axiome que les lignes ne se rencontrent pas mais on n’a pas accepté le dogme qui ne se vérifie pas dans la réalité que les lignes sont toujours des parallèles équidistantes. On a tout simplement abandonné le dogme. Ce changement peut éventuellement sembler innocent. Cela me rappelle une blague de Bertrand Russell, une blague mathématique, sur les tailles. Une femme de ménage n’était pas mariée, elle demande à sa patronne si elle pouvait aller voir son enfant parce qu’il était malade. La patronne a été si surprise qu’elle lui dit: “eh bien, je pensais que vous n’étiez pas mariée”, “Madame, cela ne veut pas dire que j’ai été négligée, le bébé était très petit”. Cette blague est de Bertrand Russell. Blague à part, je ne raconte jamais de blagues seulement à cette fin, il y a toujours un sens plus profond.

Nous avons abandonné l’équidistance des parallèles. Voyons quelles en ont été les conséquences. Dans la passé, dans la géométrie élémentaire, nous faisions une courbe avec des petits morceaux de ligne droite. C’est ce qu’on a appris à l’école, vous et moi. Une courbe, des petits morceaux de ligne droite à condition que les petits morceaux deviennent de plus en plus petits et la limite était la courbe.

Aujourd’hui nous avons inversé le processus. Aujourd’hui nous commençons avec un cercle en augmentant le rayon et lorsque le rayon tend à l’infini, alors la limite de la courbe devient une ligne droite.

Donc vous voyez que cette petite différence dans les parallèles a eu pour résultat l’inversion de toute l’orientation: au lieu de faire des courbes avec des lignes droites, aujourd’hui une ligne droite est la limite d’un cercle (ça, c’est du verbiage) lorsque le rayon tend vers l’infini. C’est le système euclidien. Ça, ce n’est pas important. La géométrie n’est pas importante non plus, ce qui est important c’est qu’un petit changement dans les prémisses a entraîné un changement énorme, une inversion dans les conséquences. Cela  s’applique aussi à la vie de tous les jours, on peut appliquer cette règle par exemple en changeant les prémisses, si nous le pouvons, avec les patients. Si vous pouvez changer les prémisses du patient, il est guéri. La question est: est-ce qu’on peut y arriver ? Ah, c’est ça le problème. Mais, en fait, ce que fait un psychiatre, c’est qu’il essaie d’amener son patient à parler, à faire face à la réalité, c’est-à-dire à changer ses prémisses fictives pour voir la réalité.

Vous connaissez l’exemple du serpent dans le lit. C’est une désillusion proverbiale d’un patient très malade. Il ne voulait pas aller se coucher parce qu’il y avait un serpent dans son lit. Le docteur fait semblant d’enlever le serpent qui n’existait pas du lit. Le patient est content, il va coucher et s’endort. Est ce qu’il est guéri pour autant? Pas du tout. Demain il y aura un tigre qui va le poursuivre dans la rue. Vous avez éliminé un symptôme “serpent” et vous en avez introduit un autre, “le tigre”. Ces choses fonctionnent mécaniquement. Que fait un psychothérapeute ou tout médecin avec les malades mentaux? Il change, s’il le peut, les prémisses. Si çà marche, la personne est guérie, autrement il ne se passe rien.

C’était tout ce que j’avais à vous dire sur Euclide. Le changement de lignes droites, si quelqu’un sait ce qu’est une ligne droite. Personne ne le sait. Aujourd’hui nous parlons de façon beaucoup plus réaliste et lorsque nous parlons d’une ligne, nous ne parlons pas d’une ligne fictive, mais nous parlons d’une ligne réelle. Que faire avec ça ? Avant Einstein on croyait que la lumière se déplaçait sur une ligne droite. Seulement Einstein a démontré que dans un champ gravitationnel, la vitesse de la lumière ne voyage pas en ligne droite, mais en courbe. Maintenant la ligne droite est presque complètement abolie, on l’utilise par exemple pour la construction. Un constructeur construit les immeubles en utilisant la géométrie euclidienne. Euclide est valable pour construire cet immeuble, mais si vous voulez construire un pont, Euclide n’est plus valable. Je ne sais s’il est bon pour les gratte-ciels. Donc on a dû passer d’Euclide au système non-euclidien.

…/…

Avez-vous remarqué que nous tirons maintenant des lignes droites comme limites de cercles ? Avant c’était le contraire. Est-ce que vous comprenez cela?
-Non

Vous devez l’accepter sans essayer de trop approfondir, parce que je ne suis pas en train de parler de manière trop technique, ce n’est pas un problème de géométrie mais de symbolisme. Vous rappelez-vous que maintenant nous construisons des lignes droites en dehors des cercles avec des rayons qui augmentent et la limite lorsque le rayon approche, n’atteint pas l’infini, elle s’en approche, votre cercle s’aplatit de plus en plus et la limite devient une ligne droite.(Cette phase n’est pas claire, mais n’ayant pas le texte anglais, je ne peux la modifier.)

Maintenant, acceptez cette proposition et acceptez aussi qu’aujourd’hui, avec la géométrie moderne, c’est l’inverse de l’ancienne, car dans l’ancienne géométrie avec un peu de ligne droite on pouvait construire un cercle. Aujourd’hui c’est l’inverse, une ligne droite est la limite d’un cercle énorme avec un rayon qui tend vers l’infini. Ce que j’aimerais souligner, c’est qu’un petit changement dans les prémisses implique un changement fondamental. Dans notre travail nous avons introduit quelques changements fondamentaux dans les prémisses où l’ancien n’avait pas de sens ou était faux. Nous l’avons abandonné et nous avons un renversement complet des vieilles idées, cela a affecté toutes les parties de notre vie.

La théorie d’Einstein, vous avez lu et entendu assez à son sujet. Vous savez que sans la théorie d’Einstein … je vous ai déjà parlé du Professeur Planck.

Vous vous rappelez ? Il a établi les quanta, des sortes de noyaux centraux des radiations.

Ces problèmes dont je vous parle existent dans la vie de tous les jours, mais dits dans des langues différentes, c’est la seule différence, les mêmes conclusions existent dans la vie quotidienne mais nous ne le savons pas. Après le séminaire nous en serons conscients. Les médecins pourront revoir leurs prémisses. Nous ne le faisons jamais et le pouvoir des sciences et des mathématiques est qu’elles établissent des prémisses claires et les révisent.

Mais il y a plus de problèmes. Si vous révisez vos prémisses, cela signifie que vous les vérifiez empiriquement, vos prémisses sont correctes, est-ce que vous pouvez dire que vos déductions par l’intermédiaire de vos prémisses sont correctes ? Vos théorèmes sont-ils vrais? Non. Aujourd’hui cela ne suffit pas. Avant c’était suffisant. Les prémisses sont correctes, les déductions sont correctes, le théorème est vrai. La vérification des prémisses seule, la déduction seule, cela n’est pas suffisant. Nous devons trouver les conséquences, travailler avec les théorèmes, les uns après les autres et ensuite vérifier le théorème empiriquement. Et alors on se rend compte souvent que tout le système est faux.

…/…

Nous essayons de faire coïncider nos formules avec la réalité. Nous avançons rapidement et avec succès. Mais vous pouvez voir ce que signifie éliminer la vitesse infinie, si vous gardez la vitesse infinie, vous ne tenez pas compte de la vitesse, parce qu’on ne peut pas connaître la vitesse infinie mais vous pouvez la voir. Et le résultat est une ineptie et vous avez fait ça. Et avant qu’Einstein n’arrive, il y avait Newton et c’est pour ça que je vous parle du renversement de la théorie euclidienne.

Le changement de l’équidistance a créé une nouvelle géométrie, une non-euclidienne qui est beaucoup plus efficace. Quel est le critère de tout ça ? Pratique, pragmatique, la carte doit ressembler au territoire. Evidemment Einstein ressemble beaucoup plus au monde que Newton, ce n’est pas euclidien. »

Alfred Korzybski, Séminaire de 1948-1949 à Lakeville, Connecticut.

Traducteur inconnu.

L’enregistrement du séminaire de Korzybski à Lakeville (1948-1949) est disponible dans le site de l’IGS

Commencez votre blog avec WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :