Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

14 mai 2018

Aristote, Politique, chapitre IX: sur la tyrannie

Filed under: Actualité, Economie, Philosophie, Politique — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 11:55

CHAPITRE IX: Des moyens de conservation pour les États monarchiques; la royauté se sauve par la modération. Les tyrannies ont deux systèmes fort différents pour se maintenir: la violence avec la ruse, et la bonne administration; esquisse du premier système; ses vices; esquisse du second système; ses avantages; portrait du tyran; durée des diverses tyrannies; détails historiques.

1. En général, les États monarchiques doivent évidemment se conserver par des causes opposées à toutes celles dont nous venons de parler, suivant la nature spéciale de chacun d’eux. La royauté, par exemple, se maintient par la modération. Moins ses attributions souveraines sont étendues, plus elle a de chances de durer dans toute son intégrité. Le roi songe moins alors à se faire despote; il respecte plus dans toutes ses actions l’égalité commune; et les sujets de leur côté sont moins enclins à lui porter envie. Voilà ce qui explique la durée si longue de la royauté chez les Molosses. Chez les Lacédémoniens, elle n’a tant vécu que parce que, dès l’origine, le pouvoir fut partagé entre deux personnes; et que plus tard, Théopompe le tempéra par plusieurs institutions, sans compter le contrepoids qu’il lui donna dans l’établissement de l’Éphorie. En affaiblissant la puissance de la royauté, il lui assura plus de durée; il l’agrandit donc en quelque sorte, loin de la réduire; et il avait bien raison de répondre à sa femme, qui lui demandait s’il n’avait pas honte de transmettre à ses fils la royauté moins puissante qu’il ne l’avait reçue de ses ancêtres: « Non, » sans doute; car je la leur laisse beaucoup plus durable. »

2. Quant aux tyrannies, elles se maintiennent de deux manières absolument opposées. La première est bien connue, et elle est mise en usage par presque tous les tyrans. C’est à Périandre de Corinthe qu’on fait honneur de toutes ces maximes politiques dont la monarchie des Perses peut offrir aussi bon nombre d’exemples. Déjà nous avons indiqué quelques-uns des moyens que la tyrannie emploie pour conserver sa puissance, autant que cela est possible. Réprimer toute supériorité qui s’élève; se défaire des gens de cœur; défendre les repas communs et les associations; interdire l’instruction et tout ce qui tient aux lumières, c’est-à-dire, prévenir tout ce qui donne ordinairement courage et confiance en soi; empêcher les loisirs et toutes les réunions où l’on pourrait trouver des amusements communs; tout faire pour que les sujets restent inconnus les uns aux autres, parce que les relations amènent une mutuelle confiance.

3 De plus, bien connaître les moindres déplacements des citoyens, et les forcer en quelque façon à ne jamais franchir les portes de la cité, pour toujours être au courant de ce qu’ils font, et les accoutumer par ce continuel esclavage à la bassesse et à la timidité d’âme: tels sont les moyens mis en usage chez les Perses et chez les barbares, moyens tyranniques qui tendent tous au même but. En voici d’autres: savoir tout ce qui se dit, tout ce qui se fait parmi les sujets; avoir des espions pareils à ces femmes appelées à Syracuse les délatrices; envoyer, comme Hiéron, des gens pour tout écouter dans les sociétés, dans les réunions, parce qu’on est moins franc quand on redoute l’espionnage, et que si l’on parle, tout se sait;

4 semer la discorde et la calomnie parmi les citoyens; mettre aux prises les amis entre eux; irriter le peuple contre les hautes classes, qu’on désunit entre elles. Un autre principe de la tyrannie est d’appauvrir les sujets, pour que, d’une part, sa garde ne lui coûte rien à entretenir, et que, de l’autre, occupés à gagner leur vie de chaque jour, les sujets ne trouvent pas le temps de conspirer. C’est dans cette vue qu’ont été élevés les pyramides d’Egypte, les monuments sacrés des Cypsélides, le temple de Jupiter Olympien par les Pisistratides, et les grands ouvrages de Polycrate à Samos, travaux qui n’ont qu’un seul et même objet, l’occupation constante et l’appauvrissement du peuple.

5. On peut voir un moyen analogue dans un système d’impôts établis comme ils l’étaient à Syracuse: en cinq ans, Denys absorbait par l’impôt la valeur de toutes les propriétés. Le tyran fait aussi la guerre pour occuper l’activité de ses sujets, et leur imposer le besoin perpétuel d’un chef militaire. Si la royauté se conserve en s’appuyant sur des dévouements, la tyrannie ne se maintient que par une perpétuelle défiance de ses amis, parce qu’elle sait bien que, si tous les sujets veulent renverser le tyran, ses amis surtout sont en position de le faire.

6. Les vices que présente la démocratie extrême se retrouvent dans la tyrannie: licence accordée aux femmes dans l’intérieur des familles pour qu’elles trahissent leur maris; licence aux esclaves, pour qu’ils dénoncent aussi leurs maîtres; car le tyran n’a rien à redouter des esclaves et des femmes; et les esclaves, pourvu qu’on les laisse vivre à leur gré, sont très partisans de la tyrannie et de la démagogie. Le peuple aussi parfois fait le monarque; et voilà pourquoi le flatteur est en haute estime auprès de la foule comme auprès du tyran. Près du peuple, on trouve le démagogue, qui est pour lui un véritable flatteur; près du despote, on trouve ses vils courtisans, ‘qui ne font qu’œuvre de flatterie perpétuelle. Aussi la tyrannie n’aime-t-elle que les méchants, précisément parce qu’elle aime la flatterie, et qu’il n’est point de cœur libre qui s’y abaisse. L’homme de bien sait aimer, mais il ne flatte pas. De plus, les méchants sont d’un utile emploi dans des projets pervers: « Un clou chasse l’autre », dit le proverbe.

7. Le propre du tyran est de repousser tout ce qui porte une âme fière et libre; car il se croit seul capable de posséder ces hautes qualités; et l’éclat dont brilleraient auprès de lui la magnanimité et l’indépendance d’un autre, anéantirait cette supériorité de maître que la tyrannie revendique pour elle seule. Le tyran hait donc ces nobles natures, comme attentatoires à sa puissance. C’est encore l’usage du tyran d’inviter à sa table et d’admettre dans son intimité des étrangers plutôt que des nationaux; ceux-ci sont pour lui des ennemis; ceux-là n’ont aucun motif d’agir contre son autorité. Toutes ces manœuvres et tant d’autres du même genre, que la tyrannie emploie pour se maintenir, sont d’une profonde perversité.

8. En les résumant, on peut les classer sous trois chefs principaux, qui sont le but permanent de la tyrannie: d’abord, l’abaissement moral des sujets; car des âmes avilies ne pensent jamais à conspirer; en second lieu, la défiance des citoyens les uns à l’égard des autres; car la tyrannie ne peut être renversée qu’autant que des citoyens ont assez d’union pour se concerter. Aussi, le tyran poursuit-il les hommes de bien comme les ennemis directs de sa puissance, non pas seulement parce que ces hommes-là repoussent tout despotisme comme dégradant, mais encore parce qu’ils ont foi en eux-mêmes et obtiennent la confiance des autres, et qu’ils sont incapables de se trahir entre eux ou de trahir qui que ce soit. Enfin, le troisième objet que poursuit la tyrannie, c’est l’affaiblissement et l’appauvrissement des sujets; car on n’entreprend guères une chose impossible, ni par conséquent de détruire la tyrannie quand on n’a pas les moyens de la renverser.

9. Ainsi, toutes les préoccupations du tyran peuvent se diviser en trois classes que nous venons d’indiquer, et l’on peut dire que toutes ses ressources de salut se groupent autour de ces trois bases: la défiance des citoyens entre eux, leur affaiblissement et leur dégradation morale. Telle est donc la première méthode de conservation pour les tyrannies.

10. Quant à la seconde, elle s’attache à des soins radicalement opposés à tous ceux que nous venons d’indiquer. On peut la tirer de ce que nous avons dit des causes qui ruinent les royautés; car de même que la royauté compromet son autorité en voulant la rendre plus despotique, de même la tyrannie assure la sienne en la rendant plus royale. Il n’est ici qu’un point essentiel qu’elle ne doit jamais oublier: qu’elle ait toujours la force nécessaire pour gouverner, non pas seulement avec l’assentiment général, mais aussi malgré la volonté générale; renoncer à ce point, ce serait renoncer à la tyrannie même. Mais cette base une fois assurée, le tyran peut pour tout le reste se conduire comme un véritable roi, ou du moins en prendre adroitement toutes les apparences.

11. D’abord, il paraîtra s’occuper avec sollicitude des intérêts publics, et il ne se montrera point follement dissipateur de ces riches offrandes que le peuple a tant de peine à lui faire, et que le maître tire des fatigues et de la sueur de ses sujets, pour les prodiguer à des courtisanes, à des étrangers, à des artistes cupides. Le tyran rendra compte des recettes et des dépenses de l’État, chose que du reste plus d’un tyran a faite; car il a par-là cet avantage de paraître un administrateur plutôt qu’un despote; il n’a point à redouter d’ailleurs de ne jamais manquer de fonds tant qu’il reste maître absolu du gouvernement.

12. S’il vient à voyager loin de sa résidence, il vaut mieux avoir ainsi placé son argent plutôt que de laisser derrière soi des trésors accumulés; car alors ceux à la garde de qui il se confie sont moins tentés par ses richesses. Lorsque le tyran se déplace, il redoute ceux qui le gardent plus que les autres citoyens: ceux-là le suivent dans sa route, tandis que ceux-ci restent dans la ville. D’un autre côté, en levant des impôts, des redevances, il faut qu’il semble n’agir que dans l’intérêt de l’administration publique, et seulement pour préparer des ressources en cas de guerre; en un mot, il doit paraître le gardien et le trésorier de la fortune générale et non de sa fortune personnelle.

13. Il ne faut pas que le tyran se montre d’un difficile accès; toutefois son abord doit être grave, pour inspirer non la crainte, mais le respect. La chose est du reste fort délicate; car le tyran est toujours bien près d’être méprisé; mais, pour provoquer le respect, il doit, même en faisant peu de cas des autres talents, tenir beaucoup au talent politique, et se faire à cet égard une réputation inattaquable. De plus, qu’il se garde bien lui-même, qu’il empêche soigneusement tous ceux qui l’entourent d’insulter jamais la jeunesse de l’un ou l’autre sexe. Que les femmes dont il dispose montrent la même réserve avec les autres femmes; car les querelles féminines ont perdu plus d’une tyrannie.

14. S’il aime le plaisir, qu’il ne s’y livre jamais comme le font certains tyrans de notre époque, qui, non contents de se plonger dans les jouissances dès le soleil levé et pendant plusieurs jour de suite, veulent encore étaler leur licence sous les yeux de tous les citoyens, auxquels ils prétendent faire admirer ainsi leur bonheur et leur félicité. C’est en ceci surtout que le tyran doit user de modération; et s’il ne le peut, qu’il sache au moins se dérober aux regards de la foule. L’homme qu’on surprend sans peine et qu’on méprise, ce n’est point l’homme tempérant et sobre, c’est l’homme ivre; ce n’est point celui qui veille, c’est celui qui dort.

15. Le tyran prendra le contre-pied de toutes ces vieilles maximes qu’on dit à l’usage de la tyrannie. Il faut qu’il embellisse la ville, comme s’il en était l’administrateur et non le maître. Surtout qu’il affiche avec le plus grand soin une piété exemplaire. On ne redoute pas autant l’injustice de la part d’un homme qu’on croit religieusement livré à tous ses devoirs envers les dieux; et l’on ose moins conspirer contre lui, parce qu’on lui suppose le ciel même pour allié. Il faut toutefois que le tyran se garde de pousser les apparences jusqu’à une ridicule superstition. Quand un citoyen se distingue par quelque belle action, il faut le combler de tant d’honneurs qu’il ne pense pas pouvoir en obtenir davantage d’un peuple indépendant. Le tyran répartira en personne les récompenses de ce genre, et laissera aux magistrats inférieurs et aux tribunaux le soin des châtiments.

16. Tout gouvernement monarchique, quel qu’il soit, doit se garder d’accroître outre mesure la puissance d’un individu; ou, si la chose est inévitable, il faut alors prodiguer les mêmes dignités à plusieurs autres; c’est le moyen de les maintenir mutuellement. S’il faut nécessairement créer une de ces brillantes fortunes, que le tyran ne s’adresse pas du moins à un homme audacieux; car un cœur rempli d’audace est toujours prêt à tout entreprendre; et s’il faut renverser quelque haute influence, qu’il y procède par degrés, et qu’il ait soin de ne point détruire d’un seul coup les fondements sur lesquels elle repose.

17. Que le tyran, en ne se permettant jamais d’outrage d’aucun genre, en évite deux surtout: c’est de porter la main sur qui que ce soit, et d’insulter la jeunesse. Cette circonspection est particulièrement nécessaire à l’égard des cœurs nobles et fiers. Les âmes cupides souffrent impatiemment qu’on les froisse dans leurs intérêts d’argent; mais les âmes fières et honnêtes souffrent ‘bien davantage d’une atteinte portée à leur honneur. De deux choses l’une: ou il faut’ renoncer à toute vengeance contre des hommes de ce caractère, ou bien les punitions qu’on leur inflige doivent sembler toutes paternelles, et non le résultat du mépris. Si le tyran a quelques relations avec la jeunesse, il faut qu’il paraisse ne céder qu’à sa passion, et non point abuser de son pouvoir. En général, dès qu’il peut y avoir apparence de déshonneur, il faut que la réparation l’emporte de beaucoup sur l’offense.

18. Parmi les ennemis qui en veulent à la personne même du tyran, ceux-là sont les plus dangereux et les plus à surveiller, qui ne tiennent point à leur vie pourvu qu’ils aient la sienne. Aussi faut-il se garder avec la plus grande attention des hommes qui se croient insultés dans leur personne ou dans celle de gens qui leur sont chers. Quand on conspire par ressentiment, on ne s’épargne pas soi-même, et ainsi que le dit Héraclite: « Le ressentiment est bien difficile à combattre, car il met sa vie à l’enjeu ».

19. Comme l’État se compose toujours de deux partis bien distincts, les pauvres et les riches, il faut persuader aux uns et aux autres qu’ils ne trouveront de garantie que dans le pouvoir, et prévenir entre eux toute injustice mutuelle. Mais entre ces deux partis, le plus fort est toujours celui qu’il faut prendre pour instrument du pouvoir, afin que, dans un cas extrême, le tyran ne soit pas forcé ou de donner la liberté aux esclaves, ou d’enlever les armes aux citoyens. Ce parti suffit toujours à lui seul pour défendre l’autorité, dont il est l’appui, et pour lui assurer le triomphe contre ceux qui l’attaquent.

20. Du reste, nous croyons qu’il serait inutile d’entrer dans de plus longs détails. L’objet essentiel est ici bien évident. Il faut que le tyran paraisse à ses sujets, non point un despote, mais un administrateur, un roi; non point un homme qui fait ses propres affaires, mais un homme qui administre celles des autres. Il faut que dans toute sa conduite, il recherche la modération et non pas les excès. Il faut qu’il admette dans sa société les citoyens distingués, et qu’il s’attire par ses manières l’affection de la foule. Par là, il sera infailliblement sûr, non seulement de rendre son autorité plus belle et plus aimable, parce que ses sujets seront meilleurs, et non point avilis, et qu’il n’excitera ni haine, ni crainte; mais encore il rendra son autorité plus durable. En un mot, il faut qu’il se montre complètement vertueux ou du moins vertueux à demi, et qu’il ne se montre jamais vicieux, ou du moins jamais autant qu’on peut l’être.

21. Et cependant, malgré toutes ces précautions, les moins stables des gouvernements sont l’oligarchie et la tyrannie. La plus longue tyrannie a été celle d’Orthagoras et de ses descendants, à Sicyone; elle a duré cent ans; c’est qu’ils surent habilement ménager leurs sujets et se soumettre eux-mêmes en bien des choses au joug de la loi. Clisthène évita le mépris par sa capacité militaire, et il mit sans cesse tous ses soins à se concilier l’amour du peuple. Il alla même, dit-on, jusqu’à couronner de ses mains le juge qui avait prononcé contre lui en faveur de son antagoniste; et si l’on en croit la tradition, la statue assise qui est dans la place publique est celle de ce juge indépendant. Pisistrate, dit-on aussi, se laissa citer en justice devant l’Aréopage.

22. La plus longue tyrannie est en second lieu celle des Cypsélides, à Corinthe. Elle dura soixante-treize ans et six mois. Cypsèle régna personnellement trente ans, et Periandre quarante-quatre; Psammétichus, fils de Gordius, régna trois ans. Ce sont les mêmes causes qui maintinrent si longtemps la tyrannie de Cypsèle; car il était démagogue aussi; et, durant tout son règne, il ne voulut jamais avoir de satellites. Périandre était un despote, mais un grand général.

23. Il faut mettre en troisième lieu, après ces deux premières tyrannies, celle des Pisistratides, à Athènes; mais elle eut des intervalles. Pisistrate, durant sa puissance, fut forcé de prendre deux fois la fuite, et en trente-trois ans, il n’en régna réellement que dix-sept; ses enfants en régnèrent dix-huit: en tout trente-cinq ans. Viennent ensuite les tyrannies d’Hiéron et de Gélon à Syracuse. Cette dernière ne fut pas longue, et à elles deux, elles durèrent dix-huit années. Gélon mourut dans la huitième année de son règne; Hiéron régna dix ans; Thrasybule fut renversé au bout du onzième mois. A tout prendre, la plupart des tyrannies n’ont eu qu’une très courte existence.

24. Telles sont à peu près, pour les gouvernements républicains et pour les monarchies, toutes les causes de ruine qui les menacent; et tels sont les moyens de salut qui les maintiennent.

Aristote, Politique, intégrale en ligne

Pour aller plus loin:

Michel Crinetz: Complétons les théories monétaires : la domination

Les différentes étapes de l’évolution de l’Occident: Aristote, Descartes, Korzybski, Trois visions de l’homme et du monde     

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

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16 avril 2018

Le Monde: Le philosophe iranien Daryush Shayegan est mort

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2018/03/26/le-philosophe-iranien-daryush-shayegan-est-mort_5276610_3382.html

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)

Connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, le spécialiste des religions orientales est mort le 22 mars, à Téhéran, à l’âge de 83 ans.

İranlı filozof Daryush Shayegan, 83 yaşında hayatını kaybetti. Photo: © demokrathaber.org/

Daryush Shayegan, l’un des plus grands philosophes contemporains iraniens, connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, est mort le 22 mars, à Téhéran, après presque deux mois passés dans le coma. Agé de 83 ans, ce spécialiste des religions orientales avait notamment rédigé des ouvrages remettant en cause la domination occidentale de la pensée philosophique et prônait dans ses premiers travaux une identité fondée sur les traditions et l’héritage culturel en Orient.

L’essayiste, né le 2 février 1935 à Téhéran d’un père iranien, d’ethnie turque, et d’une mère géorgienne, élevé par une nourrice russe et ensuite scolarisée dans une école française à Téhéran, a été dès l’enfance bercé dans une multitude de langues et de cultures. Des années plus tard, c’est ce même contexte qui le fait étudier les interactions entre cultures et civilisations.

A 15 ans, Daryush Shayegan part étudier au Royaume-Uni, puis en Suisse, et finalement en France, où il fait son doctorat en philosophie à la Sorbonne avec le grand professeur de philosophie islamique iranienne Henry Corbin (1903-1978). Spécialiste des religions et des écoles philosophiques de l’Inde à seulement 25 ans, Daryush Shayegan commence à dispenser des cours de sanskrit à l’université de Téhéran.

Dialogue des civilisations

Ses recherches sur l’islam et sa fréquentation des penseurs musulmans comme Muhammad Husayn at-Tabataba’i (1903-1981), renforce son regard critique : « S’abandonner face à l’Occident relève de l’ignorance vis-à-vis de ce dernier », disait-il. Son ouvrage « l’Asie face à l’Occident » (1977, non traduit) a eu un grand succès auprès de l’intelligentsia iranienne au cours des années qui ont mené à la révolution et au renversement du chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, en 1979, lequel était critiqué notamment pour sa proximité avec l’Occident.

Avant la révolution, Daryush Shayegan développe également l’idée du dialogue des civilisations et devient le directeur du Centre iranien pour l’étude des civilisations à l’université de Téhéran, parrainé par la reine Farah. Deux décennies plus tard, en 1997, c’est cette même idée que reprend le président réformateur Khatami, valant à ce dernier une notoriété et un prestige universels. En 2009, les deux hommes reçoivent, au Danemark, le Prix du dialogue global qui célèbre les personnages tentant de « préserver la paix dans les conditions de la diversité culturelle et dans un climat de tensions géopolitiques de plus en plus accrues ».

Après la révolution qui a vu naître la République islamique, Daryush Shayegan quitte l’Iran et choisit la France, pays avec lequel il a entretenu des liens étroits durant toute sa vie. Après douze ans d’exil volontaire, en 1991, le penseur retourne vivre en Iran, où, avec quelques amis, il fonde la maison d’édition Farzan Rouz, publiant quelques 350 titres en philosophie et en littérature.

Une position critique

Sa « vénération quasi religieuse pour la langue persane », selon ses propres mots, partagée par beaucoup d’Iraniens, l’a poussé à consacrer un ouvrage, L’Ame poétique persane (Albin Michel, 2017), à cinq éminents poètes iraniens, dont Ferdowsi, l’auteur du Livre des Rois, Omar Khayyam, qui chérissait tant l’instant présent, et Rumi, l’un des plus grands mystiques de tous les temps.

Daryush Shayegan a toujours gardé une position critique face aux penseurs et intellectuels iraniens qui, selon lui, « ont été devancés par le peuple ». « La mentalité iranienne, expliquait-il dans un entretien accordé au quotidien iranien Shargh, en 2012, est toujours emprisonnée de ses légendes (…) et les grands penseurs iraniens restent, même aujourd’hui, les poètes iraniens, le plus récent étant Hafez, qui a vécu il y a sept siècles. C’est bien pour cela que nous [les Iraniens] ne pensons pas librement. »

Daryush Shayegan se disait « sans engagement envers toute idéologie politique », mais ces dernières années, il a critiqué de plus en plus ouvertement le système politique fermé de la République islamique d’Iran. Quant à la société iranienne, « elle est déjà dans une situation post-islamique », disait-il dans un entretien au Financial Times en 2015. « La jeune génération a accepté la réalité des identités plurielles, ajoutait-il. Quand je leur parle, ils disent : Nous sommes occidentaux et nous sommes persans.” »

Le seul souhait de ce philosophe, décoré en 2011 par la grande médaille de la francophonie de l’Académie française, a été que sa patrie s’ouvre au monde. « J’aime l’Iran et je pense que notre peuple mérite un changement », avait précisé Daryush Shayegan dans un entretien accordé au mensuel iranien Andisheh Pouya, en 2014.

 – Articles sur Daryush Shayegan

Daryush Shayegan, philosophe sans frontières https://www.scienceshumaines.com/daryush-shayegan-philosophe-sans-frontieres_fr_29181.html

Daryush Shayegan: la poésie, ultime quête du philosophe https://www.mediapart.fr/journal/international/240318/daryush-shayegan-la-poesie-ultime-quete-du-philosophe

Daryush Shayegan raconte le prestige et l’omniprésence de la poésie en Iran http://www.rfi.fr/hebdo/20180309-daryush-shayegan-raconte-prestige-omnipresence-poesie-iran

Extraits d’ouvrages

« Le regard mutilé: Schizophrénie culturelle: pays traditionnels face à la modernité »

La lumière vient de l’Occident

15 septembre 2017

France Culture: « Surveiller et punir » de Michel Foucault, pourquoi le lire aujourd’hui ?

Filed under: Actualité, art & culture, Littérature, Philosophie, radio — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 9:30

https://www.franceculture.fr/conferences/forum-des-images/surveiller-et-punir-de-michel-foucault-pourquoi-le-lire-aujourdhui

Que nous apprend la relecture de « Surveiller et punir » ? Des réformes et des alternatives sont aujourd’hui étudiées. Peut-on sortir des deux extrêmes que constituent la répression et la surveillance pour remettre la dignité humaine et la réhabilitation au centre des débats sur la justice ?

« Surveiller et punir » de Michel Foucault, comment et pourquoi le lire aujourd’hui ?• Crédits : Francoise VIARD – Getty

Peut-être avons-nous honte aujourd’hui de nos prisons. Le XIXe siècle, lui, était fier des forteresses qu’il construisait aux limites et parfois au cœur des villes. Elles figuraient toute une entreprise d’orthopédie sociale. Ceux qui volent, on les emprisonne ; ceux qui violent, on les emprisonne ; ceux qui tuent, également. D’où vient cette étrange pratique et le curieux projet d’enfermer pour redresser ? Un vieil héritage des cachots du Moyen Âge ? Plutôt une technologie nouvelle : la mise au point, du XVIe au XIXe siècle, de tout un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois « dociles et utiles ». Surveillance, exercices, manœuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d’assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s’est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l’armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline.

Penser les relations de pouvoir aujourd’hui ne peut se faire sans prendre en compte l’ouvrage de Michel Foucault, devenu aussi indispensable à notre époque que le « Léviathan » de Hobbes le fut à l’époque moderne.

Quoi d’étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ? Michel Foucault

Un débat enregistré en 2015.

Pierre Joxe, ancien ministre et ancien premier président de la Cour des comptes, avocat à la Cour

Frédéric Gros, philosophe

Ecouter l’enregistrement dans le site de France culture

28 août 2017

Eloge de la suite: Le philosophe Michel Onfray explique le concept d’inhibition de l’action de Laborit

Filed under: Actualité, Philosophie — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 6:11

Publié le 18 août 2017

Lire l’article intégral: http://www.elogedelasuite.net/?p=3654

J’ai déjà entendu un certain nombre de fois le philosophe Michel Onfray rendre hommage à Laborit, et c’est ce qu’il a fait une fois de plus il y a un peu plus d’un mois lors de la période de question du public de l’épisode « Miroir brisé de la tauromachie » de sa série actuelle « Cosmos », première du triptyque « Brève encyclopédie du monde».

L’extrait en question va de 35 :30 à 39 min. environ et détaille essentiellement l’expérience avec les rats que Laborit expose dans le film Mon oncle d’Amérique. À savoir que devant une menace, on peut avoir trois comportements : la fuite du danger lorsque celle-ci est possible; la lutte pour détruire celui qui veut nous détruire (ou toute action agressive, même inefficace…); et l’attente en inhibition de l’action en espérant que le danger se dissipe (ce qui peut être très néfaste pour la santé si cet état devient chronique, ce qui est malheureusement le cas de beaucoup de nos contemporains).

Bruno Dubuc

26 août 2017

France Culture: Leçon inaugurale de Michel Foucault au Collège de France

Filed under: Actualité, Philosophie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:15

https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/huit-lecons-lues-58-lecon-inaugurale-de-michel-foucault

                Les Cours du Collège de France

les samedis et dimanches de 15h à 16h, rediffusion de 21h à 22h

Réécouter: https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=23619276-1b2b-43d1-93ba-5e3ca08ac882

Quelle est cette volonté de vérité dans nos discours, qui a traversé tant de siècles de notre histoire ? demande Michel Foucault dans sa leçon inaugurale. Qu’est ce qui est en jeu, sinon le désir et le pouvoir? Quelles sont les procédures de contrôles et de délimitation du discours?

Michel Foucault en 1984 à Paris
Michel Foucault en 1984 à Paris Crédits : MICHELE BANCILHONAFP

Quel rapport nouent les professeurs du Collège de France avec leur public ?

Le trac les accompagne dans cet amphithéâtre où ils livrent leurs questions et leurs travaux devant un auditoire qui peut être très pointu. Ce trac est redoublé dit-on pour le rituel de la leçon inaugurale et Michel Foucault que nous entendons au micro de Jacques chancel en 1975, dans notre générique, fait part de sa difficulté à commencer au sein de l’institution pluriséculaire. Ce début n’est pas anodin pour le philosophe-historien qui appartient aux « hérétiques consacrés » selon la formule de Pierre Bourdieu et qui va poser d’emblée la question, dans sa leçon inaugurale :

« Où est le danger dans les discours ? »

Le philosophe, Jules Vuillemain, professeur au Collège de France qui a soutenu la création de la chaire chaire d’histoire des systèmes de pensée pour Michel Foucault rappelle dans son hommage au philosophe-historien

« la place majeure » qu’occupe le « partage entre vrai et faux, dans son œuvre. Les Mots et les Choses (1966), l’_Archéologie du savoir(_1969) et la Leçon inaugurale au Collège de France (1970) lui sont entièrement consacrés. Non content d’analyser les circonstances qui impriment leur sceau particulier sur la vénération obligée pour la vérité, naguère le sceau des Lumières, aujourd’hui celui des Structures, Foucault, héritier toujours critique, reprend et corrige Nietzsche. Il s’agit donc, pour le philosophe, non pas de chercher vainement dans le discours quelque décalque du réel, mais de retrouver dans le mot la fonction organisatrice des choses, la violence qu’on leur fait, en tous cas la pratique qu’on leur impose derrière le double masque de l’objectivité et du désintéressement ».

« Le discours vrai, lit-on dans la Leçon inaugurale, le discours que la nécessité de sa forme affranchit du désir et libère du pouvoir, ne pas reconnaître la volonté de vérité qui le traverse ; et la volonté de vérité, celle qui s’est imposée à nous depuis bien longtemps, est telle que la vérité qu’elle veut ne peut pas ne pas le masquer »

Et nous gagnons tout de suite le grand amphithéâtre du Collège de France, le 2 décembre 1970 pour la leçon inaugurale de Michel Foucault, titulaire de la Chaire d’Histoire des systèmes de pensée (1970-1984) au Collège de France.

Cette leçon est lue par Léon Bonnaffé.

Mise en ondes de Diphy Mariani.

Archive Ina .Extrait du magazine Radioscopie avec Michel Foucault, au micro de Jacques Chancel sur France Inter le 10 mars 1975. Le philosophe-historien y évoque son enseignement libre au Collège de France et la relation à son public.

Pour prolonger

L’hommage à Michel Foucault sur le site du Collège de France

16 mars 2017

La vie des idées: Qui ne dit mot consent ?

Filed under: Actualité, Ethique, médecine, Philosophie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:10

Pour une nouvelle loi sur le don d’organes

par Guillaume Durand , le 14 mars
[14-03-2017]
Selon la nouvelle loi sur le don d’organes, nous devons avoir explicitement refusé d’être donneur pour que nos organes ne soient pas prélevés à notre mort. Mais peut-on ainsi présumer le consentement ? Quels sont les présupposés philosophiques d’une telle loi ?

25 janvier 2017

France Culture: « Idéaux politiques » de Bertrand Russell

Filed under: livres, Mathématiques, Philosophie, Sémantique générale — Étiquettes : — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:18

https://www.franceculture.fr/emissions/deux-minutes-papillon/ideaux-politiques-de-bertrand-russell

Réécouter https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=edac43b1-5a36-4bdc-9b31-60664dbf445f

Dans ces Idéaux politiques qui paraissent pour la première fois en français, il n’est question que de politique, comme si Russell militait pour la vérité, pour les faits, comme si devenir raisonnable était devenu le combat de son temps, et peut-être du nôtre encore.

Voici le conseil donné par Bertrand Russell en 1959 pour les générations futures : se demander ce que sont les faits et la vérité, et ne pas se laisser embrumer par ses croyances. Un conseil qui porte d’autant plus qu’il est formulé par un philosophe d’abord mathématicien : Russell a en effet été à l’école de la logique, et ses premiers écrits portent sur la géométrie et Leibniz. De lui, on peut ainsi retenir ses importants Principes des mathématiques.

Mais c’est un conseil qui pose cependant un problème, et d’abord, aussi, parce qu’il est formulé par un philosophe dont on peut également retenir l’engagement et le militantisme dès la 1ère Guerre Mondiale, comme en témoigne, cette fois-ci, ce texte intitulé Idéaux politiques. Voici alors la question que nous posent Russell, sa pensée et son parcours : comment s’est-il, lui, engagé rationnellement ? Comment, lui, a-t-il milité sans y croire ? Ou encore, et plus généralement : un engagement politique est-il vraiment possible sans un minimum de croyance et de foi ?

Dans ces Idéaux politiques qui paraissent pour la première fois en français, texte construit à partir d’une conférence que Russell aurait dû donner en 1917, il n’est question que de politique, et pas du tout de logique, de mathématique, de géométrie : le capitalisme et le salariat, les pièges du socialisme, liberté individuelle et ordre public, ou encore indépendance nationale et internationalisme, en constituent le développement. Et pourtant, à travers ces pages, c’est comme si Russell militait pour la vérité, pour les faits, c’est comme si devenir raisonnable était devenu le combat de son temps, et peut-être du nôtre encore.

Faire le partage entre les pulsions de possession et les pulsions de création, donner une impulsion à l’imagination contre les croyances et contre le conformisme, voici les propositions de Russell, ou encore, je cite : « n’empêcher personne d’avoir des idées, d’exercer sa pensée, et encore moins d’énoncer des faits »

En savoir plus sur Bertrand Russell :

1 décembre 2016

France Culture: La science et la religion doivent-elles dialoguer ?

https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/la-science-et-la-religion-doivent-elles-dialoguer

Réécouter: https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=a803dd29-7671-4972-9e13-44d8b29135ff

Aujourd’hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface.

La science est la science, qui n’est pas la religion, la religion est la religion, qui n’est pas la science. Après des siècles de conflit entre ces deux « sphères de la vie de l’esprit », si on peut les appeler ainsi, on avait fini par comprendre qu’il ne faut pas les confondre, ni les mélanger ni surtout subordonner l’une à l’autre. Car si on ne respecte pas leurs différences, qui sont irréductibles, on s’empêtre dans des tentatives concordistes menées à grand coup de sparadrap syncrétique, ou on fabrique une harmonie toujours artificielle entre les connaissances scientifiques et les croyances religieuses.

Pourtant, depuis quelques années, on assiste à un regain d’intérêt pour ce qu’on appelle « le dialogue entre science et religion » ? Mais un tel dialogue est-il seulement possible ? Et, si oui, sur quoi porte-t-il ? Et que vise-t-il ?

Yves Gingras est sociologue, professeur à l’université du Québec à Montréal et titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il vient de publier L’impossible dialogue, sciences et religions (PUF)

Intervenants

  • Yves Gingras : Professeur d’histoire des sciences à l’université du Québec à Montréal

La Conversation scientifique Etienne Klein 

31 mai 2016

Bruno Dubuc: Sur les traces d’Henri Laborit – Partie 2 : Biologie

C’est avec grand plaisir que je mets (enfin!) sur Éloge de la suite la 2e partie du film Sur les traces d’Henri Laborit. Il s’agit d’un long métrage de 1h25 comprenant la 1ère partie de 7 minutes (Traces) et la nouvelle partie de 1h18 (Biologie).

Pour en revenir au projet comme tel, le film a été projeté deux fois, en privé à St-Hyacinthe devant ma famille et en public à Montréal le 13 février dernier dans le cadre d’une séance de l’UPop Montréal. Il suit chronologiquement la vie d’Henri et de Roland durant un demi-siècle, de 1914 jusqu’en 1965, une année un peu particulière pour votre humble serviteur, comme vous allez le découvrir. On y fait aussi la connaissance de Francisco Varela qui a à peine 19 ans quand cette partie du film se termine, mais dont on entrevoit une rencontre mémorable avec Laborit dont la compréhension constitue un peu le fil d’Ariane de tout ce projet. On m’a dit que la conclusion très partielle à laquelle j’en arrive dans les dernières minutes « nous laisse un peu sur notre faim » mais bon, c’est là où j’en suis présentement dans ce work-in-progress. Et puis c’est une façon comme une autre de garder son public captif jusqu’à ce que je monte la suite…  [Lire la suite au http://www.elogedelasuite.net/?p=3006 ]

Sur les traces d’Henri Laborit – Partie 1:

La deuxième partie de ce film est à la page http://www.elogedelasuite.net/?p=3006

8 novembre 2015

Interzone Editions, La Nouvelle République, 8 novembre 2015

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2015/11/08/A-son-domicile-elle-pilote-sa-maison-d-edition-2525565

Merci à Dominique Hérault pour cet article plein d’humour !!!!!!!!!

NR 08 11 15

1 juillet 2014

Michel Foucault

Filed under: Actualité, Enseignement, France culture, Littérature, Philosophie, Université, vidéo — Étiquettes : — Isabelle Aubert-Baudron @ 12:14

23 décembre 2013

Isabelle Aubert-Baudron: Les différentes étapes de l’évolution de l’Occident: Aristote, Descartes, Korzybski, Trois visions de l’homme et du monde

LOGOd

Pour pouvoir comprendre l’évolution des modes de pensée dans la civilisation occidentale, il importe de la replacer dans son contexte aux niveaux scientifique et sémantique, d’Aristote à nos jours. En effet, l’évolution sémantique ne s’est pas faite indépendamment de l’évolution scientifique, mais elle en est la conséquence, découlant des cartes dressées par les mathématiciens des différentes époques en fonction des données dont ils disposaient. A partir de là des philosophes ont élaboré des systèmes de pensée basés sur les cartes dressées par les scientifiques de leur temps, systèmes qui ont structuré la vision de l’homme et du monde.

Au IV° siècle avant J.C., Aristote a élaboré une logique de pensée, liée à la vision antique du monde, selon laquelle la terre était un disque plat situé au centre de l’univers, correspondant à celle des mathématiciens d’alors. Le système scientifique qui a marqué cette période de l’antiquité est le système euclidien. Cette première étape correspond à la période grecque appelée métaphysique ou pré-scientifique.

La logique d’Aristote a servi de référence en Occident jusqu’aux découvertes de Galilée et de Newton, qui ont donné lieu à l’apparition de la logique cartésienne au XVII° siècle et au rationalisme, logique sur laquelle ont été élaborées les sciences humaines actuelles. Cette deuxième période est appelée classique ou semi-scientifique. Au début du XX° siècle sont apparues en physique la mécanique quantique, et la théorie de la relativité d’Einstein, qui ont remis en question les fondements du système newtonien et ont donné lieu à l’élaboration de la sémantique générale ou logique non-aristotélicienne, celle-ci invalidant à son tour les bases des logiques précédentes aristotélicienne et cartésienne. Cette troisième période est appelée mathématique ou scientifique.

En conséquence la logique d’Aristote a structuré l’évolution de nos langages et de notre civilisation aux niveaux humains, institutionnel, spirituel, etc., du IV° siècle avant notre ère au XVII° siècle, c’est-à-dire durant deux mille ans, et celle de Descartes, du XVII° siècle à nos jours. La S.G. constitue donc le mode de pensée qui correspond au niveau d’évolution scientifique de notre époque, et ce n’est qu’à travers son étude et son intégration que notre civilisation pourra parvenir à intégrer, au niveau des sciences humaines, les fruits de son évolution scientifique, la plupart de nos problèmes de civilisation dans les domaines humains provenant de la dichotomie entre notre évolution aux niveaux scientifiques et humains, et du fait que nous raisonnons encore dans les sciences humaines sur les bases des systèmes de pensée précédents.

Quelles sont maintenant les bases de ces systèmes de pensée, et quel rôle ont-ils joué dans l’élaboration des visions successives de l’homme et du monde ?

La suite de cet article en pdf :

LES DIFFERENTES ETAPES DE L’EVOLUTION DE L’OCCIDENT ARISTOTE DESCARTES KORZYBSKI TROIS VISIONS DE L’HOMME ET DU MONDE

© Isabelle Aubert-Baudron

22 décembre 2013

Normand Baillargeon: LE PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE

Version intégrale: chez Lux Editeur:

Petit cours d’autodéfense intellectuelle

Illustrations de Charb
Normand Baillargeon

Nomination pour le Prix du public, Salon du livre de Montréal 2006.

Parution : 18/05/2005 ISBN : 978-2-89596-044-7 344 pages

Parution en Amérique du Nord: 18 mai 2005
21.95 $

Normand Baillargeon – regard sur l’économie … – 1 de 2

Normand Baillargeon – regard sur l’économie; l’économie participative 2 de 2

6 décembre 2013

L’île logique

Filed under: Actualité, Arts, clowns, Géométrie, Mathématiques, Philosophie, théatre — Étiquettes : , , , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 11:51

L’île logique

Partons ici même… pièce burlesque pour les 8-12 ans
Pilouface, spectacle tout public
L’île logique est une compagnie de théâtre et clowns de sciences fondamentales tout public. Nous abordons le contenu des sciences théoriques par des moyens artistiques burlesques, d’une façon à la fois distrayante et pertinente, absurde et rigoureuse.
A ce jour, nous proposons 7 spectacles abordant des contenus scientifiques théoriques variés (zéro, énergie, relativité du mouvement ou du temps, logique, géométrie, mécanique, fonctions, infini, récurrence, théorie de Galois, travaux de Poincaré, matérialité de l’air, écosystème, forces, chaîne alimentaire, astronomie, ondes, structure de la matière, nature de la lumière, histoire des sciences, épistémologie…), des animations scientifiques, des créations de spectacles ou saynètes sur mesure, des ateliers ou activités pédagogiques, des interventions de clowns scientifiques lors de colloques, des concerts scientifiques, des conférences…
Mettre de la ludicité dans la lucidité…
Dé-pensons spectacle sur la pensée critique
L’île logique s’est produite au sein de nombreuses structures, établissements scolaires, centres de culture scientifique, festivals, collectivités locales, associations scientifiques, grandes écoles, comités d’entreprise… (liste exhaustive sur le site).
Nous avons notamment reçu l’appui chaleureux de Cédric Villani (médaille Fields 2010, directeur de l’IHP), de l’École Polytechnique, du CNRS, du département du Morbihan, de la revue Tangente, de Stella Baruk et Marie-Odile Monchicourt (France-Info). Nombreux témoignages sur le site…
L’affaire 3.14 pièce burlesque sur le programme de lycée
De nombreuses informations (détails par spectacle, contenus scientifiques, vidéos, photos, dossiers artistiques et pédagogiques, témoignages…) sont sur notre site.
Contact : Cédric 06 64 81 34 82 / cedric@ilelogique.fr

29 novembre 2013

L’université perdue de Pierre Jourde sur France culture

Filed under: Actualité, Philosophie, Université — Étiquettes : , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 1:53

A écouter cette semaine sur France culture dans l’émision Grantanfi:

Pierre Jourde-  Ecrivain, critique et enseignant.

(fr_jourde_portrait © Radio France )

25.11.2013 – L’université perdue de Pierre Jourde (1/5)
http://www.franceculture.fr/emission-grantanfi-l-universite-perdue-de-pierre-jourde-15-2013-11-25

26.11.2013 – L’université perdue de Pierre Jourde (2/5)
http://www.franceculture.fr/emission-grantanfi-l-universite-perdue-de-pierre-jourde-25-2013-11-26

27.11.2013 – L’université perdue de Pierre Jourde (3/5)
http://www.franceculture.fr/emission-grantanfi-l-universite-perdue-de-pierre-jourde-35-2013-11-28

28.11.2013 – L’université perdue de Pierre Jourde (4/5)
http://www.franceculture.fr/emission-grantanfi-l-universite-perdue-de-pierre-jourde-45-2013-11-28

29.11.2013 – L’université perdue de Pierre Jourde (5/5)
http://www.franceculture.fr/emission-grantanfi-l-universite-perdue-de-pierre-jourde-55-2013-11-29

Podcast:
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_12575.xml

Pour plus d’infos:
http://www.franceculture.fr/personne-pierre-jourde.html

Bibliographie: http://www.franceculture.fr/oeuvres/119521

20 octobre 2013

La philosophie du non de Gaston Bachelard

A écouter sur France culture dans “les Nouveaux chemins de la connaissance” le quatrième volet des « Vertus du non »:
17.10.2013 – 10:00
Par Adèle Van Reeth
Réalisation : Olivier Guérin
Lectures : Georges Claisse
Invité(s) : Didier Gil, professeur de philosophie en hypokhâgne, chercheur associé au Centre de recherche sur l’histoire des système de pensée moderne (Université Paris I) Thème(s) : Idées| Philosophie| Gaston Bachelard 

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