Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

1 juillet 2014

France culture: BNP Paribas, Barclays, Crédit Suisse… : les banques n’ont-elles que ce qu’elles méritent ?

Filed under: Actualité, Economie, France culture — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 7:43

Du grain à Moudre, 1 juillet 2014 : http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-bnp-paribas-barclays-credit-suisse-les-banques-n-ont-elles-que-ce-qu-elle

Actionnaires et clients de BNP Paribas, dormez tranquilles : votre banque ne va pas s’effondrer. Contribuables, ne soyez pas inquiets : vous n’aurez rien à payer. Certes, 6 milliards et demi d’euros d’amende, ce n’est pas rien, mais le groupe a les reins solides.

Voilà à peu près le message délivré par la direction du groupe bancaire français, au lendemain de l’accord conclu avec la justice américaine. BNP Paribas a donc fini par plaider coupable, en reconnaissant avoir violé les embargos américains sur le Soudan, l’Iran et Cuba. Outre l’amende record qui lui est infligée (record dans ce genre d’affaires), la banque se voit contrainte de suspendre, pendant toute l’année 2015, une partie de ses opérations en dollars.

Vu d’ici, et au nom du patriotisme économique, on a du mal à percevoir dans cette affaire autre chose qu’un affrontement entre les vilains juges américains et la pauvre petite banque française. Pourtant, le cas BNP Paribas n’est que l’arbre qui cache la forêt. Depuis 2008, plus d’une vingtaine d’établissements bancaires ont été sanctionnés aux Etats-Unis pour avoir contrevenu aux embargos.

Jean-Paul Betbeze et Gaël Giraud JCF © Radio France

Et ce ne sont pas les seuls écarts à faire l’objet de menaces de poursuites. En mai dernier, le Crédit Suisse a accepté de payer une amende de 2 milliards et demi de dollars pour avoir incité certains de ses clients américains à pratiquer l’évasion fiscale. Dans le collimateur désormais, la banque britannique Barclays : le procureur général de New-York vient décider d’ouvrir des poursuites à son encontre, pour avoir trompé les investisseurs sur le fonctionnement d’une de ses branches.

Bref, contrairement aux idées reçues, les banques ne semblent plus jouir d’une totale impunité, en tout cas aux Etats-Unis.

Faut-il y voir comme un excès de zèle ?

Ou bien « les banques n’ont-elles que ce qu’elles méritent ? »

C’est notre sujet du jour.

Invité(s) :
Gaël Giraud, directeur de recherches au CNRS, membre du Centre d’Economie de la Sorbonne, du LabEx RéFi et de l’Ecole d’Economie de Paris, il a été ordonné prêtre jésuite en 2013
Jean-Paul Betbèze, président de Betbèze Conseil SAS, membre du Cercle des économistes

Le focus de Mélanie Chalandon :

La justice américaine est-elle particulièrement sévère avec les banques, quelle que soit leur nationalité ? C’est la question que nous avons posé à Nicolas Véron, chercheur au think tank Bruegel de Bruxelles et au Peterson Institute de Washington.

http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-bnp-paribas-barclays-credit-suisse-les-banques-n-ont-elles-que-ce-qu-elle#

Enregistrement de l’émission: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4875110

 

6 avril 2014

Arte: La drôle d’histoire des banques françaises

Filed under: Actualité, Economie — Étiquettes : , — Isabelle Aubert-Baudron @ 8:12

http://www.arte.tv/guide/fr/047584-000/la-drole-d-histoire-des-banques-francaises

mardi 01 avril à 22h25 (87 min)

Comment, du XVIIIe siècle à nos jours, les banques françaises ont réussi à se soustraire à toutes les règles pour générer le système actuel. S’appuyant sur des films d’archives et des séquences d’animation, le documentaire raconte l’histoire d’un éternel recommencement et d’un système qui s’emballe.

Absence de contrôle, spéculation à outrance et paradis fiscaux ont éloigné les banques de l’économie réelle et enclenché une crise sans précédent en 2008. Comment en est-on arrivé là ? Ce documentaire remonte jusqu’en 1714, date de l’introduction en France du billet de banque, puis du système des actions orchestré par John Law – un banquier britannique féru de mathématiques, qui fit fortune dans les jeux. Mais, déjà, une première bulle spéculative crée la panique ! En 1789, la dette de l’État atteint 80 % du PIB. Elle est effacée huit ans plus tard, ruinant les créanciers et suscitant la colère des bourgeois… Désireux de redonner confiance aux Français, Bonaparte crée en 1799 la Banque de France. Vingt familles parisiennes – dont les Rothschild – s’emparent de cette banque centrale. Vers 1865, pour financer la révolution industrielle, deux établissements sont créés pour collecter l’épargne dormante du grand public et drainer des investissements industriels à l’étranger, notamment vers la Russie : la Société générale et le Crédit lyonnais…

Les sirènes de l’ultralibéralisme

S’appuyant sur des films d’archives et des séquences d’animation, le documentaire raconte l’histoire d’un système qui s’emballe, notamment après la Première Guerre mondiale où l’inflation aboutit à la crise de 1929. Puis il décrypte comment, malgré un regain d’influence des tenants de la régulation de l’État après la Seconde Guerre mondiale, la banque cède aux sirènes de l’ultralibéralisme et à la confusion politico-financière.

Sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=ofrJot3ZQOw

Commencez votre blog avec WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :