Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

22 avril 2017

France Culture: Agriculture : la disparition du modèle familial s’accélère

Filed under: Actualité, Agriculture, Economie, France culture — Étiquettes : , , , , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 10:40

https://www.franceculture.fr/economie/agriculture-la-disparition-du-modele-familial-saccelere

21.04.2017

La financiarisation de la terre est le nouveau modèle agricole qui prend le dessus, et met en péril l’agriculture familiale. Enquête de Philippe Reltien.

Pieds de vigne à Pommard (Bourgogne)
Pieds de vigne à Pommard (Bourgogne) Crédits : Philippe ReltienRadio France

Aujourd’hui, les fermes sont de plus en plus remplacées par des sociétés rachetées, parfois par des spéculateurs. C’est ce qu’on appelle la « financiarisation de la terre« , un phénomène qui est en train d’éteindre les fermes et de devenir le modèle agricole français.

Une des illustrations spectaculaires de cette financiarisation est la vente du domaine Bonneau du Martray, à Pernand Vergelesse, en Côte-d’Or, qui était depuis 200 ans la propriété de la famille Le Bault de la Morinière. En janvier 2016, l’actuel président du Club de football Arsenal, Stanley Kroenkee, a racheté ce domaine à un prix très élevé, provoquant la stupeur de vignerons voisins, comme Aubert Lefas, vigneron à Pommard au domaine Lejeune et président de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne :

Aubert Lefas, vigneron
Aubert Lefas, vigneron Crédits : Philippe ReltienRadio France

Les chiffres sont énormes, c’est totalement décalé si on valorise ça à 10, 12, 15 millions d’euros l’hectare. Mais c’est impossible, c’est purement spéculatif.

Autre exemple : de riches Chinois ont acheté une ouvrée, c’est-à-dire un 24ème d’hectare, de Chambolle Musigny pour le prix d’un hectare de champagne. Bernard Martenot, qui dirige un Office de défense et de gestion des terres, s’inquiète :

Une ouvrée de vignes a atteint la somme fabuleuse de 1,3 millions d’euros. Il faudrait donc arriver à vendre la bouteille 1 000 euros, pour une rentabilité sur 15 ans. Ce sont des bouteilles que les Français moyens ne verront plus, nous ne pourrons même plus les déguster.

Dans une moindre mesure, ce type de ventes surévaluées existe aussi dans le Calvados. Jean-Claude Feugeres, 70 ans, a vendu ses terres à deux jeunes agriculteurs céréaliers du département de l’Eure, qui lui ont proposé le double de ce qu’elles valaient : 1,2 millions d’euros pour 85 hectares. Jean-Claude Feugeres explique :

Ils sont contents puisque c’est le double d’hectares par rapport à ce qu’ils peuvent trouver ailleurs. Dans les zones céréalières où il y a du haut potentiel, c’est une bataille effrénée : dès lors qu’il y a une parcelle, il y a 30 candidats, des sociétaires ou des grosses structures. C’est un autre modèle d’exploitation, une autre agriculture maintenant.

Jean-Claude Feugeres, agriculteur
Jean-Claude Feugeres, agriculteur Crédits : Philippe ReltienRadio France

Problème : ces prix à la hausse ont des répercussions sur tous les agriculteurs qui se trouvent à proximité. A Bercy, on manie la règle à calcul fiscale sans distinction, comme l’explique François Mauss, expert en viticulture du blog Ma bulle :

Le fisc français va immédiatement considérer que les terres de ce niveau valent cette somme, donc toutes les autres propriétés qui cultivent sur le même terroir vont voir du jour au lendemain la valeur de leur terre exploser. C’est affolant pour les familles où il y a plusieurs enfants, plusieurs héritiers, qu’il va falloir traiter.

François Mauss, expert en viticulture
François Mauss, expert en viticulture Crédits : Philippe ReltienRadio France

En Allemagne, l’héritier est taxé seulement pour 10% de la valeur de l’acquisition, avec un dégrèvement dès qu’il exploite sa terre plus de 5 ans. Mais en France, l’impôt de succession grimpe en fonction des prix de vente les plus hauts. Aubert Lefas fait remarquer que les premières victimes sont donc les héritiers :

Un jeune sur la colline de Corton (Bourgogne) est endetté pour 20 ans pour pouvoir payer les droits de succession d’un oncle dont il a hérité en ligne indirecte. Il fait un très grand vin, mais il faut qu’il soit capable de valoriser sa production pendant 20 ans pour rembourser des droits considérables. S’il fait 3 mauvaises récoltes, il ne sera plus capable de rembourser.

Autre conséquence : les écarts se creusent entre les vins d’une même région. En 4 ans, les grands crus ont pris artificiellement plus de 25%. De 4 millions d’euros l’hectare en 2013, on est passé à 5 millions et demi d’euros en 2016. C’est pour cette raison que des petits vignerons estiment que la hiérarchie des vins de Bourgogne n’a plus aucun sens. Parmi eux, Manuel Olivier, exploitant à Nuits-Saint-Georges, qui se désole de ce nouveau modèle :

Si on veut continuer d’avoir de grands vins en France, il faut absolument revenir à une notion de rentabilité et de transmission, et ne pas partir dans des systèmes de bulles spéculatives ou financières qui nous emmènera hors de nos valeurs paysannes.

Du paysan propriétaire aux salariés de sociétés agricoles

Pour bien comprendre comment la terre est devenue un objet de spéculation, il faut faire un peu d’histoire. Avant, les enfants héritaient de la terre gratuitement et reprenaient l’exploitation des parents. Mais il a fallu trouver des astuces pour qu’aucun d’eux ne soient lésé. C’est ainsi qu’on a mis en place les premières sociétés foncières agricoles, explique Aubert Lefas :

Si vous avez trois enfants, vous mettez tout ça en société, vous avez 1/3 des parts de société pour chacun des enfants. L’un en est le gérant exploitant, et les deux autres vont toucher une part des revenus liée à l’exploitation. Mais quand eux-mêmes feront leur succession, ils vont se sentir loin des réalités de l’exploitation, donc on va progressivement séparer les terres dans une structure dont on dit qu’elle est foncière. L’exploitant se trouve dessaisi de la propriété dans un système de partage pour limiter les risques des autres associés.

Ces sociétés se sont multipliées et elles ont ensuite échappé aux paysans qui ont progressivement été remplacés par des entrepreneurs, des banques ou même des sociétés d’assurances qui ont racheté des parts de ces sociétés. Cette tendance s’amplifie, constate Emmanuel Hyest, le président de la Safer, l’organe de régulation du foncier agricole :

Emmanuel Hyest, président de la Safer
Emmanuel Hyest, président de la Safer Crédits : Philippe ReltienRadio France

En 2015, 13% du marché était détenu par des personnes morales, donc ce n’est plus quelque chose de marginal. 13% en surface, 26% en volume financier. Les gens qui acquièrent sous forme de financiarisation sont prêts à mettre le double de ce que ça vaudrait. Aujourd’hui, les gens qui sont en place depuis des générations se rendent compte que la financiarisation est en train de bouleverser leur métier et qu’ils ne pourront plus l’être demain.

Mais cette mutation est plus globale encore et entraîne la fermeture des fermes. Il faut maintenant des exploitations plus grosses et plus de rentabilité : de 700 000 exploitations, nous sommes passés à seulement 400 000 aujourd’hui. Dans les 5 ans qui viennent, 100 000 fermes pourraient encore disparaître.

La France, grenier de pays étrangers ?

Le rôle de prédateur joué par certains investisseurs étrangers en France est également préoccupant. Ainsi, un milliardaire chinois, monsieur Hu, épaulé par un Français dans l’import-export de vins, Marc Fressange, est entré en catimini dans le grenier à blé de la région du Berry. Il rachète d’abord 1 700 hectares de céréales. Sa holding est désormais présente dans le Gers, en Charente et en Normandie. Un site d’investigateurs du net suit pas à pas sa progression. L’un d’eux, qui se fait appeler « Drapher », explique comment ce système s’est mis en place :

Pour le démarrage, le rachat est à 98 ou 99% des parts sociales d’une société agricole. C’est un petit consortium. Il y a 9 sociétés agricoles, et une holding parisienne dont le directeur général est le PDG Monsieur Hu et le directeur le PDG de Beijing Reward International, Monsieur Fressange. On peut croire qu’ils veulent faire entrer du grain dans des coopératives à des prix très bas, mais on peut aussi penser qu’il y a une filière industrielle reliée à l’agro-industrie implantée en France qui avance beaucoup.

Monsieur Hu est un milliardaire rouge. Un haut gradé devenu entrepreneur qui a fait fortune dans les détergents, et qui s’est vu confier la mission d’élever 400 000 vaches laitières en Chine. Christophe Dequidt, de la Société de conseil agricole Triangle, qui l’a rencontré pour son livre « Le Tour du monde des Moissons » se souvient d’une autre mission qui a été proposée au chef d’entreprise :

En 2008, il y a eu un phénomène grave en Chine : « la crise de la mélamine« . On a retrouvé dans du lait infantile un composant dont la vertu est d’augmenter la protéine du lait mais qui fait des trous dans l’estomac. Et ils ont demandé à des gens comme Hu, s’ils étaient prêts à se lancer dans le défi de créer une filière laitière en Chine. Monsieur Hu a été chargé, comme d’autres chefs d’entreprise, d’aller investir à l’étranger, pour produire à l’extérieur des céréales qu’il ferait éventuellement revenir en Chine.

Faute de terres arables (terres qui peuvent être cultivées), la Chine doit bien trouver à produire ailleurs. C’est pour cela qu’elle vient d’acheter en Australie la plus grande ferme du monde : 11 millions d’hectares, presque la moitié de notre surface agricole.

A ECOUTER Quand la Chine grignote les terres françaises (Magazine de la rédaction de septembre 2016)

Cette possible vampirisation de récoltes françaises ne va peut-être pas s’arrêter là, car selon certains experts, les terres du Charolais pourraient bientôt être, elles-aussi, convoitées. L’embargo sur le bœuf français vient d’être levé en Chine, longtemps après la fin de la crise de la vache folle. Or, il y a là-bas un marché potentiellement gigantesque pour notre bœuf. La question d’un possible accaparement d’une production au détriment de l’intérêt d’un pays se pose donc réellement, ce qui inquiète Emmanuel Hyest, président de la Safer :

Il y a un problème d’autonomie alimentaire. On sait tous que quelqu’un qui investit cherche à tirer un profit, ce n’est pas anormal. Mais son profit peut aussi répondre à sa demande d’autonomie alimentaire propre. Que sur la planète on aille faire son marché de matières premières quand chacun a répondu à ses propres besoins, ce n’est pas un souci, mais quand on va directement à la source, au risque que le pays qui le produit soit lui-même dans une difficulté d’alimentation, on n’est plus dans la même règle du jeu.

L’impuissance de l’Etat

Face à cette situation, l’Etat est impuissant. Ces ventes n’ont rien d’illégales. Dans cette économie mondialisée, les sociétés de Monsieur Hu sont de droit français. Mais quand bien même il voudrait agir, l’Etat est aujourd’hui désarmé, parce qu’il y a des failles dans la réglementation. Le préfet peut refuser de délivrer une autorisation d’exploitation mais uniquement si l’acheteur a un statut d’associé exploitant. Or, il prend ici la qualité d’associé non exploitant.

La Safer est tout aussi démunie. Elle ne peut bloquer une vente que si la totalité des parts d’une société change de main. Or, les acheteurs, généralement très bien informés, se contentent d’une majorité des parts pour contrôler une société.

Le droit de préemption de la Safer, considéré jadis comme l’arme atomique du pauvre paysan, est devenu un pistolet à eau. La préemption ne représente aujourd’hui que 5% de son chiffre d’affaire. A tel point que certains notaires, comme Benjamin Travely, s’interrogent sur les pratiques de la Safer :

Nous avons des retours de confrères et de collaborateurs de notaires, qui nous expliquent des pratiques contestables. Par exemple, le fait que la Safer soit très présente sur le marché des maisons à la campagne, où il n’y a plus d’enjeux de fonciers agricoles. On a l’impression qu’elle intervient pour prendre sa part du marché et se refinancer, au détriment parfois des collectivités publiques. Par le jeu de mécanismes fiscaux particuliers, la Safer exonère l’acheteur de droits d’enregistrement, et il y a une vraie perte fiscale pour le conseil départemental et la commune concernés.

La mondialisation : problème ou solution ?

Autre question : dans une économie mondialisée, de quel droit peut-on bloquer des capitaux étrangers, lorsqu’on investit soi-même à l’étranger ? Par ailleurs, ces filières d’exportation permettent de corriger le déficit de notre commerce extérieur. En 2012, 8 milliards d’euros de vins ont été exportés, soit l’équivalent de 150 rafales.

Selon le juriste Hubert Bosse Platière, il suffirait de créer un permis d’exploiter préalable, qui serait délivré, ou non, selon l’usage que le propriétaire veut faire de sa terre.

De son côté, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) propose d’actionner le levier des subventions européennes. Le syndicat agricole souhaiterait réserver ces subventions aux réels exploitants agricoles, et non plus aux simples exécutants d’une firme. Josiane Béliard, présidente des propriétaires ruraux de la FNSEA, explique sa proposition :

Nous réfléchissons avec les autres pays européens, à un statut d’agriculteurs qui méritent les aides européennes par rapport à des exécutants qui ne méritent pas ces aides. Il faut les réserver à des chefs d’entreprises qui sont de vrais agriculteurs. Par contre, quand on voit que la reine d’Angleterre perçoit des aides européennes, c’est détestable ! On devrait arriver à faire partager cette idée aux autres pays européens.

Josiane Béliard
Josiane Béliard Crédits : Philippe ReltienRadio France

La situation est paradoxale : d’un côté, des agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur production parce que les prix sont trop bas, et de l’autre, des exploitations sont rachetées à prix d’or par des investisseurs. Ces deux facteurs concourent cependant au même résultat : l’agriculture familiale est en voie de disparition.

Enquête Secrets d’Info de Philippe Reltien à lire et écouter ici.

Philippe Reltien

5 juillet 2015

Le Nouvel Observateur: « Tu ne pollueras point » : l’écologie selon le pape François

http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20150617.OBS0965/tu-ne-pollueras-point-l-ecologie-selon-le-pape-francois.html

Lettre encyclique « Laudato Si » : en français dans le site du Vatican – en italien dans le site de L’Espresso »

La responsabilité de l’homme, le libéralisme et la solidarité… « L’Obs » fait le point sur les grandes lignes de la verte pensée papale.

Habemus viridem papam ? Avons-nous un pape vert ? Le souverain pontife s’apprête à publier jeudi une encyclique (une « lettre » qui s’adresse aux 1,2 milliard de fidèles et au-delà, à « tous les hommes de bonne volonté ») exposant ses positions sur l’écologie et le réchauffement climatique. Très attendu à quelques mois de la Conférence de Paris, le contenu de cette encyclique a fuité dans la presse italienne, irritant le Vatican, qui, en réponse, a décidé d’exclure le journaliste de « L’Espresso« , Sandro Magister, responsable de la diffusion de l’intégralité du texte, long de 191 pages.

« Tu ne pollueras point. »

Pour « Libération », qui relaye le contenu du document en Une, cette encyclique, la première consacrée à l’écologie, est un « coup de pied dans la fourmilière ». « Cette encyclique aura un impact majeur : François est directement impliqué comme aucun pape avant lui. Il est animé d’une profonde passion, que cette encyclique communiquera », assure également Christiana Figueres, présidente de la convention cadre de l’ONU sur le changement climatique (UNFCCC), lors d’une réunion récente à Bonn, en Allemagne.

S’il s’est personnellement impliqué, consultant de nombreux experts, dont des prêtres travaillant en Amazonie, c’est parce que l’écologie a toujours été un thème très cher à François. N’a-t-il pas, d’ailleurs, choisi son nom de pape en référence à saint François d’Assise, prophète du dépouillement de l’Eglise, mais également amoureux de la nature ? Archevêque de Buenos Aires, il avait même, rappelle « Le Figaro », déposé un recours devant la Cour suprême d’Argentine pour arrêter un programme de déforestation concernant le nord du pays.

La responsabilité de l’homme, le libéralisme et la solidarité… « L’Obs » fait le point sur les grandes lignes de la verte pensée papale.

Tu reconnaîtras ta responsabilité

Dans son encyclique, le pape affirme clairement que l’homme est le principal responsable du changement climatique, assure « Libération ». En raison notamment de l’activité humaine et de la combustion des énergies fossiles.

« Il y a de fortes preuves scientifiques que les facteurs humains causent de grands dommages pas seulement à la nature elle-même, mais aussi aux vies, particulièrement des plus pauvres. »

Selon la mouture provisoire non officielle diffusée par l’hebdomadaire italien « L’Espresso », le pape affirme également que les causes, étant d’abord humaines, doivent être maîtrisées. Il juge donc indispensable de réduire drastiquement les émissions de dioxyde de carbone et d’autres gaz hautement polluants.

Des affirmations hérisseront certains conservateurs « climato-sceptiques » qui assurent que le réchauffement n’a que des causes naturelles…

Pire, pour certains, le Souverain pontife pointe du doigt la dette climatique des pays du Nord au pays du Sud. Pour lui, certains Etats devraient supporter un coût plus élevé de la transition énergétique.

Et de s’en prendre aux pays qui pourraient faire échouer les négociations internationales :

Les négociations internationales ne peuvent pas progresser de manière significative à cause de la position de pays qui privilégient leurs intérêts nationaux plutôt que le bien commun. »

Tu changeras de paradigme

« La terre, notre maison semble se transformer de plus en plus en un immense dépôt d’immondices. » Le plaidoyer de François pour l’écologie est intimement lié à sa vision de l’égalité et de la solidarité. Il plaide donc pour un changement radical des mentalités et du capitalisme et pour, selon le terme choisi par « Libération », une forme d’écojustice.

« L’économie actuelle et la technologie » ne résoudront pas « tous les problèmes environnementaux », assure le Souverain pontife. C’est une idée trompeuse, selon lui, comme celle qui voudrait que « les problèmes de la faim et de la misère dans le monde se résolvent simplement par la croissance du marché ».

« Cela requiert de nouveaux modes de production, de distribution et de consommation », souligne l’encyclique. Soit un changement complet de paradigme.

Pour Dominique Plihon d’Attac, cité par « Libération », « cette encyclique tombe à point nommé. Elle servira de caisse de résonnance pour dire l’urgence de changer le système. Il faut du courage pour oser aller autant à contre-courant de la doxa libérale et conservatrice qui mène le monde. »

Tu feras de l’accès à l’eau un « droit humain fondamental »

Et le pape, qui dénonce le « pillage » des ressources naturelles, de réclamer que l’accès à l’eau soit reconnu comme un « droit humain fondamental et universel », alors qu’actuellement « la tendance est de privatiser cette ressource et de la soumettre à la loi du marché ».

Cela explique, selon François, l’afflux grandissant de réfugiés climatiques : « Les peuples en voie de développement, où se trouvent les réserves les plus importantes de la biosphère, continuent d’alimenter le développement des pays les plus riches au prix de leur présent et de leur futur. […] Ils fuient une misère aggravée par la dégradation de l’environnement, sans être reconnus comme des réfugiées par les conventions internationales. »

24 août 2014

France culture: Pierre Rabhi en son jardin

Filed under: Actualité, Agriculture, Agroécologie, Economie — Étiquettes : , , — Isabelle Aubert-Baudron @ 11:15

Photo: Pierre Rabhi, facebook

23.08.2014 – 11:00

(rediffusion de l’émission du 19 juin 2014)

http://www.franceculture.fr/emission-grands-portraits-de-scientifiques-pierre-rabhi-en-son-jardin-rediffusion-de-l-emission-du-1

L’homme est égal aux idées qu’il diffuse, tout en simplicité, sobriété et ténacité. De l’adversité à la célébrité, le parcours de Pierre Rabhi est une leçon de vie et une philosophie de l’humanité qui fait son bonhomme de chemin. C’est l’itinéraire d’un pionnier de l’agroécologie au service de la terre. Il a fait sienne la formule de Lavoisier « Rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme ». Face à la surpopulation de notre planète incapable de nourrir tous ses enfants, face à la destruction des sols, la pollution des eaux, de l’air, l’épuisement des ressources…, et l’avidité de l’homme, il a inventé une agriculture raisonnée et raisonnable, des solutions dont beaucoup déjà s’inspirent dans le monde. Car, selon lui « il faut que l’humanité prenne conscience de son inconscience ». D’origine algérienne, il fut tour à tour ouvrier, agriculteur, écrivain, penseur…et passeur d’un savoir-faire agronomique aujourd’hui reconnu. De l’humanisme à l’agrorévolution, retour sur la vie et l’oeuvre de Pierre Rabhi, chantre de la terre de demain !

Enregistrement de l’émission

Biographie de Pierre Rabhi

Le blog de Pierre Rabhi

Mouvement Colibris

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« Vers la Sobriété Heureuse » Conférence Pierre Rabhi du 20 novembre 2012 à Clermont-Ferrand

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