Pour une économie non-aristotélicienne / For a non-Aristotelian economy

7 novembre 2016

Bruno Dubuc: Eloge de la suite, 16/09/2016 – 15/10/2016

Autopoïèse et émergence des systèmes nerveux : quand Varela et Laborit se rejoignent  http://www.elogedelasuite.net/?p=3242

Publié le 16 septembre 2016

Il y a, dans cette deuxième séance, un autre « point de contact » évident avec Laborit et on peut dire qu’il passe par mon film Sur les traces d’Henri Laborit, associé à ce site. On assiste en effet, à la fin de ce film, à l’unique rencontre entre Laborit et Francisco Varela le 9 décembre 1992 au laboratoire de Boucicaut. Or Varela est abondamment cité dans cette seconde séance puisque c’est lui et Humberto Maturana qui ont théorisé, au début des années 1970, le concept d’autopoïèse qui est présenté dans la première partie de la séance et discuté en détail dans la seconde.

Cette définition première d’autopoïèse pour décrire l’essence d’un être vivant (« un réseau complexe d’éléments qui régénèrent constamment, par leurs interactions et transformations, le réseau qui les a produits »), Varela avait dû la bonifier dans ses derniers écrits pour tenir compte non seulement du maintien de l’identité des êtres vivants, mais aussi de leur capacité à tenir compte de leur environnement pour profiter des ressources qui pourraient les aider à maintenir leur structure et fuir les substances ou les situations qui pourraient la détruire.

Les habitué.es de ce site auront déjà reconnu des fondements très similaires dans la pensée de Laborit, en particulier son fameux : « La seule raison d’être d’un être, c’est d’être, c’est-à-dire de maintenir sa structure ». Tout le début de la narration de Laborit dans Mon oncle d’Amérique décrit également cet impératif de la vie de défier temporairement le second principe de la thermodynamique.

Organisation générale du cerveau humain : ce que Laborit avait bien vu http://www.elogedelasuite.net/?p=3242

Publié le 23 septembre 2016

Comme je l’ai expliqué ici, je donne cet automne un cours sur la cognition incarnée à l’UQAM. Chaque lundi, je publie dans le blogue du Cerveau à tous les niveaux un résumé de la séance que je donne le mercredi suivant. Et chaque vendredi, je fais ici des liens entre le travail de Laborit et le thème de la semaine. La séance de cette semaine intitulée « Le cerveau humain : développement, communication et intégration neuronale, organisation générale » abordait donc plusieurs sujets, mais s’il fallait n’en retenir qu’un où Laborit a été un précurseur ce serait sans doute les cellules gliales.

En effet, dès les années 1960, Laborit s’est intéressé aux cellules gliales qui reçoivent aujourd’hui l’appellation de « l’autre moitié du cerveau » tellement on commence à s’apercevoir qu’elles contribuent à la communication neuronale. On est donc loin du simple rôle de support qu’a inspiré leur nom. La « névroglie », comme on appelait souvent les cellules gliales du temps de Laborit, vient du mot grec γλοιός (gloios), « gluant », une étymologie rappelant le rôle de « colle » ou de simple remplissage qui leur avait été originellement attribué. Et même jusqu’à il y a quelques décennies, le rôle qu’on reconnaissait aux cellules gliales en était surtout un de nutrition par rapport aux neurones, alors qu’on sait aujourd’hui qu’elles ont de nombreuses autres fonctions, notamment en communiquant et en synchronisant l’activité de vastes assemblées de neurones.

Plasticité et mémoires : tout ce qui entre à notre insu dans le système nerveux http://www.elogedelasuite.net/?p=3265

Publié le 30 septembre 2016

Laborit a insisté très tôt sur le fait que plein de choses s’imprègnent dans notre système nerveux sans que l’on s’en rende compte. Toute la pub est basée sur cette idée d’associer un sentiment positif à une marque de lessive, par exemple. Mais c’est aussi le cas des normes sociales et des automatismes culturels qui entrent constamment à notre insu dans notre cerveau.

Pour le dire dans les mots de Laborit qui n’y va pas de main morte pour décrire ce phénomène :

« Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra dans sa vie d’adulte une chance exceptionnelle pour s’évader de cette prison, s’il y parvient jamais. »

Et que dire des conditionnements opérants dont Laborit a montré également la prédominance dans nos comportements. La recherche de la récompense est encore un mécanisme très puissant en nous. On n’a qu’à nous regarder descendre frénétiquement notre page Facebook à la recherche des précieux « Like »… Ou encore, il faut relire là-dessus le chapitre sur l’amour dans l’Éloge de la fuite où l’être aimé est associé à son pouvoir de gratification (âmes romantiques, s’abstenir…). ;-P

Synchronisation de l’activité dynamique du cerveau : quand Laborit mène à Varela http://www.elogedelasuite.net/?p=3282

Publié le 7 octobre 2016

Ces oscillations dans les circuits de neurones, on les a observées aussi tôt qu’en 1924 alors que Hans Berger mettait au point le premier électroencéphalographe (EEG). Mais il fallut attendre plus d’un demi-siècle plus tard pour qu’elles commencent à être considérées comme autre chose qu’un simple épiphénomène. Cela explique pourquoi Laborit a peu, à ma connaissance, mentionné directement les oscillations cérébrales dans ses écrits, du moins ceux pour le grand public. Son outil de travail quotidien, on le sait, c’était la pharmacologie. Et bien que les drogues qu’il appliquait sur ses modèles animaux avaient bien entendu des effets au niveau des rythmes cérébraux, Laborit ne les a pas étudiés en tant que tel, toujours à ma connaissance…

Mais en faisant des recherches avec des mots clés pour ce billet, je suis tombé sur une page d’Éloge de la suite que j’avais écrite quelques semaines après son lancement en novembre 2014. J’y relate une autre coïncidence semblable où, en cherchant sur un colloque consacré à Laborit en 2000, j’étais tombé sur l’annonce des journées du réseau de sciences cognitives d’Île de France où l’on pouvait lire que « Dans le domaine des neurosciences, F. Varela (LENA-CNRS, Paris) a décrit les mécanismes physiologiques impliqués dans la constitution du “temps présent” et développé l’hypothèse qu’une synchronisation des activités neuronales soit à l’origine d’une conscience du présent. »

Cartographie du cerveau et grandes voies nerveuses : le « MFB » toujours à l’étude ! http://www.elogedelasuite.net/?p=3297

Publié le 15 octobre 2016

Laborit s’est constitué, avec le peu de ce que l’on savait dans les années 1950, une cartographie des différents grands faisceaux nerveux qui relient dans le cerveau les régions fondamentales pour la survie d’un animal dont le fameux « faisceau de la récompense », le Medial Forebrain Bundle, ou MFB.

Or il y a quelques mois à peine, une étude publiée dans la revue Cerebral Cortex avait pour titre « A hedonism hub in the human brain. » Ma séance de mercredi dernier s’achevait justement sur le concept de « hub », ces gros faisceaux d’axones dans le cerveau qui constituent de véritables « autoroutes » pour la transmission nerveuse. Or ce que l’étude de Zacharopoulos et ses collègues a démontré, c’est qu’il y a une corrélation positive entre la valeur que les gens portent à l’aspect « hédoniste » dans leur vie, et le volume du globus pallidus gauche, une structure cérébrale directement connectée au «superolateral medial forebrain bundle».

Si Laborit avait pu lire cette étude, je suis certain qu’il aurait souri, lui qui a si souvent répété que pour agir, il faut être motivé, et que cette motivation vient en bout de ligne du plaisir que l’on retire de cette action, comme le rappelle d’ailleurs les auteurs au début de leur article !

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